La cystectomie totale chez la femme est essentiellement réalisée, tout comme pour l’homme, dans le cadre de la prise en charge d’une tumeur vésicale infiltrant le muscle. D’autres indications de la cystectomie sont plus rares, telles que les tumeurs gynécologiques envahissant la vessie, et les vessies neurologiques. Historiquement, l’urétrectomie faisait partie du geste chirurgical, vu le risque de récidive urétrale, la facilité de l’ablation de l’urètre féminin, et la classique idée que l’urètre féminin après cystectomie est dépourvu de ses fonctions. Une meilleure compréhension de l’anatomie fonctionnelle de l’urètre féminin s’est accompagnée d’une évolution des techniques chirurgicales, rendant possible d’envisager une néo-vessie iléale. La principale contre-indication d’ordre oncologique est l’envahissement de l’urètre et du col vésical à l’examen extemporané peropératoire. Le pronostic fonctionnel et la continence postopératoire dépendent, en plus des critères rigoureux de sélection préopératoires, de la technique chirurgicale.
Introduction Les complications après HIFU en primo-traitement du cancer localisé de la prostate (CaP) sont étudiées à partir de la base de vigilance tenue par l’AFU promotrice de l’étude HIFI (IDRCB : 2013-A01042-43) dans le cadre du Forfait Innovation. Ces résultats sont présentés selon le standard européen exigé par l’Agence nationale des médicaments et produits de santé. Méthodes Les critères d’inclusion dans la cohorte HIFU étaient un cancer de la prostate de risque faible ou intermédiaire favorable (cT1-2 NxM0, PSA<15ng/mL) non éligible à la surveillance active. Selon les recommandations 2013, les patients étaient âgés de plus de 69 ans dans le bras HIFU. Les traitements ont été réalisés en une ou deux séances (Focal One : 90 %, Ablatherm : 10 %).Tous les effets indésirables graves (EIG) ont été enregistrés de façon exhaustive dans la base de vigilance réglementaire de l’AFU au cours du suivi d’au moins 30 mois entre avril 2015 et septembre 2022. Résultats Au total, 1967 patients (âge médian : 74,7 ans) ont été traités de façon consécutive dans 46 centres. 471 EIG sont décrits dont 300 attendus et 171 inattendus. Seuls 2 cas étaient inattendus et attribuables au traitement : il s’agit de 2 endocardites consécutives à des infections urinaires mal contrôlées. L’essentiel des ré-hospitalisations concerne des épisodes rétentionnels (9,8 %) allant de 4 à 30 % selon les équipes. Un resondage a concerné 149 patients. Le taux de Clavien-Dindo>3a est 2,74 %. Les reprises chirurgicales sont des interventions endoscopiques de désobstruction : 41 résections (2,1 %) et 4 urètrotomies. Deux cas de fistules urètro-rectales (1/1000) ont guéri sans séquelle dont un avec une colostomie transitoire. Une deuxième séance d’HIFU (5,5 %) n’a pas entraîné de complications supplémentaires. Aucun décès lié au traitement ou au CaP. Au total, 38 % des centres étaient en courbe d’apprentissage en début d’étude. Conclusion Il s’agit de la plus grande cohorte prospective, en vie réelle, d’HIFU en première intention pour cancer localisé de la prostate. Compte tenu de l’âge élevé des patients, le taux de complications graves est faible. Aucun décès lié au traitement. La prévention du risque rétentionnel, la durée du sondage postopératoire et la gestion des rétentions urinaires avérées mériteraient d’être mieux standardisées.
