Une incidence importante d'infections à pneumocoque (IP) a été observée courant 2022, incluant des patients correctement vaccinés selon le schéma publié par le Haut conseil de la Santé Publique. L'objectif principal était de décrire la population avec IP et d'évaluer le taux de vaccination. Les objectifs secondaires étaient de déterminer les sérotypes des Streptococcus pneumoniae responsables des infections chez les patients vaccinés et d'étudier leur réponse vaccinale. Il s'agit d'une étude descriptive rétrospective monocentrique incluant tous les patients majeurs ayant eu au moins un prélèvement microbiologique positif à S. pneumoniae pendant l'année 2022. Les informations cliniques étaient collectées via le dossier médical informatisé. Cent soixante-huit prélèvements positifs à S. pneumoniae ont été identifiés correspondant à 112 patients (70 hommes avec un âge médian de 62 ans). Une indication vaccinale était retrouvée pour 82,1% des patients (n=92/112), dont la moitié (n=40) présentaient au moins deux indications. Parmi les 92 patients avec indication vaccinale, on notait 46,7% de pathologies respiratoires (n=43), 12,0% de diabète (n=11), 5,4% de cardiopathies (n=5), 0,1% de cirrhose (n=1) et 34,0% d'immunodépression (n=32 avec 1 asplénie, 3 déficits immunitaires primitifs, 10 chimiothérapies, 2 transplantations d'organes, 3 allogreffes, 11 immunosuppresseurs dont corticothérapie et 2 infections par le VIH). La présentation clinique la plus fréquente était la pneumopathie (73,2%, n=82), suivie de la bronchite (15,2%, n=17), puis la bactériémie (1,8%, n=2) et enfin la pleurésie (0,9%, n=1) et la méningite (0,9%, n=1). Parmi les pneumopathies, 13 survenaient en post virales et 23 étaient compliquées d'une bactériémie. Parmi les bronchites, 11 entrainaient une exacerbation respiratoire. Les patients étaient pris en charge en ambulatoire (14,3% n=16), en soins conventionnels (52,7% n=59) ou en réanimation (33,0% n=37) avec un taux de mortalité de 12,5% (n=14/112). Trente-quatre patients étaient vaccinés (n=34/100, 12 données en cours) soit un taux de vaccination de 34,0%. Vingt-six avaient reçu le schéma vaccinal recommandé. La date médiane de vaccination était 2020 avec aucune vaccination remontant à plus de 5 ans. Les sérotypages actuellement disponibles ont mis en évidence 3 sérotypes non vaccinaux (15A, 35B et 35F) et un sérotype vaccinal (19A). Les dosages d'anticorps anti-pneumocoque sont prévus. Ce travail confirme que les infections à S. pneumoniae touchent les patients avec une pathologie respiratoire chronique (46,7%) et les immunodéprimés (34%) malgré un taux de vaccination de 34%. Les deux raisons à ces échecs vaccinaux semblent être l'émergence de sérotypes non vaccinaux (1) et un défaut de réponse vaccinale chez les immunodéprimés (2). Ces données soulignent le besoin de monitorer la réponse vaccinale anti-pneumocoque. (1)Plainvert, ID now, 2023 (2)Cordonnier, Expert Rev Vaccines, 2014 Aucun lien d'intérêt
Aim Prosthetic joint infection (PJI) due to Candida spp. is a severe complication of arthroplasty but is little reported. This study describes Candida PJI epidemiology, management, and outcome. Method We performed a retrospective, observational multinational study with support of the European Society of Clinical Microbiology and Infectious Diseases (ESCMID). Patients diagnosed with PJI due to Candida spp. between 1990 and 2021 were included. Demographic, clinical, laboratory, imaging, medical/surgical treatment, and outcome data were collected within a standardized database. Treatment failure was defined either as a Candida infection recurrence, superinfection, or death due to infection. Results Data from 151 patients across 18 centers were analyzed. Mean age was 69.5 ± 13.1yo, 78 (51.7%) patients were male, and 21 (13.9%) were immunosuppressed. Site of infection included hip (55.0%), knee (41.7%), shoulder (2.6%), and femur (0.7%). Twenty-five (16.6%) patients were febrile, and 58 (38.4%) had fistula. Mean number of previous surgeries on the same anatomical site was 3.3±2.3. Surgeries were DAIR (33.8%), one-stage exchange (19.9%), two-stage exchange (39.1%), and implant removal (6.0%). Candida species identified were C. albicans (60.3%), C. parapsilosis (26.5%), C. glabrata (7.3%), and C. tropicalis (5.3%). Co-infection with bacteria was found in 69 (45.7%) cases. Fluconazole (62.9%) and caspofungin (14.6%) were the main antifungal agents prescribed for 148.6 ± 167.5 days. Favorable outcome was found in 54/144 (37.5%) cases. Failure was associated with the number of previous surgeries (OR 1.249, 95%CI 1.061–1.469; p-value=0.007), while treatment by fluconazole was associated with cure (OR 0.336, 95%CI 0.160–0.707; p-value=0.004). Conclusions This study provides epidemiologic and outcome data on Candida PJIs. Although poor overall, the prognosis did not seem associated with immunosuppression, type of surgery, fungal species or treatment duration.
