Le monde change, l’univers des risques s’étend et les conditions d’exercice du métier d’assureur se complexifient. L’assurance qui reflète largement les tensions et les contradictions de son environnement doit s’adapter aux évolutions et aux fluctuations de cet environnement. Face à un métier qui a beaucoup changé tout en conservant de fortes composantes traditionnelles, ils ont été nombreux ceux qui ont annoncé depuis près de dix ans la grande disruption de l’assurance. Mais celle-ci tarde à se concrétiser et les quelques tentatives n’ont finalement guère ébranlé les acteurs traditionnels de l’assurance. Pour autant, ces défis stratégiques forcent l’assurance à s’adapter et à changer en profondeur. Le présent article s’efforce d’identifier plus précisément ces défis stratégiques, d’analyser la capacité du secteur à relever ces défis et de cerner les changements qu’ils vont imposer aux assureurs. Classification JEL : G22, G28, G41, H12, H44, H55, L14, L16, L22
Une vue superficielle des choses conduit souvent à confondre assurance et redistribution. Certes, celles-ci présentent des points communs formels. Mais, elles présentent surtout des différences substantielles. Les ignorer ne peut être que source de contresens majeurs, susceptibles d’obérer leur fonctionnement respectif et leur efficacité propre. Il faut jouer sur leur complémentarité plus que sur leur substituabilité.
La théorie économique enseigne que le prix du risque diversifiable est nul. Or le prix des risques les mieux diversifiables et couverts par les assureurs dans le cadre d’un marché a priori concurrentiel, comme l’assurance auto, ne tend pas vers zéro et n’a même pas tendance à diminuer sur le long terme. Ce paradoxe s’explique par la combinaison de nombreux facteurs qui le plus souvent n’ont pas de valeur en eux-mêmes, mais qui doivent être combinés pour arriver à un tableau à peu près fidèle de la réalité. L’objectif du présent article est de fournir des éléments de réflexion permettant de mieux comprendre les facteurs déterminants de la situation effective sur le marché. Dans une première partie, nous reviendrons sur la notion de risque, de risque diversifiable et de prix du risque diversifiable, afin de nous assurer de ce qui est vraiment supposé tendre vers zéro. Dans une deuxième partie, nous examinerons les différentes causes de cette déviation et chercherons à valider certaines d’entre elles, sans toutefois recourir à la rigueur de l’analyse quantitative qui outrepasse les limites du présent article. Dans une troisième partie, nous nous demanderons pourquoi on n’observe pas, à tout le moins, une tendance à la baisse du prix du risque diversifiable. Dans une quatrième partie, nous examinerons le rôle ambivalent de la régulation prudentielle de l’assurance à cet égard, le terme « ambivalent » étant strictement factuel, sans aucune connotation négative. Classification JEL : G11, G12, G22, G28.
Le débat français sur les fonds de pension s’est limité à leur capacité à réduire les conséquences du retournement démographique, mais a occulté leurs autres avantages économiques par rapport au régime de répartition. Après avoir présenté les fonds de pension et leur grande diversité en matière de prestations, de faculté d’adhésion et de sortie, l’article présente leur place en France, où ils sont marginaux, et dans les autres économies avancées, ainsi que les enjeux socioéconomiques sous-jacents. Puis il présente et discute les principaux arguments longtemps employés en France pour s’opposer à leur développement. Les choses semblent toutefois évoluer avec la création par la récente loi Sapin du véhicule juridique et prudentiel nécessaire à leur développement. Reste à lui accorder un régime fiscal et social qui lui permettrait de jouer un véritable rôle de complément au système de répartition tout en participant au financement des entreprises françaises. Classification JEL : D14, G23, G28.
Cet article vise à identifier les tendances clés de la démographie au niveau mondial ainsi que leurs conséquences économiques en se basant sur les projections de la division population des Nations unies. Les évolutions démographiques actuelles résultent principalement de la combinaison de trois facteurs : la structure démographique héritée du passé, la baisse de la fertilité des femmes et l'allongement de la durée de vie. Les différences existantes et les convergences à l'œuvre ont, à travers les taux de dépendance des inactifs vis-à-vis de la richesse créée par les actifs, des conséquences macroéconomiques importantes. Elles devraient notamment altérer les équilibres macroéconomiques internationaux, en particulier par une réduction des déséquilibres des paiements courants dans le monde par rapport au point haut qu'ils ont atteint dans les années 1990 et 2000. Ceci va se traduire par une responsabilité accrue des politiques économiques nationales dans l'évolution des déséquilibres internationaux. Classification JEL : J11, J18.
