Introduction Les complications après HIFU en primo-traitement du cancer localisé de la prostate (CaP) sont étudiées à partir de la base de vigilance tenue par l’AFU promotrice de l’étude HIFI (IDRCB : 2013-A01042-43) dans le cadre du Forfait Innovation. Ces résultats sont présentés selon le standard européen exigé par l’Agence nationale des médicaments et produits de santé. Méthodes Les critères d’inclusion dans la cohorte HIFU étaient un cancer de la prostate de risque faible ou intermédiaire favorable (cT1-2 NxM0, PSA<15ng/mL) non éligible à la surveillance active. Selon les recommandations 2013, les patients étaient âgés de plus de 69 ans dans le bras HIFU. Les traitements ont été réalisés en une ou deux séances (Focal One : 90 %, Ablatherm : 10 %).Tous les effets indésirables graves (EIG) ont été enregistrés de façon exhaustive dans la base de vigilance réglementaire de l’AFU au cours du suivi d’au moins 30 mois entre avril 2015 et septembre 2022. Résultats Au total, 1967 patients (âge médian : 74,7 ans) ont été traités de façon consécutive dans 46 centres. 471 EIG sont décrits dont 300 attendus et 171 inattendus. Seuls 2 cas étaient inattendus et attribuables au traitement : il s’agit de 2 endocardites consécutives à des infections urinaires mal contrôlées. L’essentiel des ré-hospitalisations concerne des épisodes rétentionnels (9,8 %) allant de 4 à 30 % selon les équipes. Un resondage a concerné 149 patients. Le taux de Clavien-Dindo>3a est 2,74 %. Les reprises chirurgicales sont des interventions endoscopiques de désobstruction : 41 résections (2,1 %) et 4 urètrotomies. Deux cas de fistules urètro-rectales (1/1000) ont guéri sans séquelle dont un avec une colostomie transitoire. Une deuxième séance d’HIFU (5,5 %) n’a pas entraîné de complications supplémentaires. Aucun décès lié au traitement ou au CaP. Au total, 38 % des centres étaient en courbe d’apprentissage en début d’étude. Conclusion Il s’agit de la plus grande cohorte prospective, en vie réelle, d’HIFU en première intention pour cancer localisé de la prostate. Compte tenu de l’âge élevé des patients, le taux de complications graves est faible. Aucun décès lié au traitement. La prévention du risque rétentionnel, la durée du sondage postopératoire et la gestion des rétentions urinaires avérées mériteraient d’être mieux standardisées.
Introduction L’étude HIFI (IDRCB : 2013-A01042-43) compare, dans le cadre du Forfait Innovation, HIFU à la prostatectomie totale (PT) en première intention pour cancer localisé de la prostate (CaP). Nous présentons ici les résultats carcinologiques à 30 mois. Méthodes Étude prospective, comparative non randomisée et multicentrique, de non-infériorité. Les critères d’inclusion étaient un CaP de risque faible ou intermédiaire favorable (cT1-2, PSA<15ng/mL) non éligible à la surveillance active, avec≤4/6 sextants envahis. Les patients HIFU étaient>69 ans (recommandations 2013). Les HIFU (90 % Focal One) ont traité au moins 70 % de la prostate en une ou deux séances (5,5 %). Le critère principal était la survie sans traitement de rattrapage (SSTR), à 30 mois, décidé en RCP pour cancer significatif après biopsies (post-HIFU) ou récidive biologique. Résultats Au total, 1967 HIFU et 1361 PT ont été inclus dans 46 centres. Âge et PSA médians sont 74,7 vs 65,1 ans et 7,1 vs 6,9 (p=0,54), les risques faibles et intermédiaires sont 39 % et 60 % vs 36 % et 63 % (p=0,1) dans les bras HIFU et PT respectivement. À 30 mois, la SSTR était plus élevée dans le bras HIFU (90,1 %) comparé au bras PT (86,8 %) (HR : 0,78, IC 95 % [0,64–0,96], p=0,02), confirmé après ajustement sur l’âge, et dans le sous-groupe des risques intermédiaires : 89,1 % vs 83,8 % (HR : 0,58 IC 97,5 % [0,42–0,81] p<0,001). Après HIFU, le PSA nadir médian était de 0,34 (0,08–0,77), le taux de biopsies positives (« for cause ») de 12,5 % (243/1967) et 89 patients ont reçu un TR sans nouvelle biopsie. Après PT, on notait 26 % de marges positives et le PSA médian était de 0,01 ng/mL. Les survies spécifiques sont de 100 %, sans métastase, les survies globales ajustées sur l’âge de 97,7 % et 99,9 % (HR=2,53 ; 95 % CI 0,95–6,73, p=0,064) après HIFU et PT respectivement. Conclusion HIFI est la première étude prospective multicentrique comparant HIFU à PT en primo-traitement. Le critère d’évaluation carcinologique principal (survie sans traitement de rattrapage) montre une non-infériorité d’HIFU à 30 mois. L’indication d’HIFU pourrait être discutée en première ligne chez des patients bien sélectionnés sous réserve d’un suivi des résultats à plus long terme par registre (Fig. 1). Promoteur Association française d’urologie.
