L'objectif de ce travail est de déterminer si l'utilisation d'une pompe à insuline ambulatoire peut apporter une solution. 195 patients DT2 mal équilibrés (HbA1c > 8 %) malgré un traitement optimisé par multi-injections sont traités par pompe à insuline ambulatoire et suivis 3 ans dans le cadre d'une étude multicentrique observationnelle prospective. 195 patients DT2, âgés de 58 ± 10,2 ans, 51,8 % d'hommes et 48,2 % de femmes, diabétiques depuis 17,3 ± 9 ans, mal équilibrés (HbA1c : 9,07 ± 1,8 %) malgré un traitement optimisé par 3,6 injections d'insuline/jour ont été inclus. Les résultats sont notés à 1/2/3 ans pour 195/117/76 patients et sont rapportés aux résultats de base (T0) pour l'HbA1c : 7,66 ± 1,15/7,78 ± 1,3/7,79 ± 1,16 ; ΔHbA1c : − 1,40/− 1,28/− 1,27 %. Après 3 ans, 36,4 % ont une HbA1c < 7,5 %, 42,9 % ont une diminution d'Hba1c < 0,3 % (échec) et 32,9 % > 1 % (succès). Les groupes succès/échec sont caractérisés par un âge moyen de 59,2/57,9 ans, une ancienneté du diabète moyenne de 15,9/19,5 ans et un IMC moyen à l'inclusion de 34,8/35,1 kg/m2. Le poids est noté 96,2 ± 20,6/96,9 ± 20,6/99,7 ± 20,9 kg ; Δpoids : + 2,5/+ 3,2/+ 6 kg. L'IMC est noté 34,7 ± 6,7/34,7 ± 6,7/35,8 ± 7,1 kg/m2 ; ΔIMC : + 0,8/+ 0,8/+ 1,9 kg/m2. La fréquence des hypoglycémies sévères est nettement diminuée de 31 (T0) à 1 (T3). L'évolution des besoins en insuline est notée 0,86/0,86/0,78 U/kg/j, Δbesoins : − 0,35/− 0,35/− 0,43 U/kg/j. En cas d'échec d'une insulinothérapie optimisée chez le DT2, un traitement par pompe à insuline peut apporter des résultats métaboliques efficaces et prolongés, avec diminution des doses d'insuline et réduction des hypoglycémies sévères, mais prise pondérale notable, nécessitant un renforcement du suivi diététique.
On estime à 20 à 30 % le pourcentage de résidents en Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD) qui présentent un diabète sucré. Il s’agit souvent de patients lourds, fragiles, polypathologiques, parfois atteints de troubles cognitifs majeurs. À ces âges, et dans ce contexte, le contrôle strict du diabète passe au second plan par rapport à la prévention des risques de chute, de dénutrition, de sarcopénie et de déclin cognitif, ainsi qu’à la prévention des accidents métaboliques aigus. La rédaction d’un Plan de Soins Personnalisé permet de fixer les objectifs à atteindre pour un patient donné, d’adapter le traitement antidiabétique au cas par cas, et de préciser les modalités de la surveillance au quotidien. À partir des données de la littérature et de leur expérience professionnelle, un groupe multidisciplinaire d’experts du Grand Est français propose les modalités d’une prise en charge diabétologique adaptée au sujet diabétique âgé en EHPAD, centrée sur la sécurité du patient.