Introduction L’étude HIFI (IDRCB : 2013-A01042-43) compare, dans le cadre du Forfait Innovation, HIFU à la prostatectomie totale (PT) en première intention pour cancer localisé de la prostate (CaP). Nous présentons ici les résultats carcinologiques à 30 mois. Méthodes Étude prospective, comparative non randomisée et multicentrique, de non-infériorité. Les critères d’inclusion étaient un CaP de risque faible ou intermédiaire favorable (cT1-2, PSA<15ng/mL) non éligible à la surveillance active, avec≤4/6 sextants envahis. Les patients HIFU étaient>69 ans (recommandations 2013). Les HIFU (90 % Focal One) ont traité au moins 70 % de la prostate en une ou deux séances (5,5 %). Le critère principal était la survie sans traitement de rattrapage (SSTR), à 30 mois, décidé en RCP pour cancer significatif après biopsies (post-HIFU) ou récidive biologique. Résultats Au total, 1967 HIFU et 1361 PT ont été inclus dans 46 centres. Âge et PSA médians sont 74,7 vs 65,1 ans et 7,1 vs 6,9 (p=0,54), les risques faibles et intermédiaires sont 39 % et 60 % vs 36 % et 63 % (p=0,1) dans les bras HIFU et PT respectivement. À 30 mois, la SSTR était plus élevée dans le bras HIFU (90,1 %) comparé au bras PT (86,8 %) (HR : 0,78, IC 95 % [0,64–0,96], p=0,02), confirmé après ajustement sur l’âge, et dans le sous-groupe des risques intermédiaires : 89,1 % vs 83,8 % (HR : 0,58 IC 97,5 % [0,42–0,81] p<0,001). Après HIFU, le PSA nadir médian était de 0,34 (0,08–0,77), le taux de biopsies positives (« for cause ») de 12,5 % (243/1967) et 89 patients ont reçu un TR sans nouvelle biopsie. Après PT, on notait 26 % de marges positives et le PSA médian était de 0,01 ng/mL. Les survies spécifiques sont de 100 %, sans métastase, les survies globales ajustées sur l’âge de 97,7 % et 99,9 % (HR=2,53 ; 95 % CI 0,95–6,73, p=0,064) après HIFU et PT respectivement. Conclusion HIFI est la première étude prospective multicentrique comparant HIFU à PT en primo-traitement. Le critère d’évaluation carcinologique principal (survie sans traitement de rattrapage) montre une non-infériorité d’HIFU à 30 mois. L’indication d’HIFU pourrait être discutée en première ligne chez des patients bien sélectionnés sous réserve d’un suivi des résultats à plus long terme par registre (Fig. 1). Promoteur Association française d’urologie.
Introduction L’étude HIFI (IDRCB : 2013-A01042-43) a comparé, dans le cadre du Forfait Innovation (FI), HIFU et prostatectomie totale (PT) pour cancer localisé de la prostate (CaP) en première intention et après échec de radiothérapie. Nous présentons les données administratives et financières de cette étude dont l’AFU a été promotrice. Méthodes Une saisine a été déposée à la HAS en 2008 pour la création d’un acte HIFU pour CaP en vue d’un remboursement. Elle a abouti à un arrêté au J.O. en 2014 permettant la prise en charge forfaitaire du traitement par la CPAM dans le cadre du premier FI, financé sous condition d’une étude validée par la HAS. Après les procédures réglementaires (ANSM, CPPRB, CCTIRS, ATIH) l’ouverture des centres a débuté en 2015. Les données, indépendantes, centralisées au CHU de Nîmes (BESPIM-DRCI), ont été suivies par un conseil scientifique (CS) multidisciplinaire comportant 6 membres. Résultats Parmi les patients, 3873 ont été suivis pendant 30 mois dans 46 centres : 24 privés, 22 publics (14 CHU, 3 ESPIC, 5 CHG) par 80 urologues. L’équipe du Bespim a conçu l’e-CRF, monitoré (auto-questionnaires+12 déplacements/centre), effectué le data management puis le rapport statistique, mobilisant 11 personnes. Le CS s’est réuni tous les 6 mois pour suivre les datas et les EIG colligés dans la base vigilance de l’AFU. Le financement public a été de 22 M€ (hors PT). Pour l’AFU, les coûts ont concerné : la convention avec le Bespim, l’assurance, une méthodologiste et la gestion administrative de l’étude (1 M€). Ont participé aux dépenses de l’AFU : les centres sélectionnés au prorata de leurs inclusions (440 K€) ainsi que l’industriel (EDAP tms) via une convention sur la base vigilance (500 K€) dans le cadre réglementaire européen du MRD. Conclusion HIFI est la première étude prospective multicentrique comparant HIFU et PT. La durée totale des inclusions et de suivi des 3873 patients a été de 7 ans. Elle est aussi la plus grande étude multicentrique promue et organisée par l’AFU, pour un coût final d’environ 10 K€/an. Elle est riche d’enseignements à l’heure de la mise en place à grande échelle des registres d’activité et d’évaluations ainsi que de la présentation d’actes nouveaux à la HAS.
