Background: COVID-19 vaccines are among the most effective measures to reduce serious illness and death from infection with the highly contagious SARS-CoV-2 virus. To improve vaccine accessibility, pharmacists in France have been authorized to administer COVID-19 vaccinations since March 2021. This study aims to assess satisfaction among French people receiving their COVID-19 vaccination from a community pharmacist. Methodology: The PharmaCoVax study was conducted in French community pharmacies from 16 March to 30 June 2021. Interested pharmacists completed an online participation form, giving them access to the self-administered questionnaire. People receiving a pharmacist-administered COVID-19 vaccination completed this questionnaire in the pharmacy. Results: Among the 442 pharmacists involved, 123 actively participated in the study. Overall, 5733 completed questionnaires were analyzed. A proportion of 59% (n = 3388) of those who received a pharmacist-administered COVID-19 vaccination had previously received their influenza vaccination, most often in the same pharmacy (n = 1744). Only 24% (n = 1370) of people visiting a pharmacy had tried to obtain their COVID-19 vaccination elsewhere. Satisfaction was excellent with a rating of 4.92 out of 5.00, and the net promoter score was 93. Conclusions: The pharmacist-administered COVID-19 vaccination service was overwhelmingly appreciated by users. The trust placed in pharmacists may explain the desire to have them perform additional vaccinations.
« Sophia Diabète » est un programme d’accompagnement personnalisé des patients diabétiques piloté par la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), lancé à titre expérimental dans 10 Caisses primaires d’assurance maladie (CPAM) en mars 2008, étendu en 2010 puis généralisé à la France entière en 2012–2013. Une nouvelle évaluation du programme a été réalisée en 2018 afin de vérifier si l’amélioration des indicateurs de suivi médical observée dans les évaluations précédentes se confirme sur une longue période (2008–2016), et d’apprécier son impact sur la morbi-mortalité et les dépenses. Cette évaluation est basée sur la méthode d’appariement couplée avec celle des doubles différences. Un échantillon de patients éligibles au programme en 2008 a été apparié sur un score de propension avec des témoins tirés au sort dans le Système national des données de santé (SNDS), répondant aux mêmes critères d’éligibilité mais affiliés à d’autres CPAM. L’impact du programme a été apprécié en comparant les éligibles (n = 49 016) et leurs contrôles d’une part, et les adhérents (n = 17 007) et leurs contrôles associés d’autre part, année de suivi après année de suivi (la ième année de suivi Ti est comparée à l’année de référence T0), tout en contrôlant les différences sociodémographiques, environnementales et cliniques initiales entre populations. Le programme a un impact positif significatif sur l’amélioration du suivi des recommandations des adhérents, dès la première année (à l’exception de l’électrocardiogramme) et se maintient pour tous les indicateurs à l’exception du bilan bucco-dentaire et du fond d’œil biannuel à partir de T5. Les taux de réalisation observés bien qu’en augmentation restent inférieurs aux objectifs préconisés par la Haute Autorité de santé (HAS), hors HbA1 C. « Sophia » ne semble pas avoir un impact majeur sur le recours à l’hospitalisation, aussi bien chez les éligibles que chez les adhérents. On note toutefois, dans la comparaison entre adhérents et contrôles : une moindre augmentation du nombre de séjours avec entrée par les urgences en fin de période ; une moindre augmentation des hospitalisations pour évènements cardio-vasculaires majeurs en T6 et T7 ; une augmentation plus importante du nombre de séjours pour intervention d’ophtalmologie. La part des assurés ayant effectué un passage par les urgences (non suivi d’hospitalisation) et le nombre moyen de passages par assuré augmentent moins rapidement chez les adhérents que chez leurs contrôles, signe d’une maîtrise du recours aux urgences hospitalières. Les dépenses de soins de ville des adhérents ont, entre T4 et T7, augmenté de façon plus forte que celles des contrôles (+ 105 à 233€), notamment sur les postes : kinésithérapeutes, infirmiers, biologie, cardiologues, podologues, en lien avec un meilleur suivi. À l’inverse, les dépenses hospitalières des adhérents ont moins progressé la première année de suivi (− 139€) et les deux dernières années (de − 360 à − 380€), que celles des contrôles. Pour la première fois en France, un programme de disease management a été évalué sur une longue période. Au total, le service « Sophia » se traduit par une amélioration du suivi des patients, une maîtrise du recours aux urgences, ainsi que par une moindre augmentation des hospitalisations pour évènements cardio-vasculaires majeurs en fin de période chez les adhérents.
