
La transition vers le capitalisme en Russie a eu un impact majeur sur le développement des régions. L’apparente amplification des inégalités géographiques a incité une partie de la communauté scientifique russe à en faire l’analyse. Depuis 2010, les publications savantes ayant recours aux concepts de périphérie et de périphérisation se sont multipliées pour constater une réalité empirique mesurable, mais sans l’inscrire dans une perspective théorique globale. Les résultats de ces travaux peuvent être interprétés avec les outils théoriques de David Harvey qui permettent d’embrasser l’ensemble du processus affectant la Russie pour en saisir la dynamique récente. Nous cherchons donc à démontrer les liens entre la transition vers le capitalisme et l’amplification des inégalités géographiques à partir de la perspective d’ensemble développée par Harvey, permettant d’inscrire la Russie dans le contexte global de l’économie mondiale alors qu’elle est affectée par des processus de périphérisation externe et interne qu’on ne saurait séparer.
Quand on croise la théorie des grands cycles structurels avec le modèle classique centre – périphérie, l’analyse de l’évolution de la périphérie du Québec génère un éclairage pertinent sur son contexte contemporain de développement. Après une période historique de simple extraction de ressources naturelles livrées sur le marché mondial, l’émergence d’activités économiques endogènes a joué son rôle de rétention progressive de la richesse créée, avant que les forces exogènes se réaffirment dans leur domination des flux financiers. À travers ce double renversement des forces, le processus d’intégration territoriale s’est avéré réel et constant, délaissant cependant les zones insuffisamment dotées en ressources ou bien dont les ressources ont été épuisées. La structure industrielle est demeurée immature et dépendante après les décollages locaux. Largement soutenue par la politique publique, la transition régionale en cours cherche sa voie en jonglant avec les options pour un nouveau grand cycle structurel de développement.
Cette étude du comportement migratoire interrégional des jeunes porte principalement sur les six régions du Québec dites « régions éloignées », quatre au nord du Saint-Laurent et deux au sud-est. Elle se situe toutefois dans la dynamique migratoire de l’ensemble de la province. Les principales données sont puisées dans les études démographiques de l’Institut de la statistique du Québec, surtout celles de l’année 2018-2019. La question de recherche est inspirée des travaux de Castells sur la « société en réseaux » : dans un contexte où les moyens de communication physiques et virtuels sont devenus plus performants, les migrations interrégionales des jeunes des régions éloignées seraient-elles en voie de devenir des éléments positifs d’un circuit de sociétés en réseaux. Quelles études à venir ces questions pourraient-elles suggérer ?
Si les relations entre Autochtones et Allochtones sont relativement bien documentées au plan politico-institutionnel, notamment de la gouvernance, des relations de « nation à nation », et des négociations d’ententes territoriales, il s’avère que les modalités de cette rencontre, telle qu’elle se déploie au quotidien, demeurent quant à elles peu connues et valorisées. Dans cet article, nous nous intéressons à la cohabitation interculturelle, sur la Côte-Nord, entre la communauté innue de Nutashkuan et le village de Natashquan. À partir d’une démarche partenariale et interculturelle, nous explorons la cohabitation sur les territoires du quotidien, afin de mieux comprendre les facteurs de rapprochement et de distance au sein des communautés ainsi que dans l’arrière-pays, le Nitassinan, territoire ancestral innu, partagés depuis plus de 165 ans avec les Macacains et les Macacaines, de descendance acadienne. Notre article aboutit à une réflexion sur l’expérience des individus et des communautés dites périphériques en mettant de l’avant le vivre-ensemble.
En 2019, l’Assemblée nationale du Québec a adopté une motion reconnaissant la situation particulière de l’Outaouais. Notre objectif, dans ce texte, est d’expliquer la raison d’être de ce statut particulier revendiqué par les acteurs régionaux de l’Outaouais. Pour ce faire, nous montrons que ce statut est en partie une réponse au caractère hybride de la région, que le modèle centre-périphérie ne peut totalement exprimer. La dynamique métropolitaine créée par la capitale fédérale affecte profondément la répartition des activités et des richesses sur le territoire régional. Le clivage existant entre un Outaouais urbain et périurbain, et un Outaouais plus rural, a toutefois été récemment « retravaillé » par une mobilisation régionale qui cherche au contraire à faire advenir une communauté d’intérêts partagés. Le Front régional Outaouais (FRO) propose ainsi de dépasser les clivages territoriaux par-delà les spécificités municipales, mais aussi d’adopter une approche globale de développement dépassant les secteurs traditionnels de politiques publiques.