Purpose Bladder cancer is a complex disease with a wide range of outcomes. Clinicopathological factors only partially explain the variability between patients in prognosis and treatment response. There is a need for large cohorts collecting extensive data and biological samples to: (1) investigate gene-environment interactions, pathological/molecular classification and biomarker discovery; and (2) describe treatment patterns, outcomes, resource use and quality of life in a real-world setting. Participants COBLAnCE ( CO hort to study BLA dder C anc E r) is a French national prospective cohort of patients with bladder cancer recruited between 2012 and 2018 and followed for 6 years. Data on patient and tumour characteristics, treatments, outcomes and biological samples are collected at enrolment and during the follow-up. Findings to date We describe the cohort at enrolment according to baseline surgery and tumour type. In total, 1800 patients were included: 1114 patients with non-muscle-invasive bladder cancer (NMIBC) and 76 patients with muscle-invasive bladder cancer (MIBC) had transurethral resection of a bladder tumour without cystectomy, and 610 patients with NMIBC or MIBC underwent cystectomy. Most patients had a solitary lesion (56.3%) without basement membrane invasion (71.7% of Ta and/or Tis). Half of the patients with cystectomy were stage ≤T2 and 60% had non-continent diversion. Surgery included local (n=298) or super-extended lymph node dissections (n=11) and prostate removal (n=492). Among women, 16.5% underwent cystectomy and 81.4% anterior pelvectomy. Future plans COBLAnCE will be used for long-term studies of bladder cancer with focus on clinicopathological factors and molecular markers. It will lead to a much-needed improvement in the understanding of the disease. The cohort provides valuable real-world data, enabling researchers to study various research questions, assess routine medical practices and guide medical decision-making.
L'étude HIFI-2 a été élaborée dans le cadre du Forfait innovation pour évaluer l'efficacité et la tolérance des HIFU dans le traitement de rattrapage après échec de radiothérapie (RT) de première intention d'un cancer localisé de la prostate (CaP). C'est une étude prospective multicentrique ouverte dans le cadre du Forfait Innovation dont l'AFU a été promotrice (IDRCB :2013-A01042-43) (NCT04307056). Entre 2015 et 2019, 531 patients ont été inclus dans 32 centres. Les critères d'inclusion étaient le CaP en récidive biologique (RB) après RT, avec confirmation biopsique après IRM et bilan d'extension négatif. Les HIFU (Ablatherm, Focal One), avec réglages spécifiques post-RT, pouvaient ne traiter la prostate que partiellement. Le critère principal était la survie à 30 mois sans traitement hormonal (TH) prescrit pour RB et validé en RCP. Les critères secondaires étaient l'évaluation fonctionnelle (scores IPSS, ICS, IIEF-5, EORTC-QLQC-30, IPSS QOL) et la tolérance. Âge et PSA médians : 75,2 ans et 4,44 ng/ml ; Gleason 37 (4 + 3) : 55 %. Volume moyen traité/volume mesuré : 85 %. À 30 mois, la survie sans TH est à 72 % (66,9–75,4), 77 % et 85 % respectivement pour l'ensemble des patients, ceux avec PSA < 4,5 ng/ml et ceux avec SG £ 7 (3 + 4). Le PSA médian est de 0,66 ng/ml à 12 mois. La survie globale est de 96,7 % dont un décès spécifique. L'IPSS médian est à 7 (3–12) à 12 mois. Avant HIFU, 19 % des patients signalaient une incontinence ; à 12 mois, 16 % avaient 32 protections par jour. Le summary QLQ-C30 score médian fut de 91,7 (84,4–96,8) à 12 mois. Taux de complications Clavien-Dindo 33a : 19/531 = 3,57 % ; 4 fistules recto-urétrales, résolues dont un Bricker. Trente mois après HIFU de rattrapage post-RT, 72 % des patients ont été préservés d'un TH. L'étude des données selon le PSA et le score de Gleason pré-thérapeutiques fait espérer un meilleur résultat (jusqu'à 85 % de survie sans TH à 30 mois) lorsque, en présence d'une récidive biologique après radiothérapie, une recommandation orientera vers une prise en charge plus précoce.
