
Since the 2007 French guidelines on imported Falciparum malaria, the epidemiology, treatment, and prevention of malaria have changed considerably requiring guidelines for all Plasmodium species to be updated. Over the past decade, the incidence of imported malaria has decreased in all age groups, reflecting the decrease in the incidence of malaria in endemic areas. The rates of severe pediatric cases have increased as in adults, but fatalities are rare. The parasitological diagnosis requires a thick blood smear (or a rapid immunochromatographic test) and a thin blood film. Alternatively, a rapid antigen detection test can be paired with a thin blood film. Thrombocytopenia in children presenting with fever is highly predictive of malaria following travel to a malaria-endemic area and, when detected, malaria should be strongly considered. The first-line treatment of uncomplicated P. falciparum malaria is now an artemisinin-based combination therapy (ACT), either artemether-lumefantrine or artenimol-piperaquine, as recommended by the World Health Organization in endemic areas. Uncomplicated presentations of non-falciparum malaria should be treated either with chloroquine or ACT. The first-line treatment of severe malaria is now intravenous artesunate which is more effective than quinine in endemic areas. Quinine is restricted to cases where artesunate is contraindicated or unavailable. Prevention of malaria in pediatric travelers consists of nocturnal personal protection against mosquitoes (especially insecticide-treated nets) combined with chemoprophylaxis according to the risk level.
Les abcès intrahépatiques non amibiens (AH) sont des infections sévères. L'objectif de notre étude était de déterminer les facteurs prédictifs d'évolution défavorable chez les patients présentant un AH. Cette étude de cohorte rétrospective monocentrique incluait tous les patients hospitalisés pour un AH entre 2010 et 2018. L'évolution défavorable était définie par la survenue d'un échec primaire de traitement (aggravation clinique et/ou augmentation de la taille radiologique de l'abcès malgré un traitement approprié nécessitant une modification du traitement antibiotique et/ou un nouveau drainage), une récidive survenant au moins 28 jours après guérison initiale ou le décès à 3 mois du diagnostic. Au total, 302 patients ont été inclus dans l'étude. L'âge médian était de 62 ans (IQR : 51–70) ; 197 patients (65,2 %) étaient des hommes. Une infection associée aux soins et une infection nosocomiale étaient retrouvées dans respectivement 28,5 % et 12,6 % des cas. Une porte d'entrée biliaire était en cause dans la majorité des cas (179 patients, 59,3 %), représentée surtout par une obstruction tumorale (70/302, 23,1 %) ou une cholangite ischémique (32/302, 10,6 %). E. coli était le pathogène le plus fréquemment isolé (104 patients, 25,3 %), suivi par Enterococcus spp. (55 patients, 15,0 %) ; 46/411 (11,2 %) des micro-organismes isolés au diagnostic initial d'AHP étaient des bactéries multirésistantes (BMR) : entérobactéries productrices de bêtalactamase à spectre étendue, entérocoques résistants à la vancomycine, Enterococcus faecium résistant à l'amoxicilline, staphylocoques résistants à la méticilline ou Pseudomonas aeruginosa multirésistant. Une évolution défavorable est survenue chez 91 patients (30,1 %) : un échec primaire de traitement, une récidive ou un décès ont été rapportés chez respectivement 55 (18,2 %) 28 (9,2 %) et 32 (10,6 %) patients. En analyse multivariée, une thrombose porte (HR = 2,09, p = 0,02) et la documentation d'un entérocoque (HR = 2,01, p = 0,021) étaient associées à un risque accru d'échec primaire ; une thrombose porte (HR = 3,08, p = 0,01), une obstruction tumorale biliaire (HR = 3,05, p = 0,008), une cholangite ischémique (HR = 5,11, p < 0,001) et une documentation fongique (HR = 6,83, p = 0,001) au risque de récidive ; une thrombose porte (HR = 3,78, p = 0,001) et une documentation à BMR (HR = 3,01, p = 0,001) au risque de décès. Le drainage initial de l'AH était associé à une moindre mortalité (HR = 0,19, p < 0,001). Une évolution défavorable au cours des AH reste fréquente. La thrombose porte est associée à un sur-risque d'échec de traitement, de récidive et de décès. Le drainage initial de l'abcès est un élément déterminant de l'évolution, associé à un meilleur pronostic.