Depuis 2010, la Guinée a entrepris des réformes minières axées sur une gouvernance multiniveaux du développement durable. Une série d’instruments de politiques publiques, dont la Zone économique spéciale et le Fonds de développement économique local, ont été déployés depuis 2017 dans la région bauxitique de Boké. Cependant, les conditions d’implantation de ces instruments demeurent problématiques, comme l’indiquent les policy stories qui révèlent des divergences entre les acteurs dans l’analyse de leurs fondements, de leur mise en oeuvre et de leurs finalités. Pourtant, selon le modèle des asymétries, ces policy stories démontrent dans leur contexte historique que, malgré les dysfonctionnements observés, les acteurs gouvernementaux, poussés par des pressions nationales et internationales, ont réussi progressivement à combler leur déficit en matière d’information et de légitimité afin de mettre en place une gouvernance interactive avec les acteurs non gouvernementaux et le secteur privé, s’acheminant ainsi vers un processus menant à un nouvel ordre négocié.
MÉRENNE-SCHOUMAKER, Bernadette (2020) Atlas mondial des matières premières. Incertitudes et défis. Autrement (3e édition), 95 p. (ISBN : 978-2-8107-0683-9). Un article de la revue Cahiers de géographie du Québec (Revisiter la pensée de Paul Vidal de la Blache) diffusée par la plateforme Érudit.
ENRÈGLE, Éric (2019) L'automobile, variations sur un thème. Voiture autonome, intelligence artificielle, rapport à autrui. L'Harmattan, 144 p. (ISBN 978-2-343-17307-8). Un article de la revue Cahiers de géographie du Québec (Périphéries du XXIe siècle) diffusée par la plateforme Érudit.
VIOLETTE, Zachary J. (2019) The decorated Tenement. How Immigrant Builders and Architects Transformed the Slum in the Gilded Age. University of Minnesota Press, 288 p. (ISBN 978-1-5179-0412-8). Un article de la revue Cahiers de géographie du Québec (Revisiter la pensée de Paul Vidal de la Blache) diffusée par la plateforme Érudit.
LASSUS, Marie-Pierre (2019) Le non-savoir. Paradigme de connaissance. Éditions EME, 343 p. (ISBN 978-2-8066-3682-9). Un article de la revue Cahiers de géographie du Québec (Périphéries du XXIe siècle) diffusée par la plateforme Érudit.
KARSENTI, Thierry (dir.) (2019) Le numérique en éducation. Pour développer des compétences. L'Harmattan, 312 p. (ISBN 978-2-7605-5142-8). Un article de la revue Cahiers de géographie du Québec (Périphéries du XXIe siècle) diffusée par la plateforme Érudit.
BHERER, Laurence, CLOUTIER, Geneviève et MONTAMBEAULT, Françoise (2021) L'engagement pousse là où on le sème. Écosociété, 216 p. (ISBN 978-2-897-19753-7). Un article de la revue Cahiers de géographie du Québec (Périphéries du XXIe siècle) diffusée par la plateforme Érudit.
Les périphéries, du Québec et d’ailleurs, semblent actuellement confrontées à de profonds changements, difficiles à saisir. Nous argumentons en faveur d’un renouveau théorique, passant par des recherches contextualisées et par un rapprochement entre géographie économique et économie politique, pour saisir les spécificités et dynamiques de ces espaces. Les difficultés que rencontrent les modèles usuels dans ces territoires ne doivent pas pour autant faire renoncer aux efforts de modélisation : les modèles « locaux » et contextualisés offrent une voie porteuse pour aborder les logiques spatiales et politico-économiques des périphéries-ressources. Nous présenterons l’un de ces modèles, issu de la théorie des staples , qui considère le développement économique canadien à travers l’articulation de multiples facteurs géographiques, techniques et institutionnels. Moyennant quelques efforts d’actualisation, ce modèle nous semble toujours pertinent pour éclairer les dynamiques politico-économiques des périphéries-ressources québécoises. Cette proposition sera illustrée avec l’industrie de l’aluminium.
