La présente contribution pose la question de la place et du rôle des instruments de la nouvelle politique de réduction et de tri des déchets ménagers de la Communauté urbaine de Dunkerque dans le changement des comportements des populations. Plus précisément, elle interroge l’appropriation par ces dernières des consignes données pour l’usage des sacs plastiques, éléments centraux du nouveau dispositif de tri à la source. L’analyse s’appuie sur des enquêtes menées en 2021 et 2022 dans les communes de Dunkerque et Cappelle-la-Grande notamment. Elle met en évidence les dynamiques à l’œuvre, les controverses et questionnements liés au changement de politique de ramassage et traitement des déchets dans cette agglomération, qui s’affiche comme avant-gardiste en matière de développement durable.
Face à la pollution irréversible au plomb et au cadmium de terres agricoles et à l’interdiction administrative depuis 2015 d’y pratiquer des cultures alimentaires, quelles adaptations les agriculteurs dont les exploitations sont situées près de l’ex-site de la fonderie de plomb Metaleurop ont-ils choisies ? Comment ces agriculteurs appréhendent-ils les injonctions qui leur sont faites de réorienter leurs productions vers des filières non alimentaires, notamment la biomasse-énergie ou les huiles essentielles ? Cette étude analyse, à partir d’une enquête auprès d’agriculteurs de ce territoire et d’autres acteurs locaux, les perceptions et dynamiques autour des questions d’adaptation et de devenir de l’agriculture dans un contexte hérité d’industries polluantes. Elle rend compte non seulement des dommages que l’ancienne fonderie a occasionné pour l’agriculture locale, mais aussi des possibilités que ce lourd héritage ouvre malgré tout pour ce secteur productif. L’approche systémique des héritages des territoires anciennement industrialisés et de la transition agricole a servi de cadre théorique, tandis qu’une approche ethnographique a été privilégiée comme cadre méthodologique.
Les mondes de la peche de loisir se partageant dans la plupart des cas les memes espaces maritimes et littoraux que ceux de la peche professionnelle, certaines pratiques entrent en concurrence. Le monde de la peche de loisir est pluriel, des pratiques sociales se distinguent de par leurs representations de la mer, les ressources pechees ou les techniques de peche, mais surtout, de par les interets qu'ils defendent respectivement. C'est dans ce contexte des Hauts-de-France que le concept de << mythe >> est explore a partir d'analyses des discours de pecheurs et de leurs pratiques recoltees au plus pres des acteurs locaux interroges. Cet article met en exergue les divergences existantes entre les mondes de la peche de loisir et professionnelle et leurs legitimites respectives a occuper le Domaine Public Maritime, tout particulierement dans ce que cela implique du point de vue normatif (quotas, pratiques tolerees, etc.). The worlds of recreational fishing (on foot, on board, etc.) share the same maritime and coastal areas as those of professional fishing. Some practices compete in a context ofresource scarcity. In this plural world of recreational fishing, social practices are differentiatedby their representations of the sea, the resources fished, or the fishing techniques, andby the interests they defend respectively. In the context of the Hauts-de-France (coted'Opale), the concept of myth is explored based on analyses of the discourse of fishermenand their practices;. This article highlights the existing differences between the worlds ofrecreational and professional fishing and their respective legitimacy to occupy themaritime areas, particularly in what this implies from the normative point of view (quotas,tolerated practices, prohibited practices, etc.).
When a potentially nuisance and risk-producing site is planned in a territory, very often a part of the population expresses its opposition. This is particularly the case for sustainable energy production sites (wind farms, methanizers, etc.). This inhabitants’ refusal to see their immediate environment disturbed is generally called NIMBY Syndrome. However, many social scientists refuse this qualification they consider stigmatizing for residents. They prefer to see the refusal of these new sites as an resistance act, folowing a insufficiently concerted decision and/or too favorable to the the firm who carries the project. This article aims to show that the term 'nimbyst' can be used to describe the inhabitants opposing the project without stigmatizing them. It also wants to show that notion of social acceptability can be used in this kind of context while remaining at a distance from the interests of the different actors, i.e., axiologically neutral.
Given the public's limited concern about climate change, it is hard to imagine individual climate action. In recent decades, environmental policies in France have focused on a citizen accountability approach that encourages "virtuous behaviour". But this may not be adequate. Results from a 2017 perception survey conducted in the Hauts-de-France region show that this approach is not reaching its objectives among those who are financially less secure and mistrustful of authorities. This population is delegating responsibility to collective actors. In Lille and Chauny it appears that there can be no long-term projection of actions to combat climate change because everyday needs are more important. Individual and collective actions need to be balanced and part of the same dynamic. The disengagement of the welfare state does not favour this balance.