
Introduction La polysémie et le sens figuré constituent un défi majeur pour les élèves, car ils requièrent une désambiguïsation sémantique mobilisant la flexibilité cognitive. Objectif L’objectif de cette étude est de mesurer l’efficacité d’un dispositif pédagogique expérimental sur les performances de compréhension et de production d’expressions polysémiques et de sens figuré chez des élèves de sixième. Dans ce dispositif, la flexibilité cognitive est envisagée comme une propriété fonctionnelle des processus langagiers mobilisés lors de la désambiguïsation sémantique (et non pas comme une fonction exécutive générale). Méthode Deux groupes d’élèves ont été constitués (n=122). Le groupe expérimental a suivi un enseignement de quatre semaines centré exclusivement sur des jeux flexibles de langage – tâches de switching, de pensée divergente et de bascule attentionnelle – appliqués à des mots polysémiques. Le groupe contrôle a reçu un enseignement traditionnel portant sur le même matériel linguistique. Un pré-test et deux post-tests (immédiat et différé) ont évalué trois indicateurs de performance : la compréhension et la production de mots polysémiques, la compréhension et la production d’expressions de sens figuré, et la maîtrise des définitions conceptuelles (polysémie, sens figuré). Résultats Les résultats révèlent une progression significativement supérieure du groupe expérimental sur l’ensemble de ces indicateurs, quand bien même aucun enseignement explicite des définitions n’avait été dispensé dans le groupe expérimental. Ces effets se maintiennent au post-test différé, attestant d’une consolidation durable des apprentissages, là où le groupe contrôle présente une régression proche de son niveau initial. Conclusion Le groupe expérimental s’est montré significativement plus performant sur l’ensemble des indicateurs évalués, polysémie, sens figuré et tâches définitoires, en l’absence de tout enseignement explicitement consacré aux définitions.
Introduction La refonte conceptuelle de l’école inclusive, fondée sur la notion d’accessibilité, réinterroge l’accès aux savoirs des élèves institutionnellement reconnus en situation de handicap (Ébersold, 2023). Dans le contexte français de la « Stratégie nationale 2023–2027 pour les troubles du neurodéveloppement », les conditions d’inclusion des élèves présentant un trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) nécessitent d’être documentées. En effet, la manière dont ces élèves donnent du sens et s’approprient leurs aménagements reste peu explorée. Objectif Cet article souhaite comprendre comment ces enfants perçoivent les aménagements scolaires dont ils bénéficient via une méthodologie qualitative exploratoire. Méthode Quinze enfants de 9 à 11 ans (4 filles/11 garçons) de CM1-CM2, institutionnellement reconnus en situation de handicap en raison d’un TDAH, ont été rencontrés. Leur point de vue a été recueilli via un atelier de photographie participative inspiré de Photovoice (Wang & Burris, 1997), mené en binôme avec un élève de leur choix et un entretien semi-directif individuel. Une analyse thématique inductive assistée par N’Vivo (QSR International, V.12) a été conduite. Résultats Deux noyaux thématiques émergent : (1) les aménagements universels sont perçus comme soutenant l’accessibilité des apprentissages, car pouvant être investis de manière flexible et non stigmatisante ; (2) les aménagements individualisés, particulièrement lorsqu’ils s’incarnent dans l’aide humaine, sont perçus comme ambivalents : entre soutien effectif, visibilisation de la différence et mise à distance potentielle de la relation pédagogique. Conclusion Prioriser les aménagements universels contextualisés et la coordination pédagogique de l’AESH apparaît nécessaire pour favoriser l’accessibilisation des savoirs et l’autonomisation de ces élèves.
