Patients on hemodialysis are at high-risk for hepatitis B virus (HBV) infection compared to the general population. This infection in such patients can cause increased morbi-mortality. There still have insufficient data on occult HBV infection (OBI) in this group. The aim was to determine first the prevalence of OBI in a hemodialysis population at Hedi Chaker University Teaching Hospital in Sfax and then to identify the associated factors.
Primary glomerular diseases (PGD) are common causes of End Stage Renal Disease (ESRD) in Africa, especially in children. The pattern of these nephropathies, variable, remains insufficiently described. The aim of this study was to describe the clinical, histological and therapeutic aspects of PGD in children who had undergone a renal biopsy at Hedi Chaker hospital in Sfax, Tunisia.
Crescentic glomerulonephritis (CGN) is a diagnostic and therapeutic emergency. There are many causes of type 2 CGN. The objective of our study is to determine the characteristics of the infection related CGN (ICGN).
L’atteinte rénale au cours du lupus constitue un facteur pronostique majeur. La néphropathie lupique(NL) est un groupe hétérogène de sévérité et de pronostic variés. Il n’existe pas de corrélations anatomo-cliniques. L’objectif de notre étude est d’évaluer l’atteinte rénale histologique chez les patients lupiques ayant une protéinurie ≤ 1 g/24 h et d’étudier ses implications thérapeutiques. Étude rétrospective sur 18 ans incluant les patients lupiques ayant une protéinurie ≤1 g/24 h et ayant bénéficié d’une ponction biopsie rénale(PBR). Nous avons exclu ceux ayant une insuffisance rénale. Nous avons colligé 44 patients d’âge moyen de 32 ans ± 12 et un sex-ratio de 0,16. Le taux moyen de la protéinurie a été de 0,7 g/24h[0–1 g/24 h]. L’indication de la PBR était une protéinurie dans 54 % des cas, une hématurie dans 30 % des cas et une PBR de contrôle après le traitement d’induction dans16 % des cas. La biopsie rénale a montré une néphropathie lupique (NL) classe IV ou IV + V dans 16 cas (37 %) ; une NL classe III ou III + V dans 17 cas (38 %) ;une NL classe V dans 5 cas (11 %) ; une NL classe II dans 4 cas (9 %) et une NL classe I et classe VI dans 1 cas chacune (3 %). En l’absence d’hématurie, une NL de classe III ou IV ± V a été observée dans 20 cas(90 %). Des implications thérapeutiques avec recours aux immunosuppresseurs et à la corticothérapie pleine dose ont été ont été instaurées dans 78 % des cas. Nos résultats confirment l’absence de corrélations anatomocliniques au cours de la néphropathie lupique d’où l’intérêt de réaliser la biopsie rénale même dans les cas d’anomalies isolées et minimes du sédiment urinaire.
L’atteinte rénale au cours des dysglobulinémies est fréquente. Sa présence constitue un facteur de mauvais pronostic. L’objectif de notre étude est de déterminer le type de l’atteinte rénale au cours des gammapathies monoclonales et d’étudier son pronostic rénal et vital. Il s’agit d’une étude rétrospective sur une période de 17 ans (janvier 2001–février 2017) incluant les patients hospitalisés dans le service de néphrologie ayant atteinte rénale associée à une gammapathie monoclonale. Nous avons colligé 100 patients d’âge moyen de 66 ± 10 ans et d’un sex-ratio de 1,56. Les circonstances de découverte étaient une insuffisance rénale chronique dans 80 % des cas, des signes généraux dans 70 % et des douleurs osseuses dans 46 % des cas. Une hypercalcémie a été retrouvée dans 29 % et un syndrome néphrotique dans 64 % des cas. Le taux moyen de la créatinine était à 668 ± 547 μmol/L et de la protéinurie à 2,4 ± 2,3 g/24 h. À l’électrophorèse des protéines sériques, on a noté la présence d’un pic monoclonale dans 90 % des cas : en zone gamma, bêta et α2 dans respectivement 60 %, 27 % et 3 % des cas. L’immunoélectrophorèse des protéines plasmatiques a montré une gammapathie monoclonale dans 90 % à type de chaînes légères, d’Ig G, d’IgA et d’IgD dans respectivement 48, 25, 14 et 3 % des cas. La plasmocytose était inférieure à 10 % dans 5 % des cas, entre 10 % et 60 % dans 44 % et supérieure à 60 % dans 27 % des cas. La radiologie a montré des localisations osseuses dans 68 % des cas. Ainsi ces gammapathies ont été classés bénigne dans 5 % des cas, maligne de type myélome multiple indolent dans 5 % et symptomatique dans 80 % des. La biopsie rénale a été pratiquée dans 29 % des cas montrant une tubulopathie myélomateuse, amylose AL et une maladie de Randall dans respectivement 17 %, 8 % et 4 % des cas. Sur le plan thérapeutique, une abstention a été décidée devant le caractère bénin chez 7 % des patients, une autogreffe de CSH dans 3 % des cas, une chimiothérapie à base de melphalan-dexaméthasone dans 66 % des cas et une association de bortézomide-thalidomide-dexaméthasone dans 24 % des cas. La mortalité à un mois était de 27 %. La fonction rénale était améliorée dans 12 % des cas et un passage en hémodialyse dans 59 % des cas. Sur le plan hématologique, 17 % des patients sont arrivés à une rémission complète. L’atteinte rénale au cours des gammapathies monoclonales assombrit le pronostic d’où la nécessité d’une collaboration entre hématologue, interniste et néphrologue.
