Studies on the Eastward enlargement of the European Union have mainly looked at Europeanisation as a process going from the EU and its member states to the candidate countries. There are, however, some policy fields, like foreign policy, where there is almost no acquis. One can thus notice during the first years of EU presidencies a "Europeanisation" of the foreign policy structures of the newer member states, but also a parallel cognitive influence of these countries on the external policies of the EU. In order to show the role played by the EU on the Central Eastern European countries (CEEC) as well as their play on the EU, the paper concentrates on a case which has so far been neglected by the literature, the one of the EU Council presidencies, in looking at the impact of CEECs on the European foreign policy agenda during their respective EU presidencies since 2004, and into more detail at the cases of Slovenia and the Czech Republic. Policies developed for potential candidates and previous communist countries—the countries of the Western Balkans and those of the Eastern Partnership—represent most interesting cases in order to detail how social norms, which are part of CEECs traditional foreign policies, have been transferred and adapted to EUs foreign policy. The article concludes that, even in still apparent asymmetrical situations—as it is said that EU's agenda is set in advance—there is always some leeway for negotiations and discussion, especially on social norms.
L’Allemagne a joué depuis les années 1970 un rôle essentiel dans la mise sur agenda d’une politique environnementale et climatique au niveau européen. Elle a utilisé les différents formats européens, notamment les rencontres franco-allemandes et les présidences européennes, pour imposer un agenda politique en faveur de cette question. Tout comme la gestion des crises dans la politique étrangère de l’Union européenne (UE), la lutte contre le changement climatique est devenue l’un de ses chevaux de bataille en vue de trouver crédibilité et légitimité au niveau européen et international. Cet article montre comment les gouvernements allemands successifs ont construit une rhétorique forte et d’inspiration éthique sur les questions environnementales et climatiques pour développer des politiques dont les ramifications ont progressivement gagné d’autres secteurs d’activité. Les normes et standards développés ont ainsi inspiré le « Pacte Vert européen » qui promeut aussi leur diffusion au niveau international. Les déclarations franco-allemandes, en Triangle de Weimar et au niveau européen montrent la démultiplication récente de cette rhétorique qui contraste souvent avec des difficultés de mise en œuvre en Allemagne. En effet, en Allemagne, la rhétorique n’est pas toujours suivie d’effets, surtout sur les aspects climatiques.
Cet article se penche sur les relations entre l’armée fédérale allemande (Bundeswehr) et la Politique européenne de sécurité et de défense depuis le début des années 1990 en particulier. Alors que la Cour constitutionnelle allemande de 1994 avait autorisé la Bundeswehr à ne participer qu’à des missions de nature civile et multilatérale, l’évolution rapide du contexte international (élargissement de l’UE et de l’OTAN, remise en question du multilatéralisme et des relations transatlantiques, arrivée de nouvelles puissances) a contraint l’Allemagne à redéfinir son rôle dans le maintien multilatéral de la sécurité en Europe (suite au Brexit) et au niveau international. Les relations avec l’OTAN et les Etats-Unis, ainsi que celles avec la France et d’autres partenaires en Europe, représentent les cadres privilégiés de réflexion sur la future identité stratégique et les conditions de mobilisation de l’armée allemande. Ainsi, le multilatéralisme semble agir à la fois comme ressource et contrainte pour réformer la Bundeswehr dans un contexte international instable.
The European Union is a sui generis polity in which policy transfer shapes the relationship between supra-national institutions and domestic actors across different contexts. Scholars have defined this specific type of policy transfer as Europeanization. This chapter explores how this concept has been used to understand the effects of EU integration on the polity, policies and politics of EU member states, and how EU integration has extended to the field of foreign policy, then outside the EU, through enlargement and neighbourhood policies, to scrutinize the relations of the EU with the rest of the world. The chapter is organised as follows: the first section traces the origins of this concept, its definition and research designs. Empirical illustrations show that since the early 1990s, fast-forward integration has given rise to uneven forms of Europeanization within the EU and beyond. The chapter also examines how Europeanization has been challenged by resistance to integration and how recent crises have shaped not only EU integration, but also Europeanization processes.