La place de la (ré)assurance dans l'économie continue de progresser et ces activités ont fait preuve d'une grande résilience à la crise. Le secteur est actuellement confronté à plusieurs changements profonds. Les pouvoirs publics ont souhaité renforcer la réglementation prudentielle et ce, au moment même où on observait un accroissement significatif de l'intensité capitalistique, et on assiste parallèlement à une internationalisation croissante des activités. La crise et les politiques monétaires ont incité les (ré)assureurs à réduire le poids des actions et des obligations souveraines dans leurs portefeuilles d'actifs et à se tourner vers les investissements « alternatifs » pour compenser les effets des taux d'intérêt nuls ou négatifs. Cette résilience du secteur et sa profitabilité ont accru son attractivité auprès des investisseurs, avec pour conséquence des capacités de couverture accrues et des pressions à la baisse sur les tarifs de certaines lignes d'activité, notamment en catastrophes naturelles. Pour autant, la recomposition du secteur n'est pas achevée. Classification JEL : G01, G22, L11.
La débâcle des monoliners et le sauvetage d’AIG par l’État américain en 2008 ont pu laisser penser à certains que nous avions là la preuve que l’assurance était systémique. Mais cette conclusion repose sur un double contresens : ce n’est pas parce que l’assurance peut être victime d’une crise systémique que l’opération d’assurance est de nature systémique ; de même, ce n’est pas parce qu’un assureur peut être à l’origine d’un risque systémique à raison de ses opérations bancaires ou quasi-bancaires que l’opération d’assurance est de nature systémique. Comme on le montre dans l’article, l’opération d’assurance n’est pas, par nature, systémique. Ce qui ne veut pas dire que la défaillance d’un gros assureur ne puisse pas avoir des conséquences économiques importantes, au même titre que la défaillance d’un gros constructeur automobile ou de toute autre grande entreprise. Ceci a des conséquences importantes sur l’architecture de la régulation prudentielle de l’assurance et sur son articulation avec la régulation bancaire. Il va de soi qu’un risque financier important ne constitue pas, en soi, un risque systémique et que les deux risques, même s’ils ont des recoupements, ne sauraient être confondus, notamment dans une perspective prudentielle. Classification JEL : G01, G22, G28.
La crise mondiale et celle, plus recente, dans la zone euro ont eu tendance a raccourcir l’horizon previsionnel et decisionnel de nombreux agents economiques. Dans le meme temps, les incertitudes (sur l’emploi, les retraites…) poussent plutot a la remontee du taux d’epargne des menages. Le probleme de l’epargne dans la plupart des pays europeens, y compris la France, est donc moins quantitatif que qualitatif. Il s’agit d’attirer une fraction accrue de l’epargne privee vers les investissements de long terme, afin de doper la croissance et l’emploi. L’orientation d’une epargne « longue » abondante vers des investissements rentables tant economiquement que socialement est l’enjeu crucial des dix annees a venir pour creer les emplois et l’activite. Pour les auteurs, la France, a l’instar des autres pays industrialises, doit favoriser l’emergence d’investisseurs de long terme en capacite de porter le risque long. Le rapport fournit dix propositions pour y parvenir. Elles concernent la constitution et la mobilisation de l’epargne longue ainsi que la creation de vehicules d’investissement long associant public et prive.
Avec l'approfondissement de la crise economique et financiere, apres la faillite de Lehman Brothers, les Etats se sont trouves projetes sur le devant de la scene. Ils sont apparus comme le dernier recours disponible pour contrer la crise. De fait, l'Etat est le seul acteur d'envergure susceptible de rompre l'enchainement qui conduit a l'implosion du marche. Ce « retour de l'Etat » fait consensus parmi les gouvernants, les experts et les banquiers qui ne demandent aujourd'hui qu'a etre rassures par son intervention. Et la possibilite que les Etats puissent etre defaillants inquiete les marches encore plus que les gouvernants eux-memes. Pourtant, ce « retour de l'Etat » n'est pas evident car la crise parait refleter tout autant une crise du marche qu'une crise de l'Etat, sans que l'on puisse separer l'une de l'autre.
Reflexion sur le role des hedge funds et du private equity et sur la problematique posee par le developpement de ces nouvelles formes organisationnelles.
The economic role of private equity The financial market crisis and restructuring of financial capitalism will profoundly change the role, importance, status and development of private equity funds. The changes will specifically affect the financing conditions governing large-scale LBOs, resulting in an increase in private equity deals of a more modest magnitude. In a nutshell, the crisis will lead to the overhaul of this type of financing, one that will go so far as to give it a major role in the restructuring of the production infrastructure of the major developed economies. JEL Classification : G11, G23, G24