Dans la prise en charge des infections chroniques de PTH/PTG avec changement de prothèse en un temps, aucune recommandation ne précise quand l'antibiothérapie probabiliste doit couvrir les BGN en plus des cocci à gram positif (CGP). L'objectif de notre travail est de définir des critères permettant de cibler les patients nécessitant une antibiothérapie active contre les BGN lors des changements en un temps pour infection chronique de PTH/PTG. L'étude β-SEPTIC était rétrospective et monocentrique, réalisé dans un CRIOAC où tous les changements pour infection chronique de PTH/PTG sont effectués en un temps. L'antibiothérapie probabiliste comporte, dans ce CRIOAC systématiquement la daptomycine contre les CGP et, selon les situations, la pipéracilline–tazobactam contre les BGN. Nous avons formalisé l'algorithme suivi quotidiennement par les infectiologues pour choisir l'antibiothérapie probabiliste. Nous avons analysé rétrospectivement toutes les antibiothérapies probabilistes prescrites durant l'année 2018 pour les classer selon cinq statuts : lorsque la pipéracilline–tazobactam était prescrite, elle pouvait être « indispensable », « inutile » ou « active en bithérapie » avec la daptomycine. Lorsque la pipéracilline–tazobactam n'était pas prescrite, le statut pouvait être soit « couvert » si la daptomycine suffisait pour couvrir les bactéries identifiées, soit « non couvert » si le spectre de la daptomycine ne couvrait pas toutes les bactéries incriminées dans l'infection. Selon ces statuts, nous avons évalué la pertinence de notre algorithme et envisagé, dans un second temps, des pistes d'amélioration. Du 01/01/2018 au 31/12/2018, nous avons inclus 82 patients, soit 46 PTH et 40 PTG. L'âge et l'indice de masse corporelle médians étaient respectivement de 72 ans et 30,1 kg/m2. Une fistule était retrouvée chez 39 patients. Des BGN étaient identifiés dans 13 cas (15,9 %) alors que 50 patients (61 %) avaient été traités par bêtalactamine à large spectre (BLLS), pour une durée médiane de quatre jours. Seulement 11 prescriptions de BLLS avaient le statut « indispensable » et deux patients sans BLLS appartenaient au groupe « non couvert ». Tous les patients pour lesquels la BLLS était indispensable avaient une fistule et/ou un BGN identifié en préopératoire. Nous proposons un nouvel algorithme décisionnel basé sur les deux critères suivants pour définir les patients à risque d'infection par des BGN : la présence d'une fistule et l'identification de BGN en préopératoire. Nous proposons un algorithme pour cibler les patients à risque d'infection par des BGN dans les infections chroniques de PTH/PTG afin de réduire les prescriptions de BLLS à l'échelle collective, sans augmenter le risque d'échec à l'échelle individuelle. Les deux critères essentiels dans la décision sont : la présence d'une fistule et l'identification de BGN en préopératoire.