Economic processes are inherently dynamic and continuously changing. The notion of transfer is therefore well established among economists. Depending on their particular perspectives, they have developed different definitions, explanations and research methods for it. In order to advance the potential emerging from an interdisciplinary perspective on transfer, this chapter examines particular features of policy transfer in the field of economy and discusses the challenges of transposing economic concepts into other disciplines. It focuses on the interactions of markets and politics in a global economy and argues that a critical perspective and a combination of economic and transfer studies can add to both policy transfer and political economy studies.
Les resultats des elections europeennes qui ont eu lieu le 26 mai 2019 en Allemagne apportent une illustration majeure de la remise en question progressive du clivage politique traditionnel gauche-droite 1. Ils sont egalement symptomatiques des evolutions contrastees de la societe allemande dans le contexte de cumul des crises en Europe-economique et financiere, migratoire, climatique, voire identitaire. Ils montrent en particulier l´ecroulement des partis traditionnels de rassemblement que sont les Chretiens-democrates et les Sociaux-democrates, la montee des Verts et le maintien de la Droite radicale populiste. En effet, parmi les 96 sieges attribues a l´Allemagne au Parlement europeen, 29 reviennent a l´Union chretienne-democrate (CDU)/Union chretienne-sociale (CSU) (28,9%), 21 a l´Alliance 90/Les Verts (20,5%), 16 au Parti social-democrate (SPD) (15,8%), 11 a l´Alternative pour l´Allemagne (AfD) (11%) et 5 sieges au parti de gauche antiliberal Die Linke (5,5%). Ces resultats s'inscrivent dans le contexte d'un interet renouvele pour ce scrutin : le taux de participation a ete en hausse tres sensible par rapport aux elections europeennes precedentes, passant de 48,1% en 2014 a 61,4% en 2019. Ces resultats temoignent aussi d'une forte polarisation politique sur la question de l'integration europeenne. Figure 1 : Scores des principaux partis aux elections europeennes de 2014 et 2019 1 Pour un historique des elections europeennes en Allemagne, voir Tulmets (2004).
Based upon the case of the ENP, this chapter explores the transfer and circulation of norms and policies outside the EU. It draws upon an actor-centred approach to examine how EU templates are "exported" to the neighbourhood and how "importation" from the EU unfolds in different domestic contexts. The chapter seeks to eschew the normative premises of Europeanisation studies, which tend to exceedingly focus the analysis on the EU. By borrowing from other disciplines and broadening the focus of investigation, the chapter brings to light the roles of other actors and factors previously overlooked in the literature.
Les resultats des elections europeennes qui ont eu lieu le 26 mai 2019 en Allemagne sont symptomatiques des evolutions contrastees de la societe allemande. Leur analyse montre l´ecroulement des partis traditionnels de rassemblement que sont les Chretiens-democrates et les Sociaux-democrates, la montee des Verts et le maintien de la Droite radicale populiste. Dans quelle mesure ces resultats representent-ils une remise en question du clivage politique traditionnel gauche-droite? Cet article, appuye sur une serie de cartes, met en lumiere une forte polarisation spatiale du champ politique autour des Verts et de la Droite radicale populiste : on voit reapparaitre l’ancienne partition territoriale de la Guerre froide sous forme de « frontiere fantome ».
Against the backdrop of recent and growing ‘conditionality assertiveness’ by both the EU and Russia vis-à-vis their neighbouring states, the present contribution critically reviews the existing state of the art on EU conditionality as well as on Russia's emerging conditional approaches within and beyond the Eurasian Economic Union. It proposes an alternative reading of conditionality, accounting for its perception and translation by the individual Eastern Partnership countries and applies it to individual case studies. Finally, it presents avenues for further research, arguing for the need to pay closer attention to different foreign policy means and their specific combinations, which constitute conditionality in its individual dimensions.