Introduction L’étude HIFI (IDRCB : 2013-A01042-43) a comparé, dans le cadre du Forfait Innovation (FI), HIFU et prostatectomie totale (PT) pour cancer localisé de la prostate (CaP) en première intention et après échec de radiothérapie. Nous présentons les données administratives et financières de cette étude dont l’AFU a été promotrice. Méthodes Une saisine a été déposée à la HAS en 2008 pour la création d’un acte HIFU pour CaP en vue d’un remboursement. Elle a abouti à un arrêté au J.O. en 2014 permettant la prise en charge forfaitaire du traitement par la CPAM dans le cadre du premier FI, financé sous condition d’une étude validée par la HAS. Après les procédures réglementaires (ANSM, CPPRB, CCTIRS, ATIH) l’ouverture des centres a débuté en 2015. Les données, indépendantes, centralisées au CHU de Nîmes (BESPIM-DRCI), ont été suivies par un conseil scientifique (CS) multidisciplinaire comportant 6 membres. Résultats Parmi les patients, 3873 ont été suivis pendant 30 mois dans 46 centres : 24 privés, 22 publics (14 CHU, 3 ESPIC, 5 CHG) par 80 urologues. L’équipe du Bespim a conçu l’e-CRF, monitoré (auto-questionnaires+12 déplacements/centre), effectué le data management puis le rapport statistique, mobilisant 11 personnes. Le CS s’est réuni tous les 6 mois pour suivre les datas et les EIG colligés dans la base vigilance de l’AFU. Le financement public a été de 22 M€ (hors PT). Pour l’AFU, les coûts ont concerné : la convention avec le Bespim, l’assurance, une méthodologiste et la gestion administrative de l’étude (1 M€). Ont participé aux dépenses de l’AFU : les centres sélectionnés au prorata de leurs inclusions (440 K€) ainsi que l’industriel (EDAP tms) via une convention sur la base vigilance (500 K€) dans le cadre réglementaire européen du MRD. Conclusion HIFI est la première étude prospective multicentrique comparant HIFU et PT. La durée totale des inclusions et de suivi des 3873 patients a été de 7 ans. Elle est aussi la plus grande étude multicentrique promue et organisée par l’AFU, pour un coût final d’environ 10 K€/an. Elle est riche d’enseignements à l’heure de la mise en place à grande échelle des registres d’activité et d’évaluations ainsi que de la présentation d’actes nouveaux à la HAS.
You have accessJournal of UrologyBladder Cancer: Basic Research & Pathophysiology III (MP65)1 May 2024MP65-09 BLADDER CANCER ORGANOIDS: A RELIABLE TOOL FOR VALIDATION OF IN VITRO NEW THERAPEUTIC APPROACHES Emilie Decaup, Claire Béraud, Anne Sophie Bajeot, Xavier Gamé, Nicolas Monjotin, Pascal Rischmann, Philippe Lluel, and Mathieu Roumiguié Emilie DecaupEmilie Decaup , Claire BéraudClaire Béraud , Anne Sophie BajeotAnne Sophie Bajeot , Xavier GaméXavier Gamé , Nicolas MonjotinNicolas Monjotin , Pascal RischmannPascal Rischmann , Philippe LluelPhilippe Lluel , and Mathieu RoumiguiéMathieu Roumiguié View All Author Informationhttps://doi.org/10.1097/01.JU.0001008756.24343.22.09AboutPDF ToolsAdd to favoritesDownload CitationsTrack CitationsPermissionsReprints ShareFacebookLinked InTwitterEmail Abstract INTRODUCTION AND OBJECTIVE: In patients with bladder cancer (BC) immune therapies have recently demonstrated an improvement for overall survival rates compared to chemotherapy alone. However, it remains an unmet need to develop novel therapeutic strategies. In this context, organoids have emerged as a promising animal-free tool revealing patients' heterogeneity and allowing large preclinical therapeutic screening. Urosphere developed a BC organoids biobank currently containing 8 models with phenotypic, pharmacological and molecular characterization. The aim of this study was to demonstrate the relevance of our organoids models to validate therapeutic approaches such as targeted or CAR-T cell therapies using