Les mesures sanitaires françaises liées à la gestion de la pandémie de covid 19 dont les confinements en 2020 et 2021 ont pu avoir un impact chez les patients vivants avec le VIH (PVVIH). L'objectif de cette étude était de recueillir le ressenti des PVVIH durant cette période au moyen d'autoquestionaires. Il s'agissait d'une étude prospective, interventionnelle, multicentrique. De janvier 2021 à janvier 2022, les PVVIH suivis dans 3 centres hospitaliers et disposant d'une adresse email dans leur dossier médical NADIS®, ont été invités à compléter tous les mois un questionnaire en ligne (plateforme Limesurvey®) qui comportait des données socio-professionnelles et médicales. Lors de leur consultation de suivi dans le service, les PVVIH participants à l'étude étaient invités également à compléter le questionnaire Hospital Anxiety and Depression scale (HAD) et le questionnaire de qualité de vie PROQOL-HIV (Patient Reported Outcome Quality Of Life, HIV). Au total, 391 patients ont été inclus dans l'étude avec une prévalence de COVID-19 de 5.9 %, similaire à celle de la population générale. Le taux médian de CD4 était de 717/mm3. La charge virale VIH était contrôlée pour 96 % des patients. Au 11 février 2022, 230 patients (58.5 %) ont complété les questionnaires HAD et PROQOL-HIV. Concernant l'anxiété (A) sur l'échelle HAD, 49/230 (21.3 %) ont un score A entre 8 et 10, donc un trouble anxieux suspecté, et 50 (21.7 %) un score ≥ 11 donc un trouble anxieux avéré. Concernant la dépression (D), 21 (9.1 %) ont un score D entre 8 et 10 donc une suspicion de trouble dépressif et 15 (6.5 %) un score D ≥ 11, donc un trouble dépressif avéré. A partir du PROQOL HIV, nous avons observé que 194 patients (84.7 %) trouvaient que leur santé était bonne/ très bonne. Des troubles du sommeil ont été déclarés par 20 patients (8.7 %) et de la concentration par 18 (7.8 %). Des troubles de la libido ont été rapportés chez 30 patients (13 %). Neuf patient (3.9 %) ont déclaré ressentir une tristesse associée à une angoisse et un sentiment de déprime. Enfin la peur d'attraper une infection était ressentie par 64 patients (27.8 %). Durant la période épidémique de l'étude, plus de 80 % des patients ont jugé leur état de santé bon voir très bon. Cependant, un PVVIH sur 5 déclarait des troubles anxieux et un sur 10 des troubles dépressifs! Des troubles du sommeil, de la concentration et de la sexualité ont été également rapportés. Il existe donc très probablement un impact de la crise sanitaire sur le vécu des PVVIH et les dépister au cours du suivi reste important pour pouvoir les accompagner au mieux. Aucun lien d'intérêt
L'internat de maladies infectieuses et tropicales (MIT), désormais un DES se déroule sur 5 années. Auparavant la spécialité de MIT était une spécialité complémentaire validée par un DESC. Concernant la formation de DES de maladies infectieuses et tropicales, les internes sont incité.es. à faire un stage hors subdivision d'origine (interCHU) au cours de leur internat. Certains peuvent également décider de s'initier à la recherche clinique via la pratique d'un master 2 de recherche. L'objectif de cette étude était de faire un état des lieux de la réalisation d'un master 2 de recherche clinique et/ou d'un interCHU, parmi les internes de DES/DESC de maladies infectieuses et tropicales, et leurs motivations. Un questionnaire en ligne a été envoyé aux internes des DES/DESC membres du Réseau des Jeunes Infectiologues français entre les mois de mai et juillet 2021. Quatre-vingt-quatre personnes ont répondu au questionnaire dont 47 femmes (55.3 %), une grande majorité d'internes de DES de MIT (83.3 %), issus de 27 subdivisions sur 28. Les répondants étaient très majoritairement encore internes (75/84, 83.9 %). Parmi eux, 25 personnes (29.8 %) ont réalisé un interCHU, 9 (10.7 %) un master2 et 4 (4.8 %) les deux. Concernant les interCHUs, le terrain de stage le plus fréquent était les Antilles-Guyane ((10/29, 34.5 %). Le motif principal de la réalisation était la formation, notamment en médecine tropicale. 63 % étaient très satisfaits et 3 % très insatisfaits. Sept personnes n'ont pas pu réaliser d'interCHU suite à un refus administratif. Concernant les masters 2, la difficulté de préparation ressort avec 42.9 %, 35.7 % et 7.1 % des répondants qui l'ont jugée moyenne, difficile et très difficile respectivement. A noter également que 28.6 % n'ont pas eu de financement. En revanche, la satisfaction semblait très bonne avec 28.6 % de satisfaits et surtout 57.1 % de très satisfaits. Le motif principal de réalisation d'un master 2 était l'initiation à la recherche en premier lieu suivi d'une volonté d'une activité "non clinique" pendant un an. Les domaines des master 2 étaient principalement la microbiologie puis l'épidémiologie. Parmi les répondants n'ayant jamais réalisé de master 2 ou d'interCHU, 25.5 % souhaiterait réaliser un interCHU, 14.9 % un master 2 et 57.4 % les deux, et ce plutôt en 2ème partie d'internat. Mais 56.4 % d'entre eux trouvent la réalisation de ce projet difficile. Les master 2 et interCHU, bien que fortement encouragés, ont été réalisés par moins de 50 % des répondants. Cependant, une majorité des répondants qui n'en ont pas encore réalisé le souhaiteraient, mais en appréhendant une difficulté quant à sa réalisation. Ce sondage soulève une interrogation quant aux mesures mises en places pour faciliter et encourager interCHU et master2 parmi les internes de DES/DESC de maladies infectieuses. Aucun lien d'intérêt
