L’EFR est un examen peu utilisé dans l’asthme du nourrisson. On évalue l’intérêt de l’EFR du nourrisson lorsque l’asthme est contrôlé, puis nous observerons le devenir de ces enfants. Les EFR de 106 nourrissons ont été réalisés entre 2000 et 2012. On répartie le groupe asthme sévère (AS, n=71) et non sévères (ANS, n=12). 75% des patients ont un rapport TPTEF/TE diminué, plus fréquent chez le groupe AS (AS =81% vs ANS =40% p= 0.002.). L’analyse de Vmax CRF n’a été possible que dans 29% des cas (réveils fréquents). A 3 et 6 ans, on observe respectivement 73% et 69% des enfants suivis avec persistance de symptômes d’asthme. On observe donc la persistance d’une obstruction (TPTEF/TE diminué) lorsque l’asthme est contrôlé. Trois quart des nourrissons restent symptomatiques, un phénomène de remodelage bronchique précoce pourrait en être la cause.
L’indigo, connu également au Maroc sous le nom de nîla, est une substance colorante largement utilisée dans l’artisanat marocain. Cette substance est obtenue par fermentation des feuilles et des branches de l’indigotier (Indigofera tinctoria), plante répandue dans les régions tropicales d’Afrique et d’Asie. Nous rapportons le cas d’une intoxication mortelle chez un enfant de 3 ans suite à l’administration de l’indigo dans un but thérapeutique. Le décès était survenu par défaillance multiviscérale. La toxicité de ce composé est peu connue dans la littérature et mérite d’être explorée par des études de toxicocinétiques et toxicodynamiques afin de mieux déterminer les constituants toxiques de ce colorant.Indigo, also known in Morocco as Nila, is a dye widely used in the coloring of Moroccan handicrafts. It is obtained from fermentation reactions on the leaves and branches of true indigo, Indigofera tinctoria, which is a widespread plant in tropical Africa and Asia. We report a case of fatal poisoning in a 3-year-old child after administration of indigo for therapeutic purposes. Death resulted from multiple organ failure. The toxicity of this compound is little known in the literature and deserves to be explored through toxicokinetic and toxicodynamic studies, in order to better determine the toxic constituents of the dye.
We report the case of an eight-year-old patient referred by his primary care physician for chronic headache. Bilateral papilledema was observed along with right sixth cranial nerve palsy, leading to the diagnosis of intracranial hypertension. Head CT showed no mass lesion. Lyme serology was positive by both Elisa and Western blot. Anti-Borrelia antibodies were positive in the cerebrospinal fluid, with intrathecal synthesis confirming neuroborreliosis. Clinical response to ceftriaxone and acetazolamide was favorable. Intracranial hypertension is rarely caused by Lyme disease. Ophthalmologists should be aware of this clinical presentation, since the presenting clinical signs may be purely ophthalmologic. In addition, early diagnosis may avoid optic nerve atrophy or disease spread. (C) 2012 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
le traitement de la bronchiolite oblitérante repose sur l'administration de méthylprednisolone en bolus (MPSIV) sur 3 jours. Les données dans la littérature restent limitées. nous avons analysé les dossiers d'enfants ayant une atteinte bronchiolaire chronique sévère et traités par MPSIV entre 2000 et 2009. Les données démographiques, cliniques, biologiques et radiologiques ont été recueillies. Les résultats sont exprimés en médianes (extrêmes). 19 enfants (63 % garçons) ont été inclus : 57,8 % sont nés à terme, 42,1 % sont ex prématurés dont 75 % avec une dysplasie broncho-pulmonaire, 15,8 % ont une cardiopathie, 15,8 % ont un déficit immunitaire. Une hospitalisation antérieure est fréquente (73,6 %) et 52,6 % ont un agent étiologique identifié (9 virus, 1 mycoplasma pneumoniae). 5 ont eu une biopsie pulmonaire. L'âge des premiers symptômes est 1,5 mois (0-12) et le délai diagnostique de 6,25 mois (0,5-35). Les lésions pulmonaires quantifiées par TDM sont variables. 14 enfants ont une évolution favorable avec 1,5 cure (1-20), 2 défavorables (46 et 50 cures), 2 non évaluables (2 et 7 cures) et 1 décès. Notre expérience montre une évolution favorable sous MPSIV dans 87,5 % des cas (14/16) avec une bonne tolérance du traitement.