Objective: Hypertension is a major cardiovascular risk factor associated with loss of renal graft function. Ambulatory Blood Pressure Monitoring (ABPM) is one of the methods to evaluate this factor. The objective of our study is to evaluate the different indications and the results of the ABPM performed in renal transplant patients in our center. Design and method: This is a retrospective study including ABPM performed in renal transplant recipients between January 2011 and December 2017. We reviewed the demographic, clinical, indications and outcomes of ABPM. Results: We collected a total of 59 MAPA performed for 37 patients (21 men and 16 women), with a mean age of 40 ± 10 years. A known hypertension was observed in 62% of cases. Diabetes, dyslipidemia, chronic allograft nephropathy were observed respectively in 37%; 22% and 54% of cases. The indications for ABPM were: unbalanced hypertension in consultation (54.2%), borderline hypertension (25.4%), search for masked hypertension (22%), and BP control (3,4%). The unbalanced hyertension was confirmed in 81% of cases and white coat hypertension in 19% of cases. Among ABPM made for borderline BP, a confirmed hypertension was observed in 8% of cases, unbalanced hypertension in 58% and well-balanced hypertension in 33% of cases. The ABPM performed in search for a masked hypertension confirmed the hypertension in 77% of cases. The mean SBP and DBP in consultation were respectively 147 ± 26 mmHg and 86 ± 17 mmHg. The mean global, diurnal and nocturnal BP in ABPM were 140/84, 144/88 and 137/ 82 mmHg respectively. The majority of patients (39 MAPA) had a non-dipper and riser profile. Conclusions: ABPM has a much greater contribution than the office BP. It helps to better guide the treatment to avoid intensify or alleviate it for a better control of BP in transplant recipients.
Crystals are particles of endogenous inorganic or organic composition that can trigger kidney injury when deposited or formed inside the kidney. The most common forms of crystalline nephropathies (CNs) are nephrocalcinosis and oxalate nephropathy. The causes of early allograft dysfunction are changing constantly, and recently calcium oxalate (CaOx) crystal deposition has been added to this list. CaOx deposition in renal allograft is important and probably under-recognized cause of delayed graft function that requires adequate awareness with early intervention to improve the allograft outcome. Here, we describe four cases of irreversible renal graft injury due to CNs.
Diverse néoplasies ont été rapportées chez les patients traités par hémodialyse conventionnelle. L’objectif de notre étude est de déterminer les caractéristiques de ces néoplasies chez les patient hémodialysés chroniques. Nous avons inclus 35 patients hémodialysés chroniques. Ces patients qui ont développé des tumeurs malignes au cours de la dialyse ont été inclus. Ces tumeurs malignes ont été détectées par des méthodes d’imagerie telles que la tomodensitométrie ou l’imagerie par résonance magnétique et par des méthodes histologiques. Nous avons exclu les patients chez lesquels le diagnostic de cancer a précédé la dialyse ou ceux aux antécédents d’une transplantation rénale. Les femmes représentaient 80 % de nos patients (SR = 0,25). L’âge moyen au moment du diagnostic était de 63 ans (31–81 ans). Le délai moyen entre le début de dialyse et l’apparition de la tumeur était de107 ± 36 mois. La survie moyenne entre le moment de diagnostic et le décès était de 19 mois (4–72 mois). Les néoplasies les plus fréquentes étaient les tumeurs gastro-intestinales (25 %), les tumeurs des voies urinaires (21 %) et les tumeurs pulmonaires (20 %). Ces néoplasies ont été diagnostiqués à un stade métastatique dans 60 %des cas. La maladie néoplasique a été responsable du décès de 70 % des patients. Les patients hémodialysés sont confrontés à de nombreuses complications en rapport avec l’insuffisance rénale chronique mais aussi une incidence accrue des tumeurs malignes. L’incidence du cancer en HD est environ 6 fois supérieure à celle de la population générale. Les mécanismes exacts de cette augmentation de l’incidence du cancer n’ont pas encore été entièrement élucidés, mais plusieurs facteurs ont été proposés, tels que : le dérèglement du système immunitaire secondaire à l’urémie, un traitement antérieur des immunosuppresseurs, l’utilisation de l’EPO, les infections chroniques, la diminution de la capacité anti-oxydante, le tabagisme et l’accumulation de substances cancérogènes (nitrosodeméthylamine). Un examen périodique des hémodialysés doit être effectué pour un dépistage précoce et une prise en charge précoce et adéquate. La surveillance stricte des patients hémodialysés est fortement recommandée afin de dépister les néoplasies et permettre ainsi une prise en charge adéquate.
