Les pathologies pulmonaires aspergillaires, dont la fréquence est sous-estimée, peuvent être de type saprophytique, allergique ou invasive et résultent de l’interaction de trois facteurs : le germe Aspergillus fumigatus (AF), l’intégrité ou pas de l’appareil respiratoire du patient ainsi que son statut immunitaire. Les manifestations cliniques s’étendent de la bronchite aspergillaire relativement bénigne et peu symptomatique au plan clinique et radiologique, à une pathologie fungique angio-invasive potentiellement létale. Différents types d’affections liées à AF peuvent parfois coexister ou se succéder chez le même patient selon son statut immunitaire et l’évolution des pathologies bronchopulmonaires sous-jacentes qui l’affectent. Les aspects tomodensitométriques caractéristiques de l’aspergillose chronique (aspergillome simple ou condensation excavée progressive associée à un épaississement pleural), de l’aspergillose angio-invasive (nodules et condensations avec signes du halo et/ou excavations) ou de l’aspergillose bronchopulmonaire allergique (bronchocèles proximaux pouvant contenir un mucus hyperdense) permettent au radiologue d’évoquer une pathogénie aspergillaire souvent difficile à établir cliniquement. Une connaissance séméiologique précise des anomalies scanographiques provoquées par Aspergillus fumigatus en fonction de l’hôte qu’il rencontre est indispensable pour dépister et traiter sans perte de temps les patients susceptibles d’être atteints par ces affections. The frequency of pulmonary affections secondary to Aspergillus fumigatus (AF) is underestimated and include saprophytic, allergic or invasive lesions. These depend on a combination of three different factors: the germ AF, the host immune status and the integrity or underlying lesions of the lungs or the tracheobronchial tree. Clinical manifestations vary from the relatively benign and poorly symptomatic nor specific tracheobronchitis to the potentially lethal angio-invasive aspergillosis. Different kinds of AF lesions might coexist in the same patient or vary overtime depending on the changes of the patient's immune status. CT scan characteristic appearances of pulmonary chronic aspergillosis (simple aspergilloma or progressing excavated apical consolidations with pleural thickening), of angio-invasive aspergillosis (solid nodules or masses surrounded by ground-glass shadowing) or of bronchopulmonary allergic aspergillosis (central bronchoceles containing hyper attenuating mucus) are specific enough for the radiologist to suggest the diagnosis which is often difficult to establish on clinical symptoms only. Recognising TDM abnormalities relative to the three main different kinds of AF fumigatus affections, in relation to their host pulmonary history and immune status, is mandatory to suggest the diagnosis and prompt the treatment without delay.
L’adénocarcinome bronchopulmonaire (ADK), cancer pulmonaire le plus répandu, se décline en de nombreuses formes anatomopathologiques et en différents degrés d’agressivité. Ses aspects tomodensitométriques sont multiples et miment souvent des processus bénins. Leur reconnaissance par le radiologue est primordiale pour instaurer surveillance et prise en charge optimales. Les progrès anatomopathologiques ont motivé, en 2011, une nouvelle classification internationale de l’ADK. Il peut se traduire par des nodules en verre dépoli, mixtes ou solides, des masses, des foyers de condensation hétérogènes ou des lésions kystiques aériques. Ces anomalies peuvent être uni- ou multifocales et parfois régresser transitoirement. Les formes multifocales, kystiques et pneumoniques, particulièrement trompeuses, ne font pas, pour l’heure, l’objet de recommandations officielles. Une surveillance est indispensable, la persistance ou progression des lésions doit motiver un avis en RCP. Les mesures de nodules doivent être réalisées sur des coupes scanographiques juxtamillimétriques, archivées pour le suivi. Les nodules sont analysés dans les trois plans et en fenêtre médiastinale à la recherche de composantes solides, calciques, liquidiennes ou graisseuses. La Fleischner Society a proposé, en 2017, des recommandations de suivi de ces nodules pulmonaires, rappelées dans le tableau synthétique joint. La surveillance peut être renforcée s’il existe des facteurs de risque oncologique (tabagisme, localisation lobes supérieurs, etc.). En cas de nodules multiples, le suivi doit correspondre à celui du nodule le plus suspect. Devant toute anomalie radiologique précitée, les recommandations du suivi doivent figurer dans la conclusion du compte rendu. Les aspects tomodensitométriques de l’adénocarcinome bronchique sont multiples, pouvant mimer des processus bénins. Devant toute anomalie radiologique évocatrice, les recommandations du suivi doivent figurer dans le compte rendu radiologique. Lung adenocarcinoma (ADK) is the most common lung cancer. Multiple pathological types and several degrees of aggressivity exist. The CT imaging features are numerous and sometimes mimic benign lesions. The radiologist must recognise these lesions in order to propose appropriate follow-up and medical care. Pathological advances have enabled a new multidisciplinary classification of lung ADK in 2011. Lung ADK can appear as ground-glass nodules, semi-solid or solid nodules, solid masses, heterogeneous consolidations or cystic areas. These abnormalities can be unifocal or multifocal, and sometimes transitorily regress. Multifocal, cystic and pneumonia-like adenocarcinomas are wildly misleading. Without any existing official recommendations, these lesions must be followed, and their persistency or evolution must be discussed at multidisciplinary meetings. Nodules should be measured on CT-scans with millimetric thin slices; these images should then be saved as a reference for comparisons on future surveillance imaging. A multiplanar analysis should also be made, as well as an analysis on mediastinal windows in order to assess for calcification, liquid or fat components. In 2017, the Fleischner Society proposed guidelines for the management of incidental pulmonary nodules detected on CT images, as summarised in the following table. Enhanced surveillance may be required in some patients in whom oncologic risk factors are found (smoking history, upper lobe location, etc.). In the event of multiple nodules, the larger or more suspicious nodule should be used as a guide to management according to the guidelines for solitary nodules. When confronted with any radiological abnormality aforesaid, the radiologist has to write follow-up recommendations in the radiology report. The appearances of lung adenocarcinoma are numerous and sometimes misleading as they can mimic benign lesions. For all indeterminate and suspicious radiological findings, recommendations for follow-up must appear in the report.
