Objectif L’altération moléculaire la plus fréquente dans les tumeurs cortico-surrénaliennes (TCS) est l’activation de la voie Wnt/β-caténine, causée dans un tiers des cas par une mutation activatrice (p.S45P) de la β-caténine inhibant sa dégradation protéosomale. L’E3-ubiquitine ligase SIAH-1 dégrade la β-caténine mutée dans des cellules intestinales. Notre objectif est donc de déterminer si favoriser l’activité de SIAH1 pourrait limiter l’activation de cette voie dans les TCS. Matériel et méthodes Des immunoprécipitations ont été réalisées dans les lignées cortico-surrénaliennes humaines, NCI-H295R. L’activité transcriptionnelle de la β-caténine a été mesurée après transfection du rapporteur TOPFlash dans les H295R mutées pour la β-caténine. Résultats Nous avons démontré que SIAH1 interagit avec la β-caténine même mutée (p.S45) et induit une augmentation de son ubiquitination dans les cellules H295R. De manière intéressante, cela résulte en une diminution de la demi-vie (25 %) et de l’activité transcriptionnelle de la β-caténine (50 %) dans les H295R qui sont constitutivement activées. Discussion Nos résultats démontrent donc que SIAH1 induit une dégradation de la β-caténine ce qui, en cascade, réduit son activité transcriptionnelle dans des cellules cortico-surrénaliennes mutées pour la β-caténine. L’activité de SIAH1 pourrait donc participer à la régulation fine de l’activation de cette voie pro-oncogénique qui est essentielle pour la différenciation normale du cortex surrénalien. Nous analysons donc maintenant les conséquences de la perte d’une des deux isoformes murines de SIAH1, Siah1a sur la régulation de la voie Wnt/β-caténine et sur la différenciation du cortex surrénalien in vivo.
Auparavant considérés comme un sous type de carcinome vésiculaire (CV), les carcinomes à cellules oxyphiles (CCO) sont devenus une entité propre depuis la classification mondiale des tumeurs endocriniennes (WHO2017). Cette distinction est en partie liée aux caractéristiques génétiques des CCO et leur pronostic, classiquement considéré comme plus mauvais sur des données publiées restant néanmoins limitées, avec des résultats controversés et basés sur la survie. Tous les patients opérés d’une thyroïdectomie totale avec une histologie définitive présentant un CCO ou un CV ont été inclus à partir d’une base de données prospective, rétrospectivement analysée. Les microcarcinomes ont été exclus. Une relecture par une anatomopathologiste experte a été réalisée. Des données sur les caractéristiques démographiques, histologiques, et pronostiques (récidive, survie sans récidive et survie globale) ont été recueillies. Entre janvier 2005 et décembre 2021, 397 patients ont été inclus (280 femmes (71 %)) : CCO (n = 134) et CV (n = 263). Le suivi médian a été de 6,1 ans (1,5–16 années). Il n’y avait pas de différence significative dans la survenue de récidive entre les CCO et les CV (respectivement 6 % vs 7,2 %, p = 0,639), ni dans la médiane de survie sans récidive (2,86 vs 1,99 années, p = 0,902), ni dans la survie globale (p = 0,849). Les résultats de notre étude suggèrent qu’il n’y a pas de différence significative dans le risque de récidive entre les CCO et les CV. Ces données devraient être considérées pour les futures recommandations sur le traitement d’irathérapie et le rythme de surveillance.