
Depuis 1976, la procédure de regroupement familial permet aux immigrés non européens d’être rejoints par leurs conjoint marié et enfants mineurs. Cette voie d’admission est en baisse et ne représente que 5 % de l’ensemble des premiers titres de séjour d’au moins un an délivrés en 2023. Les politiques migratoires ont durci les conditions économiques et résidentielles du regroupement familial. Le modèle familial sur lequel il repose est peu ajusté au profil des nouveaux migrants. Le regroupement familial aujourd’hui est surtout sollicité par des hommes originaires du Maghreb ou d’Afrique subsaharienne, ayant formé une famille à l’étranger après leur arrivée en France.
Le Maghreb a connu une baisse récente de la fécondité, plus ou moins rapide et continue selon les pays avec un rebond puis recul en Algérie et en Tunisie, et une baisse continue au Maroc. Ces trajectoires s’inscrivent dans des évolutions durables de la nuptialité, la contraception et des normes familiales, dans un contexte socio-économique marqué par l’allongement des études et une insertion professionnelle tardive. L’installation probable de ces pays dans des niveaux de fécondité durablement bas annonce un vieillissement de leur population et un ralentissement de sa croissance, dans un contexte migratoire peu compensateur.
La population du Viêt Nam a atteint 100 millions d’habitants en 2023 et serait proche de son maximum, estimé à 110 millions en 2050. Les progrès de l’espérance de vie ont ralenti et la fécondité, après avoir chuté, est stable, à presque deux enfants par femme. La politique vietnamienne d’un à deux enfants a été supprimée en 2025 et le Viêt Nam cherche depuis à relancer sa natalité. Les avortements sélectifs d’embryons féminins, courants dans le nord du pays, ont entraîné une hausse du rapport de masculinité à la naissance qui a atteint 114 garçons pour 100 filles en 2010 à l’échelle nationale, avec des conséquences à long terme pour les générations concernées.
Résumé La réforme du congé de paternité en 2021 a allongé sa durée et assoupli ses modalités. La part de pères prenant ce congé continue à augmenter, notamment chez ceux qui y avaient le moins recours comme les indépendants, les salariés en contrat à durée déterminée, les pères moins diplômés. La présence des pères au moment de la naissance se généralise et dure plus longtemps. Cependant, les contraintes professionnelles et financières restent un frein à la prise du congé. Même s’ils restent minoritaires, les pères qui prennent le congé « en solo », alors que la mère a repris le travail, sont de plus en plus nombreux.
Près de 138 millions d’enfants âgés de 5 à 17 ans sont astreints au travail dans le monde, selon un rapport conjoint de l’OIT et de l’Unicef de 2025. Avec 87 millions d’enfants concernés, l’Afrique subsaharienne demeure la région la plus touchée. Cependant, le travail des enfants existe aussi dans certaines régions d’Europe, comme les Balkans. Ces estimations, fondées sur une définition strictement économique du travail, excluent toutefois une large part des activités domestiques réalisées par les enfants. Or, la base de données sur le travail des enfants (CLD-Ined) met au contraire en évidence une forte participation des enfants aux tâches ménagères à l’échelle mondiale, ainsi que l’important volume horaire qu’elles représentent dans la vie des enfants, particulièrement des filles.
Paris a atteint pendant l’entre-deux-guerres son plus haut niveau de peuplement. Aujourd’hui, comme alors, la grande majorité des Parisiennes et Parisiens n’est pas née dans la capitale. L’arrivée massive de jeunes à des âges actifs, couplée à une faible fécondité et une moindre présence de personnes âgées, confère à la population parisienne de l’entre-deux-guerres une structure particulière. Et si, aujourd’hui comme alors, Paris compte plus de célibataires que le reste de la France, en revanche, on ne voit désormais plus de différence notable pour ce qui est des personnes divorcées ou vivant en couple non marié. Enfin, la répartition géographique actuelle de la population garde trace de la structure socio-économique des quartiers de l’époque.
La perte du conjoint ouvre généralement une longue période de veuvage de 13 ans en moyenne. Cette durée, estimée à partir de tables de mortalité, devrait légèrement diminuer d’ici 2070. Elle est plus élevée pour les veuves issues de ménages modestes que pour celles de ménages aisés, et représente ainsi une part encore plus importante de leur vieillesse. En Europe, le veuvage semble durer plus longtemps lorsque l’écart de longévité entre femmes et hommes est important. Les comparaisons européennes situent la France en position médiane.
La croissance de 0,25 % de la population de la France en 2024 tient pour les neuf dixièmes au solde migratoire et pour un dixième au solde naturel. La baisse de ce dernier vient à la fois d’une diminution des naissances et d’une hausse des décès. Sous l’hypothèse d’une fécondité et d’un solde migratoire stables aux niveaux de 2024, ainsi que d’une hausse de l’espérance de vie à un rythme ralenti, la projection indique que le solde naturel deviendrait négatif en 2027 mais que la population augmenterait encore pendant deux décennies.
Les départs d’espagnols vers principalement le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne sont en hausse et se maintiennent aujourd’hui à des niveaux élevés. Deux types de profils ressortent : les immigrés ayant acquis la nationalité espagnole qui ont été particulièrement touchés par la crise économique de 2008 et tentent leur chance dans un autre pays d’Europe et les jeunes natifs espagnol.es, souvent qualifiés, qui perçoivent dans la libre mobilité européenne une opportunité de carrière professionnelle.
La population immigrée de la France compte aujourd’hui moins de 2 % d’immigrés d’origine chinoise, soit environ 116 000 personnes, qui résident aux deux-tiers en Île-de-France. Les migrants économiques sont plus âgés et moins diplômés que les immigrés entrés en France pour y faire des études supérieures et qui sont restés. Ils ont une moins bonne maîtrise du français et leurs réseaux de sociabilité et professionnels restent ancrés dans un entre-soi reposant sur leur origine régionale ou nationale. C’est moins le cas des anciens étudiants internationaux.
La grande majorité des enfants de 10 ans déclarent participer régulièrement ou occasionnellement aux tâches domestiques. Certaines tâches leur sont réservées, comme mettre le couvert et débarrasser. Les enfants de famille nombreuse participent davantage que les enfants uniques. Filles et garçons n’effectuent ni le même type, ni le même nombre de tâches : les filles en font plus les garçons. Quand le père participe plus que la mère aux tâches domestiques, les différences entre filles et garçons sont plus faibles.
Le recours à l’avortement en France a connu diverses transformations depuis sa dépénalisation en janvier 1975 suite au vote de la loi Veil. Le cadre de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) s’est assoupli avec l’allongement du délai légal, la diffusion de la méthode médicamenteuse, et la prise en charge par de nouveaux groupes professionnels. Le cadre de l’interruption de grossesse pour motif médical (IMG) s’est lui complexifié. D’importantes disparités interdépartementales existent dans la fréquence et le recours aux méthodes d'IVG et dans la prise en charge de l'IMG.
Chaque année, autour de 100 000 personnes acquièrent la nationalité française, le plus souvent en lien avec leur situation familiale (mariage, naissance et enfance en France, parents d’enfants français…). Ces acquisitions de nationalité tiennent aussi aux mutations historiques et géopolitiques. Ainsi depuis le début des années 1960, plus de 200 000 personnes sont redevenues françaises après avoir perdu cette nationalité, en particulier lors de l’accès à l’indépendance de territoires colonisés. Cette procédure discrète et méconnue permet d’éclairer certains des « troubles dans la nationalité » de l’ère postcoloniale.