Introduction Nous publions ici le temoignage de Jean-Gilbert Jozon (1938-2016), eleve de Jean Prouve au Conservatoire national des arts et metiers entre 1960 et 1970. Ce temoignage, recueilli en 2016, apporte de precieuses informations sur l’atelier de « travaux pratiques » anime par Jean Prouve, un atelier dont on ne savait presque rien et ou pourtant celui-ci developpa (parallelement a son cours magistral) une pedagogie innovante du projet. L’entretien apporte aussi des elements de reflexio...
A une date ou l’iconographie de l’enseignement professionnel en appelle depuis longtemps au pouvoir evocateur des vues d’ateliers (Bode, 2017), la place que celles-ci occupent dans la brochure de presentation de l’Ecole Diderot publiee en 1933 temoigne de la confiance accordee a ces photographies pour incarner l’image de marque de l’etablissement. A bien y regarder, si elles traduisent visuellement une aspiration a la modernite alors attendue d’un tel lieu d’enseignement, elles n’en illustren...
En dehors de travaux concernant les conditions de travail, le risque industriel ou la question environnementale, les pannes et les accidents des systemes de production de biens et de services n’ont pas encore retenu l’attention suffisante des historiens de l’economie, du social et des techniques de l’epoque contemporaine. Le fait peut paraitre surprenant de prime abord. Les pannes et les accidents ne sont en effet pas des faits rares ou incongrus, mais rythment bien au contraire la marche et ...
Lorsque les techniques de fondations à l’air comprimé se généralisent à la fin du xixe siècle, leur diffusion témoigne à la fois d’un engouement pour leur efficacité constructive et d’une compréhension plus fine des risques encourus par les ouvriers, attestés par les cas de « maladie des caissons » et de décès. En s’intéressant ici aux accidents du travail et aux dysfonctionnements survenus lors de la réalisation des piles du pont Mirabeau à Paris en 1893, il s’agit de saisir le quotidien concret de ce type de procédés, à la croisée d’une histoire des risques professionnels, d’une histoire de la construction attentive aux métiers et d’une histoire sociale des techniques interrogeant les mondes industriels. En soulignant les liens entre cet environnement de travail contraignant et la condition physique des ouvriers, cet article met en lumière la place qu’occupe encore le facteur humain dans des procédés qui sont généralement considérés comme représentatifs de la mécanisation des chantiers.
The history of construction has recently undergone a spectacular renewal. This book provides a Europe-wide assessment. On the one hand, each country presents a state of the art in the field (publishing, research, teaching). On the other, an anthology of references is provided for further reading.
The sculptor Andre Vermare (1869-1949), winner of the Grand Prix de Rome, and the government architect Paul Guadet (1873-1931) worked together several times between 1900 and the 1920s. Their most emblematic collaboration for the ornamented facade of the Ecole nationale d'horlogerie (the national clockmaking school) between 1925 and 1933 in Besancon can be seen as the result of a commission launched at least two decades earlier. Before the 1920s, Paul Guadet only occasionally invited Andre Vermare to cooperate on the public buildings he was commissioned to design, such as his first telephone exchange building in 1914. However, he went on to collaborate with him on a regular basis on several projects of professional national schools. The sculpted decoration they conceived together, although not always executed, attest to a long-term dynamic of collaboration. This dynamic can be compared to the inner characteristics of the buildings they were designed for, belonging to a specific building type of utilitarian public architecture. Beyond the production of artworks, this contribution proposes to reconsider the process of collaboration by including the shared process of creation of the projects. It not only aims to examine artistic collaboration as a space of experimentation but also as a place of interaction between individuals.
35 L'enseignement technique en ses lieux.Conception, édification et usages (XIX e -XX e siècles) Guy Lambert et Stéphane Lembré « Lieu où s'échangent paroles et gestes, poste de travail où les outils peuvent exprimer leur potentiel guidé par une main éclairée, l'établi reste, aux yeux du compagnon, un des lieux majeurs de la transmission » 1 .L'article de François Icher sur l'établi du menuisier, rédigé dans le cadre d'un programme de recherche collectif sur les lieux de savoir, illustre la valeur plurielle désormais reconnue à la notion de « lieu ».En abordant dans cette perspective les espaces de l'enseignement technique et l'architecture -au sens large -des écoles techniques et professionnelles, ce dossier s'intéresse aux interactions entre « les lieux matériels, construits ou naturels, où se déploient ces activités qu'ils abritent : salles de cours, laboratoires, bibliothèques, jardins botaniques, musées, ateliers » 2 , qui se définissent autant par les instruments et les outils que par « les artefacts qui permettent de matérialiser et d'inscrire le savoir ou qui jouent un rôle dans sa construction même : dessins, schémas, textes écrits, discours portés par la voix » 3 .De l'établi et de l'atelier à l'établissement scolaire, voire au réseau