
Le continent africain est confronté à une traditionnelle charge de maladies infectieuses et à une situation sanitaire qu’impactent de forts changements globaux : résistance aux antimicrobiens, déplacements des populations, dégradations environnementales… C’est l’ensemble du dispositif de prévention, d’information et de traitement des épidémies qui doit être repensé, sur des bases de coopération communautaire, interétatique, et de recherche de souveraineté médicale et sanitaire.
La problématique de la place des croyances dans la politique internationale dépasse celle de la religion. Le monde est de plus en plus structuré par des projets moraux concurrents, plutôt que par de simples blocs civilisationnels. Tandis que l’universalisme libéral recule, les traditions religieuses offrent des récits, une légitimité et des réseaux transnationaux qui permettent d’articuler d’autres visions de l’ordre, rendant le système mondial plus pluraliste mais aussi plus instable.
Le rôle central des technologies dans la compétition entre grandes puissances alimente une rivalité de plus en plus intense. Autour de l’Intelligence artificielle, les grandes entreprises gagnent un pouvoir inédit qui s’impose aux États et dans la conflictualité internationale elle-même. Les États ne sont pourtant pas dépourvus de moyens de régulation. Dans la compétition internationale, l’Europe dispose de cartes particulières, qu’elle doit jouer, au profit d’une coopération internationale à réinventer.
L’insécurité alimentaire est un enjeu de santé publique mondiale, bien au-delà du problème de la faim. Les raisons de cette insécurité, et de l’échec des objectifs de développement soutenable, sont internationales ou communes à de nombreux pays, à la fois structurelles et conjoncturelles. Il faut refonder la sécurité alimentaire mondiale à partir du droit universel à l’alimentation et de l’approche « Une seule santé », qui relie les exigences de la santé humaine, animale et environnementale.
Historiquement, le changement technologique a fait évoluer la manière de combattre mais n’a pas bouleversé les principes fondamentaux de la guerre. Trois facteurs pourraient néanmoins constituer une véritable révolution : le recours à l’arme nucléaire au niveau tactique, le développement des logiciels au profit des « opérations multidomaines » et la perspective de l’Intelligence artificielle générale. Ces facteurs amènent à repenser l’organisation des armées et l’utilisation de la force.
Il est tentant de constater une réduction de l’espace du droit international dans un contexte où dominent les rapports de puissance, en particulier du fait des États dominants. Mais le droit pèse toujours : comme limite ultime à l’usage de la violence, comme langage commun à l’ensemble des communautés humaines, comme cadre d’action pour ceux qui veulent s’en saisir. Il faut certes le repenser, l’adapter à l’évolution des rapports internationaux, mais en restant conscients de son importance quotidienne.
Le système de régulation des relations internationales né après la Seconde Guerre mondiale est moribond. Si la Russie et la Chine l’avaient sapé, les États-Unis de Donald Trump risquent de lui porter l’estocade. L’air du temps est aux rapports de force et la montée des nationalismes est lourde de dangers. La révolution de l’Intelligence artificielle doit être intégrée à cette équation, car elle influe fortement sur les capacités de puissance. À cet égard, l’Europe ne doit pas se laisser distancer.
La construction européenne est historiquement indissociable de la constitution, à la fin du second conflit mondial, d’un monde atlantique contrôlé par les États-Unis. Les élargissements successifs et la révision de la politique américaine mettent à bas les conceptions sur lesquelles s’est construite l’Union européenne depuis la chute de l’URSS. Il est sans doute temps de retrouver la voie d’ensembles plus divers, correspondant aux degrés d’engagement et aux intérêts des États du Vieux Continent.
Dans un monde où s’aggrave la conflictualité internationale, la marge de manœuvre des gouvernements est en grande partie déterminée par l’état de leurs finances. C’est le cas de l’Europe, qui entend affirmer sa souveraineté mais ne peut le faire qu’en investissant lourdement dans les domaines régaliens et dans l’innovation. Plus largement, les Européens doivent se doter des moyens de parer aux crises financières internationales, y compris celles découlant des innovations financières numériques.
Le système de maîtrise des armements mis en place pendant et après la guerre froide est aujourd’hui sous pression et commence à montrer des signes de faiblesse. Il avait permis d’améliorer significativement la sécurité internationale, mais risque de ne pas résister au regain de tensions des dernières années. Des actions urgentes sont désormais nécessaires pour éviter la prolifération des armes nucléaires, chimiques et biologiques, mais également des bombes à sous-munitions et des mines antipersonnel.
La coordination des échanges internationaux, entreprise à la fin du dernier conflit mondial, a son symbole : la création en 1994 de l’Organisation mondiale du commerce. Celle-ci passe pour décalée désormais, dans un monde moins ordonné autour de l’impératif multilatéral. Face aux crises contemporaines, et aux spectaculaires à-coups de l’administration Trump, le montage collectif garde pourtant tout son sens, la question actuelle devenant celle d’une réforme de l’OMC pour l’adapter aux nouvelles logiques internationales.
Les projections démographiques sont extrêmement complexes. L’idée de transition démographique semble durablement déclassée. Les évolutions des populations dépendent de facteurs multiples, au poids différents selon les temps et les espaces : facteurs économiques, culturels, conflits, événements et chocs à répercussions politiques… Il faut sans doute abdiquer les projections de long terme, et privilégier les prévisions de court et moyen termes pouvant intégrer les soubresauts de l’histoire humaine.