
Contexte : L’élevage constitue une activité importante dans la région de Sikasso au Mali ; il contribue aux rendements agricoles grâce à la traction animale et à la production de fumure. Malgré ces atouts, certains modes d’élevage et de gestion des effluents peuvent engendrer des risques sanitaires et environnementaux, notamment en raison de l’interaction homme-animal, de la divagation des animaux, du mode de stockage du fumier et de son épandage. Objectif : Cette étude visait à déterminer les pratiques d’élevage des petits ruminants (ovins et caprins) et de gestion du fumier qui pourraient constituer des risques sanitaires pour les populations. Méthodes : Une enquête descriptive a été menée auprès de 300 ménages sélectionnés aléatoirement dans soixante villages couvrant cinq communes. Résultats : Les résultats ont montré plusieurs pratiques à risque comme le confinement des animaux sans toit ni plancher (48,3 %), le non-ramassage du fumier des animaux en divagation (74,3 %), l’absence de désinfection des lieux de confinement (89,6 %), l’entretien des animaux par les enfants (46,8 %) et les femmes (28,5 %) sans protection et le stockage du fumier sans couverture ni plancher (79,9 %). Conclusions : Les perceptions communautaires recueillies ont montré la nécessité d’optimiser les pratiques d’élevage et de gestion du fumier grâce à l’application de méthodes hygiéniques et de sensibilisation et à l’adoption de mesures préventives, afin de réduire les risques de maladies zoonotiques.
Contexte : L'élevage bovin dans le nord du Bénin est de plus en plus contraint par la diminution des pâturages et la mauvaise qualité du fourrage, en particulier pendant la saison sèche. Les systèmes intégrés basés sur la culture de la noix de cajou peuvent fournir des ressources alimentaires complémentaires, telles que le pâturage dans les vergers, les résidus de culture et les pommes de cajou, ce qui pourrait améliorer la productivité du bétail et la résilience économique. Objectif : Cette étude a évalué les effets de l'intégration des systèmes agricoles (cajou-sorgho-bovins) sur la productivité animale et la rentabilité des exploitations dans le district de Tchaourou (nord du Bénin). Méthode : Les données ont été collectées sur une période de 12 mois (octobre 2023-septembre 2024) auprès de 36 troupeaux (1 260 bovins) répartis dans trois systèmes : agropastoral (S1), agrosilvopastoral (S2) et pastoral conventionnel (CP). Au total, 230 animaux (70 veaux et 160 vaches) ont fait l'objet d'un suivi de leurs performances zootechniques à l'aide de la méthode 12MO, et leurs performances économiques ont été évaluées à l'aide du bénéfice net (BN), de la marge brute (MB), du rapport coûts-bénéfices (RCB) et du rendement du travail (RT). Résultats : Les systèmes intégrés (S1 et S2) ont permis d'améliorer la structure du troupeau et les performances de reproduction, tout en réduisant la mortalité par rapport au régime conventionnel (p < 0,05). La productivité numérique a augmenté d'environ 78 %, tandis que la mortalité a diminué de 50 à 100 %. La croissance des veaux et la production laitière étaient plus élevées et plus stables d'une saison à l'autre, la production laitière maximale atteignant 0,85 l/jour (40 à 50 % de plus que le CP). Le système S2 présentait la stratégie d'alimentation la plus diversifiée et a atteint les meilleures performances économiques, avec une marge brute (1 560 EUR) et un bénéfice net (987 EUR) jusqu'à 100 % supérieurs à ceux du CP. L'efficacité économique s'est également améliorée (RCB = 2,0 contre 1,4 ; RT = 978 EUR contre 595 EUR). De plus, le recyclage du fumier (98 %) a amélioré le cycle des nutriments et l'intégration du système. Conclusions : Les systèmes intégrés basés sur la noix de cajou améliorent la productivité du bétail, la disponibilité des aliments pour animaux et l'efficacité de l'utilisation des ressources, tout en augmentant la rentabilité des exploitations par rapport aux systèmes pastoraux conventionnels. Ces systèmes offrent une voie viable pour une intensification durable de l'élevage bovin dans un contexte de contraintes alimentaires saisonnières dans le nord du Bénin.
