Introduction La BPCO est la 7e cause de mortalité en France. Les études randomisées et contrôlées ETHOS (NCT02465567) et IMPACT (NCT02164513) ont démontré une réduction des exacerbations (critère principal) et suggèrent une diminution de la mortalité (critère secondaire) sous triple thérapie avec un seul inhalateur (SITT) chez les patients atteints de BPCO. Aucune étude n’a évalué l’impact potentiel d’une utilisation accrue de la SITT en France.L’objectif de cette étude est d’évaluer l’impact de l’augmentation de l’utilisation de la SITT dans la BPCO sur les exacerbations, la mortalité et les coûts médicaux en France. Méthodes Un modèle stochastique a été construit en utilisant les recommandations thérapeutiques GOLD et les données de la littérature sur les caractéristiques des patients, la prévalence, l’incidence, la distribution des traitements, la sévérité de la BPCO et les changements de traitement, la mortalité et les exacerbations, afin d’obtenir une modélisation de la population française atteinte de BPCO. Deux scénarios ont été étudiés : « statu quo » (pas d’augmentation de l’utilisation de la SITT) et « SITT augmentée », utilisant le stade GOLD et les antécédents d’exacerbations pour initier un traitement par SITT chez les patients modélisés en tenant compte des probabilités annuelles de transition d’un stade GOLD à un autre sur une période de 10 ans. Résultats L’augmentation d’utilisation de la SITT par rapport au « statu quo » sur une période de 10 ans pourrait réduire les exacerbations sévères et modérées de 8 % et 9 % respectivement, la mortalité toutes causes confondues de 9 %, les coûts médicaux de 875 millions d’euros (à l’exclusion des coûts supplémentaires des SITT) et prolonger la vie des patients de 0,5 an par patient atteint de BPCO (Tableau 1). Conclusion Le modèle montre qu’une augmentation d’utilisation de la SITT en France, en accord avec les recommandations récentes, pourrait être associée à une réduction des taux d’exacerbation, de mortalité et des coûts chez les patients atteints de BPCO.
Introduction Benralizumab est un anticorps monoclonal, dirigé contre la sous-unité α du récepteur de l’interleukine-5 (IL-5RA), indiqué dans l’asthme sévère à éosinophiles, commercialisé en France depuis janvier 2019. Une analyse précédente des données de la cohorte RAMSES a confirmé l’efficacité de benralizumab en vie réelle pour la première fois en France chez 136 patients asthmatiques sévères [1].L’objectif de cette analyse est de mettre à jour les données d’utilisation en vie réelle de benralizumab avec un suivi des patients ayant initié un traitement par benralizumab dans la cohorte RAMSES de la date index (T0) à 12 mois (T12). Méthodes RAMSES est une cohorte française descriptive, observationnelle, multicentrique ayant inclus plus de 2000 patients atteints d’asthme sévère, selon la définition ATS-ERS 2014, entre septembre 2019 et septembre 2022. L’analyse porte sur les patients ayant initié benralizumab avant le 20 novembre 2022. Résultats Parmi l’ensemble des patients inclus, 272 ont initié le traitement par benralizumab le jour de l’inclusion ou pendant le suivi dans RAMSES. 102 patients (37,5 %) ont arrêté benralizumab, principalement pour « échec » au traitement selon l’investigateur (78 patients). Le taux de maintien sous benralizumab était de 86,8 % à 6 mois et de 71,3 % à 12 mois. De nouvelles données de suivi après 12 mois de traitement par benralizumab sont disponibles pour 194 patients. Le nombre moyen d’exacerbations observées dans les 12 derniers mois a diminué de 3,3 (T0) à 0,7 (T12), avec 69,1 % des patients n’ayant eu aucune exacerbation au cours des 12 derniers mois à T12, vs 23,7 % à T0. Le nombre de patients ayant nécessité dans les 12 derniers mois une visite aux urgences pour asthme a diminué de 56 (28,9 %) à 14 (7,2 %). Le score ACT moyen a augmenté de 14 (T0) à 19 (T12), avec une augmentation du pourcentage de patients avec un « asthme bien contrôlé » de 16,3 % (T0) à 48,1 % (T12). Une amélioration de la fonction respiratoire a été observée avec un VEMS pré-bronchodilatatrice moyenne de 2288,1 (±938,4) mL à T12, vs 2068,1 (±880,2) à T0, et une augmentation du VEMS d’au moins 10 % chez 49,3 % des patients (n=34/69) et d’au moins 20 % chez 29 % des patients (n=20/69). À T12, 144 patients (74,2 %) présentaient une rhinosinusite chronique et 105 (54,1 %) présentaient une polypose naso-sinusienne concomitante à leur asthme. Une diminution du score SNOT-22 de plus de 9 points dans les 12 mois suivant l’initiation de benralizumab a été observée chez 52,6 % des patients (n=30/57 patients). Aucun nouveau signal de tolérance n’a été observé par rapport au profil de tolérance connu de benralizumab. Conclusion Cette mise à jour des données de la cohorte RAMSES confirme l’efficacité de benralizumab après 12 mois de traitement en vie réelle chez des patients asthmatiques sévères, y compris ceux présentant une polypose naso-sinusienne associée à leur asthme, sans mettre en évidence de problème de tolérance.
