La cystectomie totale chez la femme est essentiellement réalisée, tout comme pour l’homme, dans le cadre de la prise en charge d’une tumeur vésicale infiltrant le muscle. D’autres indications de la cystectomie sont plus rares, telles que les tumeurs gynécologiques envahissant la vessie, et les vessies neurologiques. Historiquement, l’urétrectomie faisait partie du geste chirurgical, vu le risque de récidive urétrale, la facilité de l’ablation de l’urètre féminin, et la classique idée que l’urètre féminin après cystectomie est dépourvu de ses fonctions. Une meilleure compréhension de l’anatomie fonctionnelle de l’urètre féminin s’est accompagnée d’une évolution des techniques chirurgicales, rendant possible d’envisager une néo-vessie iléale. La principale contre-indication d’ordre oncologique est l’envahissement de l’urètre et du col vésical à l’examen extemporané peropératoire. Le pronostic fonctionnel et la continence postopératoire dépendent, en plus des critères rigoureux de sélection préopératoires, de la technique chirurgicale.
Introduction Selon les recommandations en vigueur, toute chirurgie urologique au contact de l’urine nécessite un dépistage d’une éventuelle colonisation urinaire, associé si nécessaire à un traitement antibiotique adapté. L’objectif de cette étude est de rechercher un potentiel lien entre colonisation urinaire et les complications infectieuses urinaires fébriles (IUF) postopératoires après RTUV. Méthodes Il s’agit d’une étude rétrospective multicentrique incluant les patients opérés d’une RTUV, entre janvier 2016 et mai 2023 dans 10 centres français (database TOCUS). Les critères de non-inclusion étaient : les patients opérés en urgence, sans dépistage préopératoire, ou de chirurgies combinées. Le CJP est la survenue d’une IUF dans les 30jours suivant l’intervention. Les CJS sont la survenue de complications non infectieuses et la survie a 30jours postopératoires. Résultats Nous avons inclus 474 patients avec un geste de RTUV. Au sein de la cohorte, 75,3 % des ECBU étaient négatifs, 22,4 % étaient positifs mono-microbiens, 1,9 % étaient positifs bi-microbiens et 0,4 % étaient polymicrobiens. Nous avons identifié 13 infections (2,7 %) fébriles postopératoires dont 1 bactériémie isolée (0,2 %) et 12 IUF (2,5 %).Concernant les IUF, 8 cas présentaient un ECBU préopératoire négatif (66,7 %). Parmi les 4 cas ayant un ECBU positif en préopératoire, on retrouve pour 3 cas, un ECBU postopératoire positif au même micro-organisme (MO) (Figure 1). Pour le dernier cas, l’ECBU préopératoire était mono-microbien et l’ECBU postopératoire bi-microbien comprenant le MO présent en préopératoire. Chez 3 des 4 MO (cas 2, 3, 7), le profil de résistance aux antibiotiques du MO en postopératoire était le même qu’en préopératoire (75 %).L’analyse univariée ne montre pas d’association statistique significative entre la positivité préopératoire de l’ECBU et le risque d’IUF postopératoire (p>0,5).Les complications postopératoires sont majoritairement l’hématurie macroscopique (40 %) et la rétention aiguë d’urines (29,4 %) (Figure 3). La majorité des complications étaient classées Clavien II (50,6 %) (Figure 2). Il n’y a pas eu de cas de décès, d’hospitalisation en soins intensifs. Conclusion Nous ne disposons pas suffisamment de données pour conclure sur la relation entre dépistage urinaire préopératoire et IUF postopératoire. La poursuite des inclusions devrait permettre d’affiner les données et de conclure sur la relation entre la positivité du dépistage systématique préopératoire et le risque IUF postopératoire.
