L'étude VISION a montré que le [177Lu]Lu-PSMA-617 en association au traitement de référence prolonge la survie sans progression en imagerie, la survie globale et allonge le temps à dégradation de la qualité de vie des patients CPRCm exprimant le PSMA, pré-traités par au moins une chimiothérapie par taxane et une hormonothérapie de nouvelle génération (NHT). Des facteurs liés au patient, à la maladie et à la séquence thérapeutique pourraient influencer la réponse au traitement. L'objectif de cette étude rétrospective est d'évaluer l'association entre ces facteurs et la réponse clinique et biologique des patients traités par [177Lu]Lu-PSMA-617 « en vie réelle ». Du 01.12.2021 au 30.06.2023, 926 patients respectant les critères d'éligibilité du [177Lu]Lu-PSMA-617 en accès précoce en France ont été inclus (CPRCm progressif exprimant le PSMA, pré-traités par au moins une NHT et au moins une chimiothérapie à base de taxane). Au total, 663 patients ayant un suivi ont été classés en 2 groupes : répondeurs (diminution du PSA et amélioration des symptômes cliniques) ou non-répondeurs (progression du PSA et/ou des symptômes cliniques). Les caractéristiques des groupes ont été comparées en analyse bivariée (test du Chi2, de Fisher ou de Mann-Whitney). Un p < 0,05 a été retenu comme statistiquement significatif. Au total, 296 patients ont été classés en répondeurs (31,3 %) et 367 en non-répondeurs (39,6 %). Les répondeurs avaient reçu plus de cures de 177[Lu]Lu-PSMA-617 (médiane 5 vs 3 ; p < 0,0001), présentaient plus fréquemment une fixation de l'ensemble des lésions en TEP PSMA (84,8 % vs 71,2 % des patients, p < 0,001) et avaient reçu plus fréquemment une NHT concomitante (23,3 % vs 12,5 %, p = 0,002). Les non-répondeurs avaient reçu plus de lignes de chimiothérapie par taxane (2 lignes chez 66,5 % vs 59 % des patients, p = 0,045). Il n'existait pas de différence significative (p > 0,05) entre les groupes concernant : l'âge des patients, le score ECOG et le taux de PSA initial, la localisation des métastases, le nombre de lignes d'hormonothérapie, les traitements reçus par radiothérapie externe, biphosphonates, dénosumab ou par immunothérapie. Le nombre de cures de [177Lu]Lu-PSMA-617 reçu, la fixation des lésions en TEP PSMA, l'administration d'une NHT concomitante et le nombre de lignes de taxane reçu pourraient influencer la réponse thérapeutique. Des données actualisées seront présentées avec une analyse multivariée lors des JFMN.
ABSTRACT:68Ga-DOTATOC PET/CT of a patient with metastatic neuroendocrine tumor reveals an abnormal biodistribution of the tracer with a vascular binding and a very low fixation on the known lesions despite the temporary discontinuation of "cold" somatostatin analogs. A possible interaction with a high intake of turmeric may be suspected by inhibition of hepatic uptake process.
