Em estreita ligação, por um lado, aos imperativos de transição ligados às mudanças globais e, por outro, aos jogos de atores que se recompõem nos territórios, a construção da qualidade territorial encontra-se hoje num ponto de viragem. A “cesta de bens” deve agora ser analisada à luz de dinâmicas relacionais complexas, em apoio à invenção e mobilização de várias formas de inteligência coletiva que revelam diferentes relações com os recursos. Partimos da hipótese de que a inteligência coletiva desempenha um papel fundamental nas trajetórias das cestas de bens, ao possibilitar compreender e orientar o processo de emergência e valorização dos recursos, não mais somente em uma lógica econômica, mas em uma lógica de especificação via solidariedades sociais e ecológicas. A análise qualitativa e comparativa de dois coletivos na França demonstra que a inteligência coletiva influencia a emergência e sustentabilidade da cesta de bens em três níveis: na construção de novas formas de qualidades territoriais e rendas associadas, na redefinição das relações com os seres vivos e na capacidade de agir nos territórios. A este respeito, as dinâmicas relacionais, cognitivas e territoriais são fortes alavancas para a necessária transformação dos sistemas alimentares no sentido da sustentabilidade.
Cette communication propose de caracteriser les liens entre les cooperatives (Scop et Scic) et leur territoire a travers une analyse de leur ancrage et de leur potentiel de territorialisation. Une enquete qualitative menee aupres de sept societes cooperatives des regions Auvergne-Rhone-Alpes et PACA nous permet d’identifier une grande variete de rapports au territoire. Trois grands resultats ressortent de notre analyse. Premierement, cette relation « ne va pas de soi » et il n’y a pas de « naturalite » dans le couple cooperative/territoire. Deuxiemement, l’heterogeneite des configurations observees peut se lire a travers une distinction entre « territoire ressource » et « territoire projet ». Enfin, l’identification d’un couplage « lâche » ou « serre » des cooperatives aux territoires constitue un dernier element de reflexion, et qui n’est pas sans enjeu pour les territoires.
Cette communication propose de caracteriser les liens entre les cooperatives (Scop et Scic) et leur territoire a travers une analyse de leur ancrage et de leur potentiel de territorialisation. Une enquete qualitative menee aupres de sept societes cooperatives des regions Auvergne-Rhone-Alpes et PACA nous permet d'identifier une grande variete de rapports au territoire. Trois grands resultats ressortent de notre analyse. Premierement, cette relation « ne va pas de soi » et il n'y a pas de « naturalite » dans le couple cooperative/territoire. Deuxiemement, l'heterogeneite des configurations observees peut se lire a travers une distinction entre « territoire ressource » et « territoire projet ». Enfin, l'identification d'un couplage « lâche » ou « serre » des cooperatives aux territoires constitue un dernier element de reflexion, et qui n'est pas sans enjeu pour les territoires.
L'approche par les ressources mobilise des cles de lecture permettant de caracteriser et d'analyser les modes de developpement. La ressource territoriale en tant que potentialite d’action, revelee selon un processus intentionnel de specification, engage une dynamique collective d’appropriation par les acteurs du territoire (Colletis et Pecqueur, 2005 ; Glon et Pecqueur, 2016), en particulier dans la construction des filieres et produits agricoles de qualite (Aderghal et al., 2017 ; Janin et al., 2015). Pour autant, ce cadre analytique autour des ressources territoriales merite d’etre approfondi autour de deux points. Tout d'abord, cette approche s'est largement developpee dans une vision « statique », en ne prenant pas toujours suffisamment en compte les processus et la trajectoire des ressources dans les modeles de developpement (Francois, Hirczak et Senil, 2013). De plus, en etant largement fondee sur des principes economiques de concurrence, elle montre dans le contexte actuel des limites quant a sa prise de conscience et sa portee ecologique. Or, le processus de specification est desormais largement aux prises avec les changements environnementaux globaux, qui imposent de nouveaux modes de developpement dans les territoires. L’ecologisation de la valorisation des ressources questionne alors l’ambiguite de strategies de developpement territorial fondees sur la specificite dans un contexte concurrentiel et sur le temps long (Banos et al., 2020). Dans ce contexte, la question des ressources ne peut plus etre basee uniquement en termes de concurrence face a la globalisation, mais elle doit repenser a l’aune du processus de transition et d’un changement de modele. Aussi, specifier des ressources sous contrainte ecologique forte conduit a en revisiter les cadrages analytiques pour porter l'attention sur les dynamiques relationnelles et cognitives qui structurent les processus de specification (Lapostolle, 2021). Cette contrainte ecologique peut etre apprehendee comme un element contextuel de l’action ou bien etre apprehendee comme un ensemble de relations avec le non vivant. C’est cette seconde option que nous retenons. En d'autres termes, nous montrerons comment la contrainte ecologique rebat les cartes du jeu relationnel et territorial, et redefinit les cadres cognitifs du processus de specification des ressources au cœur des trajectoires de developpement territorial. Nous faisons l’hypothese que l’intelligence collective, en generant une hybridation de savoirs