This chapter discusses the manner in which the Indian software professionals must negotiate between the logic of the companies which recruit them and the regulations of the countries in which they remain. The multinationals companies settled in Malaysia which use Indian software professionals under short-term contracts also have their own logic. The immigration of Indian software professionals to Malaysia is very different from the immigration of plantation coolies or of their contemporary counterparts to the Middle East, in two ways: first, its scale as a phenomenon of the globalized labour market and second, due to its operating mode of 'body shopping'. Perhaps Indian software professionals are building a global network of work places. The professionals are regularly in a state of unemployment or underemployment as a result of which they lose a part of their potential earnings. A part of the migration concerns personal initiatives — the Indian software professionals trying their chance in Malaysia spontaneously and on their own.
La question du droit à la ville au Sud se pose avec beaucoup d’acuité pour les pays en voie d’urbanisation rapide comme la Chine ou l’Inde. Ces nouveaux espaces urbains sont le résultat de méga-projets qui remodèlent et étendent les villes traditionnelles remettant en cause le droit à la ville des citadins présents, provoquant le déplacement des plus précaires. Il existe pourtant des situations où le droit à la ville est octroyé comme à Amaravati, la nouvelle capitale de l’Andhra Pradesh en Inde du Sud. Sur l’ensemble de l’espace du projet (200 km²), les villageois ont basculé en 2015 dans le monde urbain décrété par le gouvernement d’Andhra Pradesh. Pour autant, ont-ils acquis un droit à la ville, plein et entier, comme défini par H. Lefebvre ? Une première réponse vient du modèle urbain et de sa mise en œuvre, celui de la ville inclusive choisi par les autorités. Quelle est l’étendue du droit accordé et qui est en capacité de s’en emparer ? Grâce à des travaux de terrain nous avons pu constater que le gouvernement d’Andhra Pradesh accorde inégalement des droits dans la ville, il ne permet pas un « droit à la ville » entier. Seuls les propriétaires fonciers peuvent tirer parti du modèle spéculatif voulu à Amaravati. Cette situation de production d’une ville à neuf démontre que le droit à la ville demeure une conquête collective soumise aux ambitions de groupes sociaux concurrents.
Depuis la creation du Telangana, 29e Etat indien, l'Etat residuel d'Andhra Pradesh dispose d'une decennie pour creer une nouvelle capitale. Le chef de l'executif, Chandrababu Naidu a opt(pour la construction d'Amaravati, une ville intelligente et durable de rang mondial. Implant(e au coeur de l'Etat, la « capitale du peuple » comme il l'a baptisee, devrait accueillir 4,5 millions d'habitants en 2050. Face a un tel defi, on est en droit de s'interroger sur le sens de ce programme. Cette ville de classe mondiale va-t-elle pr(server l'identite et le patrimoine des populations locales ou proceder a leur eviction ? Comment les modeles urbains globaux mobilises, ville intelligente, ville durable , ville inclusive sont ils adaptes pour repondre aux defis de l'urbanisation indienne ? Comme Amaravati n'est pour l'instant qu'une ville de papier (Soderstrom, 1996), nous repondrons a ces questions en nous appuyant sur les documents officiels de planification pour une presentation du projet urbain, puis une relecture critique a l'aune de projets anterieurs. Dans une derniere partie, nous observerons la gestion du projet urbain par les autorites d'Andhra Pradesh depuis son lancement pour determiner si Amaravati s'oriente vers une dystopie ou une entopie.
The emergence on the outskirts of major Indian cities of real boomtown whose landscapes break with the rest of the former urban fabric, questions observers. Some see the emergence of a new urban model, described as postmodern, for the contrasts and social fragmentation that it generates. A rereading of the transposition of the concept of modernity in India casts doubt on the reality of an interpretation by the gap and the utility of the use of post-modernity to interpret these changes. From the example of Cyberabad on the outskirts of the capital of Andhra Pradesh, Hyderabad, one can observe how the described boundaries are crossed and the appearance of places where hybridity of urban society is realized.