Context: Neonatal colibacillosis, caused by enterotoxigenic Escherichia coli (ETEC), is an important disease in pigs that leads to economic losses in commercial farming and threatens the development of the pig industry and food security. Aim: This study aimed to carry out the molecular characterization of the enterotoxin genes, particularly heat-labile (LT) and heat-stable (STa and STb), of ETEC isolated from intestinal tissues of neonatal piglets that died of diarrhoea on a commercial pig farm estate in Ogun State, Nigeria. Methods: Biochemically confirmed isolates of E. coli were subjected to multiplex polymerase chain reaction (PCR) assay to detect enterotoxin genes. Three amplicons were sequenced and a phylogeny analysis was performed. Results: Of the 60 bacterial isolates, 34 (56%) were E. coli. The prevalence of ETEC strains was 26.5%, attributed solely to the heat-stable STa toxin gene. Phylogenetic analysis showed that the Nigerian strain is genetically closest to European ETEC strains, especially from Belgium and the Netherlands, and is most likely responsible for the associated pathogenicity and neonatal piglet diarrhoea and mortality in Nigeria. Conclusions: This finding is important for understanding the cause of neonatal piglet deaths in the study area and for informing the development of vaccines to protect against ETEC diarrhoea for use in piglets and other farm animals in Nigeria.
Contexte : La transhumance constitue une pratique courante de l’élevage au Burkina Faso. Cependant, les éleveurs sont confrontés à plusieurs difficultés liées à cette pratique. Objectif : Cette étude visait à contribuer à l’analyse des défis spécifiques auxquels sont confrontés les éleveurs transhumants au Burkina Faso. Méthodes : Une enquête a été menée auprès de 231 éleveurs afin d’identifier les contraintes liées à la transhumance et différenciées selon leur statut défini en fonction de leur niveau de mobilité et de leur ancrage territorial (éleveurs déplacés internes, agropasteurs migrants, agropasteurs natifs). L’étude a combiné une analyse factorielle, une modélisation en réseau et une régression logistique multinomiale afin d’explorer ces difficultés associées à la transhumance. Résultats : Les principales contraintes sont l’obstruction des pistes à bétail (62,5 % de l’ensemble des enquêtés), les conflits (37,5 %) et le banditisme (12,5 %). Les contraintes sécuritaires et infrastructurelles sont dominantes, tandis que les défis administratifs et sanitaires sont considérés comme secondaires. En outre, les contraintes liées à la transhumance affectent les éleveurs de manière différenciée selon leur statut. Les conflits constituent la principale contrainte de tous les éleveurs enquêtés. Les déplacés internes et les natifs sont également affectés par le banditisme et le déficit en ressources naturelles, et les migrants par l’obstruction des pistes à bétail, la fermeture des frontière et la non-prise en compte du certificat international de transhumance. Conclusions : Ces résultats soulignent l’urgence de mettre en oeuvre des interventions ciblées visant à sécuriser les couloirs de transhumance et à lever les barrières administratives, tout en intégrant des solutions durables en faveur des populations pastorales vulnérables. Une approche multisectorielle s’avère essentielle pour répondre aux défis sécuritaires, infrastructurels et sociopolitiques.
Background: Morphometric traits, defined as quantitative and qualitative measures of animal form and structure, are key indicators of goats’ adaptation to ecosystems. They also shed light on the interaction between genetics and the environment. Aim: This study characterizes the morphometric diversity of goats in four ecoregions: the local Arbia breed in 3 regions in Algeria and the Sahel breed in the Sahel region of Mauritania. Methods: Principal Component Analysis and Mahalanobis distances were used to reveal the phenotypic characteristics of 736 adult goats. Results: We identified three groups. Group 1, which includes desert and Sahelian regions, shows the highest divergence between goats (distance = 4.599), reflecting their contrasting adaptations: compact morphology in arid environments (HW = 65.1 cm, BL = 71.7 cm), and elongated necks in the Sahel (NL = 27.3 cm). Conversely, goats in the coastal and pastoral areas are morphologically closer (distance = 1.741), and form two distinct groups: group 2 includes robust goats (HW = 66.6 cm), typical of pastoral steppes, while goats in group 3 (coastal) have a deep chest (CD = 35.0 cm). These results suggest that ecological isolation is more likely to occur in extreme regions (desert/Sahel), whereas in temperate zones (coastal/pastoral), goat populations tend to be more homogeneous. Conclusions: The study advocates conservation strategies to improve goats’ water resilience in arid regions and optimize their productivity in pastoral areas. It also emphasizes the importance of integrating genomic data to further our understanding of the evolutionary mechanisms underlying the different adaptations.
