Au cours de la dernière décennie, on constate une augmentation du nombre de personnes adressées dans les centres experts pour l’incongruence de genre. Les effets du traitement hormonal (TH) d’affirmation de genre ne sont pas encore bien établis. L’objectif était de décrire la morbidité et la mortalité de la population des personnes transgenres sous TH suivis dans un centre de référence régional. Il s’agit d’une étude rétrospective, monocentrique entre janvier 2004 et août 2020, incluant les personnes transgenres âgées de plus de 18 ans au moment de l’étude. L’étude a été réalisée dans un centre de référence régional de la dysphorie de genre. Une demande de consentement a été envoyée à tous les patients. La population était composée de 151 femmes transgenres (âge médian 32 ans, IQR [24,7–48,4]) avec un suivi médian de 3,1 ans [2,1–6,8], et 134 hommes transgenres (âge médian 25,1 ans [21,9–29,8]) avec un suivi médian de 3 ans [1,6–4,5]. Au total, 208 (73 %) des sujets ont bénéficié d’un TH avec une durée médiane de 3,2 ans [2,39–6,44], et 122 (42,8 %) des sujets ont bénéficié d’une chirurgie de réassignation. Au cours du suivi sous TH, des événements cardiovasculaires ont été observés chez 6,6 % des femmes transgenres (hypertrophie ventriculaire gauche, athérome carotidien, insuffisance aortique, infarctus) et 3 % des hommes transgenres. Le diabète a été diagnostiqué chez 2,5 % des femmes transgenres. Nous avons observé 6 cas de cancer et 2 décès (Tableau 1, Tableau 2, Tableau 3). Notre étude donne un aperçu de la morbidité et de la mortalité dans une grande base de données de registre des personnes transgenres d’un centre de référence régional. Les résultats suggèrent que la prévalence des événements cardiovasculaires est plus élevée chez les femmes transgenres. Des études prospectives à long terme avec un groupe contrôle sont nécessaires.
L’évolution du tissu adipeux viscéral (TAV) et sa répercussion clinique sont peu étudiées chez les personnes transgenres sous traitement hormonal (TH) du sexe opposé. Analyser le TAV, composition corporelle et paramètres métaboliques chez les sujets transgenres non obèses un an après l’introduction du TH en comparaison aux sujets témoins Vingt huit hommes transgenres (FtM) (âge moyen 24 ± 3 ans) ont été comparés avec 24 sujets contrôles de même sexe de naissance (âge moyen 22 ± 5 ans), et 16 femmes transgenres (MtF) (âge moyen 33 ± 9 ans) ont été comparées avec 30 sujets contrôles de même sexe de naissance (âge moyen 28 ± 10 ans). Chez les sujets FtM, la quantité du TAV (p = 0,007), les rapports TAV/masse grasse (MG) % (p = 0,003), MG androïde/gynoïde (p = 0,0006), MG tronc/membres (p = 0,001), acide urique (p < 0,001) et triglycérides (p < 0,01) sont plus élevés, et HDL est plus bas (p = 0,02) que chez les sujets contrôles. Il existe une corrélation positive entre le rapport TAV/MG % et l’acide urique (rs = 0,41, P= 0,03), entre TAV/MG % et triglycérides (rs = 0,38, p = 0,04), et entre TAV et triglycérides (rs = 0,43, p = 0,02). Aucune différence significative n’a été observée chez les sujets MtF en comparaison aux contrôles. Les sujets FtM non obèses sous TH ont le TVA et TAV/MG % significativement plus élevés que les sujets contrôles. Ces modifications sont associées à une augmentation de l’acide urique et triglycérides et peuvent être à l’origine d’un risque cardiométabolique.