As part of the e-atlas diaspora, the corpus is a first quantitative exploration of the presence of the Indian diaspora in the cyberspace. The problematic is organized around three axis: first a definition of the Indian diaspora itself, as expressed on the Web and not by the Indian government; secondly a geolocation of the Indian diaspora in the cyberspace compared with its spatial distribution; thirdly a temporal approach to identify events that encourages its appearance in the global cyberspace. From the analysis of the corpus gather (1089 sites), it is clear that a variety of identity claims are expressed on the Web. The structure of the Indian diaspora cyberspace highlights subnational groups, what qualitative analyzes have already identified, but unrelated to the websites of the Indian government. Other emerging identities, religious, professional and especially a supra-national South Asian identity also can be identified. The second finding is the discrepancy between global distribution of the diaspora and its expression on the web where the United States then dominate and the Gulf states are absent. Beyond an explanation of the uneven access to ICTs, so by the digital divide, inequalities in the cyberspace must identify the mediators of that presence. In the U.S., all the components of the Indian diaspora do not have the same visibility whereas access to ICT is similar. The third axis is still under construction, since processing temporal information is very difficult on the Web, the variability of cyberspace enter in conflict with longitudinal studies.
Les informaticiens sont devenus des figures emblématiques des migrations indiennes au XXIème siècle au point d'éclipser parfois les représentations précédentes comme les médecins pour n'évoquer que les plus qualifiés. Cette attention soutenue a servi le discours politique du parti nationaliste du BJP (le Bharata Janata Party - Parti du Peuple indien - est un parti nationaliste hindouiste au pouvoir de 1998 à 2004) lorsqu'il était au pouvoir. Les informaticiens indiens et leurs plus brillants entrepreneurs sont devenus des figures de proue de la réussite et de l'émergence du pays. Plus que les infirmières ou les travailleurs émigrés dans le Golfe, ils ont fini par incarner l'entrée de l'Inde dans une économie globalisée.
Le volume inedit de cette habilitation a diriger des recherches propose un questionnement sur la mondialite, la facon de faire du Monde un lieu, et le role des Nouvelles Technologies de l'information et de la Communication (NTIC) dans cette transformation. Ce travail s'inscrit dans une geographie des NTIC a double titre, a la fois par une analyse de leur influence sur les rapports des societes avec leur espace mais aussi dans une reflexion epistemologique sur les formes de representations cartographiques du Monde ainsi produit. La nouveaute des dernieres TIC reside dans la dematerialisation des echanges grâce a la numerisation des contenus qui a permis leur accroissement spectaculaire depuis la fin du XXe siecle. Les NTIC sont presentes dans toutes les transactions de biens et aussi dans leur fabrication a travers les chaines logistiques de production. Dans les relations humaines, elles occupent une part croissante des echanges ideels et transforment les pratiques de l'espace par les societes. En effet les NTIC entrent en concurrence avec les differents modes de gestion de la distance par l'homme. C'est pourquoi la mobilite constitue le cœur de cette reflexion, les NTIC offrant une alternative, la tele-communication, au deplacement ou a la co-presence. Le present volume rassemble les resultats d'une recherche qui se focalise sur une figure de la mondialite, l'informaticien indien, et plus largement sa sphere de travail. Les informaticiens ont ete choisis car ils sont a la fois producteurs et utilisateurs des NTIC. Ils constituent un groupe professionnel mobilise pour realiser la generalisation de ces outils dans l'ensemble des appareils productifs mondiaux. Ils sont donc les premiers concernes par les transformations de l'organisation et des temporalites du travail. En ce sens, ils experimentent les modifications de l'emploi pour les travailleurs de la connaissance de la nouvelle societe de l'information annoncee. La preference accordee aux informaticiens indiens ne repond pas un soucis d'exotisme, mais permet d'interroger directement les usages des tele-communications et des circulations. En effet leur presence ubiquiste dans les grandes metropoles mondiales sonne comme une refutation de l'hypothese de Zelinski sur la diminution des deplacements