Le temps nécessaire à sélectionner les patients (pts) dans les essais cliniques est difficile à évaluer avant leur mise en place et est souvent sous-estimé. Nous avons étudié cet aspect dans le cadre d'un essai multicentrique comparant l'efficacité de la cloxacilline et de la céfazoline dans le traitement des bactériémies à SASM. Dans notre centre (hôpital Nord parisien), une alerte automatique par mail a été mise en place par le laboratoire de bactériologie pour signaler toute hémoculture (HC) positive à cocci Gram positif en amas afin d'effectuer la vérification des critères de sélection. De juillet 2018 à décembre 2021, l'éligibilité des pts concernés par les alertes a été établie par examen des dossiers médicaux informatisés. Les motifs de non éligibilité ont été analysés et séparés selon qu'il s'agissait de critères de non inclusion habituellement présents dans les essais ou qu'ils étaient spécifiques à ce protocole. A partir du 25/02/21, l'alerte mail a été affinée et seules les HC positives à Staphylococcus aureus ont été signalées. Du 01/07/18 au 31/12/21, les HC à SASM représentaient 25,2 % (305/1211) des HC positives à cocci Gram positif en amas signalées par l'alerte. Parmi ces 305 HC, le pourcentage de pts non éligibles dans l'essai était de 93.4 % (285/305). Les pts avec plus d'un critère de non inclusion commun à tous les essais représentaient 33,7 % (96/285) des cas, dont 39,6 % (38/96) avaient une durée de vie estimée inférieure à 90 jours, 36,5 % (35/96) une impossibilité d'obtention du consentement éclairé pour troubles cognitifs ou barrière de langage, 12,5 % (12/96) une absence d'affiliation à un régime de sécurité sociale et 11,5 % (11/96) étaient mis sous tutelle. Sur cette même période, les pts avec plus d'un critère de non inclusion spécifique à l'essai représentaient 66.3 % (189/285) des cas. Parmi eux, 27,5 % (52/189) avaient un débit de filtration glomérulaire < 30ml/min/1.73m2, 22,8 % (43/189) un implant intravasculaire et 16,9 % (32/189) une autre antibiothérapie concomitante ne pouvant pas être arrêtée ou substituée par le traitement de l'étude. Le seul critère ayant fait l'objet d'une révision pour améliorer le recrutement, était l'augmentation de la durée du traitement actif contre le SASM de 48h à 72h, diminuant ainsi le pourcentage de pts non éligibles de 29,4 % (5/17) à 7,8 % (21/268) après l'amendement au protocole du 10/09/18. Le taux d'échec de sélection était très élevé dans notre centre hospitalier et dans 33,7 % des cas dû à des critères habituels de non inclusion. Ce pourcentage est probablement différent entre les centres en fonction des caractéristiques de la population de l'hôpital et du bassin de population. La connaissance des motifs de non inclusion peut aider le promoteur à modifier les critères d'inclusion des pts pour améliorer le recrutement et doit être rapportée pour analyser la validité externe des études. Aucun lien d'intérêt
Les anti-intégrases de 2e génération sont particulièrement intéressantes comme agent thérapeutique durant la période de primo-infection VIH (PI) car elles permettent une décroissance rapide de la charge virale (CV), ont un bon profil de tolérance et sont disponibles sous forme de combinaisons fixes avec 2 autres agents antiviraux (ARV). La Commission de transparence de la Haute Autorité de santé souligne que des incertitudes demeurent chez les patients avec une CV > 100 000 cp/mL avec la combinaison fixe ténofovir alafénamide/emtricitabine/bictégravir (TAF/FTC/BIC). L'objectif principal de cette cohorte était d'évaluer l'efficacité virologique d'une association fixe d'ARV par TAF/FTC/BIC initiée durant la phase de PI. Il s'agit d'une cohorte prospective monocentrique. Les patients diagnostiqués au stade de PI, pris en charge dans le service des maladies infectieuses et Tropicales sur la période du 01/11/2018 au 30/11/2019 et ayant reçu l'association fixe TAF/FTC/BIC ont été inclus. Le rythme des consultations était défini selon les recommandations nationales soit semaine 4 (S4), S12, S24, S36 et S48. Pour chaque consultation, les données virologiques, immunologiques et de tolérance étaient collectées. Le critère principal de jugement était la réponse virologique à la semaine 24 (S24) (CV ARN VIH plasmatique < 50 copies/mL à S24). Onze patients (dont 10 hommes), âgés de 37 ans en médiane, ont été inclus. Au moment du diagnostic de PI, la CV médiane était de 288 000 cp/mL (min 7670 ; max 78 900 000) soit 5,5log (min 3,9log ; max 7,9log) et le taux médian de lymphocytes T CD4 de 500/mm3 (min 290 ; max 1070). Aucun patient n'était co-infecté par les virus des hépatites. Au moment de la présente analyse, 11 patients avaient atteint la visite de suivi S12 et 8 la S24. Les 8 patients ayant atteint S24 avaient une CV < 50 cp/mL. Dix patients sur 11 avaient une CV < 50 cp/mL à S12. Les 11 participants auront tous atteint la visite S24 à la date du 10 avril 2020. En termes de tolérance, au moment de la présente analyse, cinq événements indésirables de grade 1 ont été rapportés, et aucun arrêt de traitement imputable à un événement indésirable lié au traitement n'a été rapporté. Les concentrations résiduelles médianes (IQR25 %–75 %) mesurées chez 10 patients étaient : BIC 2517 ng/mL (1977–2903) ; FTC 84 ng/mL (66–113) et ténofovir (TFV) 10 ng/mL (7–11) pour des variabilités inter-individuelles de l'ordre de 32 % (BIC), 94 % (FTC) et 31 % (TFV). Les concentrations résiduelles de BIC étaient adéquates (> 1000 ng/mL) chez tous les patients. Durant la phase de PI, l'association fixe TAF/FTC/BIC semble bien tolérée et permet un contrôle rapide de la charge virale plasmatique. L'étude se poursuit et ces résultats devront être confirmés à plus long terme.