Le risque cardiovasculaire du traitement hormonal (TH) du sexe opposé chez les personnes transgenres n’est pas bien documenté. Décrire la prévalence des événements cardiovasculaires chez les femmes (MtF) et hommes transgenres (FtM) sous TH suivis dans le service d’endocrinologie au CHRU de Nancy. Analyse rétrospective des dossiers médicaux de 359 sujets transgenres entre janvier 1989 et mars 2020. Nous avons inclus les sujets âgés entre 15 et 65 ans sous TH depuis > 6 mois dont la date de début de traitement était connue qui avaient au moins 1 visite de suivi. Les analyses ont été réalisées selon les tranches d’âge < 25 ans et 25–64 ans. Les personnes qui avaient connu un événement cardiovasculaire avant l’introduction du TH ont été exclues. La population était composée de 142 sujets MtF (âge 40 ± 10 ans) avec la durée du suivi de 6,8 ± 1,7 ans, et 104 sujets FtM (âge 41 ± 7 ans) avec la durée du suivi de 4,3 ± 2 ans. La fréquence d’HTA était de 7 % (sujets FtM) et de 9,7 % (sujets MtF). L’analyse de la sous-population (< 25 ans) retrouvait la fréquence d’HTA de 2,7 % chez les sujets FtM et 4,2 % chez les sujets MtF. Dans le sous-groupe FtM (25–65 ans) l’accident vasculaire cérébral a été observé dans 1,4 % des cas. Chez les sujets MtF (25–65 ans) la fréquence de coronaropathie était de 2,7 %. Nous rapportons une analyse descriptive des événements cardiovasculaires dans une cohorte des personnes transgenres. L’apparition d’HTA est observée dans la sous-population des sujets jeunes.
The majority of transgender and gender nonconforming persons seeking medical care are of reproductive age. Hormonal treatment and sex reassignment surgery, which are used in the management of gender dysphoria, compromise fertility potential. Children and adolescents with gender dysphoria have specific treatment regimens starting with puberty-blocking medications. According to international guidelines, fertility preservation should be discussed before any hormonal treatment, although our knowledge on the reproductive needs of transgender and gender nonconforming persons is limited. Recently, some data have emerged on fertility management in some centres for the adult population with gender dysphoria. The goal of this review was to summarize the available evidence on the fertility desires and parental roles of transgender and gender nonconforming people. In light of newly emerging societal challenges, we aim to provide some considerations for clinical practice and suggest further areas of research.
Selon les recommandations internationales l’évaluation des besoins et la mise en place de la préservation de la fertilité (PF) font partie de la prise en charge des personnes transgenres. Nous avons implémenté dans notre pratique habituelle l’interrogatoire dirigé avec une file de questions, avant toute information spécifique sur la PF pour mieux comprendre les besoins et les attitudes dans cette population. Analyse des données des sujets transgenres vus entre décembre 2017 et mars 2018 dans le service d’endocrinologie au CHRU de Nancy. Parmi 72 sujets (MtF : n = 38), la majorité (65 %) est sous traitement hormonal (TH), 38 % des sujets ont eu une chirurgie de réassignation et seulement 3 sujets ont bénéficié d’une conservation de gamètes. Selon 82 % des sujets, il est important de connaître l’effet du TH sur la capacité d’avoir ses propres enfants biologiques. Seulement 23 (32 %) des personnes estiment avoir été informées sur les options de PF par un professionnel de santé, 32 (46 %) des sujets cherchent des renseignements sur Internet. Parmi les sujets sans enfant (88 %), 29 % expriment le désir d’avoir un enfant biologique, cependant pour 26 (36 %) sujets ce désir peut évoluer dans le temps. Les obstacles les plus fréquemment mentionnés concernant la PF sont le manque de connaissances (47 %), la réglementation en France (43 %) et le souhait de ne pas retarder le TH (39 %). La majorité des personnes transgenres considèrent leur propre fertilité importante, mais la plupart manquent de connaissances et d’accès à la PF en concordance avec des données préliminaires dans la littérature.
