Les faux anévrysmes (FA) ou les anévrysmes des artères de la main sont le plus souvent d’étiologie traumatique. Nous rapportons le cas d’un homme de 50 ans, technicien dans les transports et droitier, qui présente une cyanose et froideur des 2e, 3e et 4e doigts de la main droite avec des douleurs hypothénariennes. Il y avait une notion de traumatismes répétés de la main droite. À l’échographie Doppler, on retrouve un faux anévrysme (FA) sacciforme de l’artère ulnaire droite au niveau de la région hypothénarienne de 14 mm. Un traitement médical par des HBPM et par prostaglandines IV (Ilomédine) a été mis en route. L’angioscanner a confirmé le FA. Par la suite, le patient a été opéré par résection de ce FA avec une anastomose en terminoterminale de l’artère ulnaire. L’évolution clinique et hémodynamique est favorable. À l’échographie Doppler de contrôle, l’artère ulnaire est perméable et régulière sur tout son trajet. Le contrôle postopératoire à 5 ans, l’artère ulnaire opérée est perméable et le patient est asymptomatique. Les FA ou les anévrysmes vrais des artères de la main sont souvent responsables d’ischémie digitale. Dans notre cas, n’étant pas thrombosé, le FA a été traité chirurgicalement.
La filariose lymphatique est une maladie tropicale causée par des parasites du genre filaire que sont Wuchereria bancrofti, Brugia malayi ou Brugia timori, tous transmis par le moustique. Elle représente une endémie dans de nombreuses régions tropicales (Afrique, Asie, Amérique du sud, Pacifique), l’OMS estimant le nombre de personnes infectées dans le monde à 120 millions. Chaque filaire passe par deux stades, un stade larvaire « microfilaire » vivant dans le sang ou le tissu sous-cutané et qui devient larve infestante après être passée par l’hôte intermédiaire représenté par le moustique, ainsi qu’un stade adulte « macrofilaire » après infestation d’un nouvel organisme, vivant principalement dans le système lymphatique. L’atteinte lymphatique se déclare plusieurs mois voire années après la contamination par le parasite rendant le diagnostic de la maladie difficile. Un patient de sexe masculin, âgé de 60 ans, présente un volumineux œdème de la cuisse droite se majorant depuis plusieurs semaines. L’échodoppler artério-veineux des membres inférieurs ne retrouve pas d’anomalie en dehors de la présence de collections anéchogènes d’allure liquidienne intramusculaires de la cuisse droite. À l’interrogatoire, un voyage récent en Afrique du Sud deux mois auparavant est retrouvé ainsi qu’un voyage plus ancien au Kenya datant de plusieurs années. Biologiquement le patient ne présentait pas d’hyperéosinophilie. La recherche d’antigènes filaires par immunoélectrophorèse est revenue positive confirmant le diagnostic de filariose lymphatique. Un traitement macrofilaricide par Doxycycline à raison de 200 mg/j pendant 8 semaines et microfilaricide associant Albendazole 400 mg 2 ×/j pendant 3 semaines et Ivermectine 200 μg/kg en prise unique à répéter tous les 6 mois au long cours a été initié et a permis une régression spectaculaire de la symptomatologie du patient. La filariose lymphatique est une pathologie rare en Europe et de diagnostic peu évident en raison de la période de latence entre l’exposition du patient et la survenue des symptômes. Le traitement est simple et efficace reposant sur une thérapie macrofilaricide et microfilaricide.