EGFR as target. METHODS: Urothelial progenitors were isolated from tumour samples and seeded in Matrigel®. Omic data allowed us to select models with high transcriptomic EGFR expressions. To evaluate targeted-therapy, organoids were treated with erlotinib (0.1 to 10 µM) for 5 days. Cell viability was measured with CellTiter-Glo3D® assay. To validate CAR-T cell approach, organoids were co-cultured with anti-EGFR or control CAR-T cells at 4 effector:target ratios. Cell viability was measured with CellTiter-Glo3D® and Caspase-Glo® 3/7 3D assays. Pro-inflammatory and Granzyme B release were analysed by multiplex assay. RESULTS: Organoids from 2 models with high transcriptomic EGFR expression were selected and protein expression was confirmed by immunofluorescence. For targeted therapy, erlotinib presented significant efficacy in both models. In the model with high EGFR expression, erlotinib induced cell death up to 80% with an IC50 of 2.5 µM whereas in the lower-expressing model the IC50 was 21.4 µM. Concerning CAR-T cell therapy, after 48 h of co-culture with anti-EGFR CAR-T cells, a decrease of cell viability associated with an increase of apoptosis was observed. After 72 h of co-culture, an increase in the secretion of pro-inflammatory cytokines (IFN-g and TNF-a) and Granzyme B by anti-EGFR CAR-T cells was also observed. In co-cultures with organoids presenting high EGFR expression, CAR-T cells activation appeared higher with 14 fold release of IFN-g and TNF-a by anti-EGFR CAR-T cells compared to those co-cultured with organoids lower expressing EGFR. CONCLUSIONS: In an EGFR targeting approach, the use of organoids to evaluate both targeted- and CAR-T cell therapies was validated with concordant results. This robust translational model is fully transposable to other therapeutic approaches, whether in a traditional culture model or in a co-culture system. Source of Funding: Urosphere © 2024 by American Urological Association Education and Research, Inc.FiguresReferencesRelatedDetails Volume 211Issue 5SMay 2024Page: e1080 Advertisement Copyright & Permissions© 2024 by American Urological Association Education and Research, Inc.Metrics Author Information Emilie Decaup More articles by this author Claire Béraud More articles by this author Anne Sophie Bajeot More articles by this author Xavier Gamé More articles by this author Nicolas Monjotin More articles by this author Pascal Rischmann More articles by this author Philippe Lluel More articles by this author Mathieu Roumiguié More articles by this author Expand All Advertisement PDF downloadLoading ...
You have accessJournal of UrologyParadigm-shifting, Practice-changing Clinical Trials in Urology (P2)1 May 2024P2-06 HIFI TRIAL: HIFU VS RADICAL PROSTATECTOMY FOR LOCALIZED PROSTATE CANCER IN 3328 CASES. FINAL RESULTS Pascal J. Rischmann, Patrick Coloby, Thierry Chevallier, Nadine Houede, Arnauld Villers, and Guillaume Ploussard Pascal J. RischmannPascal J. Rischmann , Patrick ColobyPatrick Coloby , Thierry ChevallierThierry Chevallier , Nadine HouedeNadine Houede , Arnauld VillersArnauld Villers , and Guillaume PloussardGuillaume Ploussard View All Author Informationhttps://doi.org/10.1097/01.JU.0001015816.87470.c9.06AboutPDF ToolsAdd to favoritesDownload CitationsTrack CitationsPermissionsReprints ShareFacebookLinked InTwitterEmail Abstract INTRODUCTION AND OBJECTIVE: High-intensity focused ultrasound (HIFU) has emerged as an interesting ablative alternative to standard treatments such as radical prostatectomy (RP) or radiation therapy (RT) for localized prostate cancer (PCa). However no prospective comparative data has been published. METHODS: HIFI trial (NCT 04307056) is a non-inferiority, prospective, non-randomized, nationwide study performed in 