AIMS:Antimalarial-induced cardiomyopathy (AMIC) is a rare but severe and under-recognized condition. Although screening for ocular toxicity is recommended, this is not the case for cardiac damage. After observing three successive cases of AMIC, we aimed to study the association of chronic hydroxychloroquine (HCQ) intake on echocardiographic parameters in asymptomatic patients. METHODS AND RESULTS:After analyzing the characteristics of the 3 patients diagnosed with AMIC, we systematically investigated patients treated with HCQ and referred for routine transthoracic echocardiography between September 2017 and April 2025. Patients with known heart disease or decreased left ventricular ejection fraction (LVEF) were excluded. Patients were divided into tertiles of HCQ-exposure duration (ED). Eighty-two patients were included with a median HCQ-ED of 132 months (72-204) and a cumulative HCQ dose of 1414 g (864-2358). Global longitudinal strain (GLS) was significantly different among the three tertiles of HCQ-ED (p = 0.048) whereas there was no difference in LVEF, left ventricular mass or diastolic function. GLS values were significantly correlated with HCQ-ED (r = 0.395, p < 0.001) and HCQ cumulative dose (r = 0.402, p < 0.001). GLS remained significantly associated in multivariate linear regression analysis adjusted for age, female sex, creatinine and hypertension. A threshold of 1994 g had 78.6% sensitivity and 76.5% specificity for impaired GLS (> - 18%). CONCLUSION:This is the first study highlighting the association between long-term HCQ-ED and systolic dysfunction assessed by GLS in asymptomatic patients. Because of its poor prognosis, early detection of AMIC is necessary, and GLS could be an interesting tool in the screening strategy for the detection of pre-clinical alterations.
L’eczéma des paupières est un motif fréquent de consultation. Il touche préférentiellement les femmes. La principale cause d’eczéma palpébral est l’allergie de contact, suivie de la dermatite irritative et de la dermatite atopique. L’interrogatoire guide l’exploration allergologique et les patch-tests et les ROAT (Repeated Open Application Tests) sont les outils de référence. Les principaux allergènes responsables sont les cosmétiques, les topiques ophtalmologiques et les allergènes professionnels. L’exploration des produits apportés par les patients est plus rentable qu’une batterie spécifique « paupières ». Le traitement repose sur l’éviction des allergènes responsables, les émollients et le tacrolimus topique. Les corticoïdes topiques sont utiles pour améliorer rapidement les symptômes mais doivent être prescrits avec prudence.
Introduction Si les dermatites lymphomatoïdes de contact à l’or métal sont connues, de telles réactions cutanées après patch-test à un sel de ce métal sont très rares. Nous rapportons un cas d’hyperplasie lymphocytaire réactionnelle (HLR) après patch-test à un sel d’or. Observations Une patiente de 53 ans consultait en 2022 pour une inflammation chronique d’un genou, consécutive à la pose d’une prothèse. Une étiologie allergique était suspectée et une batterie de patch-tests aux métaux était réalisée. Les patch-tests au nickel et au cobalt étaient positifs et un test pustuleux, irritatif au gold sodium thiosulfate 2 % vas (Chemotechnique Diagnostics®) était noté à 48–72h. Six mois plus tard, elle consultait dans notre service pour une papule érythémateuse dorsale centimétrique. L’analyse histologique de la lésion montrait une lésion nodulaire du derme superficiel et moyen, composée de petits lymphocytes monomorphes, sans atypie. L’immunohistochimie montrait une population lymphocytaire T sans trou phénotypique. L’anticorps anti-CD20 mettait en évidence des centres germinatifs clairs composés de lymphocytes B, aussi soulignés par l’anticorps anti-PD1. Un clone T était trouvé dans la peau. L’analyse photographique comparative avec les tests réalisés six mois auparavant révélait que la lésion était située exactement au même endroit que le patch-test pustuleux au sel d’or. Discussion Le diagnostic retenu chez notre patiente était celui d’hyperplasie lymphocytaire réactionnelle (HLR) devant la présence de centres clairs germinatifs d’allure réactionnelle en histologie, l’absence d’atypie et un facteur déclenchant : le patch-test. Des cas similaires ont été rapportés après exposition à l’or métal lors de piercing ou de pose d’implants et très rarement après des patch-tests allergiques ou irritatifs aux sels d’or. Le mécanisme de ces réactions aux tests cutanés est inconnu et le diagnostic différentiel avec une lymphoprolifération CD4 à petites et moyennes cellules est parfois difficile à éliminer.Seule l’analyse photographique a permis d’établir à six mois d’intervalle la concordance entre le site du patch-test et de l’HLR et a donc été d’une aide précieuse au diagnostic. Cette observation permet de rappeler que le choix des patch-tests doit être orienté lors d’un bilan allergologique. L’or n’entre pas dans la composition des prothèses orthopédiques et son exploration était donc injustifiée. Conclusion Nous rapportons un cas d’HLR consécutif à un patch-test pustuleux à un sel d’or. L’identification de ce facteur déclenchant, souvent difficile à établir avec précision, est un argument en faveur du caractère bénin de cette infiltration lymphocytaire.