INTRODUCTION:Vancomycin prescription modalities remain non-consensual. We examined and evaluated the vancomycin prescription habits of infectious disease specialists in France. METHODS:Through an anonymized online questionnaire sent to members of the French Infectious Diseases Society, detailed information on vancomycin prescription modalities was collected. RESULTS:Out of the 712 physicians contacted, 179 (25%) completed the questionnaire; 174 (97%) of them routinely prescribed intravenous vancomycin: 95 (55%) by continuous infusion only, 12 (7%) by intermittent infusion, while 67 (38%) used the two modalities. Among continuous administration users, 157 (97%) applied a loading dose of 15 mg/kg or less (n = 80, 49%), 20-25 mg/kg (n = 33, 20%), or 30 mg/kg or more (n = 45, 28%); 143 (88%) used a maintenance dosage of 30 mg/kg/day and 157 (97%) carried out drug monitoring. CONCLUSION:In France, infectious disease specialists favor continuous administration of vancomycin using a loading dose, with systematic monitoring of vancomycin serum concentrations.
Heterologous prime boost vaccination is a primary vaccination with different vaccines, most often from different vaccine platforms. It combines the immunological properties of the different vaccines and thereby induces humoral, cellular and, in some cases, mucosal response. For Covid prevention, it has been used in primary vaccination, due to safety issues and in boosters. We have evaluated some articles reporting on the results of this type of vaccine, and demonstrating its usefulness.
La stratégie de prévention combinée est devenue le maître mot de la lutte contre le VIH. La prophylaxie pré-exposition (PrEP) en est un des outils depuis 2017. L'objectif de notre questionnaire est d'analyser les connaissances et d'estimer la position des médecins généralistes dans une région de France sur la PrEP. Cette étude quantitative, observationnelle et transversale a été réalisée de février à mai 2020 à l'aide d'un questionnaire anonyme envoyé par voie postale à un échantillon de 3007 médecins généralistes exerçant dans la région. 444 questionnaires (14,8 %) ont été inclus. Les médecins généralistes étaient majoritairement des hommes (n=253, 57 %) avec un âge médian de 47 ans. L'intérêt médian donné par l'ensemble des répondants était de 7/10. 160 médecins généralistes de l'étude (36 %) connaissaient les principes de la PrEP, 160 n'en connaissaient que l'intitulé (36 %) et 124 (28 %) ne la connaissaient pas du tout. Sur les 160 médecins généralistes qui connaissaient la PrEP : 72 % la considéraient comme efficace, 30 % l'avaient appris par un patient et 34 % déclaraient avoir au moins un patient sous PrEP. Les médecins généralistes qui connaissaient la PrEP étaient plus nombreux à être diplômés depuis moins de 10 ans, à déclarer voir des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) en consultation et à avoir des habitudes de dépistage des infections sexuellement transmissibles plus conformes aux recommandations que ceux qui déclaraient ne pas connaître la PrEP. Bien que la PrEP reste méconnue des médecins généralistes, il existe un enthousiasme à s'impliquer. La formation des professionnels de santé et l'accentuation du rôle du médecin généraliste dans la prévention sont des enjeux majeurs dans l'optimisation de la lutte contre le VIH. Aucun lien d'intérêt
Le 18 juin 2021, le décret n° 2021-781 relatif à l'exercice de la profession de médecin par les étudiants de troisième cycle en médecine est publié et permet aux internes de DES de maladies infectieuses et tropicales d'obtenir une licence de remplacement après « cinq stages d'un semestre dont au moins trois dans un lieu agréé à titre principal pour la spécialité ». Avant ce décret plusieurs internes s'étaient vu refuser leur licence de remplacement faute de texte législatif. Le RéJIF a donc lancé une enquête auprès de ses membres pour faire un état des lieux sur les personnes ayant déjà remplacé, ou ayant ce projet, et les difficultés rencontrées pour le mener. Une enquête en ligne via un questionnaire google form a été envoyé aux membres du RéJIF au cours de l'année 2021. Cent trois personnes ont répondu dont 50.5 % de femmes, 85.1 % issus du DES de maladies infectieuses et tropicales et 29.1 % ayant déjà validé leur thèse. Parmi eux, aucune personne n'avait obtenu de licence de remplacement mais 12.4 % avaient pris une disponibilité et 36.2 % l'avaient en projet. La principale raison de la disponibilité était pour valider un master 2 de recherche. Parmi les internes ayant validé moins de 5 semestre, 59.5 % avaient prévu de remplacer. Les raisons étaient assez diverses : pour un motif financier (43 .2 %), le complément de formation (32.4 %) ou encore la création d'un réseau professionnel (21.6 %). Mais 78.4 % ne connaissaient pas les conditions permettant à un interne de remplacer et 91 % le statut juridique d'un interne qui remplace. Ainsi 75.7 % d'entre eux considèraient que le principal frein au remplacement résidait dans l'absence d'information disponible sur ses modalités. Leur principale source d'information sur le sujet était des personnes de leur connaissance qui avaient une activité libérale notamment (60 %), et les associations type RéJIF (30.8 %). Cette enquête met en évidence le manque d'information relatif à la pratique du remplacement tant sur le plan juridique que sur le plan pratique. De plus il apparaît que les répondants ne savent pas où trouver les informations et ne pensent notamment pas à contacter l'ordre des médecins. Suite à ce sondage, le RéJIF a pour projet de faciliter la compréhension et l'accès à ces informations. Aucun lien d'intérêt
As of February 2022, more than 130 million Covid vaccine doses had been distributed in France. During the first year of relevant vaccination, 128,766 adverse events (AE) were reported and analysed, as compared to an average of 40,000 per year for all drugs combined in the pre-pandemic years. A weekly monitoring committee was set up. Through enhanced pharmacovigilance, by February 2022, 49 safety signals had been identified nationwide and submitted to the EMA. For example, very few cases of myocarditis and pericarditis were reported. In children, 9 multisystem inflammatory syndromes were reported.
