The management of psychological vulnerability is one of the main causes of the burden placed on informal and formal caregivers, due to the shortage of human and material resources for appropriate care. Informal carers face significant challenges in managing the difficulty of providing care, particularly regarding patients' behavioral problems. They play a crucial role in the healthcare system by providing long-term care to vulnerable patients. Informal caregivers, often family members, also face significant educational, societal, and financial challenges: shortages of healthcare staff, adverse health effects, stigma, and financial costs associated with care. They must navigate the ambiguity of boundaries in their relationship with the patient, which can affect their quality of life and health. Caregivers' adaptive strategies, whether flexible or rigid, influence their perception of the task and their quality of life. Less vulnerable caregivers tend to adopt problem-focused strategies and seek solutions, while more vulnerable caregivers have rigid and exaggerated strategies. The ability of caregivers to be psychologically present with the patient varies according to their ability to manage the situation and maintain an emotional balance. Caregivers' coping strategies, their ability to find meaning in their role,
Les inégalités et les discriminations portant sur les femmes âgées sont peu documentées dans la littérature. La problématique est cependant massive et dramatique pour des millions de femmes. Tout semble confiné à une invisibilité de leur détresse. Ces problématiques persistent dans les pays occidentaux, économiquement développés, mais tendent à s’atténuer sans disparaître pour autant. Elles n’ont rien à voir, cependant, avec celles rencontrées dans nombre de pays où les inégalités de genre acquises, côtoient un niveau de vie et des attendus familiaux et religieux défavorables aux femmes notamment âgées. Ailleurs, leur misère est aggravée par les guerres et les déplacements de population. Nous examinons dans cet article les ressorts qui sous-tendent leur discrimination. Nous pointons la nécessité de la constitution d’un droit international pour pallier ces situations qui tendent à s’aggraver dans certains pays. En matière de santé, on assiste actuellement dans de nombreux pays à une détérioration des structures de soins destinés aux plus fragiles, ce qui concerne notamment des millions de femmes, jeunes ou âgées.
La prise en charge de la vulnérabilité psychique constitue l’une des principales causes du fardeau pesant sur les aidants informels et formels, en raison de la pénurie de moyens humains et matériels pour des soins adaptés. Les aidants informels se confrontent à des difficultés importantes liées à la gestion du fardeau de soins, notamment en ce qui concerne les troubles du comportement des patients. Ils jouent un rôle crucial dans le système de santé en fournissant des soins de longue durée aux patients vulnérables. Les aidants informels, souvent des membres de la famille, font face à des défis éducatifs, sociétaux et financiers importants : pénurie de personnel soignant, effets adverses sur la santé, stigmatisation et coûts financiers liés aux soins. Ils doivent gérer l’ambiguïté des limites dans la relation avec le malade, ce qui peut affecter leur qualité de vie et leur santé. Les stratégies d’adaptation des aidants, flexibles ou rigides, influencent leur perception du fardeau et leur qualité de vie. Les aidants les moins vulnérables ont tendance à adopter des stratégies centrées sur les problèmes du malade et à rechercher des solutions d’aide, tandis que les aidants plus vulnérables ont des stratégies rigides et démesurées. La topologie du champ de présence de l’aidant auprès du patient varie en fonction de sa capacité à gérer la situation et à maintenir un équilibre émotionnel. Les stratégies d’adaptation des aidants, leur capacité à trouver un sens dans leur rôle et à gérer leurs émotions sont essentielles pour alléger leur fardeau. Des formations et des programmes psychoéducatifs peuvent être bénéfiques pour les aider à faire face aux difficultés rencontrées.
Le trouble du deuil prolongé est un état caractérisé par une réaction de deuil intense et persistante qui dure pendant une période prolongée, généralement au-delà de ce qui est considéré comme normal ou attendu après une perte. Des critères diagnostiques formels relatifs au trouble de deuil prolongé ont été ajoutés au manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, cinquième édition. Un deuil prolongé peut entraîner des conséquences importantes pour les personnes âgées. Il interfère avec le fonctionnement quotidien et toute une série de problèmes peut en résulter, notamment un déclin de la santé mentale, des problèmes de santé physique, l’isolement social et une diminution de la qualité de vie. Le trouble du deuil prolongé peut être difficile à diagnostiquer et à traiter. Les psychothérapies fondées sur l’inscription du malade dans la réalité du présent, telles que la thérapie cognitivo-comportementale, peuvent être efficaces. Dans l’ensemble, même s’il existe des traitements efficaces, le chemin vers le rétablissement peut varier considérablement d’une personne à l’autre.