Un traitement par pompe à insuline S/C ambulatoire (PIA) peut être une option thérapeutique en cas d'échec de l'insulinothérapie optimisée chez les diabétiques insulino-requérants (DIR), mais les résultats obtenus sont-ils satisfaisants et durables ? Nous rapportons l'évolution annuelle (T0-T1-T2-T3ans) des 55 premiers patients d'une cohorte de 200 DIR, mal équilibrés [(HbA1c ≥ 8 %) : 9,1 % ± 1,8 %] malgré une insulinothérapie optimisée (3,3 ± 1,5 injections/j) et, de ce fait, traités par PIA, ayant un suivi métabolique à 3 ans. 19 patients (9,5 %) ont arrêté le traitement par PIA. L'Hba1c diminue et se maintient à 3 ans (T0-T1-T2-T3) : 8,6–7,5–7,7–7,6 % ; ΔT0/T3 = -1,01 ± 1,69 %), tandis que la fréquence des patients avec HbA1c8,5 % diminue de T0 (43,1 %) à T3 (14,8 %). Une hypoglycémie sévère a été observée chez 3 patients à T0, aucune sous pompe. Est notée une prise pondérale avec un poids (kg) de : 95,2–98,1–97,8–99,8 kg, ΔT0/T3 = +4,7 ± 8 kg, et un IMC : 34,1–35,5–35,3–36 kg/m2 ΔT0/T3 = +2,03 ± 3,1 kg /m2 avec une répartition (%) IMC 35 kg/m2 de 25,5–31,4–43,1 à T0, 18,4–32,6–49,0 à T1, 18,0–40,0–42,0 à T2 et 20,8–26,4–52,8 % à T3. Les besoins en insuline nécessaire évoluent de 1,04 ± 0,5 avant pompe à 0,81, 0,81, 0,76 U/kg/j, ΔT-1 / T3 :–0,28 U/kg/j (-27 %). Le recours à un traitement par pompe à insuline chez le DIR en échec malgré une insulinothérapie optimisée permet une amélioration objective du contrôle métabolique, une réduction des doses d'insuline, malgré une prise modérée de poids, résultats ne se dégradant pas au fil du temps.
Diabetes & Metabolism - In Press.Proof corrected by the author Available online since mercredi 29 mai 2013
AIM:The study evaluated the in-hospital prevalence of diabetes and hospital-related hyperglycaemia in a variety of French general wards.METHODS:The multicentre cross-sectional study involving nine French hospitals measured venous fasting plasma glucose (FPG) on a single day in patients hospitalized in adult medical and surgical short-term wards. Diabetes status and length of stay were recorded.RESULTS:Of the 2141 inpatients included in the study, 355 (16.5%) had known diabetes, 156 (7.3%) had screened diabetes (FPG ≥7 mmol/L with no diabetes history), 515 (24.1%) had impaired fasting glucose (IFG; FPG 5.5-6.9 mmol/L) and 1115 (52.1%) had normal glucose values (FPG < 5.5 mmol/L). Diabetes prevalence varied from 11% in hospitals in the west of France to 21% in hospitals in northern and eastern regions. The highest known diabetes prevalence was observed in units for cardiovascular surgery (33%), infectious diseases (27%) and kidney disorders (26%). In cancer units, one-fifth of patients had screened diabetes and one-sixth had known diabetes. Among the known diabetes patients, 127 (36%) were already being treated with insulin, while an additional 41 (12%) started insulin therapy during their hospital stay. Patients with known and screened diabetes were older (70.8 ± 12.2 and 71.1 ± 15.6 years, respectively) than the normal-glucose patients (65.6 ± 18.9 years; P<0.001). Average length of stay was no different between known diabetes and normal-glucose patients after adjusting for age (11.3 ± 7.7 vs 10.0 ± 7.4 days; NS).CONCLUSION:Overall, metabolic glucose disorders (known or screened diabetes and IFG) were found in 48% of inpatients in various French hospital general wards.