La TEP/TDM avec des agonistes des récepteurs à la somatostatine (SSTR) marqués au 68Ga, comme le 68Ga-Dotatoc, joue un rôle important dans la stadification et la restadification des tumeurs neuroendocrines (TNE). Nous décrivons le cas d’un homme de 60 ans atteint d’une TNE de l’iléon métastatique présentant une fixation vasculaire et une très faible fixation sur les lésions connues après deux injections de 68Ga-Dotatoc à plusieurs semaines d’intervalle. Les hypothèses de l’anomalie décrite sont discutées en relation avec la littérature actuelle. La première hypothèse est un blocage des SSTR dû à une interaction médicamenteuse entre le 68Ga-Dotatoc et les analogues de la somatostatine froids. Or, comme recommandé dans les guidelines de l’EANM, un délai d’environ dix jours entre le traitement par les analogues de la somatostatine et l’examen TEP est exigé dans notre centre. La 2e hypothèse est la présence d’anticorps contre l’octréotide pouvant entraîner une prolongation de sa demi-vie plasmatique et venir ainsi saturer les SSTR avant l’examen au 68Ga-Dotatoc. Cette hypothèse doit être explorée avec l’étude de la concentration résiduelle du lanréotide la veille de l’injection suivante. Lors d’un entretien, le patient a décrit un régime alimentaire riche en curcuma, connu pour avoir un effet anti-tumoral. Le curcuma se révèle être un substrat et un inhibiteur des transporteurs d’absorption OATP et OATs, en particulier OATP1B1 et OATP1B3. Or, les petits peptides, dont les analogues à la somatostatine, sont éliminés du sang vers la bile par un processus séquentiel de recapture hépatique via notamment les OATP. L’une des hypothèses concernant cette altération de la biodistribution pourrait être l’interaction par inhibition de l’influx hépatique par une consommation élevée de curcuma.
New visual score in PET/CT 18Fluorodeoxyglucose ((18)FDG) to evaluate lymph node recurrence of head and neck cancer after initial treatment. Neck dissection for node recurrence of head and neck cancer is known for important morbidity after initial radiation therapy. (18)FDG PET/CT in this situation looks interesting but needs standardized interpretation. Our objective was to develop a PET/CT interpretation method in suspicious locoregional head and neck recurrence. Twenty-seven patients with suspicious lymph node recurrence after initial radiation chemotherapy for head and neck cancer were retrospectively included. (18)FDG PET/CT was performed before neck dissection and histological data. Initial PET records, binary visual scale, five-point visual scale "Deauville like" and semi-quantitative index were assessed by 2 reviewers. A lymph node recurrence was confirmed in 19 patients (70%) based on histological results. PET records analysis found 6 false positive (FP), 2 true negative (TN) and 19 true positive (TP), with a sensibility (Se), specificity (Sp), positive predictive value (PPV) and negative predictive value (NPV) of 100%, 25%, 76% and 100%, respectively. Binary visual scale reclassified 1/6 FP. "Deauville like" criteria, reclassified 4/6 FP with the first reviewer (P < 0.001) and 5/6 with the second (P < 0.002), improving Sp and PPV of 66% and 95%, respectively. Kappa concordance coefficient for "Deauville like" scale was 0.88. Semi-quantitative index like SUVmax, SUVmean, SUVpeak, MTV, TLG and SAM showed no statistical value. Those preliminary results warrant a standardized visual scale, particularly the "Deauville like" criteria for (18)FDG PET/CT interpretation in suspected lymph node recurrence of head and neck cancer. (C) 2017 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
Évaluer l’impact dans la stratégie thérapeutique de la TEP/TDM à la 18-FCH chez les hommes en récidive biochimique d’un cancer de la prostate. Il s’agit d’une étude rétrospective, unicentrique, portant sur une cohorte de malades en récidive biochimique d’un cancer de la prostate qui ont bénéficié d’une IRM pelvienne et d’un PET/TDM à la choline entre octobre 2012 et mars 2016. Afin d’évaluer de façon indépendante l’impact de la PET, les dossiers anonymisées de chaque malade étaient représentées en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP), uniquement avec les résultats de l’IRM sans que ceux du PET soient dévoilés. Une confrontation des résultats issus des 2 RCP était ensuite réalisée. Trente-six hommes, d’age médian 70 ans, ont été inclus. Les taux de PSA médians au moment de l’IRM et de la PET étaient respectivement de 4,8 et 4,6 ng/mL. Un changement de stratégie décisionnelle induit par la PET a été mis en évidence dans 45 % des cas. Parmi ces 16 changements de stratégie, une hormonothérapie a été évitée chez 37,5 % des hommes et un plus grand nombre de malades ont été éligibles à un traitement ciblé (56 % contre 16 % initialement). La TEP a permis de mettre en évidence 27 % de lésions supplémentaires comparativement à l’IRM pelvienne. Le taux de discordance entre TEP et IRM était de 41 % au niveau locorégional (Kappa de Cohen = 0,207) dont 93 % situé dans le même champ d’exploration que l’IRM. La PET/TDM à la choline semble avoir un impact décisionnel important dans la prise en charge des hommes en récidive biochimique d’un cancer de la prostate, témoignant de son intérêt en association avec l’IRM pelvienne dans ces situations.
