La dépression est un problème majeur de santé publique, particulièrement chez les personnes âgées. La nutrition est un mode de vie modifiable qui pourrait potentiellement prévenir le risque de dépression. Dans le cadre d'une alimentation saine, un apport plus élevé en caroténoïdes a déjà été associé à une réduction du risque de dépression, mais les études prospectives sur les niveaux circulants de caroténoïdes chez les personnes âgées font défaut. L'objectif de cette étude était d'évaluer l'association prospective entre les caroténoïdes plasmatiques et l'incidence de la symptomatologie dépressive (SD) chez des adultes âgés. L'échantillon d'étude était basé sur la cohorte prospective des Trois cités (3C), composé d'adultes âgés de 65 ans et plus habitant Bordeaux ou Montpellier, exempts de symptomatologie dépressive (SD) à l'inclusion en 1999. Les caroténoïdes plasmatiques ont été mesurés à l'inclusion par méthode analytique de chromatographie liquide à haute performance et les ratios caroténoïdes plasmatiques/(triglycérides + cholestérol total) ont été calculés. La SD a été évaluée tous les 2 à 3 ans pendant le suivi d'une durée maximale de 17 ans et définie comme un score ≥ 16 sur l'échelle Center for Epidemiologic Studies-Depression et/ou par la prise d'un traitement antidépresseur. Les associations entre caroténoïdes ou ratios caroténoïdes/lipides et l'incidence de SD ont été évaluées par des modèles de régression logistique à effets aléatoires ajustés sur les potentiels facteurs de confusion, dont l'âge, le statut tabagique, l'activité physique, l'indice de masse corporelle et les comorbidités. Les données de 1010 participants (860 à Bordeaux et 150 à Montpellier, 585 femmes, âge moyen 74 ans [±4,9]) avec un suivi médian de 13,8 années ont été analysés. La concentration plasmatique moyenne des caroténoïdes totaux était de 1085 μg/L (±545) et une SD a été identifiée chez 436 participants au cours du suivi. La zéaxanthine plasmatique et les ratios de zéaxanthine/lipides, de β-carotène/lipides et de lutéine + zéaxanthine/lipides étaient indépendamment associés à une réduction du risque de SD au cours du temps après prise en compte des potentiels facteurs de confusion (rapport de côte (RC) = 0,81, intervalle de confiance à 95 % [0,67 ; 0,99], RC = 0,79 [0,67 ; 0,94], RC = 0,79 [0,64 ; 0,98] et RC = 0,80 [0,66 ; 0,97] respectivement pour une augmentation d'un écart-type de zéaxanthine, du ratio de zéaxanthine/lipides, de β-carotène/lipides et de lutéine + zéaxanthine/lipides). En se concentrant sur les niveaux circulants, les résultats suggèrent une association inverse entre la zéaxanthine plasmatique, le β-carotène et la combinaison lutéine + zéaxanthine et le risque de SD au cours du temps chez les personnes âgées en utilisant une méthode pertinente pour des données répétées sur un long suivi. Une meilleure compréhension des mécanismes sous-jacents mérite des recherches supplémentaires.
Rationale: Circulating B vitamins may maintain healthy mood through the methionine cycle, but this relation remains debated, especially among older adults. We investigated the association of serum B vitamins (B6, folates and B12), with the risk of depressive symptomatology (DS) in older adults.
Les vitamines B circulantes participeraient à la gestion de l'humeur par leur contribution au cycle de l'homocystéine, mais cette relation reste débattue, en particulier chez le sujet âgé. L'objectif de la présente étude était d'examiner l'association des taux sériques de vitamines B6, folates et B12 (seuls et combinés) avec le risque de symptomatologie dépressive au cours du temps dans un échantillon de sujets âgés. Les participants inclus dans cette étude étaient ceux de la cohorte prospective des Trois-Cités Bordeaux, exempts de symptomatologie dépressive et ayant eu un dosage sérique des vitamines B à l'inclusion. La symptomatologie dépressive (définie par un score sur l'échelle Center for Epidemiological Studies-Depression ≥ 16 sur 60 et/ou par l'utilisation d'antidépresseurs) a ensuite été évaluée tous les 2 à 3 ans pendant 17 ans. Les analyses stratifiées sur le sexe ont été réalisées à l'aide de modèles mixtes additifs logistiques et des fonctions splines ont été utilisées pour explorer de potentielles relations non linéaires. Tous les modèles étaient ajustés sur l'âge, le niveau d'éducation, le fait de vivre seul, le tabagisme, la consommation d'alcool, l'activité physique, l'indice de masse corporelle, la multimorbidité et la fonction rénale. Chaque vitamine a été étudiée seule, puis les effets de confusion et d'interaction entre vitamines ont été examinés pour étudier l'association entre la combinaison de ces vitamines et le risque incident de symptomatologie dépressive. L'étude a inclus 515 hommes et 719 femmes (âge moyen ± écart-type à l'inclusion : 74,1 ± 4,9 ans). Une symptomatologie dépressive a été observée au moins une fois au cours du suivi chez 162 hommes (32 %) et 364 femmes (51 %). Chez les femmes, un taux de vitamine B12 adéquat (138–652 pmol/L) ou en excès (> 652 pmol/L) selon les normes du laboratoire d'analyses était associé à une réduction significative de 80 % et 91 %, respectivement, de la cote de présenter une symptomatologie dépressive au cours du temps par rapport à une carence (< 138 pmol/L). Les odds ratio (OR) et intervalle de confiance (IC) à 95 % respectifs étaient de 0,20 [0,05–0,86] et 0,09 [0,02–0,48] avant ajustement sur les taux de vitamine B6 et de folates, et ils restaient inchangés après ajustement (OR [IC 95 %] : 0,21 [0,05–0,90] et 0,11 [0,02–0,54], respectivement). La modélisation quantitative des taux de vitamine B12 montrait également que la cote de symptomatologie dépressive diminuait progressivement et significativement avec l'augmentation du taux de vitamine B12, et ce, au-delà de la limite supérieure de 652 pmol/L. Concernant les folates, l'association significative avec le risque incident de symptomatologie dépressive (pour l'augmentation d'un écart-type, soit 11 nmol/L, OR [IC 95 %] : 0,81 [0,66–0,99]) était atténuée après ajustement sur les taux de vitamines B6 et B12 (OR [IC 95 %] : 0,83 [0,67–1,01]). Enfin, le taux de vitamine B6 n'était pas significativement associé au risque incident de symptomatologie dépressive chez les femmes, et il n'y avait pas d'effets d'interaction entre les vitamines. Chez les hommes, aucune association significative des vitamines B sériques avec le risque incident de symptomatologie dépressive n'a été observée. Une gestion appropriée du taux sérique de vitamine B12 chez les femmes âgées, quels que soient les taux de vitamine B6 et de folates, pourrait contribuer à réduire leur risque de développer une symptomatologie dépressive.
Rationale: The objective of this longitudinal study was to examine the association between a Mediterranean-type diet with the risk of depressive symptomatology (DS), among elderly of the Bordeaux 3-City (3C) study.