46 French centers comparing HIFU vs RP. Inclusion criteria were age > 69 years in the HIFU arm (2014 French guidelines), low and intermediate risk PCa (cT1-2 NxM0, GG 1 or 2, PSA<15 ng/ml), not eligible for active surveillance, with a maximum of 4/6 positive sextants at post mpMRI systematic biopsies. HIFU (Focal One, Edap TMS, Vaux-en-Velin) was to treat at least 70% of the gland depending on MRI and biopsies. HIFI was conducted under IRB and ethical committee approval (IDRCB:2013-A01042-43). Primary endpoint was salvage treatment-free survival (STFS) defined by the use of any salvage treatment for progression as follows: RP, RT and/or androgen blockade (AB). Salvage treatment was triggered by PSA progression (confirmed nadir PSA+2) or significant cancer at post HIFU for cause biopsies and in the RP arm detectable PSA and/or significant positive margins > 3mm and/or pT3b. All decisions were validated by a local tumor board and reviewed by the national scientific board of the study. Secondary endpoints were metastasis, specific and overall survival (OS), safety and functional outcomes. Patients were followed for at least 30 months. RESULTS: From April 2015 to September 2019, 3328 patients were included (1967 consecutive HIFU and 1361 RP). Median PSA was 7.1 vs 6.9 (p=0.54), GG2 were 50% (p=0.25), in HIFU and RP arms respectively. 1859 patients had 1 HIFU session (94.7%) while 108 had 2 sessions (5.5%). Median follow up for censored patients was 30 months in both treatment groups. The 30-month STFS rate was significantly higher in the HIFU arm (89.8%) compared with the RP arm (86.2%; HR 0.76; 95%CI 0.61-0.96, p=0.008). This result was confirmed by using a pre-planned propensity score matching, including age and other covariates (BMI, ASA score, Prostate volume, PSA level, Grade Group, and ICS score at baseline) and an adjusted analysis using the same covariates in a regression Cox model for survival analysis (HR 0.71; 95% CI 0.52-0.97, p=0.03) (Fig 1). There was no influence of age on salvage treatment decision. No distant metastasis or PCa-specific death was reported. When adjusted on age, there was no OS difference between groups (HR=2.53; 95% CI 0.95-6.73, p=0.06). Complications >IIIa were reported in 2.7% and 2.1% of patients after HIFU and RP, respectively (p=0.26). At 12 months, urinary continence (UPS score ≤1) was better in the HIFU group (RR=0.76; 95%CI 0.70 -0.83 p<0.001). IIEF-5 score decreased significantly less after HIFU than after RP (median Δ = - 4 vs - 9 , p<0.001). There was no statistical difference in quality of life (EORTC QLQC-30) despite an age difference of 9.6 years between the two arms. CONCLUSIONS: The HIFI trial is the first prospective study comparing HIFU vs RP as primary treatment for localized prostate cancer. Salvage therapy-free survival after HIFU was not inferior to that reported after RP at the pre- planned 30-month follow-up. Patient-reported outcomes showed a significant lower negative impact of HIFU on functional outcomes such as urinary continence and erectile function. Promoter: Association Française d'Urologie Download PPT Source of Funding: French Ministry of Health © 2024 by American Urological Association Education and Research, Inc.FiguresReferencesRelatedDetails Volume 211Issue 5S2May 2024Page: e4 Advertisement Copyright & Permissions© 2024 by American Urological Association Education and Research, Inc.Metrics Author Information Pascal J. Rischmann More articles by this author Patrick Coloby More articles by this author Thierry Chevallier More articles by this author Nadine Houede More articles by this author Arnauld Villers More articles by this author Guillaume Ploussard More articles by this author Expand All Advertisement PDF downloadLoading ...
