
Introduction Le carcinome papillaire de la thyroïde de faible risque représente aujourd’hui la forme la plus fréquente et la plus indolente du cancer thyroïdien. Si la chirurgie reste le traitement de référence, elle expose à des complications parfois définitives. L’ablation percutanée échoguidée s’impose depuis quelques années comme une alternative mini-invasive crédible, particulièrement adaptée aux microcarcinomes diagnostiqués fortuitement. Messages principaux Les données issues de plus de 5000 cas publiés démontrent que cette technique assure un excellent contrôle local, supérieur à 95 %, avec un taux de complications inférieur à 2 %. Son efficacité oncologique est comparable à celle de la chirurgie, à condition de respecter des critères de sélection stricts et de confier le geste à des opérateurs expérimentés. L’hydrodissection, qui consiste à injecter une solution protectrice entre la lésion et les structures adjacentes, joue un rôle essentiel pour la sécurité du patient. Conclusion L’ablation percutanée échoguidée constitue désormais une option thérapeutique sûre et efficace chez les patients présentant un carcinome papillaire thyroïdien de faible risque, sous réserve d’une concertation pluridisciplinaire et d’une expertise technique confirmée.
Introduction La symphyse pubienne est une articulation fibrocartilagineuse, site d’insertion de plusieurs muscles et tendons, jouant un rôle crucial dans la stabilité pelvienne. Cette zone peut être sujette à diverses pathologies à l’origine de symptômes inconfortables et invalidants. Données récentes L’imagerie actuelle permet une approche pertinente des pathologies touchant la région symphysaire, notamment les atteintes mécaniques, infectieuses, inflammatoires, systémiques et tumorales. Conclusion La connaissance de l’anatomie, des notions de biomécanique et les principales pathologies symphysaires sont indispensables pour orienter les approches diagnostiques et thérapeutiques.
Introduction Le traumatisme splénique constitue l’une des lésions les plus fréquentes en traumatologie abdominale fermée. La TDM injectée permet l’évaluation initiale des lésions (extravasation de contraste, blush, faux anévrisme, fistule artérioveineuse). Chez les patients hémodynamiquement stables, une stratégie conservatrice est privilégiée. L’embolisation splénique proximale et/ou distale occupe une place majeure dans ce contexte. Messages principaux En cas d’indication d’embolisation, la stratégie repose sur l’analyse combinée de la TDM initiale et de l’artériographie perprocédure. L’embolisation proximale (ESP) réduit le flux et la pression de perfusion splénique. Elle est indiquée pour les grades American Association for the Surgery of Trauma (AAST) supérieurs à III, ou les grades III avec hémopéritoine abondant. L’embolisation distale (ESD) traite de façon ciblée les lésions vasculaires focales par microcathétérisme. Toute lésion distale doit être traitée avant une ESP afin de préserver l’accès. La concertation pluridisciplinaire avec les équipes d’anesthésie-réanimation et de chirurgie est essentielle. Conclusion L’ESP diminue le risque de saignement secondaire et l’ESD assure un contrôle hémorragique efficace tout en préservant du parenchyme fonctionnel. Néanmoins, l’absence de consensus sur la place de l’embolisation prophylactique justifie la poursuite des travaux de recherche afin d’harmoniser les pratiques.
Introduction L’utilisation des produits de contraste iodés (PCI) en tomodensitométrie (TDM) abdominale et digestive est quotidienne et répond à des objectifs d’opacification vasculaire et d’analyse tissulaire. En l’absence de recommandations consolidées, la Société d’imagerie abdominale et digestive (SIAD), sous l’égide de la Société française de radiologie (SFR), a élaboré des directives visant à standardiser les protocoles d’acquisition et à optimiser le volume de PCI administré. Messages principaux Des protocoles d’acquisition sont définis pour chaque grande catégorie d’indication, précisant les phases (sans injection, artérielle vasculaire, artérielle tardive, pancréatique, portale, tardive) à réaliser en fonction du contexte clinique. L’optimisation du volume injecté repose sur plusieurs leviers complémentaires : modulation en fonction du poids corporel de la charge en Iode (charge minimale de 0,5g d’iode/kg), réduction du kilovoltage pour augmenter la visibilité de l’iode, usage de l’imagerie spectrale avec reconstruction à basse énergie, optimisation du débit d’injection et utilisation d’un bolus de rinçage. L’usage multipatient, désormais possible dans un cadre réglementaire défini (arrêté du 1er juin 2023), et les circuits de recyclage contribuent à réduire l’empreinte environnementale de l’activité d’imagerie. Conclusion La réduction du volume de PCI en TDM abdominale est réalisable sans sacrifice de la qualité diagnostique, à condition de respecter des seuils de rehaussement définis et d’utiliser les techniques d’optimisation disponibles. La résolution en contraste reste la priorité absolue.