La TEP/TDM FDG a démontré sa place dans la stratégie diagnostique de recherche de récidives des cancers ORL localement avancés traités initialement par radiothérapie ± chimiothérapie, avec une VPN très élevée. Néanmoins, sa sensibilité reste faible, avec un taux de faux-positifs non négligeable, conduisant à des chirurgies de rattrapage post-radiques et des taux de morbidité importants. Dans la littérature, les critères d’interprétation sont très disparates. Notre objectif est d’étudier différentes échelles visuelles et/ou semi-quantitatives, afin de proposer une méthode d’interprétation fiable et reproductible. Vingt patients suivis pour cancer ORL traités par radiothérapie ± chimiothérapie, suspects de récidive ganglionnaire loco-régionale, à plus de 3 mois de la fin du traitement ont été inclus rétrospectivement. Une preuve anatomo pathologique a été obtenue pour tous les patients. L’analyse des comptes-rendus TEP FDG a été confrontée à l’interprétation réalisée en aveugle par 2 médecins nucléaires. Trois échelles pour décrire le métabolisme glucidique ont été testées : une échelle visuelle binaire, une échelle visuelle 5 grades « Deauville like » (les scores 1,2,3 considérés comme négatifs ; 4 et 5 comme positifs) et l’étude de différents index quantitatifs. Les sensibilité, spécificité, VPP, VPN et la concordance inter-observateur ont été calculées pour ces différentes échelles. Dix-huit patients (90 %) étaient en récidive ganglionnaire sur l’analyse anatomopathologique. L’analyse des comptes-rendus de routine TEP FDG retrouvait 4 faux-positifs (FP), 2 vrais-négatifs (VN) et 14 vrais-positifs (VP) soit une sensibilité, spécificité, VPP et VPN, respectivement, de 100 %, 33 %, 78 % et 100 %. L’échelle binaire permettait de reclasser 1/4 FP sans autre modification soit un impact sur la spécificité et la VPP avec, respectivement, 40 % et 83 %. Avec l’échelle « Deauville like », 4/4 FP ont été reclassés conduisant l’ensemble des indicateurs à 100 % (p < 0,02). Le taux de concordance inter-observateur pour l’échelle « Deauville like » était excellent avec k = 0,87 (p < 10–4). L’étude semi-quantitative n’a pas démontré de valeur statistique. Ces résultats préliminaires encourageants montrent l’intérêt potentiel d’utiliser une échelle visuelle standardisée, en particulier l’échelle « Deauville like » pour l’interprétation des TEP FDG en suivi post-thérapeutique des patients porteurs d’un cancer ORL suspects de récidives. Celle-ci permet de mieux sélectionner les patients qui bénéficieront d’un curage ganglionnaire de rattrapage.