Afin de développer de nouvelles stratégies thérapeutiques pour le cancer de la vessie, il est important de disposer de modèles précliniques fidèles à la tumeur d'origine. Ainsi, les organoïdes apparaissent comme le modèle idéal. L'objectif est de développer une biobanque d'organoïdes de cancer vésical caractérisée sur les plans moléculaire, cytologique et pharmacologique. Les tumeurs provenant d'exérèses chirurgicales ou de Patient-Derived-Xenograft (PDX) ont été digérées par une méthode enzymatique et les cellules obtenues ont été inclues dans du Matrigel® auquel un milieu de culture spécifique a été ajouté. Une caractérisation moléculaire des organoïdes a été effectuée par séquençage de l'exome et du transcriptome complet. L'arChitecture et la différenciation cellulaire ont été évaluées par le marquage des cytokératines 5, 17 et 20, et de l'uroplakine 3 (UPK3). La prolifération et le statut tumoral ont été validés avec, respectivement, Ki67 et GATA3. Une caractérisation pharmacologique a été réalisée et l'efficacité des agents thérapeutiques a été analysée avec le CellTiter-Glo® 3D. Quatre modèles d'organoïdes de cancer vésical ont été extensivement caractérisés. Phénotypiquement, tous les organoides ont montré des structures 3D proliférantes (Ki67+) dont le statut tumoral a été confirmé par l'expression de GATA3. L'hétérogénéité cellulaire présente dans les tumeurs d'origine a également été retrouvée avec des expressions différentielles des cytokératines montrant la présence de cellules basales (CK5/CD17) et/ou superficielles différenciées (CK20/UPK3). La caractérisation moléculaire des modèles a permis de mettre en évidence des mutations majeures du cancer vésical et ainsi d'évaluer des thérapies ciblées comme l'erdafitinib pour les tumeurs mutées FGFR3. En parallèle, des standards de traitement (gemcitabine ou cisplatine) ont été vérifiés. Les analyses pharmacologiques ont confirmé l'efficacité des différents agents thérapeutiques testés. Pour les modèles dérivant de PDX, les résultats obtenus ont été comparés à ceux des modèles PDX. Les organoïdes restituent les caractéristiques de la tumeur dont ils sont issus faisant d'eux un modèle préclinique prédictif. Au vu du contexte éthique, l'utilisation des organoïdes pour du criblage pharmacologique permet de considérablement diminuer le nombre d'animaux de laboratoire. Afin de se rapprocher du contexte clinique, la prochaine étape est d'implémenter notre biobanque d'organoïdes pour cribler de nouvelles thérapies.
L'étude HIFI-2 a été élaborée dans le cadre du Forfait innovation pour évaluer l'efficacité et la tolérance des HIFU dans le traitement de rattrapage après échec de radiothérapie (RT) de première intention d'un cancer localisé de la prostate (CaP). C'est une étude prospective multicentrique ouverte dans le cadre du Forfait Innovation dont l'AFU a été promotrice (IDRCB :2013-A01042-43) (NCT04307056). Entre 2015 et 2019, 531 patients ont été inclus dans 32 centres. Les critères d'inclusion étaient le CaP en récidive biologique (RB) après RT, avec confirmation biopsique après IRM et bilan d'extension négatif. Les HIFU (Ablatherm, Focal One), avec réglages spécifiques post-RT, pouvaient ne traiter la prostate que partiellement. Le critère principal était la survie à 30 mois sans traitement hormonal (TH) prescrit pour RB et validé en RCP. Les critères secondaires étaient l'évaluation fonctionnelle (scores IPSS, ICS, IIEF-5, EORTC-QLQC-30, IPSS QOL) et la tolérance. Âge et PSA médians : 75,2 ans et 4,44 ng/ml ; Gleason 37 (4 + 3) : 55 %. Volume moyen traité/volume mesuré : 85 %. À 30 mois, la survie sans TH est à 72 % (66,9–75,4), 77 % et 85 % respectivement pour l'ensemble des patients, ceux avec PSA < 4,5 ng/ml et ceux avec SG £ 7 (3 + 4). Le PSA médian est de 0,66 ng/ml à 12 mois. La survie globale est de 96,7 % dont un décès spécifique. L'IPSS médian est à 7 (3–12) à 12 mois. Avant HIFU, 19 % des patients signalaient une incontinence ; à 12 mois, 16 % avaient 32 protections par jour. Le summary QLQ-C30 score médian fut de 91,7 (84,4–96,8) à 12 mois. Taux de complications Clavien-Dindo 33a : 19/531 = 3,57 % ; 4 fistules recto-urétrales, résolues dont un Bricker. Trente mois après HIFU de rattrapage post-RT, 72 % des patients ont été préservés d'un TH. L'étude des données selon le PSA et le score de Gleason pré-thérapeutiques fait espérer un meilleur résultat (jusqu'à 85 % de survie sans TH à 30 mois) lorsque, en présence d'une récidive biologique après radiothérapie, une recommandation orientera vers une prise en charge plus précoce.
Introduction. - Artificial urinary sphincter is considered the gold standard of treatment for male urinary incontinence because of intrinsic sphincter deficiency. The objective of our study was to compare the functional results and complications of the penoscrotal and perineal incision for the implantation of artificial urinary sphincter. Material and methods. - A retrospective, monocentric study comparing the perioperative and long-term results of primary implantation of an artificial urinary sphincter in men, performed by the penoscrotal or the perineal incision, was conducted in a French university hospital. Results. - Between April 2004 and February 2019, 175 patients were implanted (118 by penoscrotal incision and 57 by perineal incision) by 19 surgeons. Cuff placement approach depended on surgeon preference. The average follow-up was 34.2 +/- 35.6 months. Cuff size was smaller in the penoscrotal group (4 [4;5] vs 4.5[4;5] p < 0.001). At the end of follow-up, the rates of complete continence, social continence, reintervention for any reason, explantation, and revision was similar between the two groups. Conclusion. - Long-term outcomes of penoscrotal and perineal artificial sphincter implantation were similar between the two groups. Prospective multicenter studies are needed to confirm these results. (C) 2021 Published by Elsevier Masson SAS.
