Le schwannome intramusculaire est une tumeur bénigne rare, développée aux dépens des cellules de Schwann des branches nerveuses intramusculaires, représentant moins de 1 % des tumeurs bénignes des parties molles. Sa localisation au muscle sartorius est exceptionnelle. Nous rapportons le cas d’un coureur de fond compétiteur âgé de 36 ans, présentant depuis cinq ans des douleurs intermittentes à la racine de la cuisse droite, progressivement invalidantes à l’effort sportif, initialement étiquetées pubalgie chronique. L’examen clinique retrouvait une masse palpable ferme de la racine de la cuisse avec un signe de Tinel positif évocateur d’une origine nerveuse. L’imagerie par résonance magnétique (IRM) avait initialement orienté vers un myxome intramusculaire. L’exérèse chirurgicale extracapsulaire complète a permis de poser le diagnostic histologique de certitude de schwannome intramusculaire. À un an de recul, le patient avait repris l’entraînement et la compétition sans douleur résiduelle, sans déficit neurologique, ni récidive locale. Ce cas illustre la difficulté diagnostique du schwannome intramusculaire chez le sportif et rappelle l’importance d’évoquer cette entité devant toute masse des parties molles de la cuisse associée à des signes d’irritation nerveuse, et notamment dans le cadre d’une pubalgie atypique résistante au traitement conservateur.
La fracture-avulsion isolée du tubercule de Gerdy est une lésion rare, le plus souvent décrite chez l’adolescent ou le jeune sportif, et habituellement rapportée à la suite d’un mécanisme indirect par contraction violente du tractus ilio-tibial. Nous rapportons le cas d’un homme âgé de 45ans, footballeur amateur, victime d’un tacle direct sur la face latérale du genou gauche lors d’un match, à l’origine d’une douleur intense, d’un gonflement rapide et d’une impotence fonctionnelle totale. L’examen clinique retrouvait une sensibilité marquée de la face antéro-latérale du tibia proximal, sans instabilité ligamentaire ni déficit neurovasculaire. Les radiographies standard ont confirmé une fracture-avulsion isolée du tubercule de Gerdy, sans extension au plateau tibial. Le patient a bénéficié d’une réduction ouverte et d’une ostéosynthèse interne, par voie d’abord latérale. À six mois de recul, il avait récupéré une amplitude articulaire complète et indolore et repris son activité sportive sans aucune limitation fonctionnelle. Ce cas illustre qu’un choc direct lors d’un traumatisme sportif de contact peut, à lui seul, provoquer ce type de lésion en dehors du mécanisme indirect classiquement décrit, et souligne l’intérêt de l’ostéosynthèse dans les formes déplacées.
Selon le groupe international de travail sur le pied diabétique (IWGDF 2023), la biopsie osseuse percutanée (BOP) est le gold standard pour le diagnostic de l’ostéite du pied diabétique. Nous rapportons la bonne évolution d’un cas clinique d’ostéite sur pied diabétique par un traitement conservateur en réalisant la BOP au lit du malade. Il s’agit d’un patient de 68 ans avec diabète de type 2 depuis 17 ans compliqué d’une amputation trans-métatarsienne droite, admis pour une ostéite de l’os cuboïde et naviculaire. La biopsie osseuse au lit du malade est revenue positive à Staphylococcus epidermidis dans deux prélèvements sur trois. Une antibiothérapie adaptée a été instaurée pour une durée totale de 6 semaines avec une cicatrisation complète de la plaie. La biopsie osseuse percutanée au lit du patient réalisée par les diabétologues est un moyen accessible, simple et sûr et permet une prise en charge adaptée, équivalente à la BO standard.
Introduction La pleurésie est définie par la présence d’une quantité anormale de liquide dans la cavité pleurale. Elle représente une situation fréquente en pratique pneumologique, et pose un problème de diagnostic étiologique. Méthodes Il s’agit d’une étude rétrospective et descriptive portant sur une série de 216 cas de pleurésie colligés sur une période de 3 ans au service de pneumologie de l’hôpital Militaire Avicenne de Marrakech. Résultats L’âge moyen de nos patients était de 48 ans avec une prédominance masculine dans 79 % des cas. Concernant les antécédents toxiques, 21 % sont des tabagiques actifs et 10 % des patients étaient des ex-fumeurs, la consommation alcoolique a été retrouvée chez 5 % des cas et la consommation du cannabis chez 12 % d’entre eux. Pour les antécédents médicaux, 11 % des patients avaient un antécédent de tuberculose et 10 % d’entre eux avaient une notion de contage tuberculeux, 9 % suivis pour un diabète et 10 % suivis pour une HTA. Le tableau clinique était dominé par la toux chez 87 % des malades, la douleur thoracique dans 79% des cas, la dyspnée dans 75 % des cas et l’altération de l’état général dans 74 % des cas. Sur la radiographie thoracique, la pleurésie était de grande abondance dans 28 % des cas et de moyenne abondance dans 49 % des cas, unilatérale dans 90 % des cas et à droite dans 53 % des cas. Au scanner thoracique il y avait un processus tumoral dans 16 % des cas, des adénopathies médiastinales dans 18 % des cas. La ponction pleurale exploratrice a retrouvé un liquide jaune citrin dans 73 % des cas, sérohématique dans 14 % des cas et purulent dans 6 % des cas, le liquide pleural était exsudatif dans 91 % des cas, lymphocytaire dans 91 % des cas et purulent dans 6 % des cas. La recherche de BK sur le liquide pleural revenue positive dans un seul cas et la culture dans 4 cas. La biopsie pleurale réalisée dans 85 % des cas, a permis d’avoir le diagnostic chez 52 malades. La bronchoscopie réalisée chez 31 % des malades, avait mis en évidence une tumeur bourgeonnante dans 28 % des cas, aspect inflammatoire dans 32 % des cas et un aspect normal dans 36 % des cas. Les recherches de BK dans les expectorations réalisées chez 94 % des patients toutes revenues négatives. Parmi les étiologies retrouvées, on retrouve 65 % de cas de tuberculose et 16 % de cas d’origine néoplasique 8 % de cas de pleurésie bactérienne et 4 % de cas de pleurésie d’origine cardiaque. Sur le plan thérapeutique, les 140 patients tuberculeux ont été traités par antibacillaires, les patients présentant une pleurésie métastatique ont bénéficié d’un traitement par chimiothérapie et ou immunothérapie au niveau de notre service, 16 cas ont reçu une antibiothérapie. La ponction pleurale évacuatrice a été faite chez 75 % des malades et le drainage pleural chez 5 malades, la kinésithérapie respiratoire réalisée chez 72 % des malades, 5 patients ont eu une décortication pleurale et 1 patient a eu une symphyse pleurale. L’évolution a été bonne dans 60 % des cas, 16 % des patients décédés surtout dans les cas de pleurésie néoplasique, et on n’a pas eu d’information de 41 malades. Conclusion Les causes tuberculeuses sont les plus retrouvées dans notre série, la biopsie pleurale s’est avérée un examen clé du diagnostic étiologique, l’évolution en général bonne est surtout étiologie dépendante.