Selon les recommandations actuelles, le dépistage et le traitement de la colonisation urinaire sont recommandés avant une chirurgie urologique au contact des urines ou avec effraction de la muqueuse urothéliale. Malheureusement, celles-ci ne permettent pas de stratifier le risque selon la situation. L'objectif de cette étude était de définir les facteurs associés au risque d'infections postopératoires fébriles en chirurgie urologique. L'étude TOCUS est une étude multicentrique, nationale et rétrospective incluant tous les patients opérés d'une chirurgie urologique nécessitant un dépistage de la colonisation urinaire entre janvier 2016 et janvier 2022. Les critères de non-inclusions étaient : les patients opérés en urgence, sans ECBU préopératoire ou en cas de chirurgie combinée. Le critère de jugement principal est la survenue d'une complication infectieuse (infection du site opératoire ou infection urinaire fébrile) survenant dans les 30 jours postopératoires. Les critères de jugement secondaires étaient la survenue d'autres complications non infectieuses ainsi que la survie à 30 jours. CNIL numéro : 2211250V0 et CERU numéro CERU_2022009. Au total nous avons inclus 2389 patients. La répartition des ECBU préopératoires est représentée par la Fig. 1. Sur l'ensemble de notre cohorte il y a eu 106 infections postopératoires soit 4,4 % dont 62 avec un ECBU positif (58,5 %). L'analyse univariée est représentée dans le Tableau 1. En analyse multivariée (Fig. 2), un antécédent d'infection urinaire au cours des 12 mois précédents (OR : 4,02 ; IC95 : 2,34–6,88 ; p < 0,001), l'ECBU préopératoire positif mono- ou bimicrobien (OR : 2,78 ; IC95 : 1,12–6,82 ; p 0,026), l'ECBU préopératoire polymicrobien (OR : 2,51 ; IC95 : 1,27–4,76 ; p 0,006), la durée opératoire (OR : 1,01 ; IC95 : 1,00–1,01 ; p < 0,001) et l'association à une complication postopératoire non infectieuse (OR : 7,13 ; IC95 : 4,47–11,37 ; p < 0,001) étaient des facteurs associées indépendants d'infections postopératoires fébriles. Cette vaste cohorte rétrospective multicentrique retrouve un taux d'infections postopératoires fébriles de 4,4 % et tend à démontrer que l'ECBU préopératoire polymicrobien est, au même titre qu'un ECBU monomicrobien ou bimicrobien, un facteur associé au risque d'infection postopératoire. Par ailleurs, il existe une association significative entre complications infectieuses et complications non infectieuses confirmant l'enjeu d'une stratégie préventive périopératoire adaptée.
ContexteL’injection peri-urétrale d’agents comblant est une option thérapeutique peu invasive pour l’incontinence urinaire d’effort (IUE).ObjectifNous présentons une revue de la littérature à propos des agents comblant dans le traitement de l’IUE, leurs indications et les différentes techniques d’injection.Matériel et méthodesLa revue a été réalisée selon la stratégie PRISMA en utilisant la base de données PubMed et les termes Mesh : « urinary », « incontinence » et « bulking ». Tous les articles publiés en français ou en anglais jusqu’à 29 juin 2020 ont été examinés. Les de toutes modalités ont été incluses et les listes des références ont été étudiées. La recherche a identifié 60 articles publiés entre 2001 et 2020. L’étude des listes des références a identifié 40 articles supplémentaires. Au total, 54 articles ont été retenus pour l’étude descriptive.RésultatsLes matériaux comblant utilisés actuellement sont le collagène réticulé par du glutaraldéhyde, les polymères de silicone, l’hydroxyapatite de calcium, le derme porcin, les billes de zirconium recouverts de carbone et l’hydrogel de polyacrylamide. Ils offrent des taux de guérison inférieurs par rapport à la chirurgie. C’est une alternative attirante pour les patientes qui refusent ou qui ne sont pas candidates aux interventions chirurgicales, ou après échec de ces dernières. Les voies d’injection para-urétrale et transurétrale sont pratiquées avec une efficacité comparable. Un contrôle échographique, radiologique ou endoscopique permet une meilleure précision et contrôle de la procédure. La voie para-urétrale nécessite un volume injectable plus important, avec un coût et un risque de complications supérieurs. L’efficacité des injections paraît supérieure lorsqu’elle est pratiquée en mi-urétral, en forme circonférentielle ou en fer à cheval.ConclusionL’identification d’un agent optimale est difficile. La sélection de l’agent dépend actuellement de la disponibilité du produit, la préférence du médecin, le coût et la facilité d’utilisation.