En présence d’un adénocarcinome localisé, le traitement partiel de la prostate est un traitement émergeant, favorisé par le développement de l’IRM. La sélection des patients est essentielle : Grade Groupes 1 et 2, non éligibles à la surveillance active ou refusant un traitement radical (moins de 3 sextants envahis par lobe) et dont la lésion index est à plus de 9mm de la zone sphinctérienne. Réalisable par HIFU en ambulatoire, sa tolérance est bien établie : la complication principale est la rétention urinaire (10 %) et les conséquences fonctionnelles sont limitées (continence 91–100 % et maintien de la fonction érectile 64–89 %). L’efficacité est prouvée par l’absence de cancer cliniquement significatif dans la zone traitée dans 87 % (79–96) des cas. À 5 ans de suivi, moins de 20 % des patients auront besoin d’un traitement radical. En attente de validation par un suivi à plus long-terme, les patients doivent être traités dans des études ou des cohortes prospectives établies en accord avec les autorités de santé.
Un adénocarcinome prostatique localisé (ISUP 1 ou 2) peut – lorsque la surveillance active n’est pas ou plus adaptée – bénéficier d’un traitement conformationnel conservateur par Hifu. L’objectif principal de cette étude est de décrire les résultats carcinologiques de cette stratégie, en termes de contrôle ou d’escalade thérapeutique. s Étude prospective d’une cohorte exhaustive de 219 patients traités de février 2015 à février 2020, pour un adénocarcinome prostatique par HIFU (Focal one, Edap tms, Vaux-en-Velin). Cent quatre-vingt-deux patients ont eu un primo-traitement pour adénocarcinome prostatique localisé (ISUP 1 = 89, ISUP 2 = 90, ISUP 3 = 3) et 37 patients un traitement de rattrapage après échec de radiothérapie (17 %). Pour les primo-traitements : âge médian 71 ans (± 6,3), les patients de moins de 70 ans ont signé un consentement. PSA pré-thérapeutique médian 5,8 ng/mL (45 RTUP préalables). Trois biopsies positives (± 2 ; > 3 mm ; maximum 4 sextants) ; mpIRM positive : 74 %. Des critères composites de contrôle de la maladie ont été définis : PSA stable, pas de cible IRM, biopsies négatives. L’objectif principal était l’absence de recours à un traitement de rattrapage. Les objectifs secondaires étaient l’absence de progression carcinologique et la survie spécifique. Cent vingt-deux traitements partiels (de 4,9 cm3 à 29,7 cm3) et 60 traitements subtotaux (> 70 % du volume de la glande) ont été réalisés. Vingt-cinq patients ont eu 2 sessions d’HIFU. Six perdus de vue (suivi < 1 an). La médiane des PSAnadir fut de 1,56 (± 1) ng/mL. Avec un recul médian de 33 mois, 28/182 (15,3 %) 12 ISUP 1 vs 16 ISUP2-3 ont nécessité un traitement radical de rattrapage (15 prostatectomies, 13 radiothérapies). Un traitement partiel a permis 82 % de contrôle vs 92 % pour un traitement subtotal. Pas de métastase, pas de décès spécifique. Le traitement par Focal One permet respectivement 87 % et 83 % de contrôle des adénocarcinomes prostatiques localisés ISUP1 et ISUP2-3 (ayant au maximum quatre sextants envahis). Il permet de préserver la prostate de 84,3 % des patients sélectionnés, sans empêcher un traitement radical de rattrapage éventuel dont l’indication dépend des données de la surveillance active post-HIFU. Le repérage conformationnel peropératoire, basé sur l’IRM pré-thérapeutique, est un avantage technique incontestable qui devrait améliorer les résultats du traitement partiel mais dont on peut encore espérer une optimisation grâce aux progrès attendus de l’imagerie.