Contexte : Les aliments pour poulet de chair en Côte d’Ivoire, comme dans d'autres régions du monde, sont préparés en utilisant le maïs comme principale source d'énergie. Cependant, compte tenu des conditions environnementales et des mauvaises conditions de conservation du maïs local, la contamination de cette matière première par les mycotoxines est fréquente et entraîne des effets négatifs sur la santé, ainsi qu’une baisse des performances de croissance des animaux. Objectif : L’objectif de cette étude était d’évaluer l’effet de la supplémentation d’un aliment contaminé par des mycotoxines par une solution anti-biotoxine multi-ingrédients à base de Bacillus subtilis sur les performances et l’état sanitaire des poulets de chair. Méthode : Un aliment positif aux mycotoxines (témoin) ou sa supplémentation avec une solution anti-biotoxine (SIB), associant plusieurs constituants (argiles, extraits de plantes, paroi de levures, bactéries de souche Bacillus subtilis) (témoin + un ajout de SIB à 0,15 %) ont servi à alimenter 600 poussins chair (Arbor acres) d’un jour durant 42 jours à Yamoussoukro (Côte d’Ivoire). Résultats : À 21 jours d’élevage, une réduction significative de 66 % des résidus de citrinine dans le sérum a été enregistré chez les poulets du lot (SIB) (p < 0,05). Par ailleurs, une réduction de 27 % de l’aspartate aminotransférase a été enregistrée chez ces mêmes poulets à 21 jour. Une augmentation de 3 % du poids vif individuel et une réduction des taux résiduels de citrinine et d’acide cyclopiazonique ont également été déterminées chez ces derniers au terme de l’essai (p < 0,05). Conclusions : Les résultats de cet essai indiquent que la supplémentation du régime témoin par la solution SIB à 0,15 % permet d’améliorer la santé et les performances pondérales des poulets de chair soumis à une alimentation contaminée par les mycotoxines.
Contexte : L'élevage de bovins Bos indicus africains est essentiel pour les systèmes d’élevage tropicaux, offrant des atouts en termes de résilience aux conditions environnementales difficiles et de productivité dans des environnements contraints. L’anœstrus pubertaire et du postpartum représente un défi majeur pour optimiser leurs performances de reproduction. Objectif : Cet article explore les caractéristiques de reproduction, les mécanismes hormonaux de l’anœstrus pubertaire et du postpartum, ainsi que les facteurs de risque et les traitements hormonaux adaptés au Bos indicus en Afrique. Méthode : L’étude s’est appuyée sur une recherche bibliographique réalisée à partir de plusieurs bases de données scientifiques internationales, notamment PubMed, Google Scholar, ScienceDirect et African Journals Online. Résultats : Les femelles Bos indicus atteignent la puberté plus tardivement (16-40 mois) que les Bos taurus, bien que leur tolérance au stress thermique et leur adaptation nutritionnelle soient supérieures. Des différences significatives dans les mécanismes hormonaux, incluant des concentrations élevées d’AMH (hormone anti-müllérienne) et d’IGF-1 (facteur de croissance analogue à l'insuline 1), influencent la croissance folliculaire et la gestation. L’anœstrus du postpartum est prolongé par des facteurs nutritionnels, le mode d’allaitement et la saisonnalité, tandis que des stratégies combinant gestion nutritionnelle, sevrage, et traitements hormonaux améliorent la cyclicité et les taux de gestation. Conclusions : Une gestion intégrée, combinant sélection génétique, nutrition et traitements hormonaux, pourrait optimiser les performances de reproduction du Bos indicus, contribuant ainsi à la durabilité des systèmes d’élevage tropicaux.