Quels sont les bons candidats à un traitement par pompe à insuline (PI) en cas d'échec d'une insulinothérapie conventionnelle chez le diabétique insulino-requérant (DIR) ? Nous étudions quels éléments, à la pose d'une PI chez des patients DIR en échec d'insulinothérapie optimisée (HbA1c : 9,07 ± 1,81 %), suivis à 1 an (N = 169) et à 2 ans (N = 119), pourraient être prédictifs de succès ultérieur. Les DIR ont été répartis en quartiles selon l'âge, ancienneté du diabète, HbA1c, IMC, besoins en insuline à T0, et les quartiles extrêmes comparés sur l'évolution d'HbA1c à 1 et 2 ans. Nous avons également étudié le profil de base (T0) des patients en échec (HbA1c < − 0,3 %) et en succès (HbA1c ≥ −1 %) de pompe à 1 an. Après 1 an, aucun élément significatif n'est retrouvé pour âge (< 54 vs ≥ 65 ans, ancienneté diabète (< 10 vs ≥ 21 ans, IMC (< 29,4 vs 37,3 kg/m2, dose insuline (< 0,72 vs ≥ 1, 47 U/kg/j. Le taux d'HbA1c basal (T0) est très discriminant (< 7,8 vs ≥ 9,9 %) :– 0,03 ± 0,7 vs– 3,1 ± 2,2 % à 1 an et +0,2 ± 1,1 vs– 3,5 ± 1,8 % à 2 ans– p < 0,0001, tandis que l'HbA1c est de 6,8 vs 8,2 % (1 an-p = 0,009) et de 7,1 vs 7,9 % (2 ans-p = 0,046) Le profil de base (T0) (HbA1c/1 an : échec (E) <– 0,3 %– succès (S) ≥–1 %) n'est pas différent pour âge, ancienneté diabète, IMC. Seule l'HbA1c basale est différente (8 ± 1,3 vs 10 ± 1,6 %– p < 0,001) ainsi que la progression des besoins en insuline lors de la 1°année (0,72 ± 0,3 vs 0,87 ± 0,3 U/kg/j-p = 0,02) Un franc succès peut être obtenu sous pompe à insuline, en cas d'échec d'une insulinothérapie optimisée chez le DIR, essentiellement chez les patients avec HbA1c élevée de base, seul élément a priori discriminant ; par la suite, une adaptation suffisante de la dose d'insuline est nécessaire.
L'échec d'une insulinothérapie optimisée chez le diabétique de type II (DT2) peut justifier un traitement par pompe ambulatoire à insuline s/c (PAI). Les résultats obtenus sont-ils probants et durables sur le plan métabolique ? 180 DT2, 47 H/38 F, âgés de 58,7 ans, diabétiques depuis 17,3 ans, mal équilibrés (HbA1c = 8 % − 8,9 % ± 1,8 %) malgré une insulinothérapie optimisée (3,38 ± 0,4 injections/j) sont traités par PAI. 87 DT2 bénéficient d'un suivi métabolique à deux ans : T0 − T1 (an) − T2 (ans) − T0/T2. A été étudiée l'évolution de l'HbA1c : 8,86 ± 1,8 −, 7,66 ± 1,3 % (−1,17 %) et du pourcentage d'HbA1c 7 % : 12,6 − 29,1 − 28,9 %. La proportion des DT2 à HbA1c 7,5 % augmente entre T0 (24 %) et T2 (45,8 %). La baisse de l'HbA1c est médiocre < 0,5 %, moyenne 0,5 = 1 %, bonne > 1 %, on note à T0 : 11, 3 %, 33,8 %, 54,9 %; à T1 : 10, 1 %, 62,0 %, 27,9 %, à T2 : 12, 2 %, 58,1 %, 29,7 %. Une hypoglycémie sévère est observée chez 4 patients à T0, 0 à T1 et 2 à T2. L'évolution pondérale T0−T1−T2 retrouve un poids (kg) de : 96,3 ± 20,2 − 99,6 ± 20,6 − 98,0 ± 20,7, T0/T2 +1,1 ± 12,4 kg, un IMC (kg/m2) de : 34,3 ± 6,2 − 35,4 ± 6,5 − 34,8 ± 6,8 avec une répartition (%) IMC < 30, 30 35, > 35 kg/m2 de 25,3 − 32,5 − 42,2 à T0, de 20,5 − 33,3 − 46,2 à T1, de 21,3 − 35,0 − 43,7 à T2, T0/T2 +0,27 ± 3,6. La dose d'insuline nécessaire (U/kg/j) est de 1,22 ± 0,78 avant pompe, 0,84 ± 0,3 à T1, 0,92 ± 0,5 à T2, T−1/T2 : − 0,33 (−25 %). Chez le DT2, un traitement par pompe à insuline ambulatoire apparaît comme une alternative intéressante lors de l'échec d'une insulinothérapie optimisée, avec une amélioration franche (−1,2 % d'Hba1c) et prolongée sans prise de poids excessive (+ 1,1 kg) avec une réduction franche des hypoglycémies et de la dose d'insuline (−25 %) nécessaire à l'équilibre.