et de connaissances (experientiels et theoriques) et des relations entre humains et non humains, renforce les capacites des acteurs des territoires a debattre, decider et agir ensemble pour inflechir les systemes en place et la trajectoire des territoires. Pour cela, nous nous appuierons sur une reflexion a partir des filieres alimentaires, en nous interrogeant sur la facon dont des acteurs agricoles soucieux de demarches de qualite (qu'elle soit alimentaire ou agricole) peuvent influencer la trajectoire de developpement par le processus de specification. En termes de methode, cette communication s'appuie sur un travail de recherche mene dans le cadre du projet PSDR4 Sagacite. Marque par la recherche-action participative, nous nous appuyons ici, en plus sur l'analyse de la litterature grise, sur les resultats issus d'ateliers collaboratifs, de focus group mais aussi d'entretiens aupres des deux collectifs Vivre Bio en Roannais et l'Association des Fromages Traditionnels des Alpes Savoyardes (AFTALP). Ils ont tous deux comme point commun de chercher, d'une part, a changer le mode de developpement dominant caracterise par la concurrence par le moindre cout et la standardisation des modes de vie, et d'autre part, a inscrire leurs actions en reponse aux enjeux environnementaux.
Base sur une etude de cas unique, cet article analyse comment les valeurs cooperatives influencent les pratiques de gestion des ressources humaines. Prenant appui sur les travaux de Pichault et Nizet (2013) proposant une approche contextualiste de la GRH, nous entrons dans la cooperative afin d'examiner quelles sont les conventions qui dominent et comment elles evoluent au fil du temps tant au niveau de la structure de gouvernance que de la gestion des ressources humaines. A partir d'observations, de treize entretiens semi-directifs realises aupres d'acteurs internes et externes de la cooperative et d'une etude documentaire, notre analyse met en evidence l'importance de la convention valorielle dans la gestion des ressources humaines, convention mise a l'epreuve par le poids de la convention deliberative, au cœur du projet cooperatif. Nos resultats soulignent egalement la difficulte de faire vivre au quotidien une dynamique collective et democratique tant au niveau de la gouvernance que de la GRH. Ils temoignent enfin de la volonte incessante d'ameliorer le fonctionnement collectif et democratique de la cooperative a travers une vigilance importante et la creation d'espaces collectifs de debat.
La premiere partie de ce rapport intitulee Analyses transversales regroupe trois chapitres qui visent a porter un regard sur une thematique particuliere en embrassant les douze cas etudies. Le chapitre 1 aborde la question des sens, pour significations, de la cooperation pour les membres des Scop et Scic interviewes en utilisant un outil de textometrie. Le chapitre 2 repere des articulations entre les sens, pour directions, de la cooperation caracteristiques afin d’ebaucher une typologie des formes de cooperation. Enfin, le chapitre 3 porte sur la variete des rapports au territoire des Scop et des Scic etudiees, tout en faisant emerger deux modalites a partir desquelles cette variete peut etre reduite. La seconde partie est constituee de 8 etudes de cas completes, parmi les douze Scop et Scic aupres desquelles nous avons enquete. Elles sont precedees du chapitre 4 qui presente un cadrage statistique national et regional sur les cooperatives de travailleurs. Chacune des etudes est construite autour d’une problematique adaptee au cas et choisie par le ou les membres de l’equipe de l’ANR en charge de mener l’etude en question. Elles reprennent, toutefois, toutes une trame commune consistant a presenter les principaux traits de la cooperation pour la gouvernance, le management et le territoire selon les directions de la cooperation distinguees.
This paper presents a synthesis of the results of almost ten years of research on the relationships between quality products/services, environment and territories. The aim is to analyze different possible contributions of territorial resources to territorialized sustainable development by examining how the supply of quality products meets the demand. For this purpose, there are two main characteristics of this that have to be taken into account:
With the end of milk quotas, mountain producers find themselves in direct competition with all dairy producers. This reinforces the need for mountain areas to stand out from lowland areas to avoid frontal competition over mass productions. But some mountain areas, engaged in this mass production are worried, this is the case of Sud-Isère. In order to reflect on the future of dairy production in this mountain area, various stakeholders came together to question possible futures in the framework of an action research project. Interactions between the geography of production and the geography of processing, particularly the forms of interactions between dairy value chain and territories, and their evolution over time were questioned. Based on: i) an analytical framework combining works on territorial embeddedness and processes of change; ii) a system combining historical research, statistical data, field surveys and a number of meetings in the area, notably around a knowledge sharing during a workshop “historical frieze”, we analyze the successive forms of embeddedness and distancing between dairy sectors and territories in the Sud-Isère. We discuss what they might be in the future, particularly by confronting the dynamics of other dairy basins.