De nombreuses études sur le développement territorial, recourant le plus souvent aux méthodes positivistes, ont été menées dans le but d’expliquer pourquoi on trouve des différences de dynamisme entre les régions périphériques et les autres, plus centrales. Les résultats, limités à trop peu de variables plus ou moins interdépendantes, ne convergent pas. À partir des données disponibles auprès des 97 municipalités régionales de comté (MRC) québécoises, nous revenons sur ces variables en les examinant sous quatre grandes dimensions socioéconomiques, de façon à mieux comprendre leur importance et leur complémentarité. Pour ce faire, nous recourons non seulement aux régressions quantitatives, mais aussi à des analyses qualitatives. Le tout est complété par une approche phénoménologique permettant de générer plusieurs variables complémentaires, ce qui donne finalement 15 variables socioéconomiques, une variable socioculturelle complexe et quatre variables spatiales, tout en ouvrant la porte à deux variables informelles.
La transition vers le capitalisme en Russie a eu un impact majeur sur le développement des régions. L’apparente amplification des inégalités géographiques a incité une partie de la communauté scientifique russe à en faire l’analyse. Depuis 2010, les publications savantes ayant recours aux concepts de périphérie et de périphérisation se sont multipliées pour constater une réalité empirique mesurable, mais sans l’inscrire dans une perspective théorique globale. Les résultats de ces travaux peuvent être interprétés avec les outils théoriques de David Harvey qui permettent d’embrasser l’ensemble du processus affectant la Russie pour en saisir la dynamique récente. Nous cherchons donc à démontrer les liens entre la transition vers le capitalisme et l’amplification des inégalités géographiques à partir de la perspective d’ensemble développée par Harvey, permettant d’inscrire la Russie dans le contexte global de l’économie mondiale alors qu’elle est affectée par des processus de périphérisation externe et interne qu’on ne saurait séparer.
Quand on croise la théorie des grands cycles structurels avec le modèle classique centre – périphérie, l’analyse de l’évolution de la périphérie du Québec génère un éclairage pertinent sur son contexte contemporain de développement. Après une période historique de simple extraction de ressources naturelles livrées sur le marché mondial, l’émergence d’activités économiques endogènes a joué son rôle de rétention progressive de la richesse créée, avant que les forces exogènes se réaffirment dans leur domination des flux financiers. À travers ce double renversement des forces, le processus d’intégration territoriale s’est avéré réel et constant, délaissant cependant les zones insuffisamment dotées en ressources ou bien dont les ressources ont été épuisées. La structure industrielle est demeurée immature et dépendante après les décollages locaux. Largement soutenue par la politique publique, la transition régionale en cours cherche sa voie en jonglant avec les options pour un nouveau grand cycle structurel de développement.
POUZENC, Michaël et CHARLEY DE LA MASSELIÈRE Bernard (2020) Étudier les ruralités contemporaines. Presses universitaires du Midi, 426 p. (ISBN : 978-2-8107-0683-9). Un article de la revue Cahiers de géographie du Québec (Revisiter la pensée de Paul Vidal de la Blache) diffusée par la plateforme Érudit.
En 2019, l’Assemblée nationale du Québec a adopté une motion reconnaissant la situation particulière de l’Outaouais. Notre objectif, dans ce texte, est d’expliquer la raison d’être de ce statut particulier revendiqué par les acteurs régionaux de l’Outaouais. Pour ce faire, nous montrons que ce statut est en partie une réponse au caractère hybride de la région, que le modèle centre-périphérie ne peut totalement exprimer. La dynamique métropolitaine créée par la capitale fédérale affecte profondément la répartition des activités et des richesses sur le territoire régional. Le clivage existant entre un Outaouais urbain et périurbain, et un Outaouais plus rural, a toutefois été récemment « retravaillé » par une mobilisation régionale qui cherche au contraire à faire advenir une communauté d’intérêts partagés. Le Front régional Outaouais (FRO) propose ainsi de dépasser les clivages territoriaux par-delà les spécificités municipales, mais aussi d’adopter une approche globale de développement dépassant les secteurs traditionnels de politiques publiques.
WARWICK F., Vincent, (2019) Les lacs. Une brève introduction. Les Presses de l'Université Laval, 190 p. (ISBN 9782763739427). Un article de la revue Cahiers de géographie du Québec (Périphéries du XXIe siècle) diffusée par la plateforme Érudit.