Les infections de prothèses ostéo-articulaires (IPOAs) d'origine fongique sont rares mais graves et difficiles à traiter. L'objectif de cette étude était d'évaluer les caractéristiques clinico-biologiques et l'évolution des infections de prothèse articulaire à Candida sp. Etude des patients ayant présenté une IPOA à Candida sp. issus d'une cohorte prospective bicentrique suivie dans nos services de maladies infectieuses et d'orthopédie septique durant la période Janvier 2013 - Décembre 2021. Quinze patients (F/M=12/3), d'âge moyen 65 ans, ayant présenté un total de 17 IPOAs (9 PTH, 6 PTG et 1 PTE) à Candida sp. ont été inclus. Les champignons identifiés des prélèvements per-opératoires étaient majoritairement C. albicans (12 épisodes) et C. paratropicalis (4 épisodes). Dans la majorité des cas (86,6 %), les patients avaient reçu des antibiotiques pour une infections bactérienne de leur prothèse dans les 6 mois précédant l'infection fongique. Plus de la moitié des patients avaient au moins 4 reprises chirurgicales septiques de leur prothèse. Une obésité était retrouvée chez 7 patients (46.6 %), une cirrhose chez 2 (13.3 %), un diabète chez 2 (13.3 %) et un rhumatisme auto-immun chez 2 également (13.3 %). Les infections étaient majoritairement polymicrobiennes (12/15, 80 %) avec une prédominance de coinfection à staphylocoque (46.6 %) dont 3 patients coinfectés à Staphylococcus aureus, 5 à S. epidermidis. Le traitement antifongique utilisé était essentiellement le fluconazole (13/15, 86.6 %) et le voriconazole pour 2 patients. Les durées de traitement curatif allaient de 3 à 6 mois et un traitement suppressif par fluconazole a été utilisé chez 2 patients. Au therme d'un suivi moyen de 28 mois (range 01-72), 1 patiente est décédée en relation avec l'IPOA. Les données issues de cette cohorte prospective montrent une prédominance féminine des patients porteurs d'une IPOA à Candida sp., et une fréquence élevée de reprises chirurgicales septiques et d'antibiothérapie précédant la survenue de l'infection fongique. Une comparaison avec les autres patients de notre cohorte est en cours avec pour objectif la création d'un « candida score » pour identifier les patients relevant d'un traitement antifongique post-opératoire d'attente. Aucun lien d'intérêt
Vaccinating children against Covid raised a debate, due to generally mild clinical presentation. The decision to vaccinate teenagers was motivated by the global public health need: to decrease transmission to other age groups. Among adolescents, the efficacy (better immunity than in young adults) and safety of vaccines was clearly demonstrated. Among 5-to-12-year-olds, due to lower contamination the collective benefit is less clear, and when the m-RNA vaccines were available for this age group, the Omicron variant was predominant and their effect on non-severe infections and transmission had yet to be determined. Individual benefit is based both on somatic criteria and on the child's schooling and mental health. Children under 5 years of age received a 3lg dose of vaccine, which is one tenth of the adult dose, resulting in immunogenicity similar to that of 16-to-25-year-olds.