Contexte : Quel modèle de santé animale faut-il promouvoir pour offrir aux éleveurs sahéliens, très mobiles, un accès aux soins vétérinaires facile, continu et de qualité tout en tenant compte de la diversité des contextes locaux ? Pour répondre à cette question, un modèle de service vétérinaire privé de proximité (SVPP) a été conçu et promu au Niger. Ce modèle vise à renforcer durablement la santé animale dans les zones arides par la mise en place d’un réseau de santé animale de base, impliquant les éleveurs et les vétérinaires privés. Objectif : Cet article visait à évaluer si ce dispositif de proximité a effectivement comblé le vide sanitaire en zone sahélienne. Méthodes : L’étude a reposé sur l’exploitation d’une base de données dynamique établie en 2021, couvrant les trente-neuf SVPP installés entre 2003 et 2023, ainsi que sur des enquêtes de terrain menées auprès des acteurs du réseau. La fiabilité des données a été assurée par une triangulation avec les statistiques officielles de la Direction générale des services vétérinaires. Résultats : Les résultats ont révélé une forte attractivité du modèle. Ce réseau couvrait 326 928 km² (26 % de la superficie nationale) répartis en zones pastorale (40 %), agropastorale (35 %) et agricole (25 %). Ce dispositif desservait un cheptel estimé à 13,2 millions ’d’unités de bétail tropical (UBT) réparti sur 197 communes (soit 74 % du découpage communal national). Chaque dispositif d’intervention était composé d’un docteur vétérinaire, de 1,1 technicien et de trente-deux agents communautaires de santé animale (ACSA), soit un ratio d’accessibilité d’un ACSA pour environ 10 000 UBT. Ce maillage territorial, désormais encadré par un dispositif réglementaire national, a démontré l’efficacité des partenariats public-privé pour sécuriser les zones pastorales. Conclusions : Le passage à l’échelle régionale constituerait un levier stratégique pour renforcer la résilience des éleveurs et la lutte contre les maladies animales transfrontalières.
Background: Cryptosporidium and Giardia are common intestinal protozoa that infect humans, as well as domestic and wild animals. They rank among the most prevalent waterborne parasites and are particularly widespread in developing countries. The advent of molecular diagnostic tools has played a major role in improving our understanding of the transmission of Cryptosporidium spp. and Giardia duodenalis. A thorough understanding of their molecular diversity, geographical distribution, and the environmental and climatic factors that influence their prevalence is essential for effective control in vulnerable populations. However, knowledge about their epidemiology in Africa remains limited. Both parasites negatively impact child growth and development, particularly when affected individuals suffer from aggravating factors, such as malnutrition and HIV. Aim: This review highlights research conducted in Côte d’Ivoire involving humans, animals, and the environment, and emphasizes the importance of the One Health framework. Methods: Relevant publications from March 1990 to December 2024 were sourced from PubMed and ResearchGate. Results: Out of the 26 studies identified, only 9 employed molecular tools and 17 used microscopy tools to detect G. duodenalis and Cryptosporidium spp. Findings confirmed the presence of the parasite in humans, livestock (including cattle, sheep, and camels), and environmental samples (water and soil). The prevalence and genetic diversity of G. duodenalis isolates varied by region and age group in both humans and animals. Conclusions: This study shows that Cryptosporidium and Giardia are widespread in humans and animals in Côte d’Ivoire, with both anthroponotic and zoonotic transmission cycles.
Background: Extensive livestock farming plays an important socioeconomic role in the Sahel region but remains vulnerable due to the scarcity of forage resources. Aim: This study investigated how connectivity between a managed pastoral zone and a protected area contributes to enhancing forage resource availability and rangeland quality. Methods: A stratified sampling design was adopted to assess floristic diversity, forage productivity, and rangeland quality in two land-use types, notably a protected area and a pastoral zone that includes young and old fallows, in Burkina Faso. To assess species forage values, interviews and field observations were used. Results: Floristic diversity was similar between the pastoral zone and the protected area (p > 0.05) due to the homogenization of herbaceous vegetation structure and composition in the two land-use types. The two connected land-use types were dominated by the Poaceae family, followed by Fabaceae, when therophytes and hemicryptophytes were the dominant life forms. These features reflect herbaceous vegetation that is well adapted to climatic disturbances and agropastoral pressures. The high forage productivity in the pastoral zone (2104.65 ± 1767.75 kg DM ha⁻¹) was similar to that of the connected protected area (2499.50 ± 1036.46 kg DM ha⁻¹). This productivity relies on annual grasses and legumes in young fallows of the pastoral zone, and a combination of annual and perennial grasses in the protected area. The resulting complementarity ensures a diversified and resilient forage base that supports extensive livestock systems. Connectivity promotes the dominance of high pastoral value species in rangelands, while the protected area serves as a refuge for valuable forage species sensitive to agropastoral disturbances. Conclusions: Ecological connectivity between the pastoral zone and the protected area sustains grazing systems in the rangelands and ensures the sustainable use of forage resources. The establishment of a buffer zone between these two land uses would enhance their sustainability.