Cette analyse porte sur l’impact de la crise ukrainienne de 2014 sur la politique étrangère des pays d’Europe centrale et orientale (PECO), membres de l’Union européenne (UE) et de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Dans une approche constructiviste sociologique, elle s’intéresse avant tout à la question du changement et des continuités dans les discours de politique étrangère, mais se penche également sur les initiatives concrètes de politique étrangère développées dans les pays concernés par la Politique européenne de voisinage (politique vers l’Est et Partenariat oriental). Elle s’interroge notamment sur le fait de savoir si ces nouvelles initiatives ont été adoptées en réaction à la crise en Ukraine de 2014. L’argument principal de cette analyse consiste à montrer que les processus de réformes de politique étrangère ont souvent été initiés bien avant ces événements et que leur intensité oscille au gré des priorités de politique étrangère des partis politiques au pouvoir.
Ce dossier propose de présenter et de discuter l’exportation des normes en relations internationales, en particulier dans le cadre des politiques extérieures de l’Union européenne (UE). La notion de transfert a été largement utilisée en sociologie, politiques publiques et politique comparée pour traduire le processus d’exportation des normes, politiques et institutions. Dans le cadre des études européennes, elle a connu un relatif succès à travers les travaux sur l’européanisation, aussi bien en politique intérieure qu’extérieure. Pour faire face aux critiques formulées à l’égard du concept de transfert, l’approche éclectique adoptée ici propose de laisser ouverte la question du choix des concepts issus des « policy transfer studies » en fonction de quatre facteurs : la nature des normes exportées, celle des politiques menées, les motivations des acteurs – qui sont rarement uniquement les institutions européennes, mais aussi des acteurs nationaux, des organisations internationales, des acteurs non-gouvernementaux – et le rôle de leurs interactions.
Cet article passe en revue la littérature sur la circulation des normes dans le contexte de l’élargissement et de la politique de voisinage de l’Union européenne (UE) pour montrer que les débats sur les transferts issus d’autres disciplines viennent enrichir ceux sur l’exportation des normes en relations internationales et dans la politique extérieure de l’UE. L’exemple des différentes interprétations et traductions opérées autour de la norme « molle » de la « bonne gouvernance » dans le domaine des réformes institutionnelles indique qu’il est nécessaire de combiner différents concepts pour saisir de manière plus précise les processus à l’œuvre en lien avec le voisinage oriental.
Cet article analyse les relations entre la Moldavie et l’Union européenne (UE) au cours de la dernière décennie. Le lancement de la Politique européenne de voisinage (PEV), puis celui du Partenariat oriental au moment de l’arrivée d’une coalition pro-européenne au pouvoir, ont donné une impulsion nouvelle aux relations entre l’UE et la Moldavie, qui sont aujourd’hui parmi les plus denses dans le voisinage oriental. Cet article passe en revue la gamme des instruments soutenant la politique de l’UE en Moldavie (en particulier la mission EUBAM, le dialogue de visas, et la mise en place d’un accord d’association et d’une zone de libre-échange complet et approfondi) en s’interrogeant sur leur portée et sur leur cohérence. Au-delà des limites propres aux instruments européens, l’article met en lumière les contraintes que font peser l’instabilité politique moldave, le conflit en Transnistrie et les tensions régionales sur la mise en œuvre de la PEV.
The ongoing financial crisis, which at the level of the global economic market left the most profound mark at the European continent, has raised doubts about the efficiency of the existing arrangement of the European Union and emphasized Germany's leading role in that organization. It is precisely Garmany that, in cooperation with France, dictates the capacity and the mannr of foreign financial instruments' functioning, such as EFSF, what role the European Central Bank should také in the whole proces, or, bradly speaking, the manner in which the EU should further function in terms of fiscal harmonization and economic stability.