Introduction Au cours des toxidermies aux produits de contraste iodés (PCI), le taux d’allergies croisées est élevé de l’ordre de 67–68 %, le plus souvent au sein des PCI du groupe A, les PCI du groupe B étant dans la plupart des cas épargnés. Il existe des patients ayant une multi-sensibilisation à tous les PCI des groupes A et B. Matériel et méthodes Décrire tous les cas de sensibilisations à tous les PCI des groupes A et B (sept PCI), confirmées par le bilan allergologique (tests cutanés ou réintroductions) chez des patients explorés entre janvier 2021 et mars 2024 pour une toxidermie aux PCI. Étude rétrospective par un appel à cas au sein d’un groupe de travail. Résultats Quarante-trois cas, dont 22 femmes d’âge moyen 61 ans, ont été recueillis. Vingt-huit patients présentaient un exanthème maculopapuleux (EMP), dont douze avec des manifestations extra-cutanées (éosinophilie, fièvre, troubles hémodynamiques) ; huit patients présentaient un DRESS syndrome et sept une pustulose exanthématique aiguë généralisée (PEAG).Le délai entre l’administration du PCI et l’apparition de la toxidermie était compris entre 6 heures et 7 jours. Le PCI en cause appartenait au groupe A dans la majorité des cas, et au groupe B dans 5 cas.Tous les patients ont eu des tests cutanés pour les sept PCI des groupes A et B. Trois cent quatre-vingt (89 %) tests étaient positifs en lecture retardée dont 127 patch-tests et 253 tests intradermiques. Cinq patients, pour lesquels un des sept PCI était resté négatif en test cutané, avaient eu un challenge positif pour le PCI resté négatif. Une co-sensibilisation avec des médicaments administrés en même temps que les PCI a été trouvée chez 13 patients, dont 12 bêtalactamines.Huit ré-administrations de PCI testés positivement dans le cadre de l’urgence ont eu lieu, chez 6 patients, avec récidive de toxidermie dans 7 cas (6 EMP et 1 DRESS) et dans un cas sans récidive chez un patient avec prémédication de 5 jours par prednisone. Discussion Nous rapportons une série de patients ayant eu une toxidermie aux PCI avec un bilan allergologique positif à tous les PCI des groupes A et B. Ces cas de multi-sensibilisations a tous ces PCI ne sont pas rapportés dans la littérature.Plusieurs hypothèses peuvent être envisagées ; 1/des réactions croisées entre PCI, 2/des expositions multiples antérieures à plusieurs PCI ; seuls 4,6 % des patients de notre série n’avaient jamais eu de PCI antérieurement alors que cela concernerait entre 30 à 40 % des patients des séries publiées 3/la présence d’un déterminant antigénique commun à ces sept PCI, 4/enfin un contexte immunologique particulier (hémopathie, sepsis sévère) à l’origine de cette multi-sensibilisation. Conclusion Nous rapportons 43 cas de multi-sensibilisations à tous les PCI des groupes A et B.
à la diffusion de documents scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, émanant des établissements d'enseignement et de recherche français ou étrangers, des laboratoires publics ou privés.