BACKGROUND:The association between liver stiffness measurements (LSM) and mortality has not been fully described. In particular the effect of LSM on all-cause mortality taking sustained virological response (SVR) into account needs further study. METHODS:HIV/HCV participants in the French nation-wide, prospective, multicenter ANRS CO13 HEPAVIH cohort, with ≥1 LSM by FibroScan (FS) and a detectable HCV RNA when the first valid FS was performed were included. Cox proportional hazards models with delayed entry were performed to determine factors associated with all-cause mortality. LSM and SVR were considered as time dependent covariates. RESULTS:1,062 patients were included from 2005 to 2015 (69.8% men, median age 45.7 years (IQR 42.4-49.1)). 21.7% had baseline LSM >12.5 kPa. Median follow-up was 4.9 years (IQR 3.2-6.1). 727 (68.5%) were ever treated for HCV: 189 of them (26.0%) achieved SVR. 76 deaths were observed (26 liver-related, 10 HIV-related, 29 non-liver-non-HIV-related, 11 of unknown cause). At the age of 50, the mortality rate was 4.5% for patients with LSM ≤12.5 kPa and 10.8% for patients with LSM >12.5 kPa. LSM >12.5 kPa (adjusted Hazard Ratio [aHR] = 3.35 [2.06; 5.45], p<0.0001), history of HCV treatment (aHR = 0.53 [0.32; 0.90], p = 0.01) and smoking (past (aHR = 5.69 [1.56; 20.78]) and current (3.22 [0.93; 11.09]) versus never, p = 0.01) were associated with all-cause mortality independently of SVR, age, sex, alcohol use and metabolic disorders. CONCLUSION:Any LSM >12.5 kPa was strongly associated with all-cause mortality independently of SVR and other important covariates. Our results suggest that close follow-up of these patients should remain a priority even after achieving SVR.
Background: Hepatitis C virus (HCV) and HIV infections are associated with higher risk of autoimmune diseases and T-cell dysfunction. Setting: We evaluate prevalence and factors associated with the presence of autoimmune antinuclear (ANA), anti-smooth muscle actin (aSMA), and anti-liver kidney microsome (aLKM1) antibodies (Ab) in HCV/HIV-coinfected patients during the post-combined antiretroviral therapy era. Methods: A cross-sectional observational study nested in the ANRS CO13 HEPAVIH cohort (NCT number: NCT03324633). We selected patients with both ANA testing and T-cell immunophenotyping determination during the cohort follow-up and collected aLKM1 and aSMA data when available. Logistic regression models were built to determine factors associated with the presence of autoAb. Results: Two hundred twenty-three HCV/HIV-coinfected patients fulfilled selection criteria. Prevalence of ANA and aSMA was 43.5% and 23.2%, respectively, and both were detected in 13.3% of patients. Isolated aSMA were detected in 9.9% and aLKM1 in 2 patients. In multivariable analysis, only a low nadir CD4 T-cell count was significantly associated with ANA detection. Conclusions: ANA and aSMA detection remain frequent in HCV/HIV-coinfected patients during the post-combined antiretroviral therapy era, despite fair immune restoration. These results advocate for a close monitoring of ANA before immune checkpoint inhibitor therapy in these patients with greater caution for those with a low nadir CD4 T-cell count.
Objectives Although common among patients coinfected with HIV and hepatitis C virus (HCV), sleep disturbances (SD) are still poorly documented in this population in the HCV cure era. This longitudinal study aimed at analysing SD in HIV-HCV coinfected patients and identifying their clinical and sociobehavioural correlates. Methods We used 5-year annual follow-up data from 1047 participants in the French National Agency for Research on Aids and Viral Hepatitis Cohort 13 'Hepatite et VIH' (ANRS C013 HEPAVIH) cohort of HIV-HCV coinfected patients to identify clinical (medical records) and behavioural (self-administered questionnaires) correlates of SD (mixed-effects logistic regression). SD were identified using one item documenting the occurrence of insomnia or difficulty falling asleep (ANRS 'Action Coordonnee 24' self-reported symptoms checklist), and two items documenting perceived sleep quality (Center for Epidemiologic Studies Depression and WHO Quality of Life HIV-specific brief scales). Results Seven hundred and sixteen (68.4%) patients with completed self-administered questionnaires reported SD at their most recent follow-up visit. In the multivariable model, hazardous alcohol consumption (Alcohol Use Disorders Identification Test-Consumption score 4 for men, 3 for women) (adjusted odds ratio =1.61; 95% confidence interval: 1.09-2.36), depressive symptoms (6.78; 4.36-10.55) and the number of other physical and psychological self-reported symptoms (1.10; 1.07-1.13) were associated independently with SD after adjustment for sex, age and employment status. HCV cure was not associated significantly with SD. Conclusion SD remain frequent in HIV-HCV coinfected patients and are associated with a series of modifiable behavioural risk factors. independent of HCV cure, improved screening and comprehensive management of alcohol use, physical and psychological self-reported symptoms and depression are essential in this population. Closer investigation of these risk factors of SDs may both increase sleep quality and indirectly improve patients' clinical outcomes. Copyright (C) 2019 Wolters Kluwer Health, Inc. All rights reserved.