La création du nouveau DES de maladies infectieuses et tropicales (MIT) implique une uniformisation de l'organisation du DES. L'objectif de cette étude était donc d'étudier les conditions de validation du DES et du rôle des premiers docteurs juniors. Nous avons mené une enquête nationale auprès des 28 référents locaux (Amiens, Angers, Antilles / Guyane, Besancon, Bordeaux, Brest, Caen, Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble, La Réunion, Lille, Limoges, Lyon, Marseille / Aix, Montpellier / Nîmes, Nancy, Nantes, Nice, Paris, Poitiers, Reims, Rennes, Rouen, Saint-Étienne, Strasbourg, Toulouse, Tours) du RéJIF (Réseau des Jeunes Infectiologues français) par un questionnaire en ligne. Au total, 21 référents locaux sur 28 ont répondu sur le mois de janvier 2022. Depuis 2017, il y a eu 15 droits au remord sortant du DES MIT et 17 entrants dans le DES MIT. La validation du DES passait par un mémoire obligatoire pour 6 (29 %) localités, sur un sujet obligatoirement différent de la thèse de médecine pour 5 (24 %) d'entre elles, un article soumis pour 9 (43 %), un article publié en tant que 1er auteur pour 8 (38 %), au moins 2 communications orales pour 1 localité, et conclue par l'appréciation finale du coordonnateur local pour 18 (86 %) ou encore au cours d'une journée dédiée à la validation de DES pour seulement 2 (10 %) localités. Le peu voir l'absence d'information sur la validation du DES ont été décriés par 6 (29 %) localités. L'insuffisance de cours régional/local à partir de la phase 2 a été relevés carprésents que pour 2 (10 %) localités. Parmi les localités ayant un Docteur junior, son rôle était un rôle de Senior supervisé pour 10 localités (77 %) lversus un rôle d'interne pour 3 (23 %) . Quant aux astreintes/gardes, leur rôle était celui de Senior supervisé pour 6 (50 %) et d''interne pour 6 (50 %) d'entre elles. Une grande disparité a été mise en évidence entre les différentes villes/régions sur la validation du DES mais aussi sur le rôle des premiers docteurs juniors. Ce type d'étude mérite d'être renouvellée d'ici quelques années pour apprécier l'harmonisation entre les différentes régions après plusieurs années depuis la création du nouveau DES. Aucun lien d'intérêt
Un nouveau coronavirus, le SARS-CoV-2 est apparu à Wuhan en Chine fin décembre 2019. Il est responsable d'infections respiratoires, pouvant mener à un syndrome de détresse respiratoire aigu (SDRA) et au décès. Ce virus s'est rapidement répandu dans le monde. En France, les premiers cas ont été diagnostiqués fin janvier 2020. Un confinement national a été mis en place de mars à avril 2020 pour tenter de contenir l'épidémie. L'objectif de notre étude était de déterminer le poids de la COVID-19 chez les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) après la première vague de la pandémie. Nous avons réalisé une enquête épidémiologique du 1er avril au 1er août 2020 dans un centre de référence pour la prise en charge des PVVIH. Lors de leur première visite de suivi après la levée du confinement, les PVVIH ont rempli un questionnaire sur les facteurs d'exposition et les symptômes compatibles avec la COVID-19. Une sérologie SRAS-CoV-2 était prélevée lors de la consultation. La prévalence, l'incidence et les facteurs de risque de la COVID-19 chez les PVVIH ont été déterminés. Six cent PVVIH ont été inclus. Une infection à SARS-CoV-2 était confirmée chez 16 d'entre eux. Les symptômes compatibles avec la COVID-19 étaient fréquents chez les PVVIH en présence ou non d'une infection confirmée à SARS-CoV-2 (67 % vs 32 %, p = 0,02). Parmi les PVVIH ayant présenté une infection à SARS-CoV-2 confirmée, une (6 %) a été hospitalisée, 5 (31 %) sont restées asymptomatiques. Il n'y avait pas de différence concernant l'âge, le sexe, les comorbidités associés, et les variables liées à l'infection par le VIH entre les PVVIH ayant ou non contracté la COVID-19. Seul un contact rapproché avec une personne infectée par le SARS-CoV-2 était associé à l'acquisition de la COVID-19 (40 % vs 13 %, p = 0,01). La prévalence de la COVID-19 chez les PVVIH était de 2,5 %, la moitié de celle observée dans la population générale après la première vague de la pandémie en France. L'incidence était estimée à 0,16 pour 100 patients/semaine. La prévalence de la COVID-19 chez les PVVIH était 2 fois moindre que celle observée dans la population générale. Seul un contact rapproché avec une personne infectée par le SARS-CoV-2 était associé à l'acquisition de la COVID-19. La proportion d'infections à SARS-CoV-2 asymptomatiques était élevée chez les PVVIH.