Contexte : L’élevage camelin dans les pays du Sahel (Mauritanie, Mali, Niger, Tchad) suscite un intérêt croissant de la part des décideurs politiques et des agences de développement. Toutefois, le secteur camelin reste encore moins connu que les autres secteurs de l’élevage, bien qu’il représente plus du tiers du cheptel camelin mondial. Objectif : Cet article fait le point sur la démographie cameline dans ces quatre Etats de la région sahélienne, les productions (lait, viande, laine, cuir), les services (transfert de fertilité, transport des biens et des personnes, lutte contre la désertification, pharmacopée traditionnelle, fonctions identitaires), la biodiversité (races camelines), ainsi que les systèmes de production et leurs mutations actuelles. Méthode : La présente étude s’appuie sur les données disponibles dans la base de données de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAOSTAT) ainsi que sur la littérature scientifique et les rapports statistiques nationaux des pays concernés. Résultats : A l’échelle mondiale, le cheptel camelin au Sahel représenterait plus du tiers des effectifs. Avec respectivement environ 463 000 tonnes de lait et 50 000 tonnes de viande en 2023, les productions camelines apparaissent largement sous-évaluées. La biodiversité cameline de la région est mal connue. Les principales mutations de l’élevage camelin se traduisent par des tendances à la sédentarisation, la périurbanisation, l’intensification, la spécialisation et la diversification des activités. Conclusions : Ces données doivent permettre de situer l’importance sociale, économique, culturelle et identitaire de ce secteur, souvent négligé par le passé.
Contexte : Le commerce des dromadaires sur pied, de la viande, du lait ou d’autres produits camelins dans la région sahélienne est peu documenté. Objectif : Cette étude avait pour objectif de compléter les statistiques existantes relatives au commerce des dromadaires ainsi qu’aux productions camelines, et de d’évaluer les contraintes sanitaires de cet élevage. Méthode : L’étude s’est appuyée sur les statistiques disponibles dans la littérature et la base de données FAOSTAT. Ces données ont été complétées par des enquêtes de terrain menées en 2024 en Mauritanie, au Mali, Niger et Tchad, auprès des acteurs des filières viande et lait, depuis les producteurs jusqu’aux distributeurs et exportateurs. Ces enquêtes portaient sur l’organisation des filières, leurs contraintes, les circuits commerciaux, les volumes et les prix. Les enjeux sanitaires ont été analysés à partir des publications disponibles. Résultats : Le commerce du lait de chamelle reste limité et essentiellement local dans les quatre pays, la majeure partie de la production étant autoconsommée, mais des initiatives de valorisation existent, notamment l’émergence de mini-laiteries. Le commerce d’animaux vivants, destiné aux marchés nationaux (abattage, élevage) et l’exportation (Afrique du Nord, Nigeria), est largement informel et sous-estimé par les statistiques officielles, notamment pour les flux d’exportation. Les pays sahéliens restent quasiment absents du commerce international de la viande et valorisent peu les autres produits camelins (cuir, laine). De nombreuses publications ont permis de dresser un tableau des pathologies du dromadaire. Enfin, les enquêtes menées dans la filière lait révèlent d’importantes différences structurelles entre pays tout comme pour la filière viande. Si les prix des animaux vivants varient selon le type d’animal et les pays, ceux de la viande s’avèrent comparables. Conclusions : Cette étude a mis en évidence les contraintes et atouts des sous-filières camelines permettant ainsi d’en dégager les priorités de développement et d’envisager des perspectives.