ContexteL’injection peri-urétrale d’agents comblant est une option thérapeutique peu invasive pour l’incontinence urinaire d’effort (IUE).ObjectifNous présentons une revue de la littérature à propos des agents comblant dans le traitement de l’IUE, leurs indications et les différentes techniques d’injection.Matériel et méthodesLa revue a été réalisée selon la stratégie PRISMA en utilisant la base de données PubMed et les termes Mesh : « urinary », « incontinence » et « bulking ». Tous les articles publiés en français ou en anglais jusqu’à 29 juin 2020 ont été examinés. Les de toutes modalités ont été incluses et les listes des références ont été étudiées. La recherche a identifié 60 articles publiés entre 2001 et 2020. L’étude des listes des références a identifié 40 articles supplémentaires. Au total, 54 articles ont été retenus pour l’étude descriptive.RésultatsLes matériaux comblant utilisés actuellement sont le collagène réticulé par du glutaraldéhyde, les polymères de silicone, l’hydroxyapatite de calcium, le derme porcin, les billes de zirconium recouverts de carbone et l’hydrogel de polyacrylamide. Ils offrent des taux de guérison inférieurs par rapport à la chirurgie. C’est une alternative attirante pour les patientes qui refusent ou qui ne sont pas candidates aux interventions chirurgicales, ou après échec de ces dernières. Les voies d’injection para-urétrale et transurétrale sont pratiquées avec une efficacité comparable. Un contrôle échographique, radiologique ou endoscopique permet une meilleure précision et contrôle de la procédure. La voie para-urétrale nécessite un volume injectable plus important, avec un coût et un risque de complications supérieurs. L’efficacité des injections paraît supérieure lorsqu’elle est pratiquée en mi-urétral, en forme circonférentielle ou en fer à cheval.ConclusionL’identification d’un agent optimale est difficile. La sélection de l’agent dépend actuellement de la disponibilité du produit, la préférence du médecin, le coût et la facilité d’utilisation.