Un patient de 54 ans est pris en charge pour une découverte de cancer prostatique secondairement à des troubles fonctionnels urinaires. Il a comme principal antécédent une HTA et une appendicectomie. Le toucher rectal retrouve un lobe gauche induré, le taux de PSA est à 294 ng/mL et les biopsies ont mis en évidence un adénocarcinome prostatique Gleason 8, envahissant largement le lobe gauche avec un engainement des filets nerveux et 2/6 biopsies positives au niveau du lobe droit. Lors du bilan d’extension par TEP/TDM à la 18F-Choline, il a été mis en évidence un foyer d’accumulation pathologique intracrânien frontal gauche posant l’hypothèse d’une possible origine métastatique ou d’une tumeur primitive cérébrale. Le bilan d’imagerie locorégionale et d’extension a comporté une IRM pelvienne, une TEP/TDM au 18FNA puis une TEP/TDM 18F-Choline en raison de l’existence d’une adénopathie suspecte iliaque externe gauche à l’IRM. L’IRM prostatique retrouve une lésion périphérique gauche de 32 mm, un score de Likert à 5, avec irrégularité capsulaire postéro-latérale gauche et un rehaussement des vésicules séminales associé à une adénopathie iliaque externe gauche hautement suspecte. La TEP/TDM corps entier au 18FNA n’a pas révélé de dissémination osseuse ni d’anomalie de la voûte crânienne. La TEP/TDM 18F-Choline a confirmé l’atteinte intraprostatique avec extension ganglionnaire pelvienne et lombo-aortique étendue en médiastinal postérieur. Par ailleurs, mise en évidence d’un foyer intracérébral hyperfixant suspect nécessitant une exploration complémentaire par IRM. L’IRM cérébrale (séquence T1, diffusion, perfusion, FLAIR FatSat, T2) a mis en évidence un processus tissulaire extra-axial en lieu et place du foyer accumulant la 18F-choline, hypervasculaire. L’analyse spectroscopique est globalement peu remaniée pour un méningiome (habituellement hausse typique du pic de choline), mais reste toutefois compatible avec ce diagnostic. Le TDM cérébral réalisé à l’issue, afin d’apprécier l’extension osseuse, n’a pas révélé d’anomalie pathologique au contact de ce méningiome. Compte tenu de la réalisation d’acquisitions tardives incluant la voûte crânienne en TEP/TDM en 18F-Choline, il semble important de savoir reconnaître ce diagnostic différentiel, bien que peu décrit dans la littérature. De plus, il s’agit de tumeurs à métabolisme cellulaire élevé et hormono-sensibles pouvant évoluer sous traitement anti-androgénique entraînant d’éventuels symptômes neurologiques.
Les anticorps antithyroglobuline (AcTg) présents dans 20–40 % chez les patients avec un cancer bien différencié de la thyroïde (CBDT) peuvent interférer avec la mesure de la thyroglobuline (Tg), marqueur essentiel de la surveillance, induisant des faux négatifs. Parmi les patients suivis pour CBDT avec un taux d’AcTg élevé, certains présentaient une hyperplasie thymique. L’objectif est de montrer un éventuel lien entre l’hyperplasie thymique et le taux élevé d’AcTg afin d’améliorer la surveillance dans cette population. Analyse rétrospective de 5 patients traités pour un CBDT ayant bénéficié d’un dosage de TSH, T3, T4, Tg et AcTg sous stimulation thyréotrope et d’une échographie cervicale avant totalisation isotopique par 100 mCi d’iode 131. À j3, une scintigraphie corps entier ± tomographie couplée au TDM a été réalisée afin de détecter d’éventuelles masses tumorales résiduelles. Le suivi a été réalisé conformément aux consensus actuels. Dans le suivi, les patients ayant une suspicion de récidive clinique, biologique ou échographique ont bénéficié d’une imagerie complémentaire par scintigraphie à l’I131, TDM ou 18FDG TEP/TDM ayant permis la découverte d’hyperplasie thymique. Cinq patients (3 F et 2 H) avaient des AcTg élevés (supérieurs à trois fois la normale) et une hyperplasie thymique. Morphologiquement, 3/5 patients avaient un bilan d’imagerie négatif ou stable dans le temps. Deux sur cinq patients ont eu une récidive ganglionnaire initiale prouvée histologiquement et étaient stables sur le bilan d’imagerie après chirurgie. Un taux élevé d’AcTg chez des patients suivis pour CBDT présentant une hyperplasie thymique a été constaté. L’hypothèse, non décrite dans la littérature à ce jour, est qu’il pourrait exister un lien potentiel entre un « hyperfonctionnement » thymique avec production d’AcTg indépendamment de toute maladie tumorale sous-jacente. Une surveillance adaptée pourrait ainsi être envisagée devant un taux d’anticorps élevé, mais stable dans le temps.