Benralizumab est un anticorps monoclonal, dirigé contre la sous-unité α du récepteur de l'interleukine-5 (IL-5RA), indiqué dans l'asthme sévère à éosinophiles, commercialisé en France depuis janvier 2019. L'objectif de ce travail est d'analyser les premières données d'utilisation en vie réelle de benralizumab avec un suivi de 12 mois chez les patients ayant initié le traitement dans la cohorte RAMSES. RAMSES est une cohorte française descriptive, observationnelle, multicentrique ayant inclus plus de 2000 patients atteints d'asthme sévère, selon la définition ATS-ERS 2014, entre septembre 2019 et septembre 2022. L'analyse porte sur les patients inclus avant le 20 novembre 2021. Parmi l'ensemble des patients inclus à cette date, 308 étaient déjà traités par benralizumab lors de leur inclusion et 212 ont initié le traitement le jour de l'inclusion ou pendant le suivi dans RAMSES (patients incidents). Le profil des 212 patients incidents n'a pas évolué par rapport à la description existante sur 171 patients [1] avec un âge moyen de 53,5 ans, 58,5 % de femmes et une ancienneté de diagnostic d'asthme sévère de 9,1 ans en moyenne avant l'inclusion. À l'initiation du benralizumab, 112 patients (52,8 %) n'avaient jamais été traités par une biothérapie. Des données de suivi après 12 mois de traitement par benralizumab sont disponibles pour 136 patients et montrent une nette amélioration de leur asthme sévère avec : – une diminution du nombre moyen d'exacerbations de l'asthme dans les 12 derniers mois qui passe de 3,4 à 0,7 ; – une augmentation du pourcentage de patients avec un « asthme bien contrôlé » selon le score ACT, de 13,8% à 56,9% ; – et une diminution de 40 à 7 du nombre de patients ayant nécessité dans les 12 derniers mois une visite aux urgences pour asthme (Tableau 1). Les premières données d'utilisation en vie réelle en France de benralizumab confirment son efficacité à 1 an chez les patients atteints d'asthme sévère sans mettre en évidence de problème de tolérance.
Background The daily dose of oral glucocorticoids (OCS) is associated with damage in Systemic Lupus Erythematosus (SLE), and OCS reduction is a major goal of SLE care. However, evidence regarding the real-world use of OCS in nation-wide populations are currently lacking. Objectives The aim of this study was to analyze the use of OCS in French patients with SLE, at the national level, using medico-administrative data. Methods This study used the French health-insurance claims database (SNDS), which contains pseudonymized individual data for over 66 million people. SLE patients were identified with the ICD-10 diagnosis code for SLE (M32), documented as a chronic condition or associated to hospital stay. Included SLE patients were defined as patients alive on January 1st 2020 whenever the SLE diagnosis occurred. SLE comorbidities and OCS complications were identified through validated algorithms. Real-world use of treatments was identified through drug deliveries in pharmacies and daily OCS doses (expressed in prednisone-equivalent) were calculated for the year 2019. Comparisons were made to age- and gender-matched controls without SLE from the general population. Results A total of 32,173 patients with SLE (mean age 49.9 ± 16.0 years; 86.1% women) were alive on January 1st 2020, with a mean disease duration of 7.1 ± 6.2 years.Among these prevalent SLE patients, 48.2% were treated with OCS. The mean daily dose of OCS was below 5 mg/day in 35.7%, between 5 and 7.5 mg/day in 6.4% and above 7.5 mg/day in 6.1%. OCS use was significantly more frequent in women, in patients with CMUc (specific health coverage for low income patients) and decreased with age (p<0.0001, for all). SLE-specific comorbidities, including glomerular disease, skin involvement, polyarthritis, pleurisy, pericarditis, and thrombocytopenia, were significantly increased in patients with higher doses of OCS (p<0.0001, for all). Use of SLE treatments other than OCS was significantly increased in patients with higher doses of OCS (p<0.0001, for all) (Table 1). Strikingly, 14.6% of patients receiving 5 to 7.5 mg of OCS per day and 14.2% of those receiving more than 7.5 mg per day were not treated with antimalarial drugs, immunosuppressives or other biologic treatments for SLE. Complications of OCS, including cardiovascular diseases, infections, osteoporosis, and obesity, were significantly increased in SLE patients receiving ≥ 5 mg per day of OCS (p<0.0001 for all). The overall annual mean cost of healthcare consumptions from a societal perspective in 2019 was 6,048€ for prevalent SLE patients and 2,601€ for matched controls (p<0.0001). Among prevalent SLE patients, the cost increased significantly according to the OCS daily dose: 4,633€ for patients without OCS, 6,383€ (daily dose of 0-5 mg/day), 9,815€ (5-7.5 mg/day) and 13,861€ (above 7.5 mg/day). Conclusion To the best of our knowledge, this is the first nation-wide study reporting on real-life use of OCS in patients with SLE. The proportion of patients treated with high-dose OCS ≥ 7.5mg/day remains unacceptably high and associated with increased comorbidities, OCS complications and significantly increased healthcare costs. Also, over 14% of patients receiving OCS doses ≥ 5 mg/day were not treated with antimalarial drugs, immunosuppressives or other biologic treatments for SLE. These results highlight the need for tight disease control and implementation of robust OCS-sparing strategies in SLE. REFERENCES: NIL. Acknowledgements: NIL. Disclosure of Interests Laurent Arnaud Consultant of: Abbvie, Alexion, Alpine, Amgen, AstraZeneca, Biogen, BMS, Boehringer-Ingelheim, GSK, Grifols, Janssen, LFB, Lilly, Kezar, Medac, Novartis, Oséus, Pfizer, Roche-Chugaï, Sêmeia, UCB, Caroline