L’évolution des technologies de suivi et de traitement du diabète de type 1 repose, en particulier, sur la mesure continue du glucose couplée à la perfusion continue d’insuline par pompe. Nous rapportons une étude pilote menée chez des patients diabétiques de type 1 à haut risque d’hypoglycémies sévères, bénéficiant du nouveau système de pompe à insuline et capteur de glucose avec la fonction arrêt automatique en cas d’hypoglycémie (AAH). Cette étude multicentrique a porté sur 14 patients, sur une période de temps allant de quelques jours à plusieurs semaines. Treize patients sur 14 ont présenté au moins un épisode d’AAH, soit un total de 221 événements AAH et une incidence cumulée de 0,36 AAH/patient/jour. La fréquence médiane est de 0,15 AAH/jour. La majorité des AAH a duré moins de 5 minutes, mais 12 % des AAH se sont prolongés sur une période maximale de 120 minutes. Ils représentent 8 % des AAH diurnes (6h00-minuit) et 32 % des AAH nocturnes (minuit-6h00) (p<0,0001). Trente pourcents des AAH de 120 minutes se sont poursuivis sans réaction du patient. Enfin, la réponse glycémique après arrêt de la pompe sur 120 minutes a été jugée cliniquement acceptable, avec une valeur à 79 (40–215)mg/dl après 2 heures d’arrêt du débit de base d’insuline et à 151 (80–369)mg/dl après 2 heures de reprise du débit basal. Au total, la fonction AAH du système couplé pompe à insuline et capteur de glucose apparaît cliniquement utile chez des patients à haut risque hypoglycémique, notamment sur la période nocturne. Cette fonction ne se traduit pas par un risque accru de décompensation glycémique ultérieur.
L'optimisation d'une insulinothérapie entraîne souvent une inflation des doses d'insuline génératrice d'hypoglycémies parfois sévères et de majoration de la prise pondérale. 87 patients DT2 avec insulinothérapie optimisée en échec (3,4 +/−1,4 injections/j − HbA1c = 8 % − moyenne 8,9 %) ont bénéficié d'un traitement par une pompe à insuline ambulatoire s/c. Les pompes à insuline utilisées sont : Medtronic (74,7 %), Cozmo (13,3 %), Accu-Check (7,2 %) et Animas (4,8 %). Les cathéters utilisés sont à 59 % les Quickset. L'évolution des doses d'insuline avant pompe (T-1), à la mise sous pompe (T0), à 1 an (T1), à 2 ans (T2) et le T-1-T2 ont été étudiés. La dose totale d'insuline (U) est de T-1 : 120 ± 78, T0 : 86 ± 63, T1 : 86 ± 41, T2 : 8 7,8 ± 50,2; le delta est de −28 ± 75 et en U/kg/j, T-1 : 1,2 ± 0,8, T0 : 0,8 ± 0,5, T1 : 0,8 ± 0,3, T2 : 0, 9 ± 0,5; le T-1/T2 est de −0,33 ± 0,85/−25%. La répartition basal/bolus est : T0 40/45 (47–53 %), T1 46/40 (53–47 %), T2 48/40 (55–45 %). Le nombre de débits de base à T0/T2 est 1 : 36,6 %−22,8 %, 2 : 48,8 %−77,2 %, 3 : 8,5 %−0 % et > 3 : 6,1 %−0 % avec un nombre moyen de 1,9 ± 1 (T0); 1,8 ± 0,4 (T1); 1,77 ± 0,4 (T2). La répartition évolutive (%) des DT2 selon la dose d'insuline (U/kg/j) est à T2 de < 0,5 : 93,4 %; [0,5–1] : 3,3 %; > 1 : 3,3 %. En conclusion, on observe une réduction franche (−25 %) et maintenue à 2 ans, des besoins en insuline sous pompe s/c ambulatoire succédant à une insulinothérapie optimisée, avec une répartition 55/45 % basal/bolus, et un nombre très modéré (1 ou 2) des débits de base.