Chronic kidney disease (CKD) is a worldwide public health problem associated with increased morbidity and cardiovascular diseases. Our aim was to investigate left ventricular (LV) myocardial function throughout the cardiac cycle with speckle tracking echocardiography (STE) in end-stage renal disease (ESRD) patients undergoing chronic hemodialysis (HD). The study population consisted of 30 maintenance HD patients. These patients were examined just before and after HD. LV global longitudinal (GLS), circumferential (GCS) and radial (GRS) peak systolic strain was measured with 2D-STE and 3D-STE. BNP levels were measured before and after HD. Increased LV mass index (LVMi) and a decreased E/A ratio were found in hemodialysis patients. LV global longitudinal and radial peak systolic strain was decreased in the study group population. Strain values improved in longitudinal and radial directions after HD [pre-HD vs. post-HD; GLS: −16.43 (1.7) vs. −18.49 (1.9) %, P < 0.001, GRS: 23.94 (9.2) vs. 30.41 (10.4) %, P < 0.001, GCS: −20.23 (3.4) vs. −21.46 (4.9) %, P = 0.1]. LVMi was inversely related to pre-HD GLS (r = −0.418, P = 0.02) and post-HD GLS (r = −0.406, P = 0.03). Serum BNP levels were also inversely correlated with pre-HD GLS (r = −0.433, P < 0.05) and post-HD GLS (r = −0.456, P < 0.05). STE may be used to identify early abnormalities in patients with ESRD undergoing hemodialysis with preserved LV ejection fraction. HD treatment results in immediate improvement in all strain directions. LV hypertrophy may play a role in the deterioration of LV mechanics in patients with ESRD.
La survenue de grossesse au cours de l’IRC est rare. Toutefois, elle n’est pas dénuée de risque de complications aussi bien maternelles que fœtales. Le but de ce travail est de rapporter notre expérience concernant la grossesse en HD, de dégager les complications et de proposer une optimisation de leur prise en charge. Notre étude rétrospective a porté sur 19 grossesses survenues chez 19 patientes en HD dans différents centres du sud tunisien sur une période allant de 1987 jusqu’à 2017. L’âge moyen était de 36 ans (26–44). La néphropathie initiale était variée : une néphropathie lupique (1 cas), interstitielle (2 cas), une HSF (1 cas) et indéterminée dans le reste. Le délai moyen de survenue de la grossesse était de 5,7 ans (1–17) après le démarrage de l’HD. Parmi nos patientes, 11 avaient une HTA avant la grossesse. Une toxémie gravidique était diagnostiquée dans 1 cas et la diurèse résiduelle était conservée chez 5 patientes. Le diagnostic a été posé devant un retard des menstruations (7 cas), des signes sympathiques (6 cas), une augmentation du volume abdominal chez une malade et devant un motif non précisé dans 5 cas. L’âge moyen de la grossesse au moment du diagnostic était de14 SA (3–29). L’optimisation de la dialyse a eu lieu dans 1 cas avec 4 séances, dans 1 autre cas avec 5 séances, dans 3cas avec 6 séances voir tous les jours dans 2 cas. À la biologie, le taux moyen d’hémoglobine était à 7,9 g/dL (5,8–10,6 g/dL) avec recours à l’EPO dans 12 cas et à la transfusion dans 6 cas. Le taux moyen d’urée en pré dialyse était à 22,19 mmol/L (14,66–28). Le terme moyen d’accouchement est 33 SA (28–38) avec un avortement tardif à 20 SA et un poids néonatal moyen de 1973 g. Les complications maternelles du post-partum étaient une hémorragie de la délivrance (2 cas). Les complications fœtales étaient une mort fœtale in utero (2 cas), un retard de croissance intra-utérin (3 cas), un hydramnios (3 cas) et un accouchement prématuré (4 cas) compliqué d’une mort néonatale (3 cas). La survenue d’une grossesse en HD est rare, mais depuis la description du premier cas par Confortini en 1971, plusieurs observations ont été rapportées. L’HD a amélioré la fertilité de ces patientes. De telles grossesses sont à haut risque de complications. Elles devraient être contrôlées par les équipes multidisciplinaires et la consultation prénatale ne devrait pas être négligée. La grossesse chez les patientes hémodialysées est une situation rare et précaire qui expose un risque maternel et fœtal avec une optimisation de la PEC on peut espérer un déroulement de G avec le max de sécurité maternelles et fœtales.