par le recours aux tele-communications. Dans la phase actuelle de la mondialisation, la mobilite humaine demeure une variable d'ajustement aux besoins de matiere grise. C'est pourtant dans le domaine des services autorises par les NTIC, le secteur de l'infogerance, que le travail a distance a connu le plus grand developpement, notamment en Inde, decrite comme le bureau du Monde. Il y a donc une tension entre les differentes formes de travail possibles, sur site (on-shore) ou a distance (offshore), particulierement nette dans le cas des informaticiens indiens. D'autre part, les transformations impulsees depuis ce pays permettent de renverser l'ordre des facteurs dans l'analyse de la mondialite pour voir comment elle se fabrique ailleurs. Le cas des informaticiens indiens offre donc un point d'entree pertinent pour observer la production de notre mondialite entre l'universel (l'informaticien) et le particulier situe (indien). C'est aussi une contribution a l'analyse des reseaux ou se melent les dimensions humaines (reseaux migratoires) et techniques (Internet). Les NTIC sont analysees comme des mediateurs dans la production des collectifs sociaux. Cette recherche contribue enfin a une reflexion sur l'utilisation de nouvelles methodologies dans les sciences sociales puisque l'exploration et la representation de ces nouveaux mondes appartient au nouveau domaine des sciences humaines numeriques, les digital humanities des anglo-saxons. Ce travail est une incursion dans des champs de recherche qui interpellent le geographe au moment ou les autres disciplines se proposent de cartographier le cyberespace.
The Analysis of transnational territories must tackle the challenge of communities scattered in very distant areas. The Indian software professionals provide a good example of a social group dispersed across the planet. Based on two examples of relational spaces between India and Australia and Malaysia, this article offers a critical analysis of representations produced. To study the territorial construction of computer scientists, researchers have mobilized graphical models or cartographic representations. But neither of these two solutions, ise able to avoid the trap of Euclidean mapping, namely a vision of sedentary space and a representation situations. The use of relational graphs allows another approach of these transnational territories that preserves the mobility that produced them. This produces a map of relative positions which gives us to see the mobile space within which Indian software professionals evolve.
La place de l'Inde dans l'économie mondiale a considérablement changé au cours des vingt dernières années. D'un pays en marge des échanges internationaux, elle est devenue un territoire en voie de mondialisation, et dans certains secteurs comme les nouvelles technologies de l'information et de la communication, un acteur incontournable. Les analyses de cette mutation ont porté principalement sur la politique de réformes internes entreprises à partir de 1991 par un ministre des Finances devenu depuis son actuel Premier ministre. Pourtant, le facteur humain a probablement été sous-estimé dans cette intégration du territoire aux réseaux mondiaux. L'étude du développement de l'industrie informatique indienne démontre le rôle majeur de la mobilité des hommes dans ce processus. Initiée entre l'Inde et les États-Unis, la circulation des informaticiens indiens s'est progressivement mondialisée en reproduisant et transformant le modèle du body shopping. Ce système international de mise à disposition de main-d'œuvre très qualifiée a transformé l'Inde en un centre mondial de production d'informaticiens grâce aux réseaux de migrants. Dans un second temps, les entreprises d'informatique et de nombreuses multinationales se sont implantées sur le territoire indien pour tirer profit de ces talents à la source. La part de la circulation des hommes dans la mondialisation du territoire indien doit donc être réévaluée et mise en perspective sur le temps long.
Résumé Les diasporas sont absentes des analyses par pays qui ne les voient pas à l’intérieur des frontières d’État et, ailleurs, se focalisent plus sur la majorité de la population que sur les minorités. Malgré des représentants célèbres, comme Gandhi, l’Inde ne s’est vu reconnaître une diaspora que fort récemment, à la différence de la Chine. Elle partage pourtant beaucoup de points communs avec cette dernière, sauf la diversité qui a longtemps réduit sa visibilité. L’unité de la diaspora indienne revendiquée par son gouvernement n’en est que plus problématique.