Introduction. - European Randomized Study of Screening for Prostate Cancer (ERSPC) mortality results were reported for 7 European countries (excluding France) and showed a significant reduction in Prostate cancer (PCa) mortality. As those results have not been part of the global ERSPC results, it is of interest to report PCa mortality at a median follow-up of 9 years for French section of ERSPC. Material and methods. - Two administrative departments were involved in the study. Only men after randomization in the screening group were invited by mail to be screened by PSA testing with two rounds at 4-6 year intervals. Biopsy was recommended if PSA> = 3.0 ng/mL. No information other that the French Association of Urology recommandations on the use of PSA was offered to the control group (own decision of physicians and patients). Follow up was based on cancer registry database. Contamination defined as the receipt of PSA testing in control arm was measured. Poisson regression models were used to estimate the Rate Ratio (RR) of PCa mortality and incidence in the screening vs. control arm. Results. - Starting from 2003, 80,696 men aged 55-69 years were included. The percentage of men in the screening arm with at least one PSA test (compliance) was 31%. Compared to the control arm. PCa incidence increased by 10% in the screening arm (RR = 1.10; 95% CI = [1.04-1.16], P=0.001), but PCa mortality did not differ (0.222 and 0.215 deaths/1000 person-years; RR= 1.03[0.75-1.42], P=0.9). Discussion. Limitations include low participation rate. PSA testing in the control arm was observed in 32% of men (contamination). Conclusions. - Contamination in control group led to no effect of PSA-based screening on prostate cancer mortality at 9 years follow-up. Level of evidence. 3. (C) 2020 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
Étude prospective multicentrique ouverte comparant l’efficacité carcinologique d’un traitement conservateur par ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU) à la prostatectomie totale (PT) pour adénocarcinome prostatique localisé de stades ISUP 1 (non éligibles à la surveillance active) et ISUP 2. Nous communiquons des données carcinologiques intermédiaires à 18 mois. De février 2015 à septembre 2019, 3364 patients (HIFU : 1988, PT : 1376) ont été inclus de façon prospective dans 42 centres. Âge médian : 74,6 vs 65 ; PSA médian : 7,11 vs 6,97 (p = 0,4) ; ISUP 1 : 0,39 ; ISUP 2 : 0,61. Objectif principal : survie sans traitement de rattrapage. Objectifs secondaires : bras HIFU : récidive biologique (RB) = PSA > Nadir + 2, PBP contrôle ; bras PT : R1, RB = PSA > 0,2 ng/mL. Objectif principal : à 18 mois, la probabilité de survie sans traitement de rattrapage est plus importante dans le bras HIFU comparé au bras prostatectomie HR = 0,31 IC95 % [0,23–0,42] soit un risque 3 fois plus élevé dans le groupe prostatectomie (p < 0,01). Objectifs secondaires : bras HIFU : récidives biologiques : 141 (10,6 %), PBP positives : 99 (7 %) ; bras PT : R1 = 25 % ; RB : 77 (9 %) à 18 mois. Ces données intermédiaires à 18 mois ne permettent pas encore une comparaison équitable des deux bras en raison d’un profil évolutif spécifique à chaque groupe. Concernant l’objectif principal, la radiothérapie de rattrapage est probablement indiquée plus précocement après PT en raison de décisions de principe en RCP face à des marges positives. Le suivi des données carcinologiques pendant 30 mois, prévu dans l’étude, est justifié.
La procédure du ganglion sentinelle (GS) a prouvé son intérêt dans la prise en charge de certains cancers en permettant d’éviter la morbidité d’un curage étendu inutile. L’objectif de cette étude est de valider le curage radioguidé dans le cancer de la prostate (CaP) en montrant que les métastases ganglionnaires sont situées dans les GS prélevés au sein du territoire du curage standard. Il s’agit d’une étude de cohorte prospective multicentrique issu d’un protocole hospitalier de recherche clinique. La procédure du GS était faite par méthode isotopique. Les ganglions marqués étaient localisés par SPECT-CT la veille de l’intervention. Les territoires concernés par ce curage devaient comprendre au minimum la fosse obturatrice, le territoire iliaque interne et externe. Une cartographie des ganglions prélevés fixant (=GS) ou non fixant et positifs (=métastatiques) ou négatifs était réalisée. Le critère de jugement principal était la sensibilité du curage radioguidé pour détecter les patients avec des métastases ganglionnaires au sein du curage standard. Les complications étaient notées et un suivi de 1 an était réalisé. Un total de 162 patients a eu une prostatectomie totale avec curage ganglionnaire pelvien avec marquage des ganglions au préalable. L’âge médian lors de la chirurgie était de 64 ans (47–73). Il n’y a eu aucune complication liée à l’injection intra-prostatique de nano-colloïdes radio-marqués. Cent trente-sept (84,6 %) patients n’avaient aucune métastase ganglionnaire (=pN0) et 25 (15,4 %) patients étaient pN+. Cinq (20 %) patients avaient des ganglions positifs non sentinelles. La sensibilité du curage radioguidé était de 80 % (IC95 % : 60,9 ; 91,4). À 1 an, le taux de complications était de 17,3 % (n = 28), le taux de ré hospitalisation de 1,2 % (n = 2) et le taux de récidive biologique de 19,1 % (n = 31). Le curage ganglionnaire pelvien dans la prise en charge chirurgicale des patients atteints de CaP de risque intermédiaire et de haut risque est responsable de complications chez pratiquement 1 patient sur 5. La technique du GS est non morbide et fiable et pourrait permettre d’éviter ce geste à certains patients.