L'intérêt d'un traitement par pompe à insuline chez le DT2 Insulino Requérant (DIR) reste controversé. Nous étudions ainsi l'évolution sous pompe à insuline sous-cutanée ambulatoire, de 172 DIR mal équilibrés (HbA1c > 8 %) malgré une insulinothérapie optimisée (3 injections ± 0,7/j). 88 patients sont analysés après 1 an de suivi (le traitement par pompe a été arrêté chez 8 patients) : 54 % F/46 % M, âge 58 ± 10 ans, ancienneté du diabète : 17,5 ± 8,7 ans, IMC : 34 ± 5,7 kg/m2. Sous pompe (à 1 an), l'HbA1c diminue de 9,1 ± 1,9 à 7,7 ± 1,7 % (−1,4±1,9 % - p < 0,0001) : 47 % ont une HbA1c < 7,5 %, 27 % ont une diminution < 0,5 %, 15 % > 0,5 et < 1 %, 56 % > 1 %. Le poids évolue de 94 ± 18 kg à 97,5 ± 14 kg (+3,5±5,4 kg - p < 0,0001) dont 42 % < 2 kg et 37 % > 5 kg. La dose d'insuline nécessaire avant pompe est de 1,09 ± 0, 53u/kg/j, à To (après mise sous pompe) de 0,83 ± 0,32 (−0,26±0,44 - p < 0,001) et à 1 an de 0,91 ± 0,33 u/kg/j (−0,21 ± 0,4 - p < 0,001). 12 patients présentaient à l'inclusion des hypoglycémies sévères, aucune hypoglycémie sévère n'est notée à 1 an. Si on compare à 1 an les DT2 répondeurs (baisse d'HbA1c 1 %) vs non répondeurs (HbA1c < 0,5 %), on note un HbA1c (To-T12mois) significatif : −2,4 ± 1,7 vs +0,5 ± 0,8 % - p < 0,001, mais n'est retrouvée aucune différence pour poids : 4,5 ± 5,5 vs 1,7 ± 4,6 kg - ns, ni pour dose insuline : 0,18 ± 0,47 vs 0,33 ± 0,36 u/kg/j - ns, ni pour hypoglycémie sévère (0). Chez des patients diabétiques de type 2, dont l'insulinothérapie conventionnelle optimisée est un échec, un traitement par pompe à insuline ambulatoire mérite d'être envisagé sans que pour l'heure ne soient mis en évidence, des facteurs de réussite.
Rapporter les premières expériences françaises de la pompe externe à insuline Paradigm® VeoTM (Medtronic®). Cette pompe couplée à un capteur de glucose intègre une fonction d'arrêt automatique en cas d'hypoglycémie (AAH). En l'absence d'intervention extérieure, l'administration d'insuline basale est suspendue pour une durée de 120 min. Étude rétrospective multicentrique portant sur 14 patients diabétiques de type 1 (2 hommes, 12 femmes) âgés en moyenne de 39,7 ans (12 à 61 ans) avec une durée de diabète de 21,9 ans (8 à 44 ans), sélectionnés sur des critères d'hypoglycémies non ressenties ou sévères ou de diabète instable (HbA1c entre 6,1 et 10,1 % ; moyenne 8,2 %). Le seuil glycémique retenu pour le déclenchement de l'AAH est en moyenne de 50 mg/dl (40 à 60 mg/dl). Les données ont été receuillies par téléchargement des enregistrements de la pompe via le logiciel CareLinkTM Pro. La durée de port de la pompe varie de 6 à 158 jours (moyenne 51 jours, durée cumulée 714 jours) et celle de port du capteur de 5,7 à 150,6 jours (moyenne 43,5 jours, durée cumulée 609,6 jours). Treize des 14 patients ont présenté au moins un AAH. L'incidence est de 0,36 arrêt/patient/jour avec un maximum de 1,8 arrêts/jour pour une patiente. 18,6 % des alarmes AAH n'ont pas suscité de réaction des patients dans les deux minutes suivantes. Ce taux atteint 60,5 % en période nocturne (entre minuit et 6 h) vs. 9,8 % en période diurne. Les AAH de 120 min représentent 11,8 % des arrêts : 31,6 % des arrêts nocturnes vs. 7,7 % des arrêts diurnes. Après suspension de 120 minutes, la médiane glycémique est de 79 mg/dl et atteint 173 mg/dl 3 h après reprise du débit basal. Ce travail préliminaire souligne l'utilité du couple pompe-capteur avec fonction AAH chez des patients diabétiques de type 1 afin de réduire le risque d'hypoglycémies non ressenties, sévères ou prolongées, notamment en période nocturne.