Introduction L’expression « imagerie de la femme » est la seule dénomination radiologique non organofonctionnelle. Contrairement à l’imagerie thoracique, digestive ou génito-urinaire, elle désigne une spécialité par le genre de ses patients plutôt que par les organes ou fonctions explorés. Cet article propose une analyse critique de ce choix lexical, de son histoire, de ses manifestations visuelles et de ses effets discursifs. Messages principaux Le mot « femme » hérite d’une longue tradition médicale réduisant la santé des femmes à leurs organes génitaux et mammaires, résumée par l’aphorisme hippocratique « tota mulier in utero ». L’analyse iconographique des supports visuels de la spécialité révèle une mobilisation systématique de stéréotypes de genre (couleur rose, silhouettes féminines nues, poses lascives) absente des supports comparables en imagerie génito-urinaire. Au sens de la théorie austinienne des actes de langage, l’expression « imagerie de la femme » accomplit un acte performatif qui réduit involontairement le mot « femme » à des zones anatomiques limitées, tant pour les pairs que pour les patientes. Conclusion Renommer la spécialité « imagerie gynécologique et mammaire » ne remet en cause ni son existence, ni son contenu, ni l’engagement de ses praticiens. C’est un geste simple, cohérent avec la logique organofonctionnelle de toute la radiologie, et symboliquement puissant.
Introduction La non-pertinence des actes médicaux est un problème majeur de santé publique. Elle entraîne un risque de moins bonne prise en charge des patients et a un coût très important. La radiologie n’y échappe pas malgré les efforts effectués depuis de nombreuses années par la spécialité, notamment par l’élaboration d’outils d’aide à la décision. Messages principaux L’enjeu est non seulement de limiter les actes inutiles mais aussi de recourir à des actes non demandés mais utiles. Améliorer la pertinence ne doit donc pas être uniquement vu sous l’angle d’une économie budgétaire mais doit faire partie d’une amélioration globale de la qualité des soins. La formation des étudiants en médecine et leur sensibilisation à la notion de pertinence sont essentielles. Après un rappel des enjeux, cet article rapporte l’expérience d’un séminaire d’enseignement de la pertinence des actes proposés aux étudiants de fin de 2e cycle des études médicales. Ce séminaire repose sur l’analyse de 20 observations cliniques représentatives de quatre grands thèmes de la pratique médicale (céphalées, douleurs abdominales et pelviennes, douleurs thoraciques, troubles de la marche). Les étudiants restituent de manière interactive leurs analyses et leurs hypothèses à des patients partenaires, avec un focus sur la demande ou la non-demande d’examens complémentaires, notamment radiologiques. Une discussion est ensuite faite avec des radiologues et des experts cliniciens des autres spécialités concernés. Ce séminaire, qui est obligatoire, est très apprécié des étudiants et constitue une expérience intéressante de participation de patients partenaires à l’enseignement médical. Conclusion Il serait utile de proposer ce type de séminaire dans toutes les facultés de médecine, en espérant un impact à terme sur l’amélioration de la pertinence des actes, notamment radiologiques.
Introduction Le syndrome de Bean (blue rubber bled nevus syndrome) est un syndrome sporadique rare caractérisé par des malformations veineuses cutanées et viscérales, le plus souvent responsables de complications hémorragiques. Les patients présentent fréquemment des lésions cutanées bleues et molles (aspect de muffin à la myrtille : blueberry muffin), associées à de multiples malformations veineuses intestinales. Cet article rapporte un cas de rupture splénique grave compliquant une atteinte de la rate. Observation clinique La patiente était suivie depuis la naissance pour des malformations veineuses étendues du membre inférieur et du flanc gauche. L’évolution a été marquée à l’âge de 13 ans par la survenue d’un choc hémorragique secondaire à une rupture spontanée de la rate, ayant nécessité une splénectomie en urgence. Le diagnostic de syndrome de Bean a été retenu sur le tableau clinicoradiologique. Discussion Le syndrome de Bean associe des malformations veineuses multifocales, douloureuses, à risque de complications hémorragiques sévères. Il s’agit a priori du premier cas rapporté de rupture splénique spontanée dans cette maladie. Le traitement repose sur une prise en charge médicale et chirurgicale encore mal définie. Une splénectomie prophylactique pourrait être discutée en cas d’atteinte splénique à risque. Conclusion Ce cas illustre une complication rare mais grave de syndrome de Bean et souligne la nécessité d’une surveillance rapprochée des atteintes viscérales, notamment en imagerie.