Nous rapportons le premier cas décrit d'infection humaine à Moraxella Caprae chez un enfant de 8 ans hospitalisé pour fièvre persistante. Dans ses antécédents, on note une cardiopathie complexe avec matériel prothétique et une rosacée oculaire traitée par corticoïdes locaux depuis 6 mois. On retrouve un souffle systolique connu, une splénomégalie, un discret érythème palmaire, et des chalazions bilatéraux. Sur le plan biologique, la CRP est à 100 mg/l sans hyperleucocytose. Deux hémocultures sont positives à Moraxella multisensible motivant la mise en route d'une antibiothérapie par C3G et aminoside. L'échographie cardiaque ne retrouve pas de végétation. Les explorations à la recherche d'une porte d'entrée infectieuse sont négatives. Par PCR, on identifie un Moraxella Caprae, germe commensal de l'oropharynx de la chèvre. L'interrogatoire retrouve une éventuelle contamination par l'intermédiaire du père de l'enfant ayant travaillé au contact de chèvres. Dans la littérature, il existe des endocardites à Moraxella Lacunata avec une porte d'entrée oculaire. Appartenant à la même classification, nous ne pouvons exclure la contamination à partir des chalazions. L'évolution cardiaque et infectieuse est favorable après une antibiothérapie prolongée de 6 semaines.
Nous rapportons le cas d'une encéphalite auto immune rare chez une jeune fille de 11 ans. Un tableau pseudo démentiel s'est constitué sur 3 mois: coexistaient une confusion, des hallucinations avec alternance d'états catatoniques et d'accès d'agitation. S'y associaient des mouvements anormaux et une dysrégulation thermique. Aucun déficit moteur ou crises convulsives n'étaient notés. L'IRM cérébrale et la ponction lombaire étaient normales en dehors d'un index gamma à 0,75. L'EEG était lent. Au terme d'explorations exhaustives et suite à l'inefficacité des boli de corticoïdes, des Ac anti NMDA (N-Methyl-D-aspartate) on été documentés dans le LCR. C'est une encéphalite limbique avec une présentation neuro-psychiatrique. Dans 80 % des cas, il s'agit d'un syndrome paranéoplasique chez une femme atteinte d'un tératome mature de l'ovaire d'évolution favorable après ablation de la tumeur. De rares cas sont décrits, l'antigène n'ayant été identifié qu'en 2007. Ici, en l'absence de tumeur documentée, un traitement immuno-modulateur a associé des cures d'immunoglobulines polyvalentes, des plasmaphérèses et du rituximab. S'est produit alors une amélioration clinique mais avec persistance de troubles cognitifs invalidants.
Devant des télangiectasies et des malformations artério-veineuses, la maladie de Rendu Osler doit être recherchée dés l'enfance. Nous rapportons le cas d'un diagnostic différentiel. A. âgée de 2 ans, a des antécédents de télangiectasies et d'hyperplasie nodulaire focale hépatique. Elle est hospitalisée pour hémoptysies mineures récurrentes. Les investigations répétées ORL, bronchiques et digestives n'ont pas retrouvées l'origine du saignement. La TDM thoracique montre une anomalie artérielle pulmonaire basale gauche. La survenue d'une hémoptysie abondante a été explorée et traitée par artériographie interventionnelle avec embolisation de deux branches de l'artère pulmonaire gauche. Deux mois plus tard, la récidive d'une hémoptysie met en jeu le pronostic vital. Après échec de 2 embolisations du lobe inférieur gauche, une lobectomie d'hémostase est réalisée. L'enfant va bien 1 an après. Absence de mutations en faveur d'une maladie de Rendu Osler. L'anatomopathologie montre des malformations artèrio-veineuses pulmonaire de gros calibre. L'échec d'embolisation est expliqué par la dysplasie vasculaire disséminée. Cette dernière est une maladie rare, de diagnostic difficile et dont on ne connaît pas l'évolution.