Un très bon contrôle métabolique est souvent difficile à obtenir chez les DT2 insulino-requérants (DIR) et ce malgré une optimisation de l'insulinothérapie par multi-injections. Un traitement par pompe ambulatoire sous/cutanée peut-elle permettre un contrôle métabolique général satisfaisant ? 161 patients DIR mis sous pompe ambulatoire s/c devant l'échec d'une insulinothérapie optimisée (HbA1C ≥ 8%) sont suivis dans le cadre d'une enquête observationnelle dont 55 depuis au moins un an (âge moyen : 58 ± 10 ans, sex ratio : 1,01, IMC : 34 ± 6 kg/m2). Nous avons considéré comme bon contrôle métabolique (BCM) les patients présentant une baisse ≥ 10 % d'HbA1C par rapport au taux initial (29 patients), n'ayant pas pris plus de 2 kg par point d'HbA1C perdue (19 patients) et n'ayant pas présenté d'hypoglycémie sévère (55 patients - 100 %). 16 patients (30 %) présentent ce critère composite de bon contrôle (gr BCM) et ont été comparés aux autres patients (gr autres DT2 - n = 39/70 %). Il n'y a pas de différence entre les deux groupes (gr BCM vs autres DT2) pour âge (62 ± 6 vs 57 ± 1,1 ans), sexe (M : 56,44 vs 49,51 %), poids : (92 ± 16 vs 96 ± 20 kg), la fréquence des hypoglycémies avant infusion (n = 6 vs 5), la dose d'insuline/jour : (0,76 ± 0,3 vs 0,83 ± 0,32 u/kg/jour). L'HbA1C était plus élevée a T0 : 10 ± 2,34 vs 8,78 ± 1,51 % - P < 0,05 chez le gr BCM. L'évolution sous pompe à insuline après 1 an de suivi retrouve (gr BCM vs autres DT2) significativement une prise pondérale moindre : 0,37 ± 3 vs 4,36 ± 5,9 kg – P < 0,005, une baisse d'HbA1C supérieure :−2,24 ± 1,65 vs −0,62 ± 1,58 % – P < 0,004 (HbA1C à T12 mois = 7,76 ± 2 vs 8,16 ± 1,5 %), l'absence d'hypoglycémies sévères (N = 0 vs 0 - ns). La différence entre la dose d'insuline avant et à un an après pompe (U/kg/j) est différente : 0,42 ± 4 (−45 %) vs 0,73 ± 0,4 (− 12 %)- P < 0,02. Chez les DIR mal équilibrés malgré une optimisation de l'insuline conventionnelle, un traitement par pompe ambulatoire s/c permet une amélioration franche de l'HbA1C avec une stabilité du poids sans hypoglycémie sévère chez 30 % des patients (50 % ont une diminution de l'HbA1C > 10 % par rapport au taux initial). Une diminution rapide et franche des besoins en insuline, lors du passage insulinothérapie conventionnelle - pompe à insuline, semble un bon gage de succès ultérieur.
88 patients DT2 insulino-requérants en échec bénéficient d'un traitement par pompe à insuline ambulatoire s/c. Nous avons étudié les résultats obtenus selon l'importance de 3 critères : HbA1c, poids, dose d'insuline avant et 1 an après la mise sous pompe. Nos patients sont âgés de 58 ± 10 ans, le sex ratio est de 1.08, l'ancienneté du diabète : 17,5 ± 8,7 ans, et l'IMC : 34 ± 5,7 kg/m2. Les résultats sont analysés selon les données initiales de l'HbA1c, du poids et de la dose d'insuline nécessaire à T0 et à 1 an : moyenne globale et étude par terciles. Pour l'HbA1c, la moyenne à T0 est de 9,1 ± 1,9 %. A T1 an la baisse de l'HbA1c a été de −1,4 ± 1,9 % - p < 0,0001 et selon les terciles d'HbA1c : < 8 % (n = 21) : −0,19±1,14%, >8- < 9,5 % (n = 27) : −0,89±1,02%, >9,5% (n = 24) : −2,97 ±2%. Pour le poids, la moyenne à T0 est de 94 ± 18 kg. A 1 an, l'évolution moyenne est de +3,5 ± 5,4 kg - p < 0,0001 