Les questions relatives a l’enseignement et a l’apprentissage institutionnels du francais ont toujours pris en compte ce qui se passe dans les pratiques en classe. Dans les travaux de recherche ainsi que dans les textes emanant d’institutions sociopolitiques diverses, les pratiques sont tantot questionnees de maniere explicite, tantot placees en toile de fond. Ainsi, que ce soit en francais langue premiere, en francais langue seconde et etrangere, nous considerons que le mode de traitement de...
Cette livraison de la collection « Raisons educatives » porte un regard pluriel sur deux questions : est-il possible de cerner les coordonnees d’un champ disciplinaire qui s’appellerait « la didactique » ? Comment les didactiques des disciplines se placent-elles dans ce champ ? Dans l’introduction, les editeurs se proposent d’identifier les principes, les hypotheses et les demarches susceptibles de federer les didactiques des disciplines et, inversement, les specificites de chacune d’entre el...
La classe de francais est un lieu de surexposition des objets de savoir institutionnels, construits a travers les pratiques sociales regulees constitutives de la discipline francais. Parallelement, les actions de l'enseignant et des eleves sont organisees dans l'institution et evaluees comme indices de la professionnalite de l'enseignant et de la reussite des eleves. Aussi, la situation presente-t-elle un ensemble de phenomenes dont on peut faire l'hypothese qu'ils determinent relativement regulierement les formes des actions et des objets. Notre objectif est de decrire et comprendre ces phenomenes. Notre proposition s'inscrit ainsi dans l'axe 1. Nos donnees comportent l'enregistrement audiovisuel de situations « ordinaires » dans deux lieux institutionnels : trente classes de l'ecole secondaire inferieure en Suisse romande (Schneuwly et Dolz, 2009) et une vingtaine de classes de FLE, destinees a des etudiants universitaires en France. Notre corpus est constitue de la transcription de ces donnees. Pour interpreter le texte de l'interaction, nous nous appuyons egalement sur les documents utilises en classe, mentionnes dans l'interaction. Sur le plan theorique, notre recherche prend comme references les travaux de l'equipe de didactique des langues de l'Universite de Geneve (equipe GRAFE) et la notion d'agir telle qu'elle est definie par Jean-Paul Bronckart (2004) et ses collaborateurs, dans le cadre de l'interactionnisme socio-discursif. Sur le plan methodologique, nous avons adopte une demarche d'analyse qualitative conjuguant les aspects inductif et deductif. Les donnees montrent des chaines d'actions verbales et non verbales reliees par une meme finalite, qui se manifeste au travers d'indices factuels, comme la permanence des memes outils (manuels, schemas, donnees diverses), des memes modalites de travail et du meme objet. Ces actions autour d'un meme objet, partageant la meme finalite, constituent notre unite d'analyse: l'enchainement praxeologique et textuel. La reconstruction theorique des faits observables selon le point de vue esquisse devrait permettre de cerner comment la relation entre d'une part les objets et les actions des interactants, d'autre part les finalites assignees par l'institution se concretise dans les pratiques en classe. Bain, D. & Canelas-Trevisi, S. (2009). Utilisation de la grammaire scolaire pour le texte argumentatif. Circulation entre deux domaines de la discipline francais. In B. Schneuwly et J. Dolz (Ed.).Des objets enseignes en classe de francais (p. 231-265). Rennes : Presses Universitaires de Rennes. Bronckart J.-P. (2004). Pourquoi et comment analyser l'agir verbal et non verbal en situation de travail ? In Bronckart J.-P. et groupe LAF (ed.), Agir et discours et situation de travail. Cahiers de la section des sciences de l'education n° 103. Geneve : Universite de Geneve, 11-144.
Dans la presente contribution, nous nous interessons a la mise en œuvre de sequences d’enseignement sur un meme objet, la subordonnee relative, par des enseignants du secondaire inferieur en Suisse romande, dans treize classes (eleves de 8e et 9e annees de scolarite obligatoire). Les donnees ont ete recueillies dans le cadre d’une recherche sur les objets effectivement enseignes en classe, au cours de situations d’enseignement ordinaires. Conjuguant les principes theoriques de l’interactionnisme socio-discursif avec des concepts didactiques, notre analyse critique vise a cerner le sens des objets grammaticaux et des procedures reliees a leur construction en situation. Nous considerons en effet que cette connaissance, encore tres partielle, est necessaire a la didactique pour developper ses modeles theoriques d’une part, pour rationaliser ses interventions sur le terrain d’autre part.
La notion d'interaction est utilisée aussi bien en didactique du français langue étrangère qu'en didactique du français langue maternelle. En adoptant la perspective de la didactique comparée, nous avons analysé l'emploi de cette notion dans un corpus de recherches récentes. Trois questions guident notre analyse : 1. Quelle est la définition de l'interaction adoptée par les différents chercheurs ? 2. Comment les dimensions de l'acquisition ou de renseignement/apprentissage sont-elles conçues ? Comment le contenu à apprendre est-il identifié ? 3. Comment le recueil des données est-il théorisé ? Notre parcours exploratoire montre que les frontières entre les deux didactiques sont marquées essentiellement par la modélisation de l'acquisition d'une part, de renseignement/apprentissage d'autre part, ainsi que par des conceptualisations différentes de l'objet enseigné.
La notion d'interaction est utilisee aussi bien en didactique du francais langue etrangere qu'en didactique du francais langue maternelle. En adoptant la perspective de la didactique comparee, nous avons analyse l'emploi de cette notion dans un corpus de recherches recentes. Trois questions guident notre analyse : 1. Quelle est la definition de l'interaction adoptee par les differents chercheurs ? 2. Comment les dimensions de l'acquisition ou de renseignement/apprentissage sont-elles concues ? Comment le contenu a apprendre est-il identifie ? 3. Comment le recueil des donnees est-il theorise ? Notre parcours exploratoire montre que les frontieres entre les deux didactiques sont marquees essentiellement par la modelisation de l'acquisition d'une part, de renseignement/apprentissage d'autre part, ainsi que par des conceptualisations differentes de l'objet enseigne.
Partant du constat fait par Hélène Romian de la nécessité de mieux connaitre ce qui se passe dans les classes de français, les auteurs observent d'abord un changement de paradigme d'une didactique d'intervention à une didactique descriptive, changement qui permet mieux de répondre à la nécessité constatée. Ils esquissent ensuite une manière d'y répondre à travers un travail sur les mécanismes de transposition en œuvre dans la classe lors de la construction interactive des objets enseignés. Pour mieux décrire et comprendre ces mécanismes, une approche pluridisciplinaire s'avère nécessaire. Trois méthodologies complémentaires, actuellement en construction, illustrent cette approche. La première utilise le concept d'isotopie sémantique proposé par Rastier pour comprendre les contextes conflictuels dans lesquels enseignants et élèves construisent les objets enseignés. La deuxième se penche sur les gestes d'enseignement pour reconstruire finement le guidage effectué par l'enseignant pour permettre la construction des objets d'enseignement. Sémiotique, la troisième observe l'évolution de la signification des objets, par exemple au moment de leur mise en scène.