Background. - This survey assessed how much of a taboo surrounds urge or mixed urinary incontinence (UI), through questions to affected patients and healthcare professionals using online questionnaires, with the objective to contrast the patients' perceptions with that of the doctors. Methods. - This quantitative study was preceded by a qualitative phase carried out with general practitioners, specialists, and UI patients. Following these phases, questionnaires were made available on the internet. They covered questions pertaining to perceptions of UI, degree of embarrassment and its consequences, patient-doctor relationship, and treatments. Results. - Overall, 310 UI patients of male or female gender participated in the study, as did 101 general practitioners, 50 urologists, and 30 gynecologists. The analysis revealed that 60% of patients felt embarrassment about UI, the condition representing for them a taboo topic similar to cancer. This taboo was shown to be seen further enhanced by doctors. UI was associated with a loss of self-esteem (51%) and restriction to daily life (44%). The patients' answers revealed that UI was only brought up by doctors in 6% of cases, whereas the patient was the first to bring it up in 55%, primarily with their general practitioner (80%). Thus, in 4 out of 10 cases, the issue was not addressed; 49% of patients stated they did not discuss their condition with their partner and 33% did not discuss it with anybody. Conclusion. - UI is still a major taboo and we have a long way to go to change attitudes. (C) 2021 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
This survey assessed how much of a taboo surrounds urge or mixed urinary incontinence (UI), through questions to affected patients and healthcare professionals using online questionnaires, with the objective to contrast the patients' perceptions with that of the doctors.This quantitative study was preceded by a qualitative phase carried out with general practitioners, specialists, and UI patients. Following these phases, questionnaires were made available on the internet. They covered questions pertaining to perceptions of UI, degree of embarrassment and its consequences, patient-doctor relationship, and treatments.Overall, 310 UI patients of male or female gender participated in the study, as did 101 general practitioners, 50 urologists, and 30 gynecologists. The analysis revealed that 60% of patients felt embarrassment about UI, the condition representing for them a taboo topic similar to cancer. This taboo was shown to be seen further enhanced by doctors. UI was associated with a loss of self-esteem (51%) and restriction to daily life (44%). The patients' answers revealed that UI was only brought up by doctors in 6% of cases, whereas the patient was the first to bring it up in 55%, primarily with their general practitioner (80%). Thus, in 4 out of 10 cases, the issue was not addressed; 49% of patients stated they did not discuss their condition with their partner and 33% did not discuss it with anybody.UI is still a major taboo and we have a long way to go to change attitudes.3.
Erectile dysfunction varied by country, affecting between 20 to 40% of men aged 60 and 69 and more than 50% of men aged over 75. Our objective was to evaluate the habits of urologists in 2018 and also evaluate the need for additional, objective toots to aid physicians when providing care. A questionnaire was sent from the French Urology Association to 1158 physicians between November and December 2018. In all, 177 urologists (15.28%) took part in the study. Only 22% of urologists regularly used a questionnaire, such as the IIEF-5. When faced with erection problems, 56.5% of them did not carry out systematic cardiology evaluations. More than half of urologists requested fasting glucose, lipid and total testosterone levels. Twenty-seven percent did not carry out additional tests. First tine treatment included a phosphodiesterase 5 inhibitor in 81% of cases. Two thirds of urologists (78%) rated themselves as being correctly trained in the area of erectile dysfunction. However, only 49% systematically inquired about erection problems when faced with benign prostatic hyperplasia and 65% thought that erectile dysfunction was not treated optimally. Despite existing recommendations, only half of urologists carry out a cardiac evaluation when a finding of erectile dysfunction is made. One third of urologists do not request additional testing. Greater training, along with the use of an objective diagnostic tool could help urologists to optimise the care they provide for patients suffering from erectile dysfunction, allowing them to keep working within current guidelines. (C) 2020 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
Étude prospective multicentrique ouverte comparant l’efficacité carcinologique d’un traitement conservateur par ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU) à la prostatectomie totale (PT) pour adénocarcinome prostatique localisé de stades ISUP 1 (non éligibles à la surveillance active) et ISUP 2. Nous communiquons des données carcinologiques intermédiaires à 18 mois. De février 2015 à septembre 2019, 3364 patients (HIFU : 1988, PT : 1376) ont été inclus de façon prospective dans 42 centres. Âge médian : 74,6 vs 65 ; PSA médian : 7,11 vs 6,97 (p = 0,4) ; ISUP 1 : 0,39 ; ISUP 2 : 0,61. Objectif principal : survie sans traitement de rattrapage. Objectifs secondaires : bras HIFU : récidive biologique (RB) = PSA > Nadir + 2, PBP contrôle ; bras PT : R1, RB = PSA > 0,2 ng/mL. Objectif principal : à 18 mois, la probabilité de survie sans traitement de rattrapage est plus importante dans le bras HIFU comparé au bras prostatectomie HR = 0,31 IC95 % [0,23–0,42] soit un risque 3 fois plus élevé dans le groupe prostatectomie (p < 0,01). Objectifs secondaires : bras HIFU : récidives biologiques : 141 (10,6 %), PBP positives : 99 (7 %) ; bras PT : R1 = 25 % ; RB : 77 (9 %) à 18 mois. Ces données intermédiaires à 18 mois ne permettent pas encore une comparaison équitable des deux bras en raison d’un profil évolutif spécifique à chaque groupe. Concernant l’objectif principal, la radiothérapie de rattrapage est probablement indiquée plus précocement après PT en raison de décisions de principe en RCP face à des marges positives. Le suivi des données carcinologiques pendant 30 mois, prévu dans l’étude, est justifié.