La filariose lymphatique est une maladie parasitaire due à la filaire Wuchereria bancrofti transmise par des moustiques vecteurs des genres Culex, Aedes, Anopheles et Mansonia. Elle fait encore partie des grandes endémies dans de nombreuses régions tropicales et subtropicales (Afrique, Asie, Amérique du Sud, Pacifique). L’ OMS estime que 120 millions de personnes en sont infectées dans le monde. Chez de nombreux sujets, la maladie est asymptomatique. Dans les formes chroniques, les manifestations les plus importantes sont des lymphoedèmes, éléphantiasis des membres et des organes génitaux chez l’homme, dues à l’atteinte du système lymphatique et à des surinfections locales. Le traitement est médical par la compression multicouche et les soins locaux. Dans certains cas, la chirurgie est indiquée. La maladie de Kaposi classique ou encore appelée sarcome de kaposi méditerranéen, est une maladie proliférative multifocale, d’expression cutanée et viscérale, impliquant diverses cellules mésenchymateuses et induite par des facteurs viraux de l’herpès virus humain type 8. Elle a été décrite pour la première fois par le dermatologue hongrois, Moritz Kaposi Kohn en 1872 sous le nom d’hémangiome ou sarcome pigmenté cutané multiple. Il s’agit d’une forme classique, sporadique, d’évolution lente, bénigne, rare, touchant plutôt des hommes âgés de 50 à 70 ans, originaires de l’Europe de l’est et du bassin méditerranéen, souvent juifs ashkénazes. Cette maladie peut provoquer une atteinte lymphatique des membres inférieurs et supérieurs. Elle est traitée par chimio-, radio- ou cryothérapie et dans certains cas la chirurgie est indiquée.
Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) s’associent fréquemment à de nombreuses manifestations extra-intestinales et d’autres désordres dysimmunitaires. La prévalence de la présence des anticorps antiphospholipides est significative chez ces patients. Nous rapportons le cas d’un homme de 27 ans, atteint d’une rectolite ulcéro-hémorragique (RCH) diagnostiquée en 2009. En novembre 2010, il a présenté une thrombose veineuse (TV) proximale du membre inférieur droit. La recherche de thrombophilie a été négative. En 2011, il a présenté une récidive de TV du même membre compliquée d’une embolie pulmonaire. Une nouvelle recherche a montré des anticorps antiphospholipides normaux. Une indication d’un traitement par un AVK a été maintenue au long cours. En 2012, il a interrompu son traitement par AVK. Dix jours plus tard, il présente une cyanose du pavillon de l’oreille gauche évoluant rapidement vers la nécrose et associée à une insuffisance rénale aiguë et à une thrombopénie. Les anticorps anti-cartilages sont négatifs. Une biopsie du pavillon de l’oreille exclut une polychondrite atrophiante et montre la présence de multiples thromboses capillaires. Les anticorps anticardiolipines et les anticorps anti-b2 GP1 sont augmentés de manière significative. L’évolution est favorable sous corticothérapie et anticoagulation. Le diagnostic d’un syndrome des antiphospholipides (SAPL) est confirmé devant l’augmentation des anticardiolipines et des anti-b2 GP1 après 12 semaines. La thrombose cutanée du pavillon de l’oreille est une présentation inhabituelle du SAPL chez les patients atteints de MICI.
Les thromboses aortiques sont le plus souvent liées à la présence de lésions athéromateuses au niveau de la paroi aortique. De rares cas surviennent sur artère saine et sont alors considérés comme isolés. Nous rapportons le cas de trois patients, une femme et deux hommes qui présentent un thrombus isolé dans l’aorte (deux dans l’aorte descendante thoracique et un thrombus isolé au niveau de la crosse de l’aorte chez la femme). Le mode de révélation clinique de la thrombose était une ischémie des orteils chez les deux hommes et ischémie du membre inférieur gauche, du membre supérieur droit, infarctus splénique et rénal chez la femme. La recherche de thrombophilie était négative chez deux patients et la femme présentait une mutation du facteur V hétérozygote. Trois diagnostics étiologiques ont pu être posés : thrombocytémie essentielle avec un JAK 2 positif chez deux patients et une cryoglobulinémie de type 3 chez le troisième. Le diagnostic était confirmé dans les trois cas par un scanner thoraco-abdominal. La patiente était opérée d’une embolectomie du membre supérieur droit et du membre inférieur gauche en urgence et une semaine plus tard d’une thrombectomie de la crosse de l’aorte et remplacement de l’aorte ascendante devant la présence d’une dissection focale très localisée au deuxième scanner, les deux hommes par un traitement médical. L’évolution était favorable chez les trois patients. Les thromboses isolées de l’aorte ne sont pas fréquentes. Les cas survenant sur artère saine sont difficiles à dénombrer. Les explorations biologiques doivent être exhaustives. La thérapeutique fait appel aux anticoagulants.