Objectif La litterature montre une augmentation du nombre des sujets referes pour la dysphorie de genre (DG) dans les differents centres experts avec une evolutivite de sex-ratio . Les donnes epidemiologiques n’ont pas ete a present etudiees de facon formelle en France. Nous rapportons l’experience du CHRU de Nancy. Patients et methodes Etude retrospective, descriptive portant sur l’echantillon des personnes referees par un psychiatre pour la DG, selon les criteres diagnostiques du DSM-V, dans le service d’endocrinologie au CHRU de Nancy entre janvier 2002 et decembre 2017 sans modifications des modalites du recrutement. Resultats Au total 224 sujets (134 assignes hommes a la naissance) ont ete referes entre 2002 et 2017 ; en moyenne 7,2 sujets par annee jusqu’en 2013 avec une augmentation a 27,3 sujets par annee a partir de 2014. Lors de la 1 re evaluation, les sujets assignes femmes a la naissance (24,2 ± 6,7 ans) sont en moyenne significativement plus jeunes que les sujets assignes hommes a la naissance (35,6 ± 11,2 ans) ( p sex-ratio masculin/feminin diminue de 1,9 a 0,9 entre 2002 et 2017 avec l’inversement du sex-ratio au profit du sexe de naissance feminin a partir de l’annee 2016 chez les sujets jeunes âges moins de 25 ans. Conclusion En concordance avec la litterature [1] , nos observations suggerent un changement de sex-ratio chez les sujets jeunes au profit du sexe de naissance feminin. L’interet d’etudes epidemiologiques est justifie reconnaissant les modifications actuelles du systeme de classification.
L'anorexie mentale est responsable d'anomalies de la minéralisation osseuse connues et décrites chez l'adulte, mais beaucoup moins documentées chez l'adolescent. Le but de ce travail était d'évaluer la fréquence et la gravité de ces anomalies et d'en rechercher des facteurs prédictifs dans une population d'adolescents présentant une anorexie mentale.Il s'est agi d'une étude rétrospective portant sur 39 adolescentes souffrant d'anorexie mentale et ayant eu une absorptiométrie biphotonique à rayons X avant l'âge de 18 ans. Les paramètres colligés étaient cliniques (âge, stade pubertaire, poids, indice de masse corporelle [IMC] à différents moments de l'anorexie, caractéristiques de l'aménorrhée), radiologiques (densité minérale osseuse [DMO] en Z-score et en valeur absolue) et biologiques (calcémie et vitamine D).Vingt patientes (51 % du total) avaient une ostéopénie (Z-score pour l'âge entre –1 DS et –2,5 DS) et 2 (5 %) une ostéoporose (Z-score pour l'âge inférieur à –2,5 DS). Cinq patientes (13 %) avaient un Z-score pour l'âge inférieur à –2 DS. La DMO en Z-score n'était corrélée à aucun paramètre. En analyse univariée, la DMO en valeur absolue était corrélée à l'âge de début de la maladie, à l'IMC et à la perte de poids correspondant au poids le plus bas atteint et à l'IMC au moment de l'ostéodensitométrie (p < 0,01). En analyse multivariée, on ne retrouvait que la corrélation avec l'âge de début de la maladie (p < 0,05).Dans l'anorexie mentale, la déminéralisation osseuse est une complication présente dès l'adolescence. Sa recherche doit être systématique chez tous les adolescents présentant une malnutrition sévère car, même si la DMO est corrélée aux paramètres nutritionnels, il n'a pas été trouvé, dans ce travail, de facteur clinique prédictif d'une ostéoporose ou d'une ostéopénie.Anorexia nervosa is responsible for abnormalities in bone mineralization, which are well known and described in adults, but less well documented in adolescents. The aim of this research was to evaluate the frequency and severity and to determine predictive factors for these abnormalities in a population of adolescents with diagnosed anorexia nervosa.This retrospective study involved 39 female adolescents with anorexia nervosa having undergone dual energy X-ray absorptiometry prior to the age of 18 years. Clinical (age, Tanner puberty stages, weight, body mass index [BMI] at different times during the anorexia phase and amenorrhea features), radiological (bone mineral density [BMD] in Z-score units and in absolute values), and biological (calcemia and vitamin D) parameters were collected.In total, 20 patients (51%) presented osteopenia (Z-score < −1 DS and > −2.5 DS) and 2 (5%) had osteoporosis (Z-score <−2.5 DS). Five (13%) exhibited a Z-score less than −2 DS. BMD expressed in Z-scores correlated with none of the parameters assessed. At univariate analysis, BMD in absolute values correlated with the age at disease onset, BMI, weight loss at the lowest weight achieved and BMI at the time of densitometry (P <0.01). At multivariate analyses, only the correlation with the age at disease onset persisted (P <0.05).Bone loss in anorexia nervosa is a complication that may be present as early as adolescence. It must be systematically searched for in all adolescents with severe malnutrition because, even if BMD correlated with nutritional parameters, no clinical predictor for osteoporosis or osteopenia could be identified in this study.
