Le CRTA de Bobo-Dioulasso (Burkina Faso) a procédé durant quatre années à une campagne de lutte intégrée contre les glossines dans une zone pastorale de 300000 ha avec la pose de 7200 écrans insecticides durant la saison sèche, suivie de lâchers de mâles irradiés en saison des pluies. Après divers essais, trois barrières contre les glossines riveraines, constituées soit de pièges de capture, soit de pièges ou d'écrans insecticides (deltaméth r ine CE) espacés de 100 m, ont été mises en place. L'observation régulière durant plus de trois ans a montré la grande efficacité de ces systèmes dont le coût d'installation et de fonctionnement la première année a été d'environ 200000 francs CFA par kilomètre avec les pièges de capture (non imprégnés), 190000 avec les pièges insecticides et 150000 avec les écrans insecticides. Les années suivantes, les frais de maintenance ont été respectiv ement de 70000, 85000 et 64000 francs CFA par kilomètre et par an. Dans cette zone climatique et pour ce type de rivières et de galeries, l'étanchéité est obtenue avec 7 km de pièges insecticides ou 10 km de pièges de capture vis-à-vis G. tachinoides et G. p. gambiensis . Une utilisation mixte pièges-écrans pourrait constituer une formule intéressante. Le quadrillage d'une zone de passage de G. m. morsitans s'est révélé efficace mais d'un prix d'installation et d'entretien assez élevé; il sera vraisemblablemen t abaissé par l'emploi d'attractifs odorants.
Le CRTA de Bobo-Dioulasso a realise une campagne de lutte contre trois especes de glossines (G. p. gambiensis, G. tachinoides et G. m. morsitans) dans une zone pastorale d'accueil de 3.500 km2 situee a proximite de la ville. Les travaux se sont deroules en deux phases : Une phase preparatoire de deux ans (1981-1982) a permis la creation sur le terrain d'un reseau de 600 km de pistes, puis la prospection entomologique afin d'etablir une carte de repartition des especes de glossines presentes et de connaitre leur densite apparente; La lutte proprement dite a egalement dure deux annees (1983-1984). Deux methodes ont ete utilisees alternativement, selon la saison. La pose d'ecrans insecticides en saison seche a permis de faire baisser les populations de glossines d'environ 90 p. 100. Le lâcher de 850.000 mâles sterilises par irradiation a ete fait en saison des pluies. Cette zone, ainsi liberee des glossines par l'association de ces deux methodes, et protegee des reinvasions par des barrieres de pieges et d'ecrans, est actuellement en plein amenagement. (Resume d'auteur)
Dans la perspective de l'étude des attractifs olfactifs des glossines du groupe palpalis, il est important de connaître le rôle joué par le dioxyde de carbone. Pour l'une des espèces de ce groupe, Glossina tachinoides, les captures avec des pièges biconiques ont augmenté régulièrement d'un facteur allant jusqu'à 3,2 en libérant du dioxyde de carbone aux doses de 0,5 à 20 l/min au pied des pièges
Des expériences destinées à mettre en évidence, pour une glossine du groupe palpalis, Glossina tachinoides, l'existence éventuelle d'attractifs olfactifs ont été entreprises au Burkina Faso. Un homme, un porc domestique et un bovin Baoulé ont montré tous trois un pouvoir attractif. L'attractivité s'est accrue avec le nombre de bovins. L'utilisation d'un filtre à charbon actif a prouvé que le gaz carbonique n'est pas le seul composant chimique en cause. Cette expérimentation permet d'envisager, pour cette espèce, l'identification et l'utilisation d'attractifs olfactifs, de la même manière que pour les espèces du groupe morsitans
Cette étude a pour but de comparer l'efficacité de différentes formes de leurres (pièges et écrans) sur 3 espèces de glossines présentes au Burkina-Faso (G. m. submorsitans, G. tachinoides et G. p. gambiensis. Pour simuler l'effet d'insecticides agissant par contact, 3 leurres sont entourés de grilles électrifiées permettant la comparaison entre eux et par rapport à un piège biconique de capture. L'ordre d'efficacité est le même pour les 3 espèces étudiées avec des écarts notables dus au comportement différent des espèces. En ordre décroissant l'efficacité est : écran bleu/moustiquaire électrifié, piège biconique électrifié, écran bleu électrifié, piège biconique de capture. Cette étude permet de recommander l'écran bleu/moustiquaire imprégné d'insecticide pour le contrôle ou la lutte contre les trois espèces de glossines étudiées
Le pouvoir attractif du 1-octen-3-ol (octenol) et de l'acétone ayant été montré au Zimbabwe pour G. pallidipes et G. m. submorsitans au Burkina Faso. Les essais, faits successivement en saison des pluies puis en saison sèche, ont été réalisés selon le protocole des carrés latins. L'analyse des résultats obtenus en saison des pluies a mis en évidence un accroissement significatif des captures de 6, 7 fois lorsque les deux produits étaient associés au piège. L'augmentation était de 5, 9 fois pour les mâles et 7, 5 fois pour les femelles. Les résultats de saison sèche étaient également significatifs, quoique inférieurs du fait de la plus grande attractivité visuelle du piège. Cette importante augmentation des captures de G. m. submorsitans par un piège lorsque des attractifs olfactifs y sont associés permet d'envisager une réduction du nombre de pièges actuellement utilisés dans les opérations de lutte au Burkina Faso de 33 à 5 ou 6/km2.