Ileal orthotopic neobladder (IONB) reconstruction is the preferred urinary diversion among selected patients who have undergone radical cystectomy (RC) for bladder cancer (BCa). There is insufficient data regarding patients’ quality of life (QoL), sexual and urinary outcomes. Our objectives were to assess QoL in a multicentre cohort study, and to identify related clinical, oncological and functional factors. Patients who underwent RC with IONB reconstruction for BCa from 2010 to 2017 at one of the three French hospitals completed the following self-reported questionnaires: European Organization for Research and Treatment of Cancer (EORTC) generic (QLQ-C30) and bladder cancer specific instruments (QLQ-BLM30). To assess urinary symptoms, patients completed the Urinary Symptom Profile questionnaire (USP) and a three-day voiding diary. Univariate and multivariate analyses were computed to identify clinical, pathological, and functional predictors of global QoL score. Seventy-three patients completed questionnaires. The median age was 64 years and 86.3% were men. The median interval between surgery and responses to questionnaires was 36 months (range 12–96). Fifty-five percent of patients presented a high global QoL (EORTC-QLQC30, median score 75). A pre-RC American Society of Anesthesiologists score > 2, active neoplasia, sexual inactivity, and stress urinary incontinence were associated with a worse QoL. After a multivariate analysis, sexual inactivity was the only independent factor related to an altered QoL. Patients with IONB reconstruction after RC have a high global QoL. Sexual activity could independently impact the global QoL, and it should be assessed pre- and post-operatively by urologists.
BACKGROUND:Peyronie's disease is an inflammatory disorder of the penis, where scar tissue creates a plaque at the level of the albuginea, limits its extension, and leads to a bent and shorter penis during erections. There are no international standards for the evaluation and the treatment of the disease. The aim of this article is to review the current knowledge about the management of Peyronie's disease and to suggest an algorithm to help physicians evaluate and manage this condition.MATERIAL AND METHODS:A literature review was conducted through PubMed database following PRISMA guidelines using the Mesh terms: Peyronie, disease, treatment and diagnosis. Results are presented in a descriptive manner.RESULTS:Multiple treatment strategies have been proposed, but no conclusive randomized clinical trial is done to assess their efficacies. The oral treatment was shown to be more beneficial in the setting of a multi-modal approach to treat the acute phase. The non-steroidal anti-inflammatories and the potassium para-aminobenzoate are superior to the other molecules of oral therapy for pain management. Local treatment with topical verapamil, iontophoresis and intra-lesional injection of verapamil, interferon alfa-2b and collagenase clostridium histolyticum (CCH) revolutionized the management of the disease by the modification of the plaque size and angulation. Alternative treatments using extra-corporeal shock wave or traction devices are promising. Intra-lesional injection of CCH is the only therapy approved by the Food and Drug Administration for this condition after the stabilization of the disease. The channeling of the plaque before CCH injections is making better results than the initial protocol, concerning angulation improvement.CONCLUSION:Multiple therapeutic strategies exist for the management of the Peyronie's disease, but they lack evidence based data. Further randomized clinical trials are needed to evaluate the current practices and to study more efficient treatments.