Topical maintenance therapy strategy with regard to patients with mild-to-moderate plaque psoriasis (PP) continues to be heterogeneous and insufficiently investigated in real-life clinical practice. The objective of this study was to describe the initiation of long-term maintenance treatment and to identify clinical parameters influencing the therapeutic decision.TEPPSO was a French and Belgian multicentre cross-sectional study based on completion of questionnaires and assessment of credible clinical scenarios of mild-to-moderate PP by physicians using the validated case-vignette method.Maintenance therapy was recommended by dermatologists (Ds) and by general practitioners (GPs) in 79.1% and 76.8% of cases, respectively. GPs recommended the use of a fixed-dose combination of corticosteroid and vitamin D analogues in only 14.8% of cases, whereas this therapy was recommended by French and Belgian Ds in 54.8% and 39.8% of cases, respectively. In a multivariate analysis, significant determinants of the therapeutic decision were skin lesions impacting quality of life (OR 1.9 [95% CI: 1.1; 3.2] P = 0.01) for Ds, and patient corticophobia (OR 1.7 [95% CI: 1.1; 2.7] P = 0.03) or the presence of skin pruritus (OR 1.8 [95% CI: 1.2; 1.8] P = 0.004) for GPs, respectively.Maintenance treatment with topical agents in patients with mild-to-moderate PP was considered in more than two thirds of cases. Heterogeneity in the choice of topical agents was evidenced particularly between Ds and GPs. Our study is the first to identify significant clinical determinants affecting the therapeutic decision. Updated and validated clinical practice guidelines are needed to ensure uniform therapeutic choices.
Les données sur les allergies médicamenteuses de la personne âgée sont peu nombreuses. Le but de notre étude est l’analyse des caractéristiques des réactions d’hypersensibilité aux produits de contraste iodé (PCI) chez les plus de 65 ans. Étude observationnelle rétrospective incluant tous les patients ≥ 65 ans adressés au CHU de Dijon de 01/2019 à 06/2021 pour une réaction allergique aux PCI. Une population de 18 à 64 ans, adressée pour le même motif et sur la même période, a été étudiée pour comparaison. Quatre-vingt-sept patients ont été inclus. Les 70–74 ans (29 %) étaient les plus représentés. Les comorbidités étaient multiples incluant néoplasie active (52 %), insuffisance rénale chronique (50 %) ou antécédent cardiovasculaire (47 %). Les réactions étaient majoritairement immédiates (57 %) dont une seule sévère (grade III). Les toxidermies retardées sévères étaient au nombre de 2. Les 65–74 ans présentaient plus de réactions immédiates que leurs aînés (p = 0,03). Dans près de 40 % des cas, les explorations étaient réalisées moins d’un an après la réaction. Seize patients sur 87 avaient des tests cutanés positifs. Il y avait moins de tests cutanés positifs chez les plus de 80 ans (25 %) que chez les 65–79 ans (75 %). Ces tests positifs étaient plus fréquents en cas de réaction retardée (69 %). L’inverse était observé chez les 18–64 ans (p < 0,05). Quatre-vingt-seize pour cent des patients testés avaient un test de réintroduction négatif. Soixante-huit pour cent des patients ont reçu une nouvelle injection de PCI et celle-ci a été bien tolérée (VPN = 95 %). Malgré un bilan allergologique négatif, 15 patients (22 %) n’avaient pas repris le médicament dans les 6 mois suivants : 12 par absence d’indication, 3 par la réticence du prescripteur à autoriser une nouvelle injection. L’immunosénescence, entre autre par diminution de la sensibilité des IgE spécifiques, peut diminuer la positivité des tests cutanés en immédiat chez le sujet âgé. Le délai court du bilan allergologique peut être expliqué par le suivi médical régulier de cette population polypathologique. Enfin, la réticence du prescripteur à réexposer à une nouvelle réaction peut être spécifique de la personne âgée, plus fragile.
Le védolizumab est un anticorps monoclonal humanisé anti-intégrine α4β7 indiqué dans le traitement de la rectocolite hémorragique (RCH). Des réactions à type d’urticaire, prurit, et nausées sont décrites dans 4 % des cas. Les anaphylaxies sont exceptionnelles. Un patient de 19 ans, suivi pour une RCH, était traité depuis 4 mois par védolizumab. Les 2 premières injections intraveineuses (IV) ont été relayées par 4 injections sous-cutanées. En raison d’une poussée de RCH, il a reçu à nouveau 2 cures IV avec une bonne tolérance. Lors de sa 3e cure IV, il a présenté 25 minutes après le début de la perfusion un prurit palmaire, puis une urticaire et une dyspnée. Les symptômes régressaient sous dexchlorphéniramine. La tryptase à 90 minutes après le début de symptômes était significativement augmentée. Les tests cutanés ont été réalisés cinq semaines après la réaction. Les pricks tests étaient négatifs pour le védolizumab (60 mg/mL) et le polysorbate 80 (excipient du védolizumab). L’intradermoréaction au védolizumab à 0,6 mg/mL (1/100e) était très nettement positive en lecture à 20 minutes. Il s’agit du premier cas d’hypersensibilité immédiate liée au védolizumab documenté par une intradermoréaction positive au 1/100e de la concentration de solution IV. Nous ne disposons malheureusement pas de groupe contrôle pour vérifier la valeur prédictive positive de notre test. Pour ce patient, un protocole d’induction de tolérance a été proposé. Finalement, un changement de thérapie en faveur de l’infliximab a été décidé. La positivité de l’intradermoréaction au védolizumab à 0,6 mg/mL et l’augmentation de la tryptase sérique sont des arguments importants pour confirmer l’imputabilité du védolizumab dans une réaction anaphylactique.