Objective: Hypertension is common in chronic kidney disease (CKD) and is a major determinant of CKD progression. Ambulatory blood pressure monitoring (ABPM) has been proposed as a better method to evaluate blood pressure (BP) in real life conditions. The objective of our study is to better specify the characteristics of ABPM in patients with CKD compared to the rest of the hypertensive population. Design and method: We conducted a retrospective study including all patients who benefited from an ABPM between January 2014 and Juin 2017. The CKD was established based on the definitions of KDIGO 2012. We divided our patients into 2 groups: G1: patients with ckd and G2: patients without CKD. The comparison between the 2 groups was carried out by Chi-square test and one factor ANOVA. Results: The study included 241 cases with a sex ratio of 0,84. The prevalence of CKD was 81% including 33 % stage 2, 56 % stage 3; 10 % stage 4 and 1% stage 5. Patients with CKD were older (55 ± 16 years vs 42 ± 15 years; p < 0,001). There were no significant difference regarding sex (p = 0,07) and body mass index (p = 0,06). The mean blood pressure (BP) in consultation was 157/85 (G1) and 145/ 86 (G2) (p = 0,03; p = 0,5). The indications of ABPM were different in the two groups: unbalanced hypertension (G1: 67%, G2: 37,5%), borderline hypertension (G1: 13.4%, G2: 22,5 % (G1: 1.7%, G2: 3%) and the search for masked hypertension (G1: 20%, 40%) with a significant difference (p = 0.002). In the ABPM, there was no difference in systolic and diastolic BP, whereas the difference was significant comparing patients having satges 4 and 5 CKD with other patients (149/82 vs 136 /78; p = 0,016; p = 0,3).The mean number of antihypertensive drugs was greater in the presence of CKD (1,8 ± 1,3 vs 0.8 ± 0,9; p < 0.001). Conclusions: BP should be monitored closely in hypertensive patients with CKD. ABPM seems to be the appropriate method in detecting hypertension and monitoring adequacy of treatment in patients with CKD.
Les ions calcium jouent un rôle crucial dans le phénomène d’excitation-contraction des cellules myocardiques, d’où leurs effets inotropes positifs. Les maladies cardiovasculaires (CV) sont la première cause de mortalité chez les patients hémodialysés chroniques et représentent environ 50 % de la mortalité dans cette population. Nous nous sommes proposés dans ce travail d’étudier la calcémie comme facteur prédictif de morbi-mortalité CV chez les hémodialysés chroniques. Il s’agit d’une étude prospective, pronostique, monocentrique incluant 39 patients hémodialysés chroniques dans le service de Néphrologie du CHU Hédi-Chaker de Sfax. Nous avons débuté notre étude en 2010 par la collecte des données épidémiologiques, cliniques et biologiques (bilan phosphocalcique). Nous avons déterminé pour chaque patient la survenue d’événements CV ou de décès d’origine CV durant les 5 années de suivi. L’âge moyen de notre population était de 51 ± 14,39 ans avec une prédominance masculine. 28,2 % de nos patients étaient diabétiques, 66,7 % hypertendus et 35,9 % dyslipidémiques. Pour la néphropathie initiale, elle était indéterminée dans 38,5 %. La médiane de l’ancienneté de l’hémodialyse était de 4 ans avec des extrêmes de 1 an à 22 ans. Dans notre population 61,5 % avaient une seule FAV au début de l’étude. Le taux moyen de la calcémie était de 2,31 ± 0,27 mmol/L avec des extrêmes allant de 1,79 à 2,92 mmol/L. Au total, 35,8 % de nos patients avaient une hypocalcémie. Après 5 ans de suivi, 25 patients (64,1 %) ont présenté une morbidité CV. Quatorze patients (35,9 %) ont développé une HVG, 9 patients ont présenté un SCA (31,1 %) avec un délai médian de 18 mois avec des extrêmes allant de 2à 35 mois et 8 patients ont développé une insuffisance cardiaque (20,5 %) avec un délai médian de 35,5 mois avec des extrêmes allant de 12 à 62 mois. L’hypocalcémie était prédictive de morbidité CV à 5 ans avec p = 0,01. Neuf décès étaient dus à une cause CV, soit 56,2 % des décès Les décès liés à une cause CV survenaient dans un délai moyen de 24,7 ± 12,2 mois Les causes de décès CV dans notre étude étaient un SCA dans 5 cas (55,6 %), une poussée d’IC dans 2cas (22,2 %), un cas d’AVC (11,1 %) et un cas d’embolie pulmonaire (11,1 %). L’hypocalcémie était prédictive de mortalité CV à 5 ans avec p = 0,001. L’hypocalcémie peut précipiter la survenue des événements cardiaques comme la cardiomyopathie, l’insuffisance cardiaque congestive, la tachycardie ventriculaire et d’autres arythmies d’où la nécessité du contrôle de la calcémie chez les hémodialysés chroniques.