Durant la pandémie COVID-19 les activités opératoires et de consultations ont été réduites. Des recommandations de modifications de pratiques ont été publiées par l'AFU sur la priorisation des procédures de diagnostic et des interventions. Une enquête a été faite auprès des urologues pour analyser leurs pratiques à l'issue de ces recommandations. Nous avons effectué une enquête en ligne parmi les urologues de France membres de l'AFU, après la diffusion des recommandations. Le questionnaire en langue anglaise avait été établi par la Société internationale d'urologie (SIU) dans le cadre d'une enquête à l'échelle internationale. Nous avons comparé les modifications déclarées par les urologues à celles proposées par les recommandations. Au total, 254 urologues français ont répondu. Quatre-vingt pour cent étaient âgés de plus 40 ans et 63 % exerçaient en secteur libéral. Soixante-six pour cent avaient restreint les consultations physiques et utilisaient la télémédecine. Cinquante et un pour cent des biopsies prostatiques étaient différées ; 81,5 % avaient restreint leur activité de bloc de plus de 75 %. Les RTU de vessies, cystectomies, néphro-urétérectomies, néphrectomies et prostatectomies étaient maintenues respectivement dans 91 %, 93,6 %, 87,7 %, 61,4 % et 51,2 %. Concernant les orchidectomies/pénectomies et les curages rétropéritonéaux ils étaient maintenus dans 95,2 % et 77,6 %. Les résultats de l'enquête révélaient globalement une pratique des urologues volontaires pour répondre, conforme aux recommandations du CCAFU. La limite de l'étude était que les items du questionnaire ne comprenaient pas la pratique des instillations endovésicales ni la programmation des cancers du rein ou de la prostate en fonction de facteurs pronostiques, contrairement aux recommandations.
Objectifs Etude prospective multicentrique ouverte comparant l’efficacite carcinologique et les consequences fonctionnelles d’un traitement conservateur par ultrasons focalises de haute intensite (HIFU) a la prostatectomie totale (PT) pour adenocarcinome prostatique localise de stades ISUP 1 (non eligibles a la surveillance active) et ISUP 2. Nous rapportons ici les EIG et resultats fonctionnels a 12 mois. Methodes De fevrier 2015 a septembre 2019, 3364 patients (HIFU : 1988, PT : 1376) ont ete inclus de facon prospective dans 42 centres. Âge median : 74,6 vs 65 ; PSA median : 7,11 vs 6,97 (p = 0,4). Les EIG ont ete transmis a l’Agence nationale selon les standards internationaux. Objectifs fonctionnels de l’etude : IPSS, continence (USP), fonction erectile (IIEF5), qualite de vie (EORTC QLQ-C30) a 12 mois. Resultats Les durees medianes d’hospitalisation initiale ont ete respectivement de 1 et 4 jours. Cinquante-trois EIG Clavien–Dindo ≥ IIIa : 32 HIFU (1,6 %) et 21 PT (1,5 %). Aucun risque prealablement inconnu n’a ete mis en evidence. Onze cas de fistules ont ete rapportes : bras HIFU : 3/1988 (1,5/1000) fistules (2 uro-digestives, 1 urinaire) ; bras PT : 8/1376 (5,8/1000) fistules (7 urinaires, 1 digestive). Tous les cas ont ete gueris. Vingt-trois deces ont ete enregistres et sont non imputables. Resultats fonctionnels (HIFU vs PT) : IPSS median : 4 vs 3, IPSS QdV median : 1 vs 1 ; continence score median : 0 vs 1 (p Conclusion Une proportion superieure de rehospitalisations a ete constatee apres HIFU. Plusieurs explications sont suggerees : l’âge plus eleve des patients, la duree d’hospitalisation initiale tres breve et la gestion non standardisee des accidents retentionnels. En dehors de l’IPSS, les consequences fonctionnelles (incontinence, dysfonction erectile) sont significativement moins importantes pour l’HIFU que pour la prostatectomie a 12 mois postoperatoires. La qualite de vie post-therapeutique des deux groupes reste elevee, et malgre une difference d’âge de pres de dix ans, est comparable.