Depuis quelques annees en lien avec la crise economique, l’ESS et plus particulierement les cooperatives (Societes cooperatives de production, Societes cooperatives d’interet collectif et Cooperatives d’activites et d’emplois), font l’objet d’un regain d’interet eu egard a leur modele economique, qui les rend plus perennes que les entreprises classiques et a leur caractere non delocalisable. De nombreux travaux s’attachent notamment a etudier le lien entre ESS et territoire (Artis, Demoustier et Puissant, 2009 ; Pecqueur et Itcaina, 2012), le renouvellement des modeles productifs par les societes cooperatives (Boissin et al. 2018 ; Draperi et Le Coroller, 2016), ou plus recemment et de facon plus etroite les liens entre cooperatives et territoires (Richez-Battesti, 2016 ; Itcaina et Richez-Battesti, 2018 ; Draperi et Le Coroller, 2015). Dans cette lignee, l’objectif de la communication est de s’interroger sur relations entre cooperatives et territoires. Nous faisons l’hypothese que, par leurs systemes particuliers de cooperation a la fois en interne (dans l’entreprise) et en externe (dans la filiere et le territoire), les societes cooperatives peuvent participer, sous certaines conditions, a la (re)territorialisation des activites productives et donc s’inscrire dans des formes de developpement plus soutenable. D’un point de vue empirique, cette communication resulte de travaux menes dans le cadre de l’ANR COOP-in-AND-out et s’appuie sur une enquete de terrain qualitative portant sur deux cooperatives aux processus de territorialisation differents en PACA : la SCIC Bou’Sol qui est un PTCE qui produit du pain bio avec des personnes en insertion et SCOP-Ti qui empaquete et commercialise des thes et tisanes. La premiere s’appuie sur des associations, tandis que la seconde est a l’origine une filiale d’une firme multinationale reprise par ses salaries. Nous nous interessons particulierement a la trajectoire de ces organisations et a leur recherche de specification. Nous observons donc pour chacune d’entre elles les modalites de construction et de valorisation des ressources sur leurs territoires. Nous illustrons ainsi deux trajectoires differentes. La premiere, fondee sur des ressources generiques a l’origine, s’efforce de construire un processus de specification. Ce processus est partiel car, d’une part, son developpement est trop lent pour assurer la perennisation du modele economique, et d’autre part, la coexistence des modeles heterogenes de mobilisation des ressources (dans les echelles d’approvisionnement et de vente, les partenariats, l’ancrage local, la gamme de produits, la valorisation ou non des specificites etc.) rend l’equilibre actuel assez fragile. C’est donc une hybridation des deux processus qui est a l’œuvre dont la legitimite se construit dans la gouvernance. Pour la seconde, la trajectoire est celle de la specificite de la ressource. Toutefois le changement d’echelle souhaite par l’organisation repose sur une mise en reseaux, qui rend possible le maintien de cette specificite, mais apparait couteux dans son developpement. A la fois source de developpement de la cooperative, le changement d’echelle est aussi un vecteur de fragilisation, la gouvernance ne permettant pas l’expression d’une force de rappel sur l’enjeu de la specification pour l’organisation. L’une de nos intuitions est alors que la gouvernance joue un role essentiel dans la soutenabilite des modeles et dans leur capacite a construire des processus de specification, articulant perennisation du modele economique et projet politique d’ancrage territorial.