La carence en vitamine D est très fréquente dans la population générale âgée et davantage encore chez les malades atteints d’insuffisance rénale chronique (IRC) pouvant être un facteur de résistance à la correction de l’hyperparathyroïdie cause indépendante de mortalité cardiovasculaire. Nous avons mené un essai clinique comparatif croisé incluant 43 hémodialysés. Notre étude est composé de 2 schémas, S1 : les 43 patients ont reçu 2000 UI/j d’ergocalciférol D2 pendant 3 mois puis S2 : les même patients ont reçu le cholécalciférol D3 (selon la valeur de vitD : si < 10 mg/mL dose de 100 000 UI/15 jours pendant 2 mois, si entre 10 et 20 mg/mL dose de 100 000 UI/15 jours pendant 1 mois et demi, et si entre 20 et 30 mg/mL dose de 100 000 UI/15 jours pendant 1 mois). Nous avons étudié la moyenne de la calcémie, phosphorémie, vitD et de la parathormone avant et après chaque schéma. L’âge moyen était de 53 ans (19–87 ans) et le sex-ratio de 0,65. La néphropathie initiale est indéterminée dans 63 % et diabétique dans 11 % des cas. L’ancienneté en hémodialyse était de 107 mois (12–348 mois). Après traitement par l’ergocalciférol D2, la calcémie a augmenté de 0,02 mmol/L pour le schéma S1 alors qu’elle a diminué de 0,10 mmol/L dans le schéma S2 (p = 0,01). La phosphorémie a augmenté de 0,09 mmol/L dans le schéma S1 et de 0,06 mmol/L dans le schéma S2 (p = 0,430) et la vitD a nettement augmenté dans le schéma S2 de 27,8 ng/mL par rapport à S1 où elle a augmenté de seulement 4,6 ng/mL (p = 0,000). La parathormone a baissé de 67 pg/ml après le cholécalciférol D3 alors qu’elle a augmenté après l’ergocalciférol D2 de 162 ng/mL (p = 0,108). Chez les dialysés, la carence en vit D est associée à l’hyperparathyroïdie et à d’autres troubles de la minéralisation osseuse. Les études ont montré une meilleure survie chez les hémodialysés traités par des dérivés actifs de la vitD. Cependant, la supériorité de la cholécalciférol D3 ou de l’ergocalciférol D2 n’a pas été nettement prouvée par les études. Par ailleurs, notre étude a montré la supériorité du premier par rapport aux deuxièmes dérivés sur la correction de l’hypovitaminose D retrouvé chez les hémodialysés. L’hypovitaminose D constitue un facteur de résistance au traitement de l’hyperparathyroïdie des hémodialysés d’où l’intérêt d’une bonne correction.