Nous rapportons les cas de deux patients présentant des épisodes d’angio-œdèmes (AO) isolés de luette, adressés pour bilan allergologique. Cas 1 : homme de 54 ans ouvrier dans le bâtiment, aux antécédents de syndrome d’apnées du sommeil appareillé, cardiopathie ischémique et reflux gastro-œsophagien présentait depuis un an des épisodes d’AO de luette. Il n’existait ni terrain atopique, ni consommation de tabac ou cannabis. Son traitement habituel comportait clopidogrel, pantoprazole, atorvastatine, zolpidem depuis plusieurs années. Ces crises d’AO intermittentes, strictement localisées à la luette, ne s’accompagnaient pas d’urticaire. L’examen clinique et ORL en dehors des crises était normal et le bilan à la recherche d’une allergie respiratoire était négatif. Les C1Inh quantitatif et fonctionnel étaient normaux. Les AO étaient améliorés par les antihistaminiques. Le patient signalait un rythme professionnel, chaque crise étant déclenchée par une utilisation prolongée d’un engin vibrant (marteau-piqueur). Un AO vibratoire était alors suspecté, confirmé par un test au vortex. Cas 2 : un viticulteur de 19 ans, atopique, en surcharge pondérale et non-fumeur, ne prenant aucun médicament, venait consulter pour des épisodes d’AO de luette isolés sans urticaire associée. Certains entraînaient une gêne respiratoire. Chaque épisode survenait après un repas copieux et consommation d’alcool. Le père du patient rapportait une ronchopathie systématique après ces repas. Le traitement antihistaminique était efficace. La tryptase per crise était augmentée (20 mg/L n < 11 mg/L) et le C1Inh quantitatif et fonctionnel normaux. Le test au vortex est positif, confirmant l’AO vibratoire induit par les ronflements. Après 4 mois de desloratadine (1 cp/j), les AO n’avaient pas récidivé. Il s’agit donc de 2 cas d’AO physiques de luette, induits par les vibrations et de mécanisme histaminique. Ces deux observations confirment l’intérêt du test de stimulation par le vortex. En l’absence de caractère familial, le recherche de mutation ADGRE2 n’a pas été réalisée. Les antihistaminiques au long cours sont efficaces chez le patient 2 et actuellement en cours d’évaluation chez le patient 1.