Fabry-Vendrand Employee of: AstraZeneca, Remus Todea Employee of: AstraZeneca, Blandine VIDAL Employee of: AstraZeneca, Cottin Juliette Grant/research support from: I am employed by the company CEMKA who receive grants by pharmaceutical companies to conduct epidemiological and economic studies, Julien Robert Grant/research support from: I am employed by the company CEMKA who receive grants by pharmaceutical companies to conduct epidemiological and economic studies, Stéphane Bouée Grant/research support from: I am employed by the company CEMKA who receive grants by pharmaceutical companies to conduct epidemiological and economic studies, Gabriel Thabut Employee of: AstraZeneca.Table 1Proportion of patients treated with SLE treatments other than corticosteroids in 2019No OCSOCS0-5 mg/dayOCS5-7.5 mg/dayOCS≥ 7.5 mg/dayp-valueAntimalarials(Hydroxychloroquine/ Chloroquine)8,826 (53.0%)7,286 (63.5%)1,505 (72.9%)1,416 (71.9%)<0.0001Methotrexate958 (5.7%)1,405 (12.2%)361 (17.5%)358 (18.2%)<0.0001Mycophenolate mofetil337 (2.0%)878 (7.6%)350 (17.0%)496 (25.2%)<0.0001Azathioprine264 (1.6%)549 (4.8%)175 (8.5%)206 (10.5%)<0.0001Cyclophosphamide207 (1.2%)367 (3.2%)147 (7.1%)266 (13.5%)<0.0001
Introduction (contexte de la recherche) Benralizumab est un anticorps monoclonal, dirigé contre la sous-unité α du récepteur de l’interleukine-5 (IL-5RA), indiqué dans l’asthme sévère à éosinophiles, commercialisé en France depuis janvier 2019. Objectif L’objectif de ce travail est d’analyser les premières données d’utilisation en vie réelle de benralizumab avec un suivi des patients ayant initié un traitement par benralizumab dans la cohorte RAMSES de la date index (T0) à 12 mois (T12). Méthodes RAMSES est une cohorte française descriptive, observationnelle, multicentrique ayant inclus plus de 2000 patients atteints d’asthme sévère, selon la définition ATS-ERS 2014, entre septembre 2019 et septembre 2022. L’analyse porte sur les patients inclus avant le 20 novembre 2021. Résultats Parmi l’ensemble des patients inclus à cette date, 212 ont initié le traitement le jour de l’inclusion ou pendant le suivi dans RAMSES. Le profil des 212 patients n’a pas évolué par rapport à la description existante sur 171 patients [1].Des données de suivi après 12 mois de traitement par benralizumab sont disponibles pour 136 patients et montrent une nette amélioration cliniquement pertinente avec :– une diminution du nombre moyen d’exacerbations de l’asthme dans les 12 derniers mois qui passe de 3,4 à T0 à 0,7 à T12, avec 72,8 % des patients n’ayant eu aucune exacerbation à T12 vs 27,9 % à T0,– une augmentation du pourcentage de patients avec un « asthme bien contrôlé » selon le score ACT, de 13,8 % (T0) à 56,9 % (T12),– une diminution de 40 à 7 du nombre de patients ayant nécessité dans les 12 derniers mois une visite aux urgences pour asthme,– et une diminution du score SNOT-22 de plus de 9 points chez 56,8 % des patients présentant une polypose nasosinusienne associée (57,3 % à T0). Conclusions Les premières données françaises d’utilisation en vie réelle de benralizumab confirment son efficacité à 1 an chez les patients atteints d’asthme sévère, y compris ceux avec une polypose nasosinusienne, sans mettre en évidence de problème de tolérance.
Depuis septembre 2021, l'association fixe budésonide/glycopyrronium/fumarate de formotérol (BGF) est disponible en France pour traiter les patients atteints de BPCO. L'objectif de cette analyse intermédiaire était de décrire les caractéristiques des patients initiant un traitement par BGF selon l'origine de la prescription : pneumologue (PN) ou médecin généraliste (MG). Étude observationnelle rétrospective réalisée à partir de la base de données de santé ambulatoire de vie réelle THIN®, conforme au RGPD, intégrant l'historique de remboursement de la CNAM. Les patients inclus avaient un historique d'au moins 1 an dans THIN® avant l'initiation par un PN ou un MG de BGF. Tous les patients ont été informés de la possible réutilisation de leurs données et ne s'y sont pas opposés. Entre septembre 2021 et juin 2023, 248 patients répondant aux critères d'inclusion ont débuté un traitement avec BGF : l'initiation de BGF était faite dans 65 % des cas (161 patients) par un PN et dans 35 % des cas (87 patients) par un MG. Les patients avaient 69 ans en moyenne et 55 % d'entre eux étaient de sexe masculin et les comorbidités les plus fréquentes étaient asthme (45,6 %), troubles du sommeil (32,7 %), hypertension (31,5 %) et anxiété (19,8 %). Les traitements de la BPCO, avant l'initiation de BGF, étaient pour : – 42,9 % des patients une trithérapie libre ou fixe (33,7 % chez le MG et 47,8 % chez le PN) ; – 44,9 % des patients une bithérapie (47,7 % chez le MG et 43,4 % chez le PN) ; – 10,6 % des patients une monothérapie (16,3 % chez le MG et 7,5 % chez le PN) ; – 1,6 % des patients ne bénéficiaient d'aucun traitement de fond (2,3 % chez le MG et 1,3 % chez le PN). Au cours de l'année précédant l'initiation de BGF, 74,6 % des patients présentaient au moins une exacerbation modérée ou sévère (66,7 % et 78,9 % des patients initiés par un MG et par un PN, respectivement) ; 62,9 % des patients présentaient au moins une exacerbation sévère et/ou deux exacerbations modérées (60,9 % et 64,0 % des patients initiés par un MG et par un PN, respectivement) (Fig. 1). Les résultats préliminaires indiquent que les modalités d'initiation de BGF sont similaires entre les MG et les PN, plus particulièrement concernant le traitement inhalé antérieur et les exacerbations dans l'année précédant l'initiation.