La sangsue est très intéressante. Lorsqu’elle mord sa proie, elle injecte de la salive qui contient plus de 30 substances antalgiques, anticoagulantes et cicatrisantes. Certaines, comme l’hirudine et la caline, sont capables de fluidifier le sang et d’empêcher l’agrégation des plaquettes. Les sangsues utilisées en thérapeutique sont des Hirudo Medicinalis. Nous rapportons le cas de deux patients, un homme (31 ans) et une femme (21 ans) hospitalisés pour une ischémie veineuse très sévère du membre inférieur gauche (phlegmatia coerulea). Cliniquement les deux patients présentaient un membre bleu douloureux et œdématié avec un déficit moteur et sensitif. L’échographie Doppler a montré une thrombose veineuse extensive jusqu’à l’iliaque primitive et de deux saphènes. Les deux patients avaient une contre-indication à la thrombolyse (IVG récente et un ulcère gastro-duodénal actif chez l’homme). Nos patients ont bénéficié d’un traitement par HBPM en curatif ainsi qu’une application locale de sangsues au niveau du membre (10) sous couverture d’une antibiothérapie. Pour faciliter la prise, la peau a été lavée à l’eau savonneuse afin d’éliminer toutes les odeurs ou toutes les traces de produits (parfum, crème…) pouvant perturber l’animal. Pour la pose, la compresse est le moyen le plus simple et le plus efficace pour appliquer une quantité suffisante de sangsues. Un bandage serré maintient la compresse en place et par conséquent les sangsues restent immobiles. Aucune complication n’a été rapportée, l’évolution fut satisfaisante dès la sixième heure avec diminution de l’œdème, des douleurs ainsi que la disparition de l’aspect bleuté du membre. En cas d’ischémie veineuse sévère du membre et contre-indication à la thrombolyse, les sangsues associées à une anticoagulation curative par HBPM peuvent être un moyen de traitement.
Normalement la compression élastique (CE) est contre-indiquée chez les patients atteints d’une artériopathie périphérique sévère des membres inférieurs (APMI). Le problème devient sérieux quand l’APMI est associée à des lymphœdèmes des membres inférieurs (LMI). Chez tous les patients atteints de LMI, nous mesurons l’index de pression systolique à la cheville (IPS). Quand l’IPS est inférieur à 0,50, la CE n’est pas indiquée et nous essayons de revasculariser le membre avant tout traitement. Quand 0,50 < IPS < 0,55, nous complétons l’examen par une pression transcutanée d’oxygène (TcPO2) ; si cette dernière est supérieure à 30 mmHg, le patient est traité. Quand 10 < TcPO2 < 30 mmHg, la réserve artérielle est étudiée par une TcPO2 jambes pendantes et quand elle est supérieure à 40 mmHg, la CE est indiquée. Chez les diabétiques atteints d’une médiacalcose jambière et de LMI, nous réalisons l’index de pression systolique au gros orteil (IPSO) et la TcPO2 avant La CE. En cas de lymphœdème important du pied, la TcPO2 n’est pas fiable, un IPS et un IPSO sont réalisés. Ce protocole nous a permis de traiter 12 patients atteints de LMI associé à une APMI sans un effet indésirable de la CE. La CE doit être utilisée avec précaution chez les patients atteints de LMI associé à une APMI. Des examens complémentaires : IPS, IPSO, TcPO2 nous aident à prendre en charge ces patients.
Les fistules congénitales entre l’artère et la veine mammaire interne sont très rares. Nous rapportons le cas d’une jeune femme de 27 ans qui présente un souffle thoracique continu avec une gêne permanente. Pas de notion de traumatisme ancien ou récent. L’échographie cardiaque est normale. L’IRM et le scanner ont montré une fistule isolée entre les veines et les artères mammaires internes (MI). L’artériographie diagnostique a confirmé cette fistule qui est alimentée par les deux artères MI. Des micro-cathéters sont positionnés distalement dans chaque artère MI puis une embolisation à l’aide de coils a été pratiquée. Les suites étaient simples avec une occlusion complète des deux artères MI dans leurs extrémités distales qui alimentaient cette fistule. Le contrôle clinique après six mois montre la disparition du souffle thoracique et la patiente est asymptomatique. Les fistules congénitales entre la veine et l’artère MI sont exceptionnelles. L’embolisation reste le traitement de choix lorsque la fistule devient symptomatique.