La tuberculose (TB) est une maladie fréquente et potentiellement mortelle. L'élaboration d'interventions efficaces pour améliorer son pronostic nécessite une meilleure compréhension des facteurs influençant le cours évolutif de la maladie chez les patients traités. Dans ce contexte, cette étude visait à décrire les différentes modalités évolutives des patients tuberculeux et à identifier leurs facteurs de risque. Il s'agissait d'une étude rétrospective ayant inclus tous les cas notifiés aux registres régionaux de déclaration de tuberculose entre 1995 et 2016. Un mauvais pronostic était retenu selon les critères de l'OMS en cas de décès, de patient perdu de vue ou en cas d'échec du traitement antituberculeux. Dans l'ensemble, 2771 cas de tuberculose ont été signalés, parmi lesquels 1508 cas étaient de sexe masculin (54,4 %). La tranche d'âge la plus fréquente était de 15 à 39 ans (46,2 %). L'âge médian était de 38 ans (intervalle interquartile = [25 à 55 ans]). Durant le suivi des malades, un mauvais pronostic était noté dans 195 cas (7,1 %). L'analyse univariée a révélé que les facteurs associés à un mauvais pronostic étaient le sexe masculin (odds ratio [OR] = 1,4 ; p = 0,023), l'âge avancé (≥ 60 ans) (OR = 2,3 ; p = 0,001), la localisation osseuse (OR = 2,2 ; p = 0,002) et celle neuroméningée (OR = 2,4 ; p = 0,023) de la TB. Par contre, la TB ganglionnaire (OR = 0,4 ; p = 0,001) et la durée du traitement ≥ 6 mois (OR = 0,003 ; p = 0,001) étaient statistiquement associées à une fréquence moins élevée de mauvais pronostic. L'analyse multivariée a montré que l'âge avancé (odds ratio ajusté [ORA] = 2,3 ; p = 0,001), la localisation neuroméningé (ORA = 2,2 ; p = 0,027) et la forme osseuse (AOR = 2 ; p = 0,027) étaient des facteurs de risque indépendants de mauvais pronostic. L'analyse des tendances chronologiques des modalités évolutives durant la période 1995–2016 a montré que le taux de létalité de la TB a significativement augmenté (Rho = 0,4 ; p = 0,032). Cette étude a fait le point sur la prévalence de survenue des différentes modalités évolutives de la TB dans la population d'étude. Des facteurs sociodémographiques et cliniques définissant des groupes à risque élevé étaient prédictifs du mauvais pronostic de la maladie. Une stratégie efficace basée sur l'éducation sanitaire et thérapeutique des patients tuberculeux serait d'un grand intérêt pour améliorer la prise en charge de ces patients.
Les infections bactériennes sont des complications fréquentes au cours de la cirrhose. La mortalité hospitalière des malades infectés est 2 à 5 fois supérieure à celle des malades non infectés. Le dépistage des infections sévères et leur traitement efficace doivent permettre de contrôler le syndrome infectieux. Le but de notre travail est d'identifier la prévalence ainsi les facteurs prédictifs des infections bactériennes en dehors de l'infection du liquide d'ascite chez le cirrhotique. Il s'agit d'une étude rétrospective descriptive ayant colligé tous les patients suivis pour cirrhose entre janvier 1997 et décembre 2015. Les paramètres épidémiologiques, cliniques et biologiques ont été collectés. Cent vingt patients ayant une cirrhose ont été inclus dans notre étude. L'âge moyen était de 51,1 ans [14–85]. Le sex-ratio (F/H) était de 1,92. La cirrhose était d'origine virale B et C (74,1 %), métabolique (7,5 %), secondaire à une cholangite biliaire primitive (CBP) (3,3 %), à une hépatite auto-immune (HAI) (2,6 %) et à un syndrome de chevauchement (2.6 %). La cirrhose était alcoolique (2,5 %) et dans 7,5 % l'origine était inconnue. Il s'agissait d'une cirrhose de Child A, B et C dans respectivement 42,5 %, 34,2 % et 25 % des cas. Le score moyen de MELD était de 17,45 [6–42]. Cinquante patients ont contracté au moins une infection bactérienne pendant leur suivi (20,8 %). Il s'agissait principalement d'infections urinaires (64 %), de pneumonies (16 %), d'infections de la sphère ORL (6 %), d'infections des tissus mous (6 %), d'infections digestives (2 %). Dans 6 % des cas la porte d'entrée n'a pas été retrouvée. En analyse multivariée, par régression logistique, nous avons trouvé comme facteurs prédictifs indépendants d'apparition de l'IB : le sexe féminin (p = 0,034), le tabac (p = 0,01), le score Child–Pugh C (p = 0,0001), un score MELD > 10 (p = 0,031), la présence d'ascite (p = 0,003), de thrombose portale (p = 0,029), d'encéphalopathie hépatique (p = 0,001), de syndrome hépato-rénal (p < 0,0001). Sur le plan biologique : nous avons trouvé qu'une hémoglobine < 10 g/L (p = 0,042), une hypoalbuminémie < 30 g/L (p = 0,007) ainsi qu'un TP < 50 % (p < 0,0001) étaient des facteurs prédictifs. Les infections bactériennes sont des complications fréquentes de la cirrhose. Le risque de survenue d'infections bactériennes en dehors l'infection du liquide d'ascite chez les cirrhotique était corrélé dans notre étude au sexe féminin, au tabagisme, au stade avancé de la maladie et à la présence de complication telle que l'ascite, l'encéphalopathie hépatique et le syndrome hépato-rénal.