Le lupus érythémateux systémique (LES) est une maladie auto-immune rare ayant un impact significatif sur la morbi-mortalité et la qualité de vie. À ce jour, peu d’études ont évalué l’épidémiologie du LES à l’échelle nationale. L’objectif de cette étude était d’actualiser les données de prévalence et d’incidence du LES en France, à partir des données médico-administratives du Système national des données de santé (SNDS). Cette étude a utilisé le SNDS, qui contient les données pseudonymisées de plus de 66 millions de personnes. Les patients inclus dans l’étude étaient atteints d’un LES, identifiés par le code CIM-10 M32 (LES) documenté dans le cadre d’une affection de longue durée (ALD) et/ou au cours d’une hospitalisation. Deux sous-populations ont été considérées : la population prévalente constituée des patients vivants au 01/01/2020 et une population incidente constituée des patients nouvellement diagnostiqués en 2017 et 2018. Au 01/01/2020, un total de 31 852 cas prévalents de LES a été identifié, soit un taux de prévalence brut de 47,4 cas pour 100 000. La majorité des patients étaient des femmes (86,3 %). L’âge moyen était de 49,2 (±15,8) ans chez les femmes et de 52,5 (±15,9) ans chez les hommes. L’ancienneté moyenne de la maladie était de 7,2 (±6,3) ans chez les femmes et de 6,3 (±5,6) ans chez les hommes. La prévalence maximale était observée chez les femmes âgées de 40 à 49 ans (142,3/100 000) et chez les hommes âgés de 60 à 69 ans (23,7/100 000) (Tableau 1). Les taux de prévalence bruts par région en France métropolitaine étaient compris entre 32,4/100 000 en Pays de la Loire et 75,8/100 000 en Corse. Ces taux étaient plus élevés en Martinique (108,4/100 000) et en Guadeloupe (104,9/100 000). Parmi l’ensemble des cas prévalents, 10,2 % et 0,3 % bénéficiaient de la CMUc et de l’AME, respectivement. Un total de 2971 et 2695 cas incidents de SLE ont été identifiés respectivement en 2017 et 2018, soit des taux d’incidence bruts de 4,4/100 000 en 2017 et 4,0/100 000 en 2018. Parmi les patients incidents en 2018, la majorité était des femmes (83,9 %). Le pic d’incidence en 2018 a été observé chez les femmes âgées de 30 à 39 ans (11,6/100 000) et chez les hommes âgés de 50 à 59 ans (2,5/100 000). Les taux d’incidence bruts par région en France métropolitaine en 2018 étaient compris entre 2,6/100 000 en Pays de la Loire et 5,6/100 000 en Corse. Ces taux étaient plus élevés en Guadeloupe (8,5/100 000) et Martinique (8,4/100 000). Parmi l’ensemble des cas incidents en 2018, un total de 12,7 % et 0,5 % bénéficiaient de la CMUc et de l’AME, respectivement (Tableau 1). La prévalence a été estimée à 47,4 cas/100 000 et l’incidence annuelle à 4,0/100 000 en 2018, le LES reste donc considéré comme une maladie auto-immune rare en France.
Le fardeau de la BPCO découle principalement des symptômes, des complications (exacerbations, insuffisance respiratoire chronique), des comorbidités, et des traitements et consommations de soins. Ces points d’impact conditionnent les besoins d’optimisation de prise en charge. L’objectif de cette analyse était de décrire ces différents aspects du fardeau de la BPCO chez les patients traités pour cette maladie en France, et leur parcours de soin. Cette analyse a porté sur la base de données IQVIA collectant les médicaments délivrés par un panel de 10 000 pharmacies, concernant 47 millions de patients. À partir de méthodes d’intelligence artificielle appliquées aux données des 10 dernières années, un algorithme a été développé pour distinguer les patients recevant un traitement pour la BPCO notamment vis-à-vis des patients asthmatiques. La présente analyse a été réalisée sur la période juillet 2021–juin 2022. Au total, plus de 1 300 000 patients ont été identifiés comme traités pour BPCO en France, soit 2,1 % de la population française, 37 % de femmes, âge moyen 70 ans. Une ALD exonérante (quelle qu’elle soit) était renseignée pour 60 % d’entre eux. Parmi ces sujets, 57 % ont reçu un traitement pour insuffisance cardiaque (IC) et 47 % pour une pathologie cardiovasculaire (hors IC). Par ailleurs, 19 % étaient traités pour diabète et 41 % pour anxiété/dépression/pathologie psychiatrique. Plus de la moitié de ces personnes a présenté au moins 1 exacerbation modérée de BPCO dans les 12 derniers mois, 13 % des exacerbations étaient traitées par CSO, 46 % par antibiotique et 41 % par CSO + antibiotique. Le nombre moyen mensuel d’unités de traitement délivrées en officine de ville, tout traitement confondu (i.e. incluant les traitements pour la BPCO) augmente avec l’âge : il était de 5 pour les moins de 50 ans, 6 pour les 50–65 ans, 8 pour les 65–80 ans et 10 pour les plus de 80 ans. Sur cette période d’un an, 13 % de ces sujets traités pour BPCO ont consulté un Pneumologue, 63 % un médecin généraliste et 24 % un pneumologue et un médecin généraliste. Cette analyse illustre le fardeau des sujets traités pour BPCO en France, en soulignant le poids des pathologies concomitantes, qui conduisent à une polymédication chez la plupart de ces patients. La coordination des professionnels de santé pour une prise en charge holistique de ces sujets semble donc essentielle ; on note un recours paraissant faible aux pneumologues.