L’objectif de cette étude est de décrire chez des patients diabétiques éligibles à la première expérimentation du programme « Sophia Diabète » lancé par la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) en 2008 leurs parcours de soins des deux années précédant certaines complications graves liées au diabète. Pour cela, les techniques de «Process Mining» ont été utilisées afin d’identifier les enchaînements « d’évènements » de soins les plus représentatifs du parcours en amont de la survenue de complication. Les données utilisées sont celles du Système national des données de santé (SNDS). Les patients adhérents ou non au programme en 2008 (n = 49 016) ont été suivi jusqu’en 2016, soit huit ans d’historique d’évènements de soins. Chaque patient étant unique, deux parcours sont rarement exactement identiques. Algorithme de fouille de données et d’optimisation combinatoire, le «Process Mining» permet de détecter les enchaînements et les temporalités similaires entre patients. Cette étude a été réalisée sur deux cohortes indépendantes : celle des adhérents et celle des non-adhérents. Les parcours les plus saillants identifiés ont été mis en regard pour une description factuelle des différences. Pour chacune des deux cohortes, l’analyse a porté sur les parcours menant à l’une des quatre complications suivantes : accident vasculaire cérébral (AVC, n = 2152), amputation (n = 695), insuffisance rénale chronique terminale (IRCT, n = 421) et infarctus du myocarde (n = 2913). Pour chacune des deux cohortes, les mêmes évènements (hospitalisations pour motif cardiovasculaire, en ophtalmologie, en lien avec le diabète ; passage à l’insuline ; passage aux urgences non suivis d’hospitalisation ; autres types d’hospitalisation) sont globalement retrouvés mais avec des enchaînements et des délais différents. Quelle que soit la complication considérée, les parcours en amont sont plus homogènes chez les adhérents que chez les non adhérents. Au-delà des comparaisons entre adhérents et non-adhérents, on constate que les parcours des patients avant un AVC ou un infarctus sont nettement plus diversifiés que ceux pour l’IRCT ou l’amputation. En effet, on n’observe aucun des événements étudiés sur les deux ans en amont de la survenue d’un AVC pour 25 % des personnes contre seulement 3 % avant une IRCT et 8 % avant amputation. L’approche «Process Mining» apporte chez des patients diabétiques éligibles au programme « Sophia » des résultats nouveaux sur les parcours en amont de la survenue de complications. Si elle ne permet pas à ce stade de comprendre les causes sous-jacentes aux parcours observés, ni d’identifier les déterminants des différences entre cohortes, elle fournit néanmoins des informations descriptives et comparatives nouvelles. Elle apporte des facteurs explicatifs aux parcours en amont et contribue à une meilleure connaissance et compréhension des recours aux soins en amont. Ces résultats donnent un axe de réflexion sur la prévention des amputations et de l’IRCT, au sens où il serait possible d’identifier des « prédicteurs » de la complication dans les parcours.
Abstract Background “Sophia Diabetes” is a personalized diabetic patient support program piloted by French National Health Insurance, launched experimentally in 10 primary health insurance funds in March 2008, extended in 2010 and then generalized to all of France in 2012-2013. A new evaluation was performed in 2018 to determine long-term (2008-2016) improvement of medical follow-up indicators, impact on morbidity, mortality and healthcare expenditure. Methods A sample of patients (n = 49,016) eligible for the programme in 2008, but also a sub-group of participating patients (n = 17,007), was matched, using propensity score, with controls randomly selected from the SNDS. Difference in difference method was applied for comparisons at each year of follow-up (Ti) while controlling for differences between populations. Results Sophia had a significant positive impact on recommended follow-up indicators, right from the first year. This improvement was maintained for most indicators even if compliance rates remained lower than targets. Sophia Diabetes does not appear to have a major impact on hospitalization rates in either eligible patients or participating patients. However, comparison between participants and controls revealed a less marked increase of hospitalizations for major cardiovascular events at T6 and T7. Compared to their controls, a better use of hospital emergency departments was observed for participants. Ambulatory care expenditure of participants increased more markedly between T4 and T7 (+€105 to €233), related to a better follow-up but in contrast, hospital expenditure increased less markedly during the first year of follow-up (-€139) and the last 2 years (-€360 to -€380). Conclusions For the first time in France, a disease management program has been evaluated over a long period. Globally, Sophia programresults in improved patient follow-up, decreased emergency visits, and a less marked increase of hospitalizations for major cardiovascular events at the end of period. Key messages First long term evaluation (8 years) of a disease management program in France. Sophia diabetes management program shows a positive impact on some follow-up and morbidity indicators.