Le traitement des racines dentaires est un geste commun chez les dentistes. L’irrigation est une étape importante pour la désinfection et la lubrification des racines dentaires. Les solutions pour irrigation sont nombreuses : solutions salines stériles, chlorhexidine, péroxyde d’hydrogène (H2O2), acide citrique, hypochlorite de sodium (NaOCl). Les effets secondaires de ces irrigations sont inconnus des dermatologues et des allergologues. Une patiente de 81 ans était adressée en consultation d’allergologie pour l’exploration d’un angio-œdème ecchymotique de la face survenu dans les suites immédiates d’un traitement d’une racine dentaire d’une incisive supérieure gauche. L’anesthésie locale avait été réalisée par une injection d’articaïne et l’irrigation de la racine dentaire par hypochlorite de sodium (NaOCl). Au moment de l’injection de NaOCl, la patiente signalait des douleurs très intenses et apparaissait rapidement un œdème ecchymotique de la face, non prurigineux. Les symptômes régressaient en une dizaine de jours sous spiramycine/métronidazole et cétirizine. Depuis près de 75 ans, le NaOCl est un irrigant de choix dans les traitements endodontiques en raison de son large spectre sur les agents pathogènes. Son extravasation vers les tissus péri-apicaux, appelée SHEPA (Sodium Hypochlorite Extrusion Past the Apex), décrite pour la première fois en 1974, entraîne immédiatement, après utilisation, douleurs intenses, ecchymoses et œdème. Les complications peuvent être sévères avec atteinte nerveuse, des voies aériennes, de la vision en cas d’atteinte du plancher orbital. Ces accidents sont rares, parfois d’évolution nécrotique avec ulcérations. Le mécanisme est cytotoxique. Le pH alcalin entraîne une destruction tissulaire par oxydation des protéines à l’origine d’une destruction des fibroblastes, des cellules endothéliales et une inhibition de la migration des neutrophiles. L’anatomie vasculaire de cette région explique la localisation systématique de l’hématome à la partie inférieure de la mandibule et à la région péri-orbitale. Dans des cas plus sévères, comme notre patiente, l’atteinte peut s’étendre à la région controlatérale, au cou et au thorax. La résolution est obtenue spontanément en plusieurs semaines et l’exploration allergologique est inutile. Les effets secondaires de l’utilisation du NaOCl en endodontie et les manifestations du SHEPA sont inconnus des dermatologues, la littérature sur le sujet étant exclusivement odontologique. Il n’existe, à ce jour, aucun consensus concernant la concentration d’hypochlorite de sodium à utiliser.
BACKGROUND:Allergic contact dermatitis to gloves is mostly induced by rubber accelerators. The European baseline series (EBS) appears insufficient to detect glove allergy. Since 2017, it is recommended to use the European rubber series (ERS) and to test the patients' own gloves.OBJECTIVES:To investigate the clinical profile of glove-wearing patients with hand eczema (HE) and to evaluate their sensitisation profile to glove allergens and the value of testing the patients' own gloves.METHODS:We conducted a French multicentre study of patients evaluated for HE between 2018 and 2020 and tested with the EBS, the ERS and their own gloves in patch tests and semi-open (SO) tests.RESULTS:A total of 279 patients were included; 32.6% of patients had positive tests to their own gloves or to glove allergens. Almost 45% of the sensitisations to glove allergens were detected only by the ERS. Among the patients tested both in patch tests and SO tests with their own gloves with positive results, 28% had positive SO tests only. Polyvinylchloride (PVC) gloves were positive in four patients.CONCLUSION:Our series confirms the need to test the ERS. All the patients' gloves must also be tested including PVC gloves. SO tests with gloves are useful as a complement to patch tests.
Le traitement du DRESS repose sur la corticothérapie (CT), de modalités mal codifiées. Alors que l’expertise préconise la CT locale très forte (CTL) dans le DRESS mineur et la CT générale (CTG) 1 mg/kg/j dans le DRESS grave, le choix entre CTL et CTG n’est pas consensuel dans le DRESS modéré. Le but de l’essai DRESSCODE était de comparer CTL et CTG dans le DRESS modéré. Cet essai contrôlé randomisé multicentrique (financement PHRC), conduit entre 10/2013 et 12/2017, a comparé clobétasol crème 30 g/j (décroissance 5 mois) à prednisone orale 0,5 mg/kg/j (décroissance 6 mois) dans le DRESS modéré de l’adulte (transaminases < 15 N, créatinine < 1,5 N, pas d’atteinte menaçante d’organe). L’objectif était double : démontrer la non-infériorité de la CTL pour la rémission