La dépression résistante chez les personnes âgées est définie comme l’échec d’au moins deux antidépresseurs utilisés successivement à bonne posologie lors d’un seul épisode dépressif, durant au minimum 8 semaines. La dépression chez les personnes âgées est le plus souvent le fait de formes tardives survenant chez une personne sans antécédent dépressif. Leur pronostic cognitif diffère des dépressions d’un adulte vieillissant ayant une longue histoire de dépression. Dans ces deux formes cliniques, deux tiers des malades âgés restent déprimés un an plus tard malgré le traitement. La résistance au traitement de la dépression de la personne âgée pose souvent le problème de l’observance thérapeutique. Les formes résistantes aux antidépresseurs peuvent être liées à des facteurs hormonaux, environnementaux ou traumatiques. Elles peuvent encore avoir des causes médicales en raison de la polypathologie fréquente chez les personnes âgées ou en raison d’une longue histoire psychiatrique. Les dépressions tardives résistantes aux traitements peuvent être liées aux morbidités associées, à leurs traitements, voire rendre visible une maladie plus grave sous-jacente en particulier neurocognitive non encore révélée. Les traitements pour la dépression résistante incluent des ajustements de posologie, des changements de médicaments et des soins psychothérapiques. Des évaluations régulières sont essentielles ainsi qu’une alliance thérapeutique pour tenter d’améliorer la qualité de vie pour les patients dépressifs. L’orientation vers un psychiatre est indiquée pour des interventions médicales complexes en raison des difficultés de prise en charge.
Les patients en fin de vie dans de nombreux pays peuvent avoir accès légalement à une euthanasie, à une aide au suicide ou à un suicide assisté. La souffrance psychique intolérable, associée ou non à des pathologies incurables et/ou délabrantes, au-delà des possibilités thérapeutiques, est au cœur de leur demande. Celle-ci est cependant difficile à évaluer par tiers, toute souffrance étant par nature subjective. De plus, elle interpelle particulièrement le corps soignant lorsque le malade n’est pas dans une proximité de mort naturelle. Il est difficile d’affirmer l’incurabilité d’une maladie psychiatrique et d’une souffrance intolérable, critère subjectif à accueillir en tant que tel par les donneurs de soins. Les capacités de discernement et les prises de décisions d’un patient submergé par sa douleur morale sont altérées, et une personne âgée peut présenter des troubles cognitifs, ce qui doit être évalué dans sa demande d’aide active à mourir. Nous analysons dans cet article la complexité de l’approche de la souffrance psychique intolérable. Celle-ci relève de problématiques sociétales, des conséquences des maladies somatiques souvent invalidantes, de problèmes psychiatriques ou de difficultés psychologiques, en particulier existentielles. Nous insistons sur la nécessité de l’évaluation chez la personne âgée de ses capacités décisionnelles et sur l’importance de l’accompagnement des personnes en attente de cette aide active à mourir. L’approche du patient atteint de plusieurs pathologies chroniques passe par un dialogue loyal dans lequel il sera possible de clarifier précisément ses priorités et ses préférences. Ces priorités ne sont pas exclusivement médicales. L’approche des souffrances insupportables en fin de vie ou dans d’autres circonstances est nécessairement globale, holistique, bio-psycho-sociale.
Derrière les troubles du comportement du patient dément, le sens qu’il cherche à en donner est important à comprendre, pour contenir les situations anxiogènes pour lui, pour son entourage aussi bien familial que soignant. La progressivité de la maladie favorise l’émergence de stress, de tensions psychologiques entre le désir du malade et ce qu’il peut encore réaliser, entre ce qu’il perçoit et vit du réel et ce qui lui semble de plus en plus obscur. Ces tensions finissent par être marquées d’anxiété, le patient échouant dans ses entreprises pourtant autrefois réalisées avec aisance. Quatre stades de la maladie peuvent être distingués au fur et à mesure de l’évolution démentielle. Lorsque les troubles cognitifs sont peu marqués, mais que malgré les troubles phasiques, il reste au malade des possibilités de mettre en mots son vécu, il lutte de façon anxieuse pour se raccrocher au sens qu’il perçoit de son environnement en particulier humain. Un stade de plus, l’univers où son autorité s’inscrit, se rétrécit, le conduisant à une autorité et une emprise accrue sur ce qui fait encore sens pour lui : ce qu’il comprend, ce qu’il peut encore faire et ce qui étaye son identité. La maladie évoluant encore, le patient se réfugie dans un espace-temps restreint, tourné vers un passé pourtant révolu, empreint de vieilles habitudes, son habitat devient musée. Son environnement pour lui n’est plus qu’un petit monde. Il n’y a plus de place pour le changement et pour l’imprévu, impossibles à élaborer sur le plan psychique et donc trop anxiogènes. Une cassure existentielle apparaît lorsque ce petit monde lui-même n’est plus accessible à la fois en raison des troubles cognitifs et des maladies somatiques souvent associées. La porte est alors ouverte à la démotivation, à un lâcher-prise sur le monde relationnel et environnemental, à une régression qui, pour délétère qu’elle soit, atténue une anxiété devenue incontournable devant les menaces identitaires qui pèsent sur le patient.