Le SARS-CoV-2, est apparu en Chine fin décembre 2019, pour se répandre dans le monde et en France en 2020. Pour faire face à cette pandémie, des mesures sanitaires de confinement national ont été appliquées en France, un premier confinement de mars à mai 2020, le second d'octobre à novembre 2020 et un troisième débuté en mars 2021. Cette pandémie et les mesures de confinement peuvent avoir un impact sur les patients ayant une pathologie chronique dont les patients vivants avec le VIH (PVVIH). Les objectifs de cette étude étaient de déterminer la prévalence déclarée de l'infection à SARS-CoV-2 dans une cohorte de PVVIH et d'évaluer l'impact de la pandémie et des mesures sanitaires sur leur suivi et leur prise en charge médicale. Il s'agit d'une étude prospective, interventionnelle, multicentrique. Depuis le mois de janvier 2021, les PVVIH suivis dans 3 centres hospitaliers et disposant d'une adresse email dans leur dossier médical NADIS® ont été invités à compléter tous les mois un questionnaire en ligne (plateforme Limesurvey®). Ce questionnaire comporte des données socioprofessionnelles et médicales concernant la COVID-19 et leur suivi habituel. Les sérologies SARS-CoV-2 ont été proposées aux patients se rendant dans les centres dans le cadre de leur suivi. Au total, 421 PVVIH sur 1426 ont répondu au questionnaire. À la date du 26 mars 2021, la prévalence d'infection à SARS-CoV-2 était de 5,5 %. Sur les 23 PVVIH infectés, 12 ont été confirmés par PCR, 9 par sérologie et 3 (0,7 %) ont été hospitalisés. Cependant, 51 PVVIH (12,1 %) déclaraient avoir ressenti des signes d'infection à SARS-CoV-2. Lors du premier confinement national, 96 PVVIH (22,8 %) ont poursuivi une activité professionnelle présentielle totale et/ou partielle ; 17 PVVIH (4 %) ont exprimé une difficulté à accéder et poursuivre leur traitement antirétroviral et 87 (20 %) n'ont pas pu bénéficier de leur consultation de suivi du VIH. Durant le deuxième confinement, 176 PVVIH (41,8 %) ont poursuivi une activité professionnelle présentielle totale et/ou partielle. Ils étaient 9 patients (2,1 %) à avoir présenté des difficultés d'accès à leur traitement et 32 (7,6 %) à ne pas avoir pu bénéficier de leur consultation de suivi. Dans cette étude, la prévalence de COVID-19 chez les PVVIH est similaire à celle de la population générale française évaluée entre 3 à 7 % sur la même période. Un impact des mesures sanitaires est démontré sur le suivi et la prise en charge des PVVIH, surtout lors du premier confinement national, plus strict que le second et probablement aussi en raison de la nécessité d'une réorganisation des services pour les accompagner au mieux. L'étude est toujours en cours et sera poursuivie jusqu'au 30/06/2022. Elle nous permettra d'évaluer l'évolution de la prévalence de la COVID-19 chez ces PVVIH mais aussi d'évaluer l'impact des modifications de l'organisation des services hospitaliers réalisées dans l'objectif d'optimiser la prise en charge des PVVIH en période de crise sanitaire.
La rifabutine (RFB) pourrait être une alternative à la rifampicine (RMP) dans les infections de prothèses ostéoarticulaires (IOA) par son activité microbiologique proche et sa meilleure tolérance. L'objectif de notre étude était de comparer la sensibilité in vitro à la RFB et à la RMP, de souches de Staphylococcus aureus (SA), Staphylococcus epidermidis (SE), et autres staphylocoques à coagulase négative (SCN), isolées d'IOA, en mode de vie planctonique et en biofilm. Nous avons déterminé les concentrations minimales inhibitrices (CMI) de la RMP et de la RFB de 132 souches (51 SA, 48 SE et 33 SCN) par microdilution en milieu liquide. Pour 129 souches (45 SA et 23 SE), nous avons déterminé les concentrations minimales bactéricides (MBC) et concentrations minimales d'éradication du biofilm (MBEC) de la RMP et de la RFB sur plaques MBEC Assay. La CMI de la RFB (médiane 0,032 μg/mL [interquartile range (IQR) 0,002–0,125]) était significativement différente de la CMI de la RMP (médiane 0,016 μg/mL [IQR : 0,04–0,064], p < 0,001) pour les souches de SA. Il n'y avait aucune différence significative entre la CMI de RFB et de la RMP pour les souches de SE et SCN, p = 0,25 et p = 0,29 respectivement. Les MBC de la RFB et de la RMP étaient statistiquement différentes pour toutes les souches. Pour les SA : médiane de MBC de la RFB à 0,064 μg/mL [IQR : 0,032–0,064] versus 0,032 μg/mL [IQR : 0,016–0,056] pour la RMP, p = 0,003, en faveur de la RMP. Pour les SE : médiane de MBC de la RFB de 0,004 μg/mL [IQR : 0,004–0,016] versus 0,016 [0,008–0,032] pour la RMP, p = 0,003, en faveur de la RFB. Pour les SCN : médiane de MBC de la RFB à 0,008 [IQR : 0,004–0,016] versus 0,024 [IQR : 0,008–0,064] pour la RMP, p = 0,03, en faveur de la RFB. Les MBEC de la RFB étaient significativement différentes des MBEC de la RMP pour toutes les souches, en faveur de la RFB. Pour les souches de SA médiane de MBEC de la RFB à 0,5 [IQR : 0,25–0,5] versus 2 [IQR : 1–7] pour la RMP, p < 0,001. Pour les SE, médiane de MBEC de la RFB à 0,064 [0,008–0,25] vs pour la RMP 0,5 [0,015–1], p < 0,001. Pour les autres SCN, médiane de MBEC de la RFB 0,064 [IQR : 0,014–0,125] à vs 0,25 [IQR : 0,064–2] pour la RMP, p = 0,005. La RFB a une activité supérieure à la RMP sur le biofilm de staphylocoque. Elle paraît donc sur le plan microbiologique comme une alternative possible à la RMP dans les IOA.