La construction de notre problematique s’est realisee en deux temps. Le premier temps, permettant de saisir le rapport au territoire des cooperatives a vise a repondre a la question : Comment les cooperatives construisent leur rapport au territoire ? Cette question a permis d’orienter notre lecture de premieres observations empiriques et de les croiser avec les approches neo-institutionnalistes ayant pour objet le territoire et les organisations de l’ESS. Nos premieres observations empiriques et la revue de litterature mettent en exergues qu’il n’y a pas une naturalite dans le couple cooperative et territoire. Ainsi, de nombreux travaux s’attachent a etudier le lien entre ESS et territoire (Artis, Demoustier et Puissant, 2009 ; Pecqueur et Itcaina, 2012), le renouvellement des modeles productifs par les societes cooperatives (Boissin et al. 2018 ; Draperi et Le Coroller, 2016), ou de facon plus etroite les liens entre cooperatives et territoires (Richez-Battesti, 2016 ; Itcaina et Richez-Battesti, 2018 ; Draperi et Le Coroller, 2015). Dans ce cadre et en lien avec les analyses de Moine (2006) et de Pecqueur et Zimmerman (2004), nous considerons le territoire comme une construction sociale, resultat des interactions entre les acteurs et qui se structurent avec un projet de developpement. Ce territoire, en tant que systeme, est revele par la combinaison de trois formes de proximite -geographique, organisationnelle et institutionnelle. Afin d’apprehender la dimension temporelle de la construction du territoire, Colletis et Pecqueur (2018) developpe la notion de territorialisation qui exprime un processus dynamique de creation de ressources ou de combinaison nouvelle de ressources generiques ou specifiques a partir de l’evolution des proximites, et partant de la la coordination, entre les organisations. Afin d’identifier comment une organisation prend part au territoire Landel et Pecqueur (2016) invitent a considerer la notion de dynamiques territoriales des cooperatives. Cette notion permet de mettre la focale sur la dynamique d’organisation de la cooperative avec l’ensemble de ses partenaires afin de resoudre un probleme commun, ce qui constitue l’element essentiel et compte davantage que le territoire lui-meme. Ainsi, les limites du territoire sont mouvantes et amenees a evoluer dans le temps en fonction des problemes et des reponses envisages. Dans la perspective d’identifier le lien que les cooperatives peuvent tisser aux territoires nous nous interessons a la mise en regard de la dynamique organisationnelle interne des cooperative avec leur dynamiques territoriales. Pour ce faire, nous recourrons a une analyse en termes de decouplage. Le concept de decouplage a ete developpe pour expliquer les decalages durables entre les normes institutionnelles prescrites par les dirigeants et leur application par les salaries. Nous transposons ce concept pour exprimer un etat selon lequel les normes instituees a l’interieur de l’organisation par leurs dirigeants pour se conformer aux exigences des agents institutionnels (instances qui etablissent les normes qui regissent le secteur et qui en controlent l’application) ne sont pas appliquees a l’exterieur et reposent sur d’autres regles pour reguler l’activite (Meyer et Rowan, 1977). A travers ces deux courants d’analyse, la proximite et le decouplage, nous cherchons a montrer d’une part comment s’opere la mobilisation du territoire, d’autre part comment les cooperations en interne ne se traduisent pas forcement en externe par des cooperations renforcees sur le territoire. Notre problematique peut etre ainsi synthetisee : Comment les cooperatives articulent-elles leurs dynamiques territoriales et organisationnelles ?
With the end of milk quotas, mountain producers find themselves in direct competition with all dairy producers. This reinforces the need for mountain areas to stand out from lowland areas to avoid frontal competition over mass productions. But some mountain areas, engaged in this mass production are worried, this is the case of Sud-Isère. In order to reflect on the future of dairy production in this mountain area, various stakeholders came together to question possible futures in the framework of an action research project. Interactions between the geography of production and the geography of processing, particularly the forms of interactions between dairy value chain and territories, and their evolution over time were questioned. Based on : i) an analytical framework combining works on territorial embeddedness and processes of change ; ii) a system combining historical research, statistical data, field surveys and a number of meetings in the area, notably around a knowledge sharing during a workshop “historical frieze”, we analyze the successive forms of embeddedness and distancing between dairy sectors and territories in the Sud-Isère. We discuss what they might be in the future, particularly by confronting the dynamics of other dairy basins.
This article reflects on the interactions between higher education internships and hosting structures in the field of land planning engineering. On the student side, internships are widely acknowledged as an efficient means of professionalization. However, on the hosting structures’ side, the benefits of internships are still insufficiently identified or recognized. Analyzing available data on the objectives and content of the internships makes it possible to better know how professional practices evolve. We assume that this analysis can highlight ongoing and significant evolutions in the field of land planning engineering. Internships can indeed reveal the complexity of the day-to-day practice of land planning engineers as well as current changes regarding topics, procedures, and methods. At the same time, they can be a factor of evolution or facilitator of innovation as they create or intensify relationships with the university. The analysis relies on the data collected by ObsTer - Observatoire des stages en aménagement et développement territorial de la Région Rhône-Alpes - and on surveys and interviews with territorial managers. While it stresses the great diversity of internships’ context, location, objects and tasks, this study shows that internships are actual leverage for change. Perceived as such by the host organization, they are also viewed as facilitating a stronger cooperation with the university and its researchers.