Introduction L’insuffisance rénale chronique est un enjeu majeur en santé publique. La fibrose rénale représente le trait histologique commun des néphropathies associées à une insuffisance rénale chronique évolutive. Elle se caractérise par une accumulation de protéines de la matrice extracellulaire conduisant à la destruction progressive du parenchyme rénal. L’objectif de notre travail est de reproduire le modèle expérimental de fibrose rénale par obstruction urétérale unilatérale. Matériels et méthodes Il s’agit d’un travail expérimental réalisant un modèle de fibrose rénale par obstruction urétérale unilatérale par ligature au niveau de la jonction pyélo-urétérale. L’étude de la fibrose rénale a été menée sur 6 rats. Ces rats ont été répartis en 3 groupes de 2 rats chacun : un premier groupe de rats témoins ne recevant aucune intervention, un deuxième groupe de rats ayant subi une ligature de l’uretère et sacrifiés 3jours après l’induction et un troisième groupe de rat ayant subi une ligature de l’uretère et sacrifiés 14jours après l’induction. Résultats L’étude en microscopique optique des reins après 3jours d’obstruction a révélé seulement une altération de la bordure en brosse des tubes contournés proximaux. L’étude en microscopique optique après 14jours d’obstruction a mis en évidence des lésions comportant trois principales composantes : l’infiltrat inflammatoire, la fibrose interstitielle et l’atteinte tubulaire. Discussion Nos résultats obtenus suggèrent que la fibrose se manifeste de façon remarquable au bout de 14jours de l’OUU. Cependant, pour confirmer ces résultats, il serait intéressant d’envisager d’autres travaux pour mieux comprendre les mécanismes complexes de la fibrose rénale afin d’ouvrir la voie à des nouvelles stratégies thérapeutiques. Conclusion Nos résultats sont comparables avec ceux de la littérature. Ce modèle expérimental de fibrose rénale pourra être utilisé dans d’autres travaux de rechercher pour mieux comprendre les mécanismes de cette fibrose et ouvrir la voie à des nouvelles stratégies thérapeutiques.
Les complications d'accès vasculaire sont fréquentes chez les dialysés. L'identification des facteurs de risque (FDR) tend à minimiser ces complications afin d'améliorer la longévité de ces abords. Il s'agit d'une étude rétrospective portant sur 771 patients hémodialysés chroniques de la région de Sfax (Tunisie). Nous avons recueilli les données démographiques, cliniques (antécédents, néphropathie initiale, ancienneté en HD) et les données relatives à l'abord vasculaire (nombre, type et complications). L'étude statistique a été réalisée par le logiciel SPSS 20. Le seuil de significativité a été fixé à un p < 0,05. L'âge moyen était de 58 ± 15,8 ans. Le sex-ratio était de1,2. La néphropathie initiale était indéterminée dans 35 % des cas et diabétique dans 17,8 % des cas. L'ancienneté moyenne en HD était de 6,7 ± 6,3 ans. L'hypertension artérielle était retrouvée chez 57,7 % des cas et le diabète dans 25 % des cas. Le nombre d'abords vasculaires était variable. Il s'agit de l'unique abord dans 63 % des patients, 2 abords chez 14 % des patients et 3 abords ou plus chez 23 % des patients. La fistule artério-veineuse native était le type d'abord le plus prépondérant (95 % des cas), suivie du Gortex dans 3 % et du cathéter de Canaud dans 2 % des cas. Les complications ont été observées dans 37 % des cas. Parmi ces complications, les thromboses ont été retrouvées dans 60 % des cas, les sténoses dans 24 % des cas, l'infection dans seulement 3 % des cas. L'ancienneté en HD et le diabète étaient associés à un risque plus élevé de complications (p respectifs de 0,03 ; 0,05). La morbi-mortalité liée aux abords vasculaires en hémodialyse est importante. Dans notre cohorte, ces complications ont été retrouvées dans 37 % des cas avec une nette prédominance des thromboses. L'ancienneté en HD et le diabète étaient les FDR les plus incriminés dans ces complications. Une vigilance particulière doit être assurée pour les diabétiques et anciens en hémodialyse pour anticiper et agir à temps sur les complications de l'abord vasculaire.