Évaluer la gravité de l'épidémie de grippe A H1N1 (GA) en pédiatrie. Étude descriptive, prospective, épidémiologique conduite du 1/10/2009 au 1/02/2010 au CHU de Rouen (zone d'influence environ 800000 habitants). Critères d'inclusion : Enfants âgés de 0 à 16 ans hospitalisés et ayant contracté la GA. Les PCR ont été réalisées selon les critères émis par le HCSP. Analyse de la démographie, de la morbi-mortalité et de la symptomatologie de l'échantillon. 93 enfants (âge moyen 4 ans, sex ratio H/F : 1,5) ont été hospitalisés sur 1638 syndromes grippaux admis aux urgences pédiatriques (soit 5,7 %). La durée d'hospitalisation moyenne est de 2,5 jours. L'expression clinique est diverse: syndrome grippal traditionnel (fièvre élevée > 39 °C (41,3 %), fièvre modérée < 39°C (56,5 %)), exacerbation d'asthme (26 %), tableau digestif bénin (25 %) voire plus grave (syndrome pseudo-appendiculaire chez un patient), purpura (10 %), méningisme (9 %), apyrexie (2,5 %). Les complications sont de type respiratoire (pneumopathie bactérienne (16 %) dont un cas broncho-aspiré) et hémodynamique (5,5 %). La biologie est peu contributive au diagnostic (syndrome inflammatoire modéré). Aspect polymorphe et peu sévère de la GA. Aucun SDRA n'est à déplorer.
Contrairement au VRS, peu de cas de pneumopathies graves sont associées au Myxovirus paraInfluenza (MPI). Nous rapportons 2 cas survenus entre 2007 et 2009.
L’observance aux corticoïdes inhalés (CI) demeure un enjeu de la prise en charge de l’asthme, même chez les patients recevant régulièrement une ordonnance de leur médecin. La fréquence des interruptions spontanées des CI par les patients et celle des changements de dose ont été étudiées.Des patients asthmatiques (18–50 ans), recrutés en pharmacie, reportaient dans un auto-questionnaire leurs interruptions volontaires de CI et les changements de dose au cours des 3 derniers mois. Les caractéristiques des patients qui ont interrompu leur traitement par CI, ou qui en ont modifié les doses ont été comparées à celles des autres patients.Sur 252 patients analysés (âge moyen : 35 ans, 59 % de femmes, 62 % avec un asthme insuffisamment contrôlé), 25 % avaient interrompu leur CI, et 21 % avaient changé les doses. L’absence de symptômes ressentis était la principale raison évoquée en cas d’arrêt (50 %). En analyse multivariée, le principal facteur associé aux interruptions était un contrôle de l’asthme insuffisant (OR = 3,1 IC 95 % 1,5–6,4) et pour les changements de doses, la perception de l’asthme comme un souci dans sa vie (OR = 3,2 IC 95 % 1,2–8,4).Ces résultats soulignent une méconnaissance des patients de la finalité du traitement par CI, et le besoin d’éducation thérapeutique pour améliorer leur prise en charge.Adherence to inhaled corticosteroids (ICS) remains a major issue for asthma management, even among patients receiving a regular prescription from their doctor. The frequency of deliberate interruption of ICS, and of spontaneous changes of dose, were studied in a population of asthma patients recruited in community pharmacies.Asthma patients (aged 18–50) recruited in community pharmacies reported in self-administered questionnaires their spontaneous interruptions and changes of doses of ICS during the past 3 months. The characteristics of patients who interrupted their therapy or who modified the dose were compared with other patients.The studied population included 252 patients (mean age 35 year-old, females: 59%), of whom 62% had inadequately controlled asthma. Among these patients, 25% had interrupted ICS therapy during the past 3 months, while 21% spontaneously changed the dose. The most reported reason for interrupting ICS was the cessation of symptoms (50%). In multivariate analysis, interrupting ICS was mainly associated with inadequate asthma control (OR = 3.1, 95% CI 1.5–6.4), while the strongest association with changing ICS doses was the patients’ perception of asthma as a concern in their lives (OR = 3.2, 95% CI 1.2–8.4).These results underline a poor understanding of the purpose of ICS therapy by patients. They also highlight the need of therapeutic education to improve the management of the disease.