L'intérêt de la corticothérapie adjuvante en cas de méningite tuberculeuse est bien établi. De plus, il existe un faible niveau de preuve concernant l'intérêt potentiel d'une corticothérapie en cas d'autres localisations extrapulmonaires ou de formes graves. L'objectif de notre étude était de décrire les circonstances de prescription et l'impact d'une corticothérapie adjuvante dans un centre de référence d'une région de faible incidence de la tuberculose (TB). Entre 1997 et 2017, tous les patients pris en charge pour une TB maladie dans notre centre ont été inclus dans une étude de cohorte rétrospective. Une analyse de régression logistique a évalué les facteurs associés à la prescription d'une corticothérapie adjuvante. Au total, 206 patients ont été inclus. Un antécédent de TB était rapporté chez 40 patients (19 %), une co-infection par le VIH chez 46 patients (22 %), une atteinte extrapulmonaire chez 113 patients (55 %), une TB multirésistante chez 16 patients (8 %). Une corticothérapie était prescrite chez 40 patients (19 %), dont 11 patients souffrant de méningite et 10 patients co-infectés par le VIH. En analyse multivariée, les facteurs associés à la prescription d'une corticothérapie étaient la présence d'une méningite (OR : 5,99 ; IC95 % : 1,75–20,48, p = 0,004), d'une atteinte génito-urinaire (OR : 4,16 ; IC95 % : 1,29–13,43, p = 0,017), d'une miliaire (OR : 4,16 ; IC95 % : 1,29–13,43, p = 0,017), et le recours à la réanimation (OR : 4,04 ; IC95 % : 1,37–11,96, p = 0.013). La proportion d'échec du traitement antituberculeux était identique en cas de prescription ou non de corticothérapie (8 % avec vs 9 % sans corticothérapie, p = 0,80), tout comme le taux de mortalité (3 % avec vs 4 % sans corticothérapie, p = 0,93). Dans notre cohorte, la majorité des prescriptions de corticoïdes au cours d'une TB concernait des patients ne présentant pas d'atteinte neuroméningée. De nouvelles études, au critère de jugement principal adapté sont nécessaires afin d'évaluer l'impact pronostique d'une corticothérapie adjuvante notamment chez les patients admis en réanimation.
Les échinococcoses sont des zoonose particulièrement rares en France. On distingue l'échinococcose hydatique et alvéolaire. Les recommandations de prise en charge diagnostique et thérapeutique ont été validées dans des pays endémiques. Notre objectif était de décrire la présentation clinique, paraclinique et épidémiologique des suspicions d'échinococcose dans une région de très faible incidence. Nous avons mené une étude rétrospective monocentrique de toutes les suspicions d'échinococcoses dans un service de maladies infectieuses et tropicales entre 2002 et 2018. Au total, 21 patients ont été inclus, âgés de 6 à 72 ans (moyenne 47 ans), dont 82,6 % de femmes. Les patients étaient originaires de France (38 %), d'Algérie (33,3 %), du Maroc (9,5 %) et d'autres pays européens (9,5 %). Seuls 2 patients avaient voyagé dans les 6 mois précédents. Le diagnostic d'échinococcose était évoqué devant la découverte fortuite de lésions à l'imagerie (42,9 %), des symptômes digestifs (19 %), une altération de l'état général (9,5 %), des symptômes pulmonaires (9,5 %), une urticaire ou une hyperéosinophilie (19 %). Les localisations étaient essentiellement hépatiques (61,9 %), ou spléniques (19 %). Une lésion était retrouvée au scanner chez 71,4 % des patients (kystique [73,3 %] ou nodulaire [26,6 %]). Seulement 38 % des patients ont eu une échographie abdominale, anormale dans 87,5 % des cas. La sérologie Elisa, positive dans 12/21 cas, était confirmée par une hémaglutination indirecte (n = 3), une immunoélectrophorèse (n = 4), une immunoempreinte western-blot (n = 1). Quatre patients ont bénéficié d'une analyse anatomopathologique d'une ponction de kyste qui confirmait une hydatidose dans 2 cas, et une échinococcose multialvéolaire dans 2 cas. Finalement, le diagnostic était infirmé (7,4 %), possible (14,3 %), probable (23,8 %) ou certain (52,4 %). Le diagnostic était écarté chez 2 patients adressés pour une sérologie positive réalisée pour un bilan d'hyperéosinophilie et correspondant à une probable réaction croisée. Onze patients ont été traités, le plus souvent par traitement médicamenteux antiparasitaire associé à une chirurgie (72,7 %). Un traitement percutané n'était réalisé que dans un cas. Le traitement antiparasitaire était toujours l'albendazole. On dénombrait des effets secondaires non sévères chez 40 % des patients. Aucun patient avec un diagnostic confirmé n'a bénéficié d'une surveillance simple. Dans notre région de très faible incidence, parmi les 21 suspicions d'échinococcose, plus de 50 % étaient confirmées. Les critères diagnostiques semblent don bien connus des médecins. Une sérologie positive isolée doit faire évoquer une réaction croisée dans le cadre d'une autre infection parasitaire. Le traitement reposait sur une décision multidisciplinaire et était le plus souvent médicochirurgical.