et selon les terciles de l'IMC initial : < 30 kg/m2 : +3,93 ± 3 kg (n = 15) ; > 30 - < 35 kg/m2 : +2±4,9 kg ; > 35 kg/m2 : +5,19±6,7 kg (n = 26) p < 0,005 (à noter une dissociation entre terciles du poids et évolution de l'HbA1c : −1,1 ± 2 ; - 1,2 ± 1,6 ; −1,63±2 % - ns). Pour la dose d'insuline, la moyenne à T0 est de 1,09 ± 0, 53u/kg/j. A 1 an, l'évolution moyenne est de −0.21 ± 0.44-u/kg/j - p < 0,0001, et selon les terciles de la dose d'insuline : < 0, 8u/kg/j : −0,17 ± 0,22 (n = 19) ; > 0, 8- < 1, 2u/kg/j : −0,16 ± 0,26 (n = 27) ; > 1,2 u/kg/j : −0,59 ± 0,47 (n = 22) - p < 0,0001. Les résultats obtenus sont d'autant plus brillants que la situation métabolique est plus médiocre et que l'insulinorésistance est importante, quels que soient le poids et son évolution. Cette dernière est médiocre si l'IMC initial est > 35 kg/m2. De même, la baisse glycémique est moins importante si l'HbA1c initiale est < 8 %.
Le contrôle glycémique du diabétique de type 2 (DT2) insulino-requérant peut s'avérer difficile à obtenir et ce malgré une optimisation du traitement conventionnel insulinique. Une infusion d'insuline par pompe s/c ambulatoire peut-elle répondre à ce défi ? Dans ce sens, une enquête observationnelle a été menée auprès de 28 centres hospitaliers et 145 patients DT2. Nous disposons d'un suivi d'au moins 1 an pour 54 patients DT2 insulino-requérant, 29 femmes et 24 hommes (Sex. Ratio F/H : 1,2), âgés de 57 ± 12 ans, diabétiques depuis 16 ± 9 ans, avec IMC moyen de 33,7 ± 6 kg/m2, présentant un mauvais contrôle métabolique défini par une HbA1C > 8 % (moyenne : 9,2 ± 2 %), et ce, malgré une optimisation par 3,4 ± 1,3 injections d'insuline/jour (27 % à 3 et 55% à 4 ou +) avec dose totale d'insuline/jour de 1,08 ± 0,6 U/kg. Ils ont bénéficié d'un traitement par pompe à insuline s/c ambulatoire associé (n = 26) ou non (n = 28) à la metformine. Un premier bilan a été réalisé à 1 an. Trois patients ont arrêté l'infusion (6 %) pour raison personnelle (n = 1) ou d'ordre psychologique (n = 2). L'HbA1c moyenne est de 8 ± 1 % avec une diminution moyenne de 1,15 ± 1,8 %. La diminution de l'HbA1c a été < 0,5 % (n = 18–33 %), 0,5-1 % (n = 5–15 %), > 1 % (n = 25–46 %). Vingt % des patients ont une HbA1c < 7 %, 47 % entre 7 et 8,5 et 33 % > 8,5 % (37 % de patients = 7,5 %). Elle est diminuée d'au moins 10 % chez 53 % d'entre eux. Aucune hypoglycémie sévère n'a été notée. La dose totale d'insuline/jour à la mise sous pompe a été de 0,84 ± 0,3 U/kg (-0,18/Tavant mise sous pompe) et ne se modifie pas à 1 an (0,88 ± 0,3 U/kg). L'évolution pondérale montre une augmentation moyenne de + 3,6 ± 6 kg. Hormis 9 patients avec perte de poids, elle est répartie entre prise < 2 kg (n = 13), entre 2 et 5 kg (n = 8), > 5 kg (n = 19). Les patients sous metformine ne diffèrent pas des autres patients pour l'évolution à 1 an du poids de l'HbA1c et de la dose totale d'insuline. En cas d'échec du contrôle glycémique sous insulinothérapie optimisée dans le DT2 insulino-requérant, une infusion d'insuline par pompe s/c ambulatoire s'avère, sur un suivi d'un an, une alternative intéressante pour la moitié des patients. Une sélection rigoureuse et un suivi régulier sont indispensables pour déterminer les patients à plus haut espoir de succès.