Benralizumab est un anticorps monoclonal, dirigé contre la sous-unité alpha du récepteur de l’interleukine-5 (IL-5Rα), indiqué dans l’asthme sévère à éosinophiles, commercialisé en France depuis janvier 2019. L’objectif de l’analyse présentée est de décrire le profil des patients initiant un traitement par benralizumab, à partir des données de la cohorte RAMSES. Cette cohorte française, observationnelle, multicentrique a débuté en septembre 2019. Elle inclut de façon prospective des patients adultes asthmatiques sévères, selon la définition ATS-ERS 2014. Parmi les 1669 patients inclus avant le 09/09/2021, 599 patients ont initié un traitement de l’asthme de palier 5 dont 171 par benralizumab. Ces 171 patients sont majoritairement des femmes (58,5 %), d’âge moyen de 53,4 ± 14,2 ans, comprenant 44,9 % de fumeurs ou ex-fumeurs et 32,3 % d’obèses. Une polypose nasosinusienne était présente chez 77 patients (45,0 %) et 17,5 % des patients avaient une rhinite allergique. Par ailleurs, 40,7 % avaient un statut atopique. Le diagnostic d’asthme sévère avait été fait en moyenne 9,6 ± 11,4 ans avant l’inclusion. Le score ACT moyen à l’initiation était de 13,5 ± 5,3 ; seuls 19 patients avaient un score ACT ≥ 20 (asthme bien contrôlé). Parmi les patients, 69,7 % avaient eu au moins une exacerbation dans les 12 mois précédant l’initiation avec une hospitalisation dans 24,5 % des cas. Le VEMS moyen était de 71,2 ± 25,4 % et le rapport VEMS/CVF de 64,6 ± 12,9 %. Presque 80 % des patients étaient en ALD pour asthme. À l’initiation du benralizumab, 44 patients (25,7 %) étaient sous corticoïdes oraux au long cours avec une dose moyenne de 18,5 mg ; 90 patients (52,6 %) n’avaient jamais été traités par une biothérapie. Pour les 81 patients non-bionaïfs à l’initiation, 58 avaient déjà reçu du mépolizumab, 50 de l’omalizumab et/ou 6 du dupilumab. L’éosinophilie sanguine mesurée dans les 12 derniers mois n’était documentée que pour 61 % des patients. Ce taux était ≥ 300 cellules/mm3 pour 61,5 % des patients. Les patients ayant un taux d’éosinophile < 300 cellules/mm3 étaient préalablement exposés à des corticoïdes oraux au long cours et/ou à une autre biothérapie dans 72 % des cas. Ces premières données françaises décrivent l’utilisation en vie réelle de benralizumab chez des patients asthmatiques sévères, mal contrôlés et pour un quart, sous corticothérapie orale au moment de l’initiation.
Abstract Background AZD7442, a combination of 2 neutralizing antibodies, has been shown to reduce symptomatic COVID-19 risk by 83% at 6 months among high-risk individuals in a Phase 3 trial (PROVENT). The French Health Authorities authorized AZD7442 use in immunocompromised patients through Early Access Program (EAP). Eligibility for EAP was serological anti-spike levels of < 260 BAU/ml and very high risk of severe COVID. This abstract aims to describe the AZD7442 eligible population in France and characterize AZD7442 uptake in the EAP. Methods This is a retrospective observational database analysis of the EAP data. Demographics, and clinical characteristics of participants are described. Results 27,782 patients were included in the EAP between 12/15/2021 and 11/30/2022. AZD7442 was mostly prescribed by onco-hematologists (24.2%), followed by nephrologists (19.9%), internal medicine specialists (15.6%), and rheumatologists (6.5%). 50% of participants were over 65 years, 54.7% were male. The majority (96.7%) had received at least three vaccine doses at inclusion. Most common comorbidities were cancer (34.9%), chronic kidney disease (23.7%), hypertension (23.2%), cardiovascular disease (19.4% >2CV factors), and diabetes (9.2%). 6 months follow-up data were available for 2106 patients. Conclusions In the EAP, health care professionals prioritized IC patients at the highest risk of severe COVID-19, consistent with the authorization granted in France. However, based on the approved criteria, HCP have the potential to broaden the use of AZD7442 among different IC groups which can lead to more equitable access. The large size of the EAP presents an opportunity to generate evidence regarding the effectiveness of AZD7442. Lack of follow up data highlights the need to enrich the EAP data to study relevant effectiveness endpoints as COVID-19 hospitalizations and mortality. An innovative observational comparative study is planned by combining EAP data and French National Claims database SNDS. Key messages • These findings could guide future efforts to implement COVID-19 prophylaxis measures. • The large size of the EAP presents an opportunity to generate evidence regarding the effectiveness of AZD7442.