Classiquement, la maladie à anticorps (Ac) anti-MBG se présente sous forme d’une glomérulonéphrite rapidement progressive associée à la présence d’Ac anti-MBG circulant avec ou sans atteinte pulmonaire. La biopsie rénale montre en microscopie optique la présence de croissants et en immunofluorescence (IF) des dépôts linéaires d’IgG au niveau de la membrane basale glomérulaire (MBG). Récemment, on a décrit une nouvelle entité caractérisée par la présence dépôts linéaires d’IgG le long de la MBG sans d’Ac anti-MBG circulants. Nous rapportons l’observation d’un patient atteint d’une glomérulonéphrite à anti-MBG prouvé histologiquement en l’absence d’Ac anti-MBG circulants. Il s’agit d’un patient âgé de 24 ans, sans antécédents pathologiques particuliers, hospitalisé devant l’installation d’œdèmes généralisés. Il s’agit d’un syndrome néphrotique impur par la présence d’hématurie (+++ à la bandelette réactive), d’hypertension artérielle (170/110 mmHg) et d’insuffisance rénale (clairance de la créatinine à 10 mL/min). L’échographie rénale et la radiographie thoracique étaient sans anomalies. Une biopsie rénale a été réalisée en urgence montrant une prolifération endo et extracpillaire et en IF des dépôts granuleux de C3 associés à un dépôt linéaire d’IgG le long de la MBG. Le bilan immunologique était négatif, particulièrement les Ac anti-MBG étaient négatifs par les techniques usuelles. Le patient a été traité par méthylprednisone en IV pendant 3 jours puis par prednisone à la dose de1 mg/kg/j pendant 1 mois avec dégression, des bolus de cyclophosphamide mensuels et des séances de plasmaphérèse. L’évolution a été marquée par l’absence d’amélioration de la fonction rénale et la prise en charge en hémodialyse chronique. Cette pathologie peut être expliquée par le fait que les techniques habituelles telles que l’Elisa ne détecte que le domaine non collagénique (NC1) des chaînes α3 du collagène IV et que les Ac anti-MBG du patient sont dirigés contre d’autres constituants de la MBG. Cette entité, rare à ce jour, qui semble être de mauvais pronostic rénal reste encore sujette à diverses interprétations et explications.
Objective: At the age of 45 years, more than 50% of the population suffers from hypertension. It is in most cases essential. However, in some situations, a secondary origin must be sought. Primary hyperaldosteronism is the most frequent cause after nephropathy. Design and method: Our study is retrospective on a year (March 2015-March 2016), including hypertensive patients who received a renal aldosterone (R/A) assay in the presence of secondary hypertension after eliminating unilateral or bilateral parenchymal nephropathy. Results: We collected sixteen patients with an average age 46 years. The average seniority of the high blood pressure was 3 years. primary hyper aldosternism was suspected face to a hypertension associated wih hypokalaemia in 10 cases, in front of a resistant hypertension in 4 cases and before the fortuitous discovery of an adrenal nodule in 2 patients. The results of the assays were in favor of a primary hyper aldosternism on average in 8 patients A/R ratio up to 28 according to the usual values of the laboratory). An adrenal nodule was found in 6 of these patients. Therapeutic management was adrenalectomy in 2 of these patients, and spironolacton treatment for the others. Conclusions: Primary hyperaldosteronism is probably under-diagnosed and affects about 10% of hypertensive patients. The earlier diagnosis, the more likely avoiding cardiovascular and renal complications.
Objective: Blockers of the renin angiotensin system (BSRA) are commonly used in hypertension, cardiovascular and renal diseases. However their use is associated with risk including renal affects. The aim of this study is to determine the progression and prognosis of acute renal failure (ARI) secondary to BSRA. Design and method: study is retrospective during 9 years (January 2004-December 2012) interesting patients admitted for ARI secondary to the BSRA. The endpoints were:short-term improvement of renal function (1 month) and long-term hemodialysis (5 years). Results: We collected 116 cases of ARI secondary to BSRA therapy. the average age was 69 ± 12 years with a sex ratio of 0.7. A history of hypertension, diabetes, heart failure and CKD was observed in 85.3%, 38.8%, 21.6% and 35.3%, respectively. An associated drug was noted 28.4%: anti inflammatory drugs (17.2%), aminosides (3.4%) and Iodized contrast agents (7%). In the short term, the absence of improvement in renal function was observed in 19% of cases. Patients who did not improve their renal function were older (70 ± 10 years versus 64 ± 16 years) than those with improvement (p = 0.028). After discharge, 31% of these patients are lost to follow-up, 4.3% have aggravated their renal function and / or reached the end stage of CKD. Diabetes (p = 0.012), hypertension (p = 0.015), history of nephropathy (p = 0.001) and winter season (p = 0.002) are factors for poor long-term prognosis. Conclusions: The ARI due to BSRA is associated with a high morbidity and mortality. Our study showed that advanced age is a factor of poor short term progression. Long-term prognostic factors were hypertension, diabetes a history of nephropathy and the winter season. The ARI to BSRA represents an often avoidable adverse event, the prognosis of which is usually better than that of ARI related to other etiologies.