L’âgisme est un concept qui englobe les stéréotypes, les préjugés et les discriminations envers les personnes âgées, basés sur leur âge chronologique ou simplement sur la perception qu’elles sont âgées. Il peut être implicite ou explicite, et se manifester à différents niveaux d’intensité, allant du microâgisme à la violence, ainsi qu’en termes d’étendue sociétale. L’âgisme peut être exprimé de manière inconsciente ou consciente, à travers des microagressions dans les interactions interpersonnelles, des messages institutionnels, sociaux et culturels, ainsi que dans les familles ou les établissements pour personnes âgées dépendantes. Les conséquences de l’âgisme peuvent être graves, car elles peuvent conduire à l’ignorance des personnes âgées lors de prises de décision importantes qui les concernent, telles que les soins de santé, les politiques publiques, les logements et les programmes de bien-être. Il est essentiel de reconnaître et de valoriser les contributions des personnes âgées à la société. Il est également important de sensibiliser les individus et les institutions à l’âgisme, afin de promouvoir une société inclusive et respectueuse de toutes les générations. Nous examinerons dans cet article les mécanismes sociaux qui sous-tendent l’âgisme. Nous explorerons, de plus, les ressorts psychologiques de sa construction chez les individus et dans la société d’aujourd’hui.
The use of psychotropic drugs in the elderly is frequent, and can be problematic due to the risks associated with their inappropriate use and adverse effects. It is essential to adopt a cautious, individualized approach to prescribing psychotropic drugs, regularly assessing their efficacy and considering other non-drug approaches where possible. Collaboration between healthcare professionals and patients can contribute to more appropriate use of these drugs in the elderly.
La maladie d’Alzheimer touche en règle le sujet âgé ou très âgé. Elle affecte progressivement et inéluctablement la mémoire mais non nécessairement la compréhension de l’autre. Elle altère la coévolution du malade avec le reste du monde. La rigidité systémique des systèmes de soins ne permet pas toujours une adaptation à la progression de la maladie et à l’évolution du malade. Parcours de soins impliquant soignants, aidants et malades et parcours de vie du malade et de son entourage peuvent voir se creuser un écart neuro-involutif qui s’aggrave avec le temps, un écart entre le temps vécu des uns et celui des autres, au risque d’écarter l’accès au sens du malade déjà confronté à ce qui ne fait plus sens avec la démence. Nous en discutons ici les conséquences éthiques en particulier en termes d’abandon du sens encore partageable. L’analyse des difficultés éthiques soulevées par les relations soignants-malades, proposée dans cet article, s’appuie sur la psychogériatrie et sa philosophie du soin. La construction du sens du soin tout au long de l’évolution de la maladie est indispensable. À défaut, la psychopathologie s’aggravera au dépend des malades comme des soignants. Se permettre de prendre du recul face à l’injonction de la bientraitance, ne pas la fétichiser, adopter une démarche holistique, se donner les moyens de parer à la stigmatisation et à l’auto stigmatisation qui accompagnent si souvent le handicap psychique, ce sont autant de priorités éthiques afin d’épouser le mouvement du soin et du sens, afin de faciliter la construction du sens (sémiose) dans une coévolution impliquant autant le malade que les soignants. Alzheimer's disease usually affects the old or old old persons. It gradually and inevitably affects memory but not necessarily the understanding of the other. It alters patient's co-evolution with the rest of the world. The systemic rigidity of healthcare systems does not always allow them to adapt to the evolution of the disease. Care pathways involving caregivers, caregivers and patients and the life course of the patient and those around him can see the development of a neuro-involutionary gap that worsens over time, a gap between the lived time of some and that of others, at the there is a risk of denying access to meaning for the patient who is already confronted with what no longer makes sense with dementia. We discuss here the ethical consequences, in terms of the abandonment of the still shareable meaning. The analysis of on psychogeriatrics and its philosophy of care. The construction of a sense of care throughout the evolution of the disease is essential. Failing this, the psychopathology will worsen at the expense of both patients and caregivers. To allow oneself to take a step back from the injunction of good treatment, not to fetishize it, to adopt a holistic approach, to give oneself the means to counter the stigmatization and self-stigma which so often accompany psychic handicap, which are all ethical priorities in order to embrace the movement of care and meaning, in order to facilitate the construction of meaning (semiosis) in a co-evolution involving both the patient and the caregivers.