IntroductionLes données sur le fardeau de l'asthme en France sont rares et anciennes. A partir de la cohorte Constances portant sur plus de 200 000 volontaires, l'objectif de l'étude était de décrire le fardeau de l'asthme selon le niveau de traitement GINA en France (comorbidités, consommations de soins et coûts).MéthodesL'analyse a porté sur plus de 170 000 participants âgés de 18 à 69 ans entre 2012 et 2019. Les données proviennent du bilan médical réalisé à l'inclusion, des auto-questionnaires et des données du Système national des données de santé (SNDS). Un participant a été identifié comme asthmatique si à l'inclusion un tel diagnostic était rapporté par un médecin et si en 2019 il déclarait des symptômes d'asthme et/ou si un traitement pour asthme était retrouvé dans le SNDS dans les 12 derniers mois. Les participants asthmatiques ont été classés selon les niveaux de traitement GINA (sans traitement, niveaux 12, niveaux 3-4 et niveau 5). Les résultats ont été comparés à des participants non-asthmatiques appariés selon un score de propension calculé sur âge, sexe, région de résidence, score de précarité et année d'inclusion.RésultatsAu total, 6783 asthmatiques ont été appariés à 6783 non-asthmatiques (témoins).Les asthmatiques étaient âgés en moyenne de 45 ans avec une augmentation de l'âge selon le niveau de traitement. Le sexe ratio variait peu selon le niveau de traitement alors que le BMI moyen augmentait avec le niveau de traitement (Tableau 1). La fréquence de certaines comorbidités (hypercholestérolémie, HTA, angine de poitrine, dépression et tentatives de suicide) augmentait chez les asthmatiques comparativement aux témoins, ainsi qu'avec le niveau de traitement GINA. L'activité physique était moins importante chez les sujets asthmatiques comparativement aux témoins et diminuait avec le niveau de traitement. Les consommations de soins augmentaient avec le niveau de traitement, de même que les coûts avec une augmentation :- du coût des hospitalisations de 180 € chez les asthmatiques au stade GINA 3/4 comparativement à ceux au stade GINA 1/2 et de 1500 € pour les asthmatiques au stade GINA 5 comparativement à ceux au stade GINA 3/4.- du coût ambulatoire de 650 € chez les asthmatiques au stade GINA 3/4 comparativement à ceux au stade GINA 1/2 et de 4000 € pour les asthmatiques au stade GINA 5 comparativement à ceux au stade GINA 3/4ConclusionLe fardeau de la maladie asthmatique, comorbidités, consommations de soins et coûts, augmentait avec le niveau du traitement.Mots clésAsthme; GINA; Traitement; Coût; CohorteDéclaration de liens d'intérêtsLes auteurs n'ont pas précisé leurs éventuels liens d'intérêts.
Anifrolumab est un anticorps monoclonal humain de type immunoglobuline G1 kappa qui se lie à la sous-unité 1 du récepteur à l'interféron de type I (IFNAR1). Il est indiqué en traitement additionnel chez les patients adultes atteints d'un lupus érythémateux systémique (LES) modéré à sévère, actif avec présence d'auto-anticorps malgré un traitement standard. L'objectif de l'analyse présentée est de décrire les caractéristiques et l'évolution des patients ayant bénéficié d'anifrolumab 300 mg, (solution à diluer pour perfusion ; une injection toutes les 4 semaines) dans le cadre d'une autorisation temporaire d'utilisation de cohorte (ATUc). Anifrolumab a été utilisé dans le cadre d'une ATUc, octroyée par l'ANSM en juin 2021 dans l'indication suivante : « en traitement de fond additionnel chez les patients adultes atteints d'un LES insuffisamment contrôlé (ou intolérant) malgré un traitement optimal avec les biothérapies actuellement disponibles ». Cette ATUc a pris fin en mai 2022. Les données présentées sont issues des fiches de collecte de données dans le cadre du protocole d'utilisation thérapeutique et de recueil d'information. Au total, 26 patients ont été inclus dans cette ATUc. Selon les définitions de l'ANSM, 23 d'entre-deux sont considérés comme « traités » (traitement fourni), et 7 comme « exposés » (réception d'au moins une fiche de suivi contenant une date d'administration). Pour les autres patients « traités », aucune fiche de suivi n'a été complétée. L'âge moyen des 23 patients traités est de 40,2 ans (écart-type [ET] 9,9 ans). Il s'agit de 21 femmes et 2 hommes, avec un poids moyen de 66,3 kg (ET 18,0 kg). L'ancienneté du diagnostic de LES est en moyenne de 13,9 ans (ET 8,2 ans). Il s'agit pour les 23 patients d'un LES modéré à sévère actif, avec un score SELENA–SLEDAI moyen de 9,7 (ET 5,3 ; n = 21) et un score PGA moyen de 2,3 (ET 0,7 ; n = 15). En moyenne, à l'inclusion, les patients présentent 6,1 articulations douloureuses (ET 5,9 ; n = 16) et 1,9 articulations gonflées (ET 2,9 ; n = 15). Le score CLASI-A moyen est de 11,9 (ET 8,2 ; n = 14). La durée préalable moyenne de traitement par bélimumab était de 13,4 mois (ET 13,8). Les caractéristiques des 7 patients exposés sont similaires à celles des patients traités. La durée moyenne d'exposition au traitement est de 5,7 mois (ET 3,3). Après un mois de traitement, une amélioration clinique des 7 patients exposés a été observée. Le nombre d'articulations douloureuses chez les patients exposés est passé de 6,0 (ET 7,7) en moyenne à 1,2 (ET 1,3) ; de même le nombre d'articulations gonflées est passé de 1,8 (ET 3,5) en moyenne à 0,3 (ET 0,8). Le score d'activité de la maladie (SELENA-SLEDAI) s'est amélioré en passant de 10,3 (ET 5,9) à 5,4 (ET 3,6). L'activité globale de la maladie évaluée par le clinicien à l'aide du PGA a diminué de moitié en passant de 2,0 (ET 0,4) à 1,0 (ET 0,7). Concernant les atteintes cutanées (CLASI-A), une amélioration a été observée ; le score est passé de 20,3 (ET 4,6) à 12,0 (ET 7,4). Ces bénéfices cliniques se maintiennent au cours du temps. Sur l'ensemble des patients traités (n = 23), 6 cas comprenant 16 suspicions d'effets/évènements indésirables, n'ayant pas entraîné l'arrêt du traitement, ont été déclarés pour 6 patients. Sur l'ensemble des cas rapportés, 2 ont été considérés comme graves et non reliés à anifrolumab : coxalgie droite aiguë et suspicion d'herpès. Aucun cas ne comprenait des évènements d'évolution fatale ou avec mise en jeu du pronostic vital. Du fait du faible de nombre de patients, des conclusions limitées peuvent être tirées de ces données de première utilisation d'anifrolumab 300 mg, solution à diluer pour perfusion. Cependant, une amélioration clinique a été constatée et le profil bénéfices/risques reste inchangé.