L’échange plasmatique (EP) est une technique d’épuration extrarénale permettant l’élimination d’un anticorps circulant ou d’apporter une protéine déficiente responsable de la maladie. Le but de notre travail est de déterminer les indications et la prévalence des EP en milieu néphrologique ainsi que les complications et les résultats de ces EP. Il s’agit d’une étude rétrospective incluant les patients admis de janvier 2011 à décembre 2016 et qui ont bénéficié des EP. Nous avons analysé les indications, les données clinico-biologiques ainsi que les complications et l’impact sur le pronostic rénal et vital. Nous avons colligé 12 patients d’âge moyen de 40 ans (10–74 ans) et de sex-ratio de 1. Les indications étaient un rejet aiguë dans 5 cas (41,6 %), un syndrome de Good-pasture dans 3 cas (25 %), un SHU du post-partum dans 2 cas (16,6 %), une récidive précoce d’une HSF en postgreffe et une PTT dans 1 cas chacun (8,3 %). Le nombre moyen des séances d’EP était de 12 (3–45). La solution de substitution était l’albumine dans 3 cas (25 %), la plasma frais congelée dans 3 cas (25 %) et les deux à la fois dans 6 cas (50 %). Les EP étaient associées à un traitement immunosuppresseur à type de corticothérapie dans 10 cas (83,3 %), cyclophosphamide dans 3 cas (25 %) et l’éculizumab dans 1 cas (8,3 %). Les indications d’arrêt des EP étaient les complications infectieuses dans 3 cas (25 %), le choc anaphylactique dans 1 cas (8,3 %), le décès dans 2 cas (16,3 %) et l’absence d’amélioration de la fonction rénale dans les cas restants (50 %). Les complications étaient des troubles de l’hémostase dans 4 cas (33,3 %), infectieuse dans 3 cas (25 %) et des réactions allergiques dans 1 cas (8,3 %). Une hypocalcémie a été observée dans 3 cas (25 %). La rémission partielle a été obtenue dans 4 cas (33,3 %) et le passage en hémodialyse dans 6 cas (50 %). L’EP est une technique d’aphérèse non sélective par filtration ou centrifugation permettant l’épuration rapide de substances pathogènes de haut poids moléculaire. Un traitement immunosuppresseur est en général associé pour réduire l’effet rebond de la substance épurée. Ces EP réalisent une contribution majeure en termes de pronostic dans certaines indications. La tolérance est généralement bonne. Les EP gardent une place importante en milieu de néphrologie. Une surveillance clinique et biologique est nécessaire en raison du risque de complication.
La glomérulopathie à dépôts isolés de C3 est une pathologie rare caractérisée par la présence de dépôts de C3 avec absence ou expression faible des immunoglobulines. Les caractéristiques de cette pathologie ne sont pas encore bien connues. Notre objectif consiste à étudier le profil de la glomérulopathie à C3 dans la région du sud tunisien. Nous avons recueilli rétrospectivement les données clinicobiologiques, histologiques et évolutives des patients adultes atteints d'une glomérulopathie à dépôts de C3, colligés au service de néphrologie de Sfax sur une période de 16 ans (1996–2011). Nous avons colligé 28 patients d'âge moyen 41 ± 17 ans. Le sex-ratio (H/F) était de1,3. Une insuffisance rénale (IR) au moment du diagnostic a été notée chez 19 patients (67,9 %) avec une créatinémie médiane à 149,5 μmol/L. Huit patients (28,5 %) avaient une hypocomplémentémie portant sur la fraction C3. La biopsie rénale a été indiquée dans 57,1 % devant la présence d'un syndrome néphrotique. L'étude en microscopie optique a montré une prolifération extracapillaire dans 7 cas (25 %) et un aspect rubané des membranes basales dans 2 cas (14,2 %). La fibrose interstitielle a été notée dans 15 cas (53,6 %). Douze de nos patients (42,8 %) ont été suivis sur une durée moyenne de 31 ± 43 mois. Cinq cas (41,6 %) ont évolué vers le stade d'IR chronique terminale (IRCT) dans un délai moyen de 32 ± 43 mois. Un seul cas a eu une transplantation rénale avec récidive en postgreffe. L'étude des facteurs de risque d'IRCT a montré que la présence d'une créatinémie supérieure à 200 μmol/L au moment du diagnostic et la présence de fibrose interstitielle étaient des facteurs de mauvais pronostic (p respectifs = 0,04 et 0,03). La glomérulopathie à C3 affecte les adultes jeunes. Sa présentation clinique est variable. L'hypocomplémentémie intéresse surtout la fraction C3 témoignant l'activation de la voie alterne. Comme décrit dans la littérature, le pronostic est caractérisé par une évolution fréquente vers l'IRCT. L'IR et la fibrose étaient des facteurs de mauvais pronostic. Des études plus larges avec un suivi plus long sont nécessaires afin de mieux évaluer le profil évolutif de cette pathologie.