L'hypothyroidie peut entrainer des complications vasculaires diverses. Une insuffisance coronarienne est frequente, favorisee par l'hypercholesterolemie et l'hypertension arterielle. Cette derniere peut etre la consequence d'un impact direct des hormones ou d'un effet indirect. L'hypothyroidie est a l'origine de modifications metaboliques favorisant l'atherogenese et la thrombose : augmentation du cholesterol total, et plus particulierement de la fraction LDL du cholesterol, notamment des LDL oxydes, augmentation de l'homocysteine, modification des facteurs de la coagulation et de la fibrinolyse. L'impact sur le facteur de von Willebrand peut, a contrario, favoriser une diathese hemorragique. Le traitement hormonal substitutif thyroidien, qui devra etre prudent et progressif en presence d'une coronaropathie sous-jacente, entraine une correction de la plupart de ces anomalies.
With long-term exposure to lead, lead accumulates in bone, where it is stored for years. These quiescent lead stores are mobilised when increased bone turnover occurs, and latent lead toxicity may then become symptomatic. Although Graves' disease is a common cause of increased bone turnover, to date hyperthyroidism has been implicated in lead poisoning only twice. We describe herein two cases of hyperthyroidism, one caused by toxic multinodular thyroid enlargement, the second by Graves' disease, leading to lead poisoning. Treatment of hyperthyroidism with radioactive iodine cured both hyperthyroidism and lead poisoning and no chelating agent therapy was necessary. Lead poisoning is an important environmental health problem, and physicians must be aware of the endocrine disorders such as hyperthyroidism and hyperparathyroidism that increase bone turnover, favouring lead mobilisation. Atypical symptoms should draw the physician's attention to the possibility of lead poisoning, particularly in workers with occupational exposure to lead and in areas where lead poisoning is endemic.
Thyroid hormones may exert cardiovascular actions by direct effects on the myocardium, by interacting with the sympathetic nervous system and through alterations of the peripheral circulation. Then, thyroid hormones increase myocardial contractility and relaxation, sensitise the myocardium to sympathetic nervous system and decrease arterial resistance. Hyperthyroidism results in an enhanced myocardial contractility, an increased cardiac output and a fall in systemic vascular resistance. Nevertheless "high output" cardiac decompensation may occur. Thyrotoxicosis may trigger arrythmia and disease seems to be associated with an increase in the frequency of mitral valve prolapse. Even in mild or subclinical hyperthyroidism complication may occur. Sympathetic blocking agents are the treatment of choice in addition to aetiologic treatment. Hypothyroidism is associated with bradycardia, a decreased cardiac output, increased vascular resistance and perhaps a decreased sensitivity of the sympathoadrenal system. An increase in cholesterolemia leads to an additional risk for the development of atherosclerosis. Main cardiovascular complications of hypothyroidism are angina pectoris, diastolic hypertension, atrio-ventricular blocks or pericarditis. Mild hypothyroidism might also be correlated with an increase in adverse effects.
A case of osteogenic thyroid carcinoma in a 68 years old male patient is reported. The WHO histopathological classification of such exceptional tumor is reminded. A review of the literature and the treatment modalities are discussed. Several etiological hypotheses are discussed.
Ketoconazole has been successfully used in short-term treatment of Cushing's syndrome. We treated 4 patients who had Cushing's disease with ketoconazole administered during 5 to 18 months. Two of them are still controlled after 15 months of treatment and 7 months after treatment was withdrawn. In the other two patients, treatment was ineffective primarily and after 5 months. Our data confirm the usefulness of ketoconazole in the treatment of Cushing's disease, but they also show that primary resistance and tachyphylaxis in long-term treatment may occur, as previously reported.
Le kétoconazole a été proposé récemment dans le traitement de la maladie de Cushing.