Inhaled triple therapies (TTs), combining LABA, LAMA and ICS, are used as background treatment for COPD. Single inhaler TTs have been available since 2018. The study's primary objective was to describe COPD patients initiating TT with single (SITT) or multiple (MITT) inhalers, according to the specialty of the prescribing physician – pulmonologist (PN) or general practitioner (GP). The secondary objective was to compare persistence (no treatment interruption >30 days) between SITT and MITT.
Les ß2+ d’action brève et rapide (B2CDA) ont longtemps constitué la référence du traitement de secours dans l’asthme. S’ils restent encore largement utilisés, les patients adultes et adolescents (stades GINA 3 à 5) se voient proposer aujourd’hui une alternative avec l’association formotérol-CSI, sur la base d’études montrant une réduction du risque d’exacerbations par rapport à l’utilisation de B2CDA seuls ou associés à un traitement de fond. Impliquer le patient dans ce choix est l’objectif d’une démarche de prise de décision partagée (PDP). La PDP est un processus formalisé qui permet aux patients et aux professionnels de santé de prendre ensemble des décisions de santé en tenant compte des données scientifiques disponibles ainsi que des valeurs et des préférences des patients. Plusieurs études portant sur la PDP dans l’asthme et une revue Cochrane récente, en ont montré les bénéfices en termes d’adhésion au traitement ou de qualité de vie. Un outil d’aide à la décision a été conçu par un groupe de travail selon la méthodologie élaboré par la HAS, en se basant notamment sur une analyse de la littérature pour identifier les meilleures données probantes pour chacune des 2 options du traitement de secours. L’outil comporte 3 parties : données générales sur l’asthme ; avantages/inconvénients pour chacune des 2 options ; recueil des informations personnelles influant sur le choix du patient (valeurs, préférences). La faisabilité et l’acceptabilité de la démarche de PDP a été testée en consultation dans 6 centres de pneumologie hospitalière, libérale et en médecine générale. Le processus de PDP a été testé auprès de 13 patients. Tous ont trouvé utile d’avoir des informations sur les alternatives thérapeutiques. La PDP leur a permis de participer au choix du traitement (12/13). Tous déclarent que la démarche pourra les aider à mieux gérer leur maladie. Les patients aimeraient que ce type d’échange avec le professionnel se développe. Du coté des professionnels, la démarche a été appréciée par ceux qui ont pu la mettre en œuvre (4/6 du groupe) avec une durée moyenne de consultation de 30 à 40 min. La PDP, en impliquant le patient dans la décision, s’inscrit dans le sens d’une médecine personnalisée. Après l’avoir testée, la prochaine étape consistera à diffuser l’outil d’aide à la décision auprès des professionnels de santé afin de développer la culture de PDP en pneumologie. Le travail de ce groupe interdisciplinaire a reçu le soutien institutionnel du laboratoire AstraZeneca.
IntroductionLes triples thérapies (TT) inhalées, associant LABA, LAMA et CSI, sont utilisées comme traitement de fond de la BPCO. Depuis 2018, il existe des TT avec un seul inhalateur. L'objectif principal de l’étude était de décrire les patients atteints de BPCO initiant une TT avec un seul (SITT) ou plusieurs (MITT) inhalateurs, selon l'origine de la prescription, pneumologue (PN) ou médecin généraliste (MG). L'objectif secondaire était de comparer la persistance (absence d'interruption du traitement >30 jours) entre SITT et MITT.MéthodesEtude observationnelle rétrospective sur base de données de santé ambulatoire en vie réelle THIN® France, conforme au RGPD, intégrant l'historique de remboursement de la Cnam. Patients ≥40 ans atteints de BPCO, avec initiation TT entre 01/07/17 et 01/01/20 et suivi pré-initiation ≥1 an. Tous les patients ont été informés de la possible réutilisation de leurs données et ne s'y sont pas opposés.RésultatsAu total, 3134 patients ont été inclus dans l’étude: âge moyen 67±12 ans, 56 % d'hommes et IMC moyen 28±7 kg/m². Principales comorbidités: hypertension (44,4 %) troubles du sommeil (36,8 %), troubles de l'humeur (27,2 %), troubles anxieux (26,8 %) et dépression (24,5 %); 24,0 % avaient un asthme associé dans les 12 derniers mois. L'initiation de TT était faite dans 36,4% des cas par un PN et dans 51,1% des cas par un MG. 84,1% des patients débutant une TT étaient préalablement sous bithérapie, 7,8 % sous monothérapie et 8,1 % n’étaient pas traités. Une SITT a été initiée chez 485 patients (15,5 %). Avant l'initiation de la TT, 55,2 % des patients présentaient ≥1 exacerbation sévère et/ou ≥2 exacerbations modérées, sans différence significative entre PN et MG (OR: 0,94; IC95% [0,81–1,10]). L’étude de la persistance a été réalisée sur la population de patients ayant au moins deux délivrances de triple thérapie. Au total, 1674 patients ont été inclus dans l'analyse de la persistance. A un an, seuls 11,3% des patients étaient persistants (Fig. 1). La médiane de la persistance était de 4,5 mois sous MITT et 6 mois sous SITT. Le principal facteur prédictif de persistance était la prescription d'une SITT plutôt qu'une MITT, (HR:1,47; IC95% [1,27–1,69]).ConclusionCette étude montre que les modalités d'initiation des triples thérapies sont équivalentes entre PN et MG et une amélioration de la persistance sous SITT comparée aux MITT.Déclaration de liens d'intérêtsCette étude a été financée par Astra-Zeneca.