Pour permettre le developpement de l'elevage sur 240000 ha de la zone pastorale de Sideradougou, le CRTA est intervenu sur 300000 ha. L'eli minatin de G. p. gambiensis et de G. tachinoides sur 600 km de gale ries forestieres a repose sur l'alternance de 2 methodes non pollu antes utilisees en integration : ecrans insecticides et lâchers de mâles steriles. Apres une phase preparatoire de 2 annees (ouverture de pistes, prospection, barrieres, etc.), le CRTA a mis en place 7204 ecrans insecticides pendant la saison seche 1983 suivis par les lâchers en saison des pluies, tous les 14 jours, a des points equi distants de 2 km sur le reseau hydrographique, de 379000 mâles irra dies. En 1984, 1/3 de la surface a ete retraite avec des ecrans, puis 467000 mâles irradies ont ete lâches selon le meme protocole. Le bon comportement des mâles irradies et leur forte domination nume rique ont abouti a l'elimination des populations residuelles, l'im pact de la lutte genetique etant suivi par l'examen des images ovarouterines des femelles capturees. Les facteurs favorables et defavora bles au projet sont discutes, en particulier l'absence d'une legisla tion pastorale devant l'afflux des troupeaux. Cette zone abrite ac tuellement entre 50000 et 70000 tetes de betail. (Resume d'auteur)
La lutte intégrée menée par le CRTA contre les glossines dans la zone pastorale de Sidéradougou (Burkina), repose sur l'application alternée, suivant les saisons, d'écrans insecticides et de lâchers de mâles irradiés. Une première évaluation est faite sur le coût de la fabrication, de la pose et du retrait de 7204 écrans au cours de la première saison sèche (1983) et de 4053 écrans lors de la deuxième saison sèche (1984). Le prix de revient au kilomètre de galeries forestières traité varie beaucoup suivant la création ou non d'un réseau de pistes d'accès dont l'opportunité est discutée. Celui-ci permettrait à l'entomologiste de superviser le bon déroulement de la campagne, en particulier au niveau des formations végétales atypiques qui risquent d'en contrarier les résultats
Une campagne de lutte contre Glossina tachinoides et Glossina palpalis gambiensis a été effectuée au Burkina, au cours de la saison sèche 1983, à l'aide d'écrans imprégnés de deltaméthrine. Les résultats obtenus sur 580 km de rivières desservant 3 000 km2 de pâturages sont très intéressants. Les densités de glossines sont abaissées de 92, 54 p. 100 pour Glossina tachinoides et de 88, 11 p. 100 pour Glossina palpalis gambiensis. Les auteurs discutent les avantages et les inconvénients de cette méthode dans les conditions locales, climatiques et hydrologiques et notamment de son association avec les lâchers de mâles stériles utilisés en saison des pluies, qui permet d'envisager enfin sérieusement l'éradication des glossines
Les auteurs ont utilisé une technique qui leur a permis de maintenir en vie des glossines sauvages sur les lieux même de capture. Le système d'étagères sur lesquelles reposent les cages permettant de conserver plus de 6000 femelles reproductrices est décrit. L'adaptation aux changements saisonniers de température et d'humidité ambiantes a permis d'élever pendant une année entière les mouches capturées et de maintenir en laboratoire une colonie de Glossina morsitans submorsitans provenant de ces mouches sauvages. Cette méthode a été employée car il n'est pas possible d'utiliser dans cette région la technique habituelle consistant à récolter un grand nombre de pupes pour établir une colonie. Les performances des mouches sauvages sur le terrain (poids des pupes, productivité, mortalité...) sont indiquées ainsi que celles de la première génération en laboratoire. Cette méthode s'est révélée pratique pour établir en laboratoire des colonies de différentes espèces de mouches tsé-tsé sans risquer une extension possible de la trypanosomose transmise par des mouches sauvages introduites dans l'insectarium