Le DES de Maladies Infectieuses et Tropicales (MIT), créé en 2017, est très demandé par les étudiant(e)s. Ce travail a pour objectif de décrire précisément les motivations et les critères de choix des étudiant(e)s les amenant à choisir le DES MIT. Les données de choix aux ECN 2017 et 2018 ont été extraites du site Céline. Un questionnaire a été réalisé par un groupe de travail du RéJIF. Il a été converti puis diffusé par mail en janvier 2019 à l’ensemble des internes du DES MIT (iDES) (n = 99). Le DES MIT est le mieux choisi aux ECN 2017 et 2018 (rang médian = 526) devant l’ophtalmologie (604) et la chirurgie plastique (723). Le questionnaire a été complété par 79 iDES (80 %, 42 femmes, 37 hommes) d’âge médian 24 ans, 47 ayant passé l’ECN en 2017 et 32 en 2018. Les iDES se déclaraient intéressés par l’activité d’équipe mobile (67 %), les maladies tropicales (66 %), les infections des patients immunodéprimés (64 %), le VIH et les IST (58 %) et les infections communautaires (49 %). Les iDES rapportaient avoir développé un intérêt pour la spécialité grâce à des mentors : universitaires (96 %), PH (98 %), et assistant(e)s (94 %) de MIT ou par la rencontre de patients (95 %). Une activité clinique est envisagée par 97 % des iDES, une activité d’enseignement par 57 % et de recherche par 46 %. Les structures envisagées pour l’activité future sont les CHU (80 %), les CHG/R (73 %), des ONG (37 %), des maisons de santé (24 %) ou des cliniques privées (23 %). Les éléments qui ont le plus encouragé les iDES à choisir le DES MIT sont reliés à l’aspect clinique de la spécialité : caractère systémique (9,2/10), diagnostique (8,6/10), curatif (8,3/10), à l’enseignement : stage d’externat en MIT (8,4/10), enseignement de DFASM (7,8/10) et reliés à l’organisation de la spécialité : caractère mondial (8/10), DES dédié (7,8/10), dynamisme (7,8/10). Les éléments les moins encourageants étaient la charge de travail (4/10), la qualité de vie (4,7/10), le salaire (4,4/10) et la disponibilité des postes en CHU (4,4/10). D’après les iDES, les éléments pouvant augmenter l’attractivité de la spécialité sont : l’amélioration de la qualité de vie au travail (4,3/5), l’augmentation du salaire (4,2/5), le développement des liens avec l’étranger (4,2/5), le développement du secteur libéral (4,1/5) et privé (4/5), une meilleure disponibilité de postes de PH et d’universitaires en CHU (4/5) et la diminution de la charge de travail (4/5). Cette étude du RéJIF, à laquelle 80 % des iDES ont participé, permet de préciser les éléments attractifs de notre spécialité, la plus demandée aux ECN, mais également certains éléments qui pourraient décourager des étudiants comme l’équilibre vie privée/vie professionnelle, la disponibilité des postes hospitalo-universitaires, le niveau de rémunération ou la charge de travail.
La fièvre Q (FQ) est une zoonose bactérienne due à Coxiella burnetti (Cb). La Guyane française (GF), un territoire français au cœur de l’Amazonie, est la région avec l’incidence de FQ la plus élevée au monde. Néanmoins, aucune donnée d’incidence n’a été publiée depuis 2006. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’incidence et les caractéristiques épidémiologiques récents de la FQ en GF. Une étude rétrospective de toutes les sérologies Cb de GF, envoyées à l’Institut Pasteur de Guyane ou au Centre national de référence de la FQ à Marseille entre le 01/01/2009 et le 31/12/2017 a été menée. Une sérologie était considérée comme positive si IgM de phase II > 200 ou IgG anti Cb de phase II > 400 et chaque dossier médical a été étudié pour déterminer s’il s’agissait d’un cas avéré, et le cas échéant, s’il s’agissait d’une FQ aiguë (pneumopathie ou fièvre isolée) ou persistante focalisée (endocardite ou infection vasculaire). Les variables socio-démographiques ont été recueillies et comparées à celles de la population guyanaise (INSEE 2015) en utilisant un test exact de Fischer. Au total, 638 patients ont été inclus avec un sex-ratio H/F à 2, un âge médian de 45 ans (IQR 34–56) avec 68,9 % des patients âgés entre 30 et 59 ans. Les patients étaient majoritairement originaires de GF (30,3 %), de France hexagonale (28,4 %), d’Haïti (9,7 %), du Brésil (7,2 %) et des Antilles françaises (6,7 %). L’incidence annuelle de la fièvre Q était stable entre 2010 et 2017 avec une valeur médiane entre 26,3 (en 2012) et 39,4 (en 2011) de cas/100 000 habitants. 7,1 % présentaient une fièvre Q chronique persistante. Après comparaison avec les données de la population générale, les facteurs associés à la fièvre Q étaient : le sexe masculin (OR 1,99 (IC 95 % 1,69–2,36), p < 0,001), être originaire de France hexagonale (OR 3,07 (IC 95 % 2,57–3,66), p < 0,001), être âgé de 30 à 59ans(OR 4,06 (IC 95 % 3,42–4,82), p < 0,001) et résider dans Cayenne ou ses alentours, (OR 18,6 (IC 95 % 13,06–27,52), p < 0,001). L’incidence de la FQ en GF reste élevé, stable depuis 2006, et probablement la plus élevée au monde. D’autres études sont nécessaires pour comprendre les déterminants de cette infection peu décrite dans le reste de l’Amérique du Sud.