Introduction L’embolisation artérielle transcathéter (EAT) des hémorragies digestives hautes (HDH) d’origine artérielle est indiquée après échec du traitement endoscopique. Le N-butyl cyanoacrylate (NBCA) est un agent d’embolisation liquide permettant l’obtention rapide et efficace de l’hémostase, y compris en cas de coagulopathie. Cet article propose une description pratique de l’EAT des HDH d’origine artérielle par NBCA, selon l’expérience du CHU de Dijon. Messages principaux L’injection intra-artérielle de NBCA, mélangé au Lipiodol® (iode), nécessite l’utilisation coaxiale d’un microcathéter. La concentration du mélange, permettant de moduler la vitesse de polymérisation, est ajustée selon l’objectif (embolisation proximale ou distale), le flux, la position du microcathéter par rapport à la lésion et le territoire vasculaire concerné. L’injection doit être réalisée sous contrôle fluoroscopique strict, après rinçage du microcathéter au sérum glucosé à 5 %, afin d’éviter toute polymérisation prématurée. Le reflux doit être évité. Des EAT ciblées ou empiriques peuvent être appliquées selon les données angiographiques et endoscopiques. Des concentrations élevées en NBCA sont utilisées pour l’artère gastroduodénale ou lorsque le microcathéter est proche de la lésion vasculaire ou après occlusion distale par un agent mécanique. Pour les artères gastriques ou gastro-omentales, une injection en flux libre avec des concentrations plus faibles est généralement privilégiée. Plusieurs méta-analyses rapportent des taux élevés de succès technique et clinique, et de très faibles taux de complications majeures. Conclusion L’EAT par NBCA est une technique efficace, rapide et sûre dans les HDH d’origine artérielle. Cet agent représente une bonne option, sous réserve d’une maîtrise technique rigoureuse.
Introduction La thermoablation des nodules thyroïdiens, qu’elle repose sur la radiofréquence, le laser, les micro-ondes ou les ultrasons focalisés, constitue aujourd’hui une alternative reconnue à la chirurgie pour le traitement des nodules bénins, autonomes ou non, et de certaines lésions malignes localisées. Messages principaux Si la technique est globalement sûre, elle n’est pas exempte de complications. Certaines, rares mais potentiellement graves, justifient une parfaite maîtrise des gestes techniques et une organisation rigoureuse autour de l’intervention. Ces recommandations, élaborées par un groupe d’experts de la Société française de radiologie (SFR), du Collège des enseignants en radiologie (CERF) et du Collège d’imagerie pour la recherche et l’enseignement en oto-rhino-laryngologie (CIREOL) visent à harmoniser la prévention, la détection et la prise en charge des complications liées à la thermoablation thyroïdienne. Le taux global de complications de la thermoablation thyroïdienne reste faible (environ 3,8 %, dont 1,4 % majeures). Leur prévention repose sur une formation adaptée, la maîtrise du geste technique incluant l’hydrodissection et l’interaction avec le patient non sédaté profondément. Les complications doivent être classées, documentées et gérées selon des protocoles standardisés. L’anesthésie générale est déconseillée car elle masque les signes d’alerte. L’usage des anti-inflammatoires non stéroïdiens est à proscrire en post-intervention. La surveillance clinique et échographique doit être systématique après l’intervention. Conclusion Ce consensus fournit des recommandations pratiques pour la prévention, le diagnostic et le traitement des complications liées à l’ablation thyroïdienne. Elle intègre les données internationales les plus récentes à l’expérience des centres experts nationaux afin de garantir une sécurité optimale des patients et une qualité irréprochable des interventions.
Introduction Ces recommandations définissent la préparation du patient, les paramètres techniques et les précautions de sécurité nécessaires à une thermoablation efficace et reproductible d’un nodule thyroïdien. Elles sont le fruit d’un travail commun entre la Société française de radiologie (SFR), le Collège des enseignants en radiologie de France (CERF) et le Collège d’imagerie pour la recherche et l’enseignement en oto-rhino-laryngologie (CIREOL). Messages principaux La radiofréquence, technique la plus utilisée et largement validée, est une alternative mini-invasive validée à la chirurgie thyroïdienne. Une ablation par micro-ondes est également possible. L’abord transisthmique et la technique de moving-shot améliorent la sécurité du geste. L’hydrodissection aide à protéger les structures cervicales non cibles. Le suivi échographique immédiat permet de détecter les complications précoces. Conclusion La thermoablation est une méthode sûre et efficace. Sa standardisation doit permettre d’améliorer la qualité des soins. Cette technique doit être diffusée au sein des équipes de radiologie interventionnelle.