des atteintes viscérales et sa supériorité pour la guérison cutanée à J30. L’intervalle de confiance unilatéral à 97,5 % de la différence entre les taux d’atteintes viscérales a été estimé dans les deux bras. La borne supérieure de cet intervalle de confiance a été comparée à la zone de non-infériorité de 20%. L’analyse a été réalisée en intention de traiter (ITT) et en per-protocole (PP). Après inclusion de 52 patients (sur les 112 prévus) en 51 mois (29F, âge médian 55 ans, 26 par bras, Figure, Tableau), l’essai a été arrêté (difficulté de recrutement). À J 30, en ITT, le % de guérison des atteintes viscérales était de 53,8 % dans le bras CTL et de 72 % dans le bras CTG (différence 18,2%, IC97.5% [−14,6 ; 46]). En PP, les résultats allaient dans le même sens (différence de 16,4%, IC97.5% [−16,9 ; 46]). Il n’y avait pas de différence de guérison cutanée à J30 entre les 2 groupes (CTL 57,7 % ; CTG 68 %, p = 0,45). Une évolution rapide vers un DRESS grave était notée chez 6 patients du groupe CTL (23,1% dont 3 avec courte CTG avant inclusion), aucun du groupe CTG (p = 0,02), sans différence d’apparition de nouvelle atteinte viscérale (CTL 3,8 % ; CTG 8 %, p = 0,61). Avec un total de 92 EI chez 34 patients, le nombre moyen d’EI était de 2,56/patient dans le bras CTL et 2,83 dans le bras CTG (p = 0,8); 20/92 EI étaient possiblement ou probablement liés au traitement, 4 (chez 2 patients) étaient sévères, non liés au traitement (aggravation du DRESS). Deux patients sont décédés (1 CTL, cancer à J 115 ; 1 CTG, infarctus mésentérique à J 23). Cet essai n’a pu démontrer ni la non-infériorité de la CTL dans le DRESS modéré, ni sa supériorité pour la guérison cutanée. Les patients du bras CTL ayant évolué vers un DRESS grave ont été contrôlés par CTG forte dose sans difficulté. Le manque de puissance ne permet pas avec certitude de définir la meilleure stratégie corticoïde dans le DRESS modéré. Nous proposons soit une CTG faible dose, soit,–connaissant les EI de la CTG au long cours/son risque de rebond au sevrage–, une CTL forte 1re ligne sous réserve d’une stricte surveillance et d’un relais vers une CTG si aggravation du DRESS (comme notre essai).
Les morphées survenant après radiothérapie dans le traitement d’un cancer sont des complications peu connues. Nous rapportons un cas de morphées multiples après radiothérapie pour des cancers du sein. Une patiente de 75 ans a été traitée par tumorectomie, radiothérapie et hormonothérapie dans le cadre de deux adénocarcinomes mammaires droits et gauches survenus en 2008 et 2019. La patiente a présenté en 2021 (soit 13 ans et 2 ans après les irradiations) une plaque érythémateuse infiltrée et scléreuse de la racine de la cuisse droite, puis l’apparition secondaire de plaques mammaires bilatérales. Le bilan à la recherche de malignité était normal. Il n’avait pas d’atteinte systémique. Le bilan auto-immun (AAN, DOT sclérodermie) ainsi que la sérologie de la maladie de Lyme était négatifs. La biopsie cutanée montrait un infiltrat lymphocytaire de distribution interstitielle du derme ainsi qu’une raréfaction du réseau élastique évoquant une morphée. Le traitement initial par dermocorticoïdes d’activité très forte a été inefficace. La patiente a eu une corticothérapie générale à 1 mg/kg pendant un mois, suivie d’une décroissance lente en 6 mois. Nous avons associé 6 cures mensuelles d’immunoglobulines IV à 2 g/kg. L’évolution a été rapidement favorable, avec une disparition complète de l’érythème et une amélioration de l’aspect scléreux. Les morphées radio-induites sont rares car souvent confondues avec la radiodermite scléreuse, qui est le principal diagnostic différentiel. L’aspect histologique des morphées permet d’écarter le diagnostic de radiodermite. Le délai d’apparition varie en moyenne entre 1 et 12 ans après la fin de la radiothérapie. Il n’y a pas de lien décrit entre la dose délivrée de la radiothérapie et l’apparition d’une morphée. Les lésions apparaissent principalement sur la zone irradiée mais peuvent être décrites à distance dans 30 % des cas. La particularité de notre cas était l’apparition inaugurale d’une plaque à distance de l’irradiation. Il n’y a pas de consensus thérapeutique mais l’utilisation d’un traitement systémique (photothérapie, méthotrexate, corticothérapie, immunoglobulines) semble plus efficace qu’un traitement local seul par dermocorticoïdes. Les meilleures réponses cliniques sont obtenues sous méthotrexate et photothérapie. Une morphée radio-induite doit être évoquée devant l’apparition d’une plaque érythémato-scléreuse après un traitement par radiothérapie ainsi que des sites non irradiés.