L’absence de données sur le risque cardiovasculaire (Cvx) chez les patients vivants avec le VIH (PVVIH) traités par rilpivirine (RPV), notamment en cas de surdosage plasmatique, nous a conduits à réaliser cette étude. Les PVVIH sous RPV de notre file active ont eu un dosage plasmatique (DP) avec réalisation d’un électrocardiogramme (ECG) avec calcul de l’espace QT corrigé (QTc) selon la formule de Bazett et étude des anomalies lipidiques (HDL-c et LDL-c selon la formule de Friedewald). Selon le résultat du DP de cette molécule, les PVVIH ont été réparties en deux groupes : groupe 1 (G1) : patients normodosés et groupe 2 (G2) : patients ayant un surdosage en RPV. Le reste des données cliniques et biologiques a été recueilli de manière prospective grâce à la base de données électronique (NADIS®). L’analyse des données a été réalisée grâce au logiciel SPSS 20. Les comparaisons de pourcentages sur séries indépendantes ont été effectuées par le test du Chi 2 de Pearson. Sur l’ensemble des 57 patients traités par RPV, un DP a été réalisé chez 50 PVVIH (87,3 %), d’âge moyen 50,2 ans (écart-type : 10,3), principalement de sexe masculin ( n = 32) et dont 31,6 % sont des HSH ( n = 18). L’IMC moyen était de 26 kg/m 2 (extrêmes : 18,1–38,2) avec présence de comorbidités (Cvx) chez 38,5 % ( n = 22) (dont 11 ayant une HTA et 2 une cardiopathie ischémique). Un seul patient prenait de façon concomitante un anti-sécrétoire et 96,5 % ( n = 55) respectaient la prise de la RPV avec un repas. Sur notre cohorte, 45 patient (78,9 %) ont été traités par Rilpivirine/ténofovir disoproxil ou alafénamide/emtricitabine (RPV/TDF ou TAF/FTC), 2 (3,5 %) par rilpivirine/abacavir/lamivudine (RPV/ABC/LAM) et 10 (17,5 %) par rilpivirine/dolutégravir (RPV/DTG). La durée moyenne de traitement par RPV était de 40,9 mois (écart-type : 28,3). Parmi les PVVIH, 35 % avaient un nadir de CD4 inférieur à 200/mm 3 ( n = 20). Tous les patients étaient en succès immuno-virologique avec un compte moyen de CD4 à 759,6/mm 3 . Parmi les patients, 61,4 % étaient normodosés en RPV (groupe 1 ; n = 35) versus 26,3 % surdosés en RPV (groupe 2 ; n = 15). La moyenne du QTc était de 421,9 (écart-type : 39,2). En analyse bi variée, dans le G2, un allongement du QTc a été retrouvé chez 2 PVVIH (13,3 %) (sous l’association RPV/TAF/FTC) versus 1 seul cas dans le G1 (différence non significative ; p = 0,7). On a dénombré une élévation du LDL-c chez 8 PVVIH après introduction de la RPV (53,3 %) dans le G2 contre 13 dans le G1 (37,1 %) (différence non significative ; p = 0,5). Une baisse du HDL-c a été décrite chez 4 patients du G2 (40 %) et 10 du G1 (38,5 %) (différence non significative ; p = 0,7). Un accident aigu Cvx à type d’IDM a été noté chez 4 patients (tous du G1). Une mort subite inexpliquée a été notée dans le G1. À des doses thérapeutiques, et même en cas de surdosage plasmatique, le risque Cvx de la RPV ne semble pas augmenté, sous réserve d’autres essais cliniques avec des effectifs plus importants.