
This special issue seeks to contribute to the rapidly growing body of scholarly literature that has, over the past decade, examined the global reconfiguration of right-wing political forces. After a brief review of this literature, this introduction presents the framework for our research and highlights key findings. This framework - understood as political mobilization with the aim of preserving or restoring traditional, religious, moral orpoliticalforms of authority - allows for moving across disciplinary boundaries (between the study of social movements, the sociology of elites and the social history of ideas) and exploring a variety of topics (such as party politics, social movements, think tanks and ideologies). Based on extensive empirical research conducted in the Czech Republic, Hungary and Poland, as well as Brazil, Turkey and the United States, the articles in this special issue examine conservative movements in various historical contexts: their emergence and growth, their actors and forms of protest, their transnational relations and influence on state policies.
Comment un modèle de développement immobilier de la fin de l’Union soviétique — à savoir les complexes résidentiels pour jeunes (Molodežnyj Žiloj Kompleks, MŽK) — s’est-il transformé pendant les années 1990 ? Conçu pour remédier à la pénurie de logements dans l’économie planifiée soviétique, le programme MŽK encourageait l’autonomie et des nouvelles solidarités de quartier grâce à l’engagement des futurs habitants dans la construction et l’entretien de ces complexes. Si le programme offrait une vision alternative du logement social, sa dépendance à l’égard de l’État l’a empêché de survivre au système soviétique. Dans les années 1990, le système étatique soviétique qui soutenait cette approche innovante s’est effondré. Les destins divers des MŽK se reflètent à la fois dans les aspects matériels, gestionnaires et humains de leurs tentatives, souvent infructueuses, d’adaptation aux nouvelles conditions économiques dans un contexte de discrédit de la mobilisation collective et de montée de l’engagement individuel. Des sources originales d’information sur les MŽK permettent de mettre l’accent sur l’esthétique matérielle de ces résidences en rapport avec les transformations sociales et économiques de la société russe dans les années 1990.
En se penchant sur les significations et les formes concrètes de l’usage des couches jetables en Russie postsoviétique, l’article examine la manière dont celles-ci viennent se greffer sur le modèle du care des jeunes enfants institué à l’époque soviétique. À travers l’étude de cas de six femmes qui ont eu leurs enfants à différents moments de la période postsoviétique, l’article décrit l’appropriation progressive de ces objets. Perçus d’abord comme un « luxe corrupteur », ils sont transformés en « objets-camarades », puis en symbole de « progrès ». Ce déplacement conceptuel s’articule à l’évolution des rapports de pouvoir entre enfants et adultes et aux transformations du rôle de mère dont l’attitude s’éloigne de la norme disciplinaire en devenant plus relationnelle. Le progrès qu’incarnent les pampersy est pourtant ambivalent, car leur usage continue d’être vécu par certaines mères comme potentiellement stigmatisant.