End-of-life patients in many countries have legal access to euthanasia, support for suicide, or assisted suicide. Intolerable psychological suffering, whether or not associated with incurable and/or debilitating pathologies, beyond the therapeutic possibilities, is at the very core of their request. It is, however, difficult for third parties to evaluate such suffering since all suffering is inherently subjective. Moreover, it is particularly challenging for caregivers and medical staff when the patient is not close to a natural death. It is difficult to ascertain the incurability of a psychiatric illness and intolerable suffering, which is a subjective criterion to be accepted as such by the nursing staff. The capacity for discernment and decision-making of a patient overwhelmed by his/her moral pain is impaired, and an elderly person may present cognitive disorders, which must be assessed in his/her request for active assistance in dying. In this article, we analyze the complexity of the approach to intolerable mental suffering. Such suffering is related to societal issues, the consequences of often incapacitating psychiatric problems and psychological difficulties, particularly existential ones. We insist on the necessity of evaluating thecognitive capacity of elderly persons to make such a decision and on the importance of the accompaniment of those awaiting active assistance in dying. Decision-making and care for seniors with multiple chronic conditions must focus on the seniors' priorities and on their quality of life. These priorities are not exclusively medical. The general approach to unbearable suffering at the end of life or in other circumstances is necessarily global, holistic, and bio-psycho-social.(c) 2023 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
Taking into account the needs and expectations of families in residential care facilities for the dependent elderly (Ehpad) leads to their satisfaction with the care given to their institutionalized relative. A relational charter participate to prevent conflicts and misunderstandings between the various formal (caregivers) and informal (families) care providers at the bedside of residents. Families must feel invited to the Ehpad and recognized in their place in their role of care, at least relational. Some families, however, remain firmly anchored in an irrefragable hostility. Solidarity in the teams and the robustness of the care project are essential here.
L’empathie du soignant envers un malade et sa famille est une condition nécessaire à la création de soins fondés sur une confiance réciproque. L’empathie est une fonction psychique complexe mobilisant affects pour accueillir la détresse d’autrui, cognition pour déterminer ses désirs, conation pour mettre en œuvre les actions thérapeutiques et relationnelles utiles et efficaces éthiquement centrées sur le patient. L’empathie est innée, partagée dans diverses espèces de mammifères. L’empathie se cultive chez les êtres humains durant leurs parcours de vie. Elle a un coût émotionnel pour les praticiens de la santé, et si celui-ci devient trop pesant, la fatigue d’empathie peut conduire à un épuisement professionnel. L’insuffisance d’empathie chez ces praticiens a les mêmes inconvénients qu’une insuffisance de leur professionnalisme. Elle est donc essentielle dans la relation de soins, satisfaisante pour le malade, et par ailleurs, bénéfique pour la qualité de soins au travail des soignants. Nous explorons dans cet article les différentes facettes de l’empathie à partir d’une revue de la littérature dans le champ de la relation de soins.
Taking into account the needs and expectations of families in residential care facilities for the dependent elderly (Ehpad) leads to their satisfaction with the care given to their institutionalized relative. A relational charter participate to prevent conflicts and misunderstandings between the various formal (caregivers) and informal (families) care providers at the bedside of residents. Families must feel invited to the Ehpad and recognized in their place in their role of care, at least relational. Some families, however, remain firmly anchored in an irrefragable hostility. Solidarity in the teams and the robustness of the care project are essential here.
The discourse in the care relationship bridges the gap between the human relationship and a course of care, allowing patients to accept it and sometimes to take on the hardship. This discourse allows technical exchanges between doctors, caregivers, and patient. If the conditions for a deep listening and reciprocal empathy are present, discourse is the booster allowing the construction of a human relationship, which keeps and improved the professional framework. This construction is not always done, often because of the institutional operating conditions. Communication on care, limited to interactions between people, replaces then a human relationship that has failed to presentified itself. To build the relationship in care, caregivers and patients can only rely here on their openness to human people, their theoretical humility and respectful of others, as well as the crucible of common knowledge supported by the institutional environment and the scientific framework. The discourse of caregivers and patient aims to homogenize their representations of the disease and to cultivate mutual trust in order to build a relationship in care lasting over time and for both, memorizing key moments on the emotional or the cognitive level during the care circuit. It develops and allows to share their common memories. (C) 2021 Published by Elsevier Masson SAS.
In recent years, a number of actions have been carried out to develop assistance for caregivers in France. This assistance can be coordinated with the help of social services, which can be difficult for both the elderly person and their caregiver, for psychological reasons. If an adapted and rehabilitated care pathway is not put in place, the caregiver may be exposed to psychosocial risks.
The sexual life of elderly people living in residential institutions for the dependent elderly (Ehpad) is a sensitive subject that is rarely discussed. Particular difficulties sometimes arise when they have cognitive problems. Affectivity and sexuality in old people's homes must be approached with tact and maturity by the carers. Sexuality belongs to private life, but its excesses are difficult to reconcile with collective life. Some proposals can be made on ethical issues and on the relationship with residents and their families.