La sarcoïdose est la granulomatose systémique la plus fréquente, atteignant les poumons dans près de 90 % des cas. Elle est une des premières causes de fibrose pulmonaire. Son diagnostic repose sur l'association d'éléments cliniques, biologiques, radiologiques et histologiques, avec une place prépondérante de la tomodensitométrie. Certains signes typiques doivent faire évoquer une sarcoïdose : des adénomégalies paratrachéales et périhilaires volumineuses, des micronodules de distribution lymphatique ou des lésions fibrosantes à prédominance apico-postérieure. D'autres atteintes plus trompeuses peuvent néanmoins être rencontrées, comme un trappage d'origine bronchiolaire, un syndrome alvéolaire ou encore des masses excavées, responsables d'errances diagnostiques. Nous allons exposer ces tableaux scannographiques au travers d'une revue iconographique et bibliographique. La connaissance des lésions évocatrices peut permettre de poser le diagnostic de sarcoïdose, qu'elle soit typique ou de forme trompeuse. Sarcoidosis is the most frequent systemic granulomatosis, involving lungs in about 90% of patients. It is one of the main etiologies of pulmonary fibrosis. Diagnosis is suggested by association of clinical, biological, radiological and pathological features: thus, computed tomography of the chest is a key investigation. Some typical features suggest sarcoidosis, such as para-tracheal and hilar adenopathies, micronodules with perilymphatic pattern or upper lobes and posterior segments fibrosis. However, some misleading patterns can be seen such as airway involvement, alveolar syndrome or excavated masses. We will detail them in an iconographic and bibliographical review. The full knowledge of typical and atypical patterns allows appropriate diagnosis of sarcoidosis.
Intérêt de l’échographie dans le diagnostic et le suivi des infections cervicales profondes. Etude rétrospective de 37 enfants âgés de 1 à 12 ans (moyenne 4,2 ans), consultant en urgence pour un torticolis fébrile, parfois un refus du décubitus dorsal, une dysphagie ou une odynophagie. Tous les enfants ont bénéficié d’une échographie première, d’une imagerie en coupes, scanner (n=30) et/ou IRM (n=10) avec injection puis d’un suivi échographique. L’échographie a suspecté ou mis en évidence l’atteinte rétro ou latéro-pharyngée dans tous les cas. Le scanner ou l’IRM ont permis d’orienter la décision thérapeutique en : évaluant la topographie précise de la lésion, sa taille, différenciant un abcès rétro ou latéro-pharyngé (n=32) d’une cellulite rétro-pharyngée (n=10), recherchant d’éventuelles complications. La majorité des patients ont été traités médicalement, sans drainage, avec un suivi échographique (taille de la collection, complication vasculaire). L’évolution a toujours été favorable. outre sonintérêt dans le diagnostic des infections cervicales profondes, l’échographie réalisée par un opérateur expérimenté permet surtout un suivi fiable sous traitement.
A peripherally inserted central catheter (PICC) is a central venous access mostly used in France in the adult population, whereas it is only rarely used in the pediatric population. The main objective of this study was to analyze a cohort of children treated with PICCs inserted under radiological guidance. We conducted a single-center study in the Radiology department of Nice University Hospital and the Lenval Foundation Children's Hospital. During a 43-month period between November 2008 and June 2012, a total of 67 catheter placement attempts were performed in 57 pediatric patients aged from 7 months to 18 years. We achieved 95.5% technical success with a median procedure duration of 17min. Only 6% of the PICC placements required light intravenous sedation; all the others were performed using a combination of local anesthesia, EMLA cream, and equimolar mixture of oxygen and nitrous oxide (EMONO). Subjective scale analysis of pain during catheter insertion showed a median score of 2.1. Catheter life ranged from 1 to 210 days (median, 38.3 days) with the treatment fully completed in 75% of the cases. The overall complication rate was 18.7% (4.9 per 1000 catheter-days), largely dominated by mechanical complications (9.4%) such as accidental removal (6.2%) or catheter obstruction (3.1%). Infectious complications occurred in 7.8% of the patients. The duration of catheterization and the use of tape to secure the catheter significantly affected the occurrence of complications. Peripheral insertion of central catheters was highly feasible in infants and children. It is a simple, safe, and effective alternative to intravenous central devices in the pediatric population. The occurrence of complications, typically mechanical, must be reduced and prevented by strict management of this type of central line by the nursing team.