Purpose To compare perioperative and functional outcomes of two different energy sources, holmium laser and bipolar current for endoscopic enucleation of prostate larger than 60 mL. Methods A prospective, monocentric, comparative, non-randomized study was conducted including all patients treated for prostate larger than 60 mL, measured by transrectal ultrasound. Patients were assigned to each group based on the surgeons' practice. Perioperative data were collected (preoperative characteristics, operating, catheterization and hospitalization times, hemoglobin loss, complications) and functional outcomes (IPSS, IPSS Quality of Life (QoL), PSA) at 3 months and 1 year. Results 100 patients were included in each group from October 2015 to March 2018. No differences between HoLEP and plasma groups were observed at baseline, except for mean IPSS score, IPSS QoL score and preoperative PVR that were significantly higher in the HoLEP group. Operating time (142.1 vs 122.4 min; p = 0.01), catheterization time (59.6 vs 44.4 h; p = 0.01) and hospitalization time (2.5 vs 1.8 days; p = 0.02) were significantly shorter in the plasma group. Complication and transfusion rate were no significantly different between HoLEP and plasma. No significant differences were observed concerning functional outcomes at 3 months and 1 year. The urinary incontinence rate was higher 21.1% vs 6.4% ( p < 0.01) at 3 months in HoLEP group, but no difference was observed at 1 year. Conclusion Holmium and plasma are both safe and effective for endoscopic treatment for prostate larger than 60 mL. Operating, catheterization and hospitalization times were significantly shorter in the plasma group. The complication rate and functional outcomes were not significantly different.
Objectifs Etude prospective multicentrique ouverte comparant l’efficacite carcinologique et les consequences fonctionnelles d’un traitement conservateur par ultrasons focalises de haute intensite (HIFU) a la prostatectomie totale (PT) pour adenocarcinome prostatique localise de stades ISUP 1 (non eligibles a la surveillance active) et ISUP 2. Nous rapportons ici les EIG et resultats fonctionnels a 12 mois. Methodes De fevrier 2015 a septembre 2019, 3364 patients (HIFU : 1988, PT : 1376) ont ete inclus de facon prospective dans 42 centres. Âge median : 74,6 vs 65 ; PSA median : 7,11 vs 6,97 (p = 0,4). Les EIG ont ete transmis a l’Agence nationale selon les standards internationaux. Objectifs fonctionnels de l’etude : IPSS, continence (USP), fonction erectile (IIEF5), qualite de vie (EORTC QLQ-C30) a 12 mois. Resultats Les durees medianes d’hospitalisation initiale ont ete respectivement de 1 et 4 jours. Cinquante-trois EIG Clavien–Dindo ≥ IIIa : 32 HIFU (1,6 %) et 21 PT (1,5 %). Aucun risque prealablement inconnu n’a ete mis en evidence. Onze cas de fistules ont ete rapportes : bras HIFU : 3/1988 (1,5/1000) fistules (2 uro-digestives, 1 urinaire) ; bras PT : 8/1376 (5,8/1000) fistules (7 urinaires, 1 digestive). Tous les cas ont ete gueris. Vingt-trois deces ont ete enregistres et sont non imputables. Resultats fonctionnels (HIFU vs PT) : IPSS median : 4 vs 3, IPSS QdV median : 1 vs 1 ; continence score median : 0 vs 1 (p Conclusion Une proportion superieure de rehospitalisations a ete constatee apres HIFU. Plusieurs explications sont suggerees : l’âge plus eleve des patients, la duree d’hospitalisation initiale tres breve et la gestion non standardisee des accidents retentionnels. En dehors de l’IPSS, les consequences fonctionnelles (incontinence, dysfonction erectile) sont significativement moins importantes pour l’HIFU que pour la prostatectomie a 12 mois postoperatoires. La qualite de vie post-therapeutique des deux groupes reste elevee, et malgre une difference d’âge de pres de dix ans, est comparable.