Introduction Le pannus synovial odontoïdien, également appelé pseudotumeur rétro-odontoïdienne, correspond à une prolifération de tissu mou non néoplasique développée au voisinage du processus odontoïde de la 2e vertèbre cervicale (C2). La formation d’un pannus synovial peut résulter de différentes étiologies, les plus courantes étant la polyarthrite rhumatoïde et l’instabilité atlantoaxoïdienne (C1-C2). Observation clinique Cet article rapporte le cas d’un homme de 67 ans présentant depuis quelques jours une tétraparésie. L’imagerie (TDM, IRM) a objectivé un pannus synovial secondaire à une instabilité atlantoaxoïdienne secondaire à un odontoïde mobile. Discussion Parmi les causes de pannus synovial, l’instabilité atlantoaxoïdienne occupe une place importante. Qu’elle soit d’origine dégénérative, inflammatoire ou post-traumatique, cette instabilité favorise la formation d’un tissu fibro-inflammatoire rétro-odontoïdien. Ce pannus résulte d’une réaction chronique aux micromouvements anormaux entre C1 et C2. Son extension dans le canal rachidien peut entraîner une compression du tronc cérébral ou de la moelle spinale, se traduisant cliniquement par une myélopathie cervicomédullaire. L’identification précoce de cette complication est essentielle afin de prévenir des atteintes neurologiques irréversibles. Conclusion Ce cas souligne l’importance du diagnostic étiologique du pannus synovial dans le cadre préopératoire.
Introduction Le sarcome d’Ewing est une tumeur maligne à petites cellules rondes touchant principalement le squelette de l’enfant et de l’adolescent. Les formes extraosseuses sont rares et la localisation primitive surrénalienne demeure exceptionnelle. Le diagnostic préopératoire est difficile en l’absence de signes cliniques ou biologiques spécifiques. L’imagerie joue un rôle essentiel dans l’évaluation initiale sans toutefois permettre une certitude diagnostique. Observation clinique Un garçon de 11 ans présentait des douleurs abdominales progressives associées à une asthénie et une fièvre modérée. L’examen clinique retrouvait une masse ferme et douloureuse de l’hypocondre droit. Les bilans biologiques, incluant hormones surrénaliennes et catécholamines urinaires, étaient normaux. L’échographie objectivait une masse rétropéritonéale droite hétérogène, solide et liquidienne, vascularisée. La TDM confirmait l’origine surrénalienne, montrant une masse volumineuse hétérogène avec nécrose centrale, rehaussement périphérique intense et microcalcifications, sans extension locorégionale ni métastases. L’IRM mettait en évidence une composante solide hypercellulaire avec restriction de diffusion et rehaussement progressif. La scintigraphie à la méta-iodo-benzylguadinine était négative. Une exérèse complète a été réalisée. Discussion L’étude anatomopathologique et immunohistochimique (CD99 et NKX2.2 positifs) confirmait le diagnostic de sarcome d’Ewing. L’infiltration capsulaire et les emboles vasculaires ont conduit à une chimiothérapie adjuvante associée à la radiothérapie. L’évolution a été marquée par la survenue secondaire de métastases osseuses et pulmonaires. Le diagnostic repose sur une approche multidisciplinaire, l’imagerie ne permettant pas de distinguer formellement cette tumeur des autres masses surrénaliennes pédiatriques. Conclusion Le sarcome d’Ewing primitif de la glande surrénale est une tumeur exceptionnelle chez l’enfant et doit être intégré au diagnostic différentiel devant une masse surrénalienne volumineuse non fonctionnelle.
Introduction Le syndrome du tunnel radial est l’expression sensitive de la compression de la branche profonde du nerf radial au coude. Le symptôme est une douleur antérolatérale du coude d’allure neuropathique, qui ne répond pas à la clinique, ni aux examens paracliniques et au traitement d’une pathologie tendineuse. Messages principaux Les sites de compression au tunnel sont définis au nombre de cinq, mais il existe également des cas de mécanosensibilité, où le nerf souffre par étirements-allongements répétitifs. La prise en charge non chirurgicale peut consister en une hydrodissection au dextrose, qui consiste à lever la compression des tissus périnerveux, avec du dextrose, exempt de tout effet indésirable. Conclusion L’hydrodissection non sélective et complète du tunnel radial permet de soulager les douleurs neuropathiques du versant antérolatéral du coude de façon sécuritaire et avec une bonne efficacité clinique.