Background: The rich pastoral ecosystems, which are widespread in the Mediterranean, are essential for extensive goat farming. Their varied vegetation supplies the necessary nutrients for browsing goats. Aim: The aim of the present study was to assess the seasonal variations in the forage availability and nutritional quality of plants browsed by goats in a Mediterranean forest rangeland in northern Morocco. Methods: Key pastoral species browsed by goats were sampled seasonally, and their yield, chemical composition and in vitro digestibility were determined using standard laboratory analyses. Results: The results indicated high variation in the parameters under investigation depending on the grazing season. Total dry matter (DM) yield peaked at 1860 kg DM/ha in spring. Shrubs provided the major contribution to total DM yield throughout the year. The crude protein content ranged between 58 g/kg DM (observed in Erica arborea in summer) and 228 g/kg DM (recorded in Calicotome villosa in the autumn). With plant maturation, there was a notable increase in fiber fractions, including neutral detergent fiber (NDF), acid detergent fiber (ADF), and acid detergent lignin (ADL). Condensed tannin content ranged from 2.3 g/kg DM (observed in herbaceous species in spring) to 186 g/kg DM (observed in Pistacia lentiscus in summer). Most species exhibited the highest levels of in vitro digestibility in spring and the lowest in summer. Some plants, such as C. villosa, Olea europaea, and Myrtus communis, had higher crude protein and digestibility, and lower lignin concentrations throughout the year, making them particularly valuable during the dry season. Conclusions: The results show that forage availability and the nutritive value of plant species browsed by goats vary significantly across seasons. Some shrub species maintain relatively good nutritional quality and, therefore, may represent important forage resources for goats in the dry season.
Contexte : Dans un contexte de variabilité climatique et de pénuries fourragères récurrentes dans la zone sylvopastorale du nord du Sénégal, les espèces ligneuses jouent un rôle essentiel dans la résilience des systèmes agropastoraux et les moyens d’existence des éleveurs. Objectif : Elle visait à analyser le rôle des arbres et arbustes dans les systèmes sylvopastoraux en mettant l’accent sur leur utilisation pour l’alimentation et la santé des ruminants. Méthodes : La méthodologie a combiné des enquêtes ethnobotaniques auprès des agropasteurs ainsi qu’une revue bibliographique. Résultats : Vingt-deux espèces ligneuses ont été recensées, dominées par les Fabaceae (41 % des citations). Balanites aegyptiaca et Acacia raddiana se sont révélées comme les espèces les plus importantes pour l’alimentation animale, avec les valeurs d’importance d’usage les plus élevées (3,43 et 1,97 respectivement). En santé animale, 63 % des éleveurs ont reconnu l’impact positif des ligneux sur l’état sanitaire du bétail, et 43 % les utilisaient effectivement comme remèdes traditionnels en complément des soins vétérinaires modernes. Les espèces les plus citées et disponibles dans la zone concernant leurs usages thérapeutiques étaient B. aegyptiaca, Adansonia digitata, A. raddiana ainsi que Azadirachta indica et Ziziphus mauritiana, principalement utilisées dans le traitement des affections digestives et parasitaires. Les feuilles et les fruits constituaient les parties les plus utilisées, tant pour l’alimentation que pour la santé du bétail. Conclusions : L’étude a souligné l’importance des savoirs locaux d’une part et des ligneux d’autre part dans la résilience des systèmes agropastoraux notamment en période de déficit fourrager. Les résultats ont également mis en évidence la complémentarité entre les fonctions nutritionnelles et thérapeutiques de ces espèces (alicaments). Enfin ils soulignent la nécessité de renforcer les stratégies de conservation et de valorisation des ressources ligneuses dans les politiques publiques face aux effets du changement climatique.