Le tezepelumab est un anticorps monoclonal humain bloquant l’activité de la lymphopoïétine stromale thymique. Dans l’étude de phase IIb PATHWAY (NCT02054130), le tezepelumab a significativement réduit les taux annualisés d’exacerbations de l’asthme (AAER) de 71 % par rapport au placebo, et a amélioré la fonction pulmonaire, le contrôle de l’asthme et la qualité de vie chez des adultes asthmatiques sévères non-contrôlés. Cette analyse post-hoc a évalué l’effet du tezepelumab chez des patients ayant un asthme allergique qui étaient éligibles à l’omalizumab (OMA). Les patients adultes ayant un asthme sévère ont été randomisés entre tezepelumab (70 mg ou 210 mg SC toutes les 4 semaines Q4S, ou 280 mg SC toutes les 2 semaines Q2S) ou un placebo Q2S pendant 52 semaines. Les patients OMA-éligibles prenaient des corticoïdes inhalés à fortes doses, avaient un résultat positif (> 0,35 unités) aux tests immuno-enzymatiques en fluorescence concernant les aéro-allergènes pérennes classiques, un taux sérique initial total d’immunoglobulines (Ig) E ≥ 30–≤ 1500 UI/mL, et une association d’IgE et de poids corporel le rendant éligible à l’OMA. L’AAER et le volume expiratoire maximal par seconde (VEMS) ont été déterminés pour les patients éligibles et inéligibles à OMA. Sur 550 patients randomisés, respectivement 92 et 453 patients ont été éligibles et inéligibles pour le traitement par OMA (5 inconnus). Les patients OMA-éligibles avaient des taux sériques totaux initiaux d’IgE et des taux de fraction expirée du monoxyde d’azote supérieurs à ceux des patients OMA-inéligibles. Comparativement au placebo, le tezepelumab 210 mg a diminué l’AAER en 52 semaines de 79% (intervalle de confiance [IC] à 95 % : 37–93) et 69 % (IC95 % : 42–83) chez les patients OMA-éligibles et OMA-inéligibles (Fig. 1). Concernant le tezepelumab toutes doses confondues, l’AAER a été réduit de 76 % (IC95 % : 46–90) et 64 % (IC95 % : 45–77) respectivement chez les patients OMA-éligibles et OMA-inéligibles. Des améliorations du VEMS ont été observées dans les deux groupes d’éligibilité mais les estimations ponctuelles ont été supérieures chez les patients OMA-éligibles. Le tezepelumab a diminué les exacerbations et amélioré le VEMS comparativement au placebo chez des patients ayant un asthme allergique ou non-allergique, ce qui corrobore encore ses effets bénéfiques dans une large population de patients atteints d’asthme sévère.
Les données sur les consommations de soins et les coûts de l'asthme dans la population française sont rares et anciennes. La cohorte Constances est une cohorte prospective en population portant sur plus de 200 000 volontaires bénéficiant d'un bilan de santé standardisé. L'objectif de cette étude était, à partir de cette cohorte, de décrire l'impact de l'asthme en France en termes de comorbidités, de consommations de soins et de coûts. L'analyse a porté sur les 120 000 participants âgés de 18 à 69 ans inclus entre 2012 et 2017. Les données proviennent du bilan médical réalisé à l'inclusion, des auto-questionnaires des participants et des données du système national des données de santé (SNDS). Un participant a été identifié comme asthmatique si un tel diagnostic était rapporté à l'inclusion par un médecin et si en 2017 il déclarait des symptômes d'asthme et/ou si un traitement pour l'asthme était retrouvé dans le SNDS dans les 12 derniers mois. Les résultats ont été comparés à un groupe de non-asthmatiques appariés selon un score de propension calculé sur âge, sexe et année d'inclusion. Au total, 5296 asthmatiques ont été appariés à 5296 non-asthmatiques. Les asthmatiques étaient âgés en moyenne de 46 ans et 56 % était des femmes ; 3 % avait une ALD pour asthme et ils étaient plus souvent en ALD pour une autre maladie (Tableau 1). Ils rapportaient plus souvent certains facteurs de risque ou affections cardiovasculaires (activité physique, hypercholestérolémie, HTA, angine de poitrine), de même que dépression, tentatives de suicide et antécédents de fracture. Les consommations de soins étaient plus grandes chez les asthmatiques avec un coût annuel moyen (perspective sociétale) des soins ambulatoires de 1960 € contre 1362 € pour les non-asthmatiques. Le surcoût était surtout lié aux médicaments (612 € versus 299 €, p < 0,0001) et aux honoraires médicaux (617 € versus 484 €, p < 0,0001). Les dépenses hospitalières totales ne diffèrent pas. Le fardeau moyen de la maladie asthmatique (= le surcoût en dépenses de santé par rapport aux non asthmatiques) peut être estimé à 600 € par an et par patient dans la population. Le décalage porte sur les soins ambulatoires. Certaines comorbidités notamment cardiovasculaires et psychiatriques étaient plus fréquemment observées chez des asthmatiques comparativement aux non-asthmatiques et peuvent contribuer aux surcoûts de santé.