L’allergie au venin de guêpe Poliste est bien connue des allergologues du Sud de la France où cette espèce est endémique, néanmoins, elle est actuellement retrouvée dans des régions plus au Nord depuis quelques années. Nous avons donc réalisé un état des lieux des connaissances et des pratiques françaises, concernant l’exploration des réactions allergiques consécutives à une piqûre de cet insecte, sur l’ensemble du territoire français. Cette étude a été menée via la diffusion d’un questionnaire, entre juin et septembre 2021, auprès des membres de l’association nationale de formation continue en allergologie. Quatre-vingt-dix-neuf questionnaires ont été reçus et analysés. Plus de 75 % des allergologues du Sud de la France connaissent cette espèce de guêpes mais plus de la moitié des répondants des régions du Nord la connaissent également. Il est difficile d’estimer si cette guêpe est responsable de plus de réactions que la guêpe Vespula car l’insecte est rarement identifié par le patient. Le nombre de patients suivis pour une monoallergie à la Poliste représente moins de 5 % des patients suivis pour une allergie au venin et son évolution ces dernières années, est difficilement évaluable. Certains allergologues pensent que la Poliste est responsable de plus de réactions qu’auparavant, probablement parce que les populations de polistes ont augmenté et que leurs zones d’habitat se sont étendues, possiblement en partie à cause du réchauffement climatique. Les explorations de l’allergie à la Poliste, bien qu’hétérogènes, semblent faire partie intégrante des bilans de la plupart des répondants quelle que soit la région d’activité. La guêpe Poliste semble retrouvée sur l’ensemble du territoire français et explorée par une majorité des allergologues. De nouveaux outils doivent être développés afin que nos patients et collaborateurs apprennent à mieux distinguer les insectes piqueurs et afin d’améliorer nos capacités à distinguer les doubles allergies Poliste/Vespula, d’une allergie vraie unique associée à une sensibilisation croisée.
BACKGROUND: Drug reaction with eosinophilia and systemic symptoms (DRESS) is a rare and potentially fatal adverse reaction. It can be difficult to diagnose, even more so among children, because symptoms may mimic other commonly encountered pediatric conditions. OBJECTIVE: To describe clinical and laboratory features of DRESS syndrome in the pediatric population (age years) and establish causative agents and treatment modalities. METHODS: This was a multicenter retrospective study of probable and definite DRESS cases (Registry of Sever Cutaneous Adverse Reaction score 4) in children hospitalized in 15 French university hospitals between 2000 and 2020. RESULTS: We included 49 cases. All children had fever and rash, 69.4% had lymphadenopathy, and 65.3% had facial edema. The most common organ affected was the liver (83.7%). Treatment consisted of topical corticosteroid in only 30.6% and systemic corticosteroid in 55.1%; 12.2% received intravenous immunoglobulin. Among probable and likely culprit drugs, 65% were antibiotics and 27.5% were antiepileptics, median time to DRESS symptom onset after initiation of 15 days (13 days with antibiotics and 21 days with antiepileptics). Twenty-seven children had allergy assessment for causative agents, 65.4% of whom had positive tests. CONCLUSIONS: Culprit drugs are frequently antibiotics and antiepileptic drugs, and onset is often less than 2 weeks after treatment starts, especially with antibiotics. Treatment with topical corticosteroids appears to be sufficient in the least severe cases. Treatment by systemic corticosteroid therapy remains the reference treatment in case of severe organ damage. (C) 2021 American Academy of Allergy, Asthma & Immunology
BACKGROUND:An aqueous antiseptic containing "chlorhexidine digluconate/benzalkonium chloride/benzyl alcohol" (CBB) is widely used in France. The only previous documented study dealing with allergic contact dermatitis (ACD) to this antiseptic is one small case series in children. The French Vigilance Network for Dermatology and Allergy (REVIDAL-GERDA) has collected many cases in the last few years.OBJECTIVES:To evaluate the clinical and sensitization profiles of patients diagnosed with ACD to CBB.METHODS:We performed a retrospective study of patients with contact dermatitis to CBB and positive tests to CBB and/or at least one of its components. All patients had to be tested with all components of CBB.RESULTS:A total of 102 patients (71 adults and 31 children) were included. The lesions were extensive in 63% of patients and 55% had delayed time to diagnosis. CBB patch tests were positive in 93.8% of cases. The allergen was identified in 97% of patients, mainly benzyl alcohol in adults (81.7%) and chlorhexidine digluconate in children (54.8%). About 32.4% of the patients were sensitized to several components.CONCLUSION:CBB is a cause of ACD at all ages. The components of the antiseptic should be tested. The sensitization profile seems to be different between adults and children.