Contexte : La gestion de l’alimentation des animaux requiert une bonne connaissance des ressources disponibles. Objectifs : Cette étude visait à recenser, échantillonner et analyser les principales ressources alimentaires disponibles au Tchad, afin de constituer une base de données actualisée sur leur composition et leur variabilité. Méthodes : Un total de 238 échantillons a été collecté entre 2009 et 2022 sur les marchés, les usines, les unités artisanales et les élevages, qui couvrent les principales ressources alimentaires pour les animaux. Les analyses chimiques de référence (matière sèche, protéines, matières grasses, fibres, amidon, sucres, minéraux) ont été complétées par des analyses par spectrométrie proche infrarouge (SPIR). Résultats : Les principales ressources recensées sont les céréales et leurs coproduits (maïs, mil, sorgho, riz), les graines oléagineuses et tourteaux (arachide, coton, sésame, karité), les protéagineux, divers produits végétaux ainsi que quelques coproduits animaux (farines de poisson, de sang, déchets de volaille) et minéraux (coquilles, os calcinés). Les analyses ont révélé une grande variabilité de la composition des ressources en fonction de leur origine et de leur procédé de fabrication, notamment pour les sons, les drèches et les tourteaux. Les céréales locales présentaient des teneurs en protéines supérieures aux références internationales, le mil apparaissant comme la plus nutritive. Les drèches artisanales étaient hétérogènes, certaines étaient riches en amidon résiduel tandis que d’autres se rapprochaient des drèches industrielles. Les tourteaux d’oléagineux variaient selon qu’ils étaient issus d’une production artisanale (forte teneur en matières grasses) ou industrielle (plus concentrés en protéines). Les coproduits animaux constituaient des sources protéiques de qualité variable, parfois contaminées ou mélangées. Enfin, certaines ressources opportunistes (gousses d’arbustes, fruits de palmier, spiruline) peuvent compléter les rations dans des contextes spécifiques. Conclusions : Cette étude fournit un référentiel sur les ressources concentrées pour les animaux au Tchad, mis à disposition dans une base de données publique. Elle constitue un outil pour améliorer l’efficience des systèmes d’alimentation au Tchad et dans les pays voisins.
Background: Introduced to Botswana in the early 20th century, dromedaries remain little exploited for milk production. In Tsabong, the herd is mainly used for tourism, and no study has yet assessed influencing factors on milk yield or composition. Aim: This study was conducted to assess the effects of season, parity, and stage of lactation on the yield, composition, and quality of camel milk at the Tsabong Ecotourism Camel Park. Methods: Twenty lactating camels, averaging eight years old and at various lactation stages (early, mid, and late) and parities (2–6), were studied. They browsed freely during the day and received 3 kg of a 1:1 saltbush–sorghum bran supplement at night, with unlimited access to water and salt. Milk yield was measured every three days over six weeks. A total of 560 records were collected during the dry season and 640 during the wet season. Milk samples for chemical and microbiological analysis were collected six times over a two-week period. Data were analysed using SAS for non-balanced data. Results: Milk yields were significantly higher during the wet season (1,340 ml/day) than during the dry season (781 ml/day). In the dry season, milk yield decreased as parity increased, while in the wet season, milk yield increased up to the fifth parity before declining. The stage of lactation significantly influenced fat, protein, solids-not-fat (SNF), and density in the dry season. Early lactation milk had higher protein, SNF, and density, while fat content peaked in mid lactation. In the wet season, only the protein content varied significantly across lactation stages. Parity significantly affected titratable acidity, protein, and lactose in the dry season, and protein, lactose, total solids, SNF, and pH in the wet season. The highest values were observed in camels at their second parity during the wet season. Fat and total solids were higher in the wet season overall. Coliform counts were generally higher in samples collected during the wet season. Salmonella was detected in 3.42% of dry season samples and 1.7% of wet season samples, highlighting public health concerns. Conclusions: These findings highlight the need for improved hygiene during milking and the importance of heat treatment before consumption.