La maladie de Lapeyronie (ML) est une maladie inflammatoire de la verge, qui entraîne la formation de plaques fibreuses cicatricielles de l’albuginé avec une courbure et un raccourcissement du pénis lors des érections. Il n’existe pas de standard international pour l’évaluation, le suivi ou le traitement de cette pathologie. Nous présentons dans cet article une revue de la littérature concentrée sur les stratégies thérapeutiques décrites. Un algorithme est suggéré pour faciliter l’évaluation et la prise en charge des patients. La revue de la littérature a été réalisée selon la stratégie PRISMA en utilisant la base de données PubMed et les termes Mesh : « Peyronie », « disease », « treatment » et « diagnosis ». Les résultats sont présentés d’une manière descriptive. Plusieurs traitements ont été proposés sans études randomisées prospectives englobant assez de patients. L’efficacité des thérapies par voie orale est supérieure dans le cadre d’une prise en charge multimodale de la phase aiguë de la maladie. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens et le para-aminobenzoate de potassium sont supérieurs aux autres molécules pour le contrôle de la douleur. Le traitement local par vérapamil gel, l’iontophorèse et les injections intra-lésionnelles de vérapamil, d’interféron alfa-2b et de collagénase clostridium histolyticum (CCH) ont révolutionné le traitement de la ML en modifiant la taille de la plaque et l’angulation du pénis. Les thérapies alternatives par traction ou par ondes de choc extracorporelles paraissent prometteuses. La CCH intra-lésionnelle est le seul médicament approuvé par l’agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA). Le tunellage de la plaque avant les injections de CCH améliore davantage l’angulation. Il existe une myriade de thérapeutiques non chirurgicales disponibles pour la prise en charge de la ML, mais les preuves scientifiques de leur utilisation sont faibles. Des études supplémentaires à grande échelle sont nécessaires pour évaluer les pratiques actuelles, et concevoir des traitements plus efficaces. Peyronie's disease is an inflammatory disorder of the penis, where scar tissue creates a plaque at the level of the albuginea, limits its extension, and leads to a bent and shorter penis during erections. There are no international standards for the evaluation and the treatment of the disease. The aim of this article is to review the current knowledge about the management of Peyronie's disease and to suggest an algorithm to help physicians evaluate and manage this condition. A literature review was conducted through PubMed database following PRISMA guidelines using the Mesh terms: Peyronie, disease, treatment and diagnosis. Results are presented in a descriptive manner. Multiple treatment strategies have been proposed, but no conclusive randomized clinical trial is done to assess their efficacies. The oral treatment was shown to be more beneficial in the setting of a multi-modal approach to treat the acute phase. The non-steroidal anti-inflammatories and the potassium para-aminobenzoate are superior to the other molecules of oral therapy for pain management. Local treatment with topical verapamil, iontophoresis and intra-lesional injection of verapamil, interferon alfa-2b and collagenase clostridium histolyticum (CCH) revolutionized the management of the disease by the modification of the plaque size and angulation. Alternative treatments using extra-corporeal shock wave or traction devices are promising. Intra-lesional injection of CCH is the only therapy approved by the Food and Drug Administration for this condition after the stabilization of the disease. The channeling of the plaque before CCH injections is making better results than the initial protocol, concerning angulation improvement. Multiple therapeutic strategies exist for the management of the Peyronie's disease, but they lack evidence based data. Further randomized clinical trials are needed to evaluate the current practices and to study more efficient treatments.