L'intensification thérapeutique avec autotransplantation médullaire dans le traitement des tumeurs solides de l'adulte reste une thérapeutique d'exception. La faisabilité d'une telle approche thérapeutique est clairement démontrée, notamment depuis l'arrivée des facteurs de croissance hématopoïétique et les possibilités de recourir à un support transfusionnel par réinjection des cellules-souches dites périphériques. Pour le traitement des dysgerminomes gonadiques réfractaires à la chimiothérapie, le rôle de l'intensification thérapeutique est pour nous bien démontré. En tant que thérapeutique de consolidation chez les patients atteints d'une tumeur ayant des critères initiaux de mauvais pronostic, la place de cette thérapeutique reste à démontrer. Pour le traitement des dysgerminomes extragonadiques réfractaires à la chimiothérapie, et notamment des dysgerminomes thoraciques primitifs, le niveau de résistance est tel que ces thérapeutiques même répétées sont hélas souvent insuffisantes pour contourner la chimiorésistance. Ce type de traitement ne doit, selon nous, être réalisé que si, dans une optique uniquement curative, un acte chirurgical peut être envisagé au décours de la phase de chimiothérapie intensive. Pour le traitement des tumeurs mammaires métastatiques, les chimiothérapies délivrées à hautes doses sont capables de convertir les réponses partielles en réponses complètes, mais hélas sans impact sur la survie sans rechute. Dans les formes métastatiques et dans les formes dites à haut-risques de rechute (atteinte ganglionnaire axillaire ≥ 8, forme inflammatoire), l'intérêt de l'intensification thérapeutique avec réinjection des cellules-souches dites périphériques doit être démontré dans des études comparatives. Dans le traitement des tumeurs ovariennes de stade avancé, la situation est encore plus difficile. La faisabilité est réelle, mais là encore, seules des études comparatives permettront de définir la place de telles thérapeutiques. Enfin, dans le domaine des tumeurs bronchiques à petites cellules, l'histoire de l'intensification thérapeutique avec autotransplantation médullaire est décevante et la plupart des équipes ont abandonné cette voie de recherche clinique. Le fréquent envahissement médullaire a en partie contribué à ce désintérêt. Cependant, de nouveaux conditionnements thérapeutiques, tels que le schéma ICE (IFM-CBDCA-VP-16), méritent d'être étudiés dans les formes localisées au thorax avec un support hématologique par cellules-souches périphériques.