Contexte : Dans les régions arides et semi-arides, comme la région de Guelmim au sud du Maroc, la gestion des ressources naturelles représente un défi majeur pour l’élevage en raison de la rareté des pâturages et de l’eau. Objectif : L’acquisition de connaissances approfondies sur les pratiques alimentaires et les méthodes de gestion des troupeaux est essentielle pour optimiser les stratégies d’élevage en fonction des contraintes locales. Une telle approche permet non seulement d’améliorer l’efficacité et la durabilité de la production animale, mais aussi de mieux faire face aux défis posés par le changement climatique. Méthodes : Une enquête sur les systèmes d’élevage de chameaux a été menée dans cette région, dans le but d’obtenir un aperçu de leur diversité. Au total, 57 élevages de chameaux de la province de Guelmim ont été étudiés. L’analyse statistique a été réalisée à l’aide d’une classification en deux étapes, traitant les données quantitatives et qualitatives pour identifier les classes (typologies). Les variables retenues pour cette classification couvrent quatre thèmes : le troupeau, les déplacements, l’alimentation et les pratiques commerciales. Résultats : L’analyse a permis d’identifier trois clusters distincts de système d’élevage camelin : des systèmes périurbains orientés vers le marché ; des systèmes mixtes adaptatifs ; et des systèmes pastoraux traditionnels. La solution à trois clusters a été validée statistiquement par le ratio maximal des changements de distance, ainsi que par un coefficient de silhouette satisfaisant (0,40), confirmant une séparation adéquate entre les groupes. Les clusters se distinguent également clairement par la productivité laitière, la taille des troupeaux et l’orientation vers le marché. Les caractéristiques de chaque cluster sont étroitement liées à la localisation géographique, la proximité des centres urbains, ainsi qu’à la disponibilité et à l’accès aux terres de pâturages. Les systèmes périurbains (Cluster 1) présentent des rendements laitiers plus élevés, un recours accru à l’alimentation complémentaire et une intégration commerciale plus forte. Le cluster 2 combine une dépendance significative aux ressources pastorales avec un usage plus marqué de l’alimentation complémentaire. Conclusions : L’étude met en évidence la grande capacité d’adaptation des éleveurs de la région face aux contraintes environnementales et socio-économiques, notamment la rareté des ressources et les difficultés d’accès aux marchés. Cette flexibilité adaptative souligne la résilience de ces systèmes de production et met en lumière le rôle stratégique du dromadaire dans le maintien des moyens de subsistance et de la sécurité alimentaire dans ces zones arides et semi-arides du Maroc.
Contexte : La production laitière du Cameroun est confrontée à des obstacles majeurs, notamment la faible productivité des races locales, la mauvaise qualité des pâturages, le soutien insuffisant aux agriculteurs (financement, vulgarisation), le coût élevé de l’alimentation animale, la fragilité de la santé animale et les lacunes en matière d’infrastructures. Objectif : La présente étude effectuée dans les régions de l’Adamaoua et de l’extrême Nord du Cameroun, avait pour objectif d’évaluer les conditions d’élevage (biosécurité, reproduction, production de lait, alimentation, abreuvement et problème de santé, morbidité, mortalité, vêlage et avortement) des vaches Montbéliardes importées. Méthodes : A cet effet, une enquête a été conduite à l’aide d’un questionnaire auprès des éleveurs bénéficiaires des vaches Montbéliardes dans la zone d’étude. Au total, 17 exploitations laitières de Montbéliardes ont été identifiées, avec 153 vaches, 109 génisses et 53 veaux. Résultats : En ce qui concerne la biosécurité, la majorité (82,4 %) des fermes avaient des travailleurs et des visiteurs qui respectaient les règles de biosécurité. Pour la reproduction, elle se faisait le plus souvent par insémination artificielle (86, 9 %). La production laitière journalière variait entre 12 l (Mayo-Kani) et 16,6 l (Vina) avec une moyenne de 14,5 l pour l’ensemble des départements. Les pathologies les plus récurrentes étaient la fièvre aphteuse (FA) (114 ; 25,1 %), la dermatose nodulaire contagieuse des bovins (DNCB) (105 ; 23 %), la mammite (42 ; 9,2 %), respectivement. Chez la vache, les taux de mortalité, de morbidité et d’avortement étaient de 22,8 %, 26,8 % et 4,6 %, respectivement. Chez les génisses, les taux de mortalité et de morbidité étaient de 15,6 % et 22,9 %, respectivement. Chez les veaux, les taux globaux de mortalité et de morbidité représentaient 35,8 % et 15,1 % de la population, respectivement. Conclusions : les vaches montbéliardes ont des mauvaises conditions d’élevage. Nous recommandons donc de sensibiliser les éleveurs sur les bonnes pratiques de gestion des animaux incluant un logement adapté, une alimentation et un abreuvement sains et équilibrés, un suivi sanitaire rigoureux (vaccination, déparasitage, isolement des malades), une maîtrise de la reproduction et une gestion du stress.