Introduction L’hypersensibilité est un trait de personnalité caractérisé par une sensibilité accrue aux stimuli émotionnels et sensoriels, elle fait l’objet d’une attention croissante dans la recherche scientifique. De plus en plus d’études mettent en évidence les particularités émotionnelles, cognitives et sociales des individus hypersensibles, mais la relation avec la spiritualité n’a pas encore été explorée de manière approfondie. Objectif L’objectif de cette recherche est d’explorer les liens entre la spiritualité et la satisfaction de vie chez des adultes hypersensibles. Méthode Pour éviter différents biais autour du terme « spiritualité », nous avons utilisé une approche implicite. La spiritualité implicite consiste à interroger la spiritualité des personnes à partir des dimensions qui la constitue mais sans utiliser le terme spiritualité. À partir d’un échantillon de 1045 adultes, majoritairement des étudiants, quatre questionnaires ont été assemblés et utilisés pour évaluer : le niveau de sensibilité (HPSP), la satisfaction de vie (SWLS), la spiritualité implicite (STS) et les pratiques spirituelles (SPC). Les données ont été analysées en utilisant un test de modération. Résultats Les résultats montrent que la satisfaction de vie était corrélée positivement avec les pratiques spirituelles. Discussion Cela tend à montrer qu’un individu avec plusieurs types de pratiques dites « spirituelles » possède une satisfaction de vie plus élevée qu’une personne n’ayant que peu recours à ces mêmes pratiques dans son quotidien, offrant ainsi des pistes pour un accompagnement plus adapté à cette population en souffrance. Conclusion La conclusion de cette recherche souligne l’importance d’une attention accrue à la spiritualité des adultes hypersensibles, notamment au niveau des pratiques.
Introduction: Implementing interventions adapted to people with moderate to severe physical disabilities to promote active aging represents a societal challenge. The aim of the present article is to present a model developing the possibility to maintain the autonomy of older adults with physical disabilities through the promotion of mental health. Discussion: This article defends the importance of activities adapted to the needs and abilities of older adults with physical disabilities and supports the importance of the mediating role of motivational processes in the directional link between the promotion of mental health and autonomy maintenance in this population. Conclusion: Limitations and perspectives of the model are discussed.
Introduction: Maternal mind-mindedness represents the ability of mothers to understand their children's mental states and reflect on them appropriately. It promotes children's social and emotional development. This ability may vary according to the child's characteristics or the family environment. Objectives: The aim of this study is to examine the links between maternal mind-mindedness, parenting stress and coparenting in mothers of preschool children. Method: Sixty-four mothers took part in the study (39 from a child psychiatry clinic and 25 from the general population). Maternal mind-mindedness was coded from mother-child interactions while parenting stress and coparenting were measured by questionnaires. Results: The results show that mothers who make more irrelevant comments experience more parenting stress. The more stressed mothers were, the more dissatisfied they were with their coparenting relationship. Mothers from the clinical group made more irrelevant comments, fewer comments on mental processes and experienced more parenting stress than the mothers of children from the general population. Also, the more mothers from the general population perceive mother-child interactions as dysfunctional, the more they make comments about mental processes. There were no significant differences between groups in terms of coparenting. No relationship was found between maternal mental comments and coparenting. Conclusion: These results contribute to a greater knowledge about mothers consulting in psychiatry for their child, a population whose weaknesses in maternal mind-mindedness and parental stress are associated with the development of difficulties in the child and in the parent-child relationship.
The aim of this study is to assess the association between the teenager's psychological well-being and the quality of their parents' marital relationship. To do this, 160 father-mother-adolescent triads responded to the Strengths and Difficulties Questionnaire and the Partnership Questionnaire in self-reported mode. The results show that the psychological well-being of the teenagers, whether measured by their parents or by the teenagers themselves, is associated with the quality of their parents' marital relationship. In fact, the results show that 18.2% of the quality of the marital relationship as perceived by mothers (F = 12.82; p <= .001) and 31.9% of the quality of the marital relationship as perceived by fathers (F = 25.85; p <= .001) are predicted by the teenager's externalized symptoms and prosocial behaviors as assessed by the teenagers themselves. On the one hand, the externalized symptoms, internalized symptoms and prosocial behaviors of teenagers, as assessed by mothers, predict 31.9% of the quality of the marital relationship as assessed by mothers (F = 25.83; p <= .005); and on the other hand, teenagers' externalized symptoms, internalized symptoms and prosocial behaviors, as assessed by fathers, predict 41.3% of the quality of the marital relationship as assessed by fathers (F = 38.30; p <= .001). The findings of this study contribute to the understanding of the importance of prosocial behavior in teenagers as a protective factor in therapeutic interventions.
Introduction La Revised Adult Attachment Scale (R-AAS; Collins, 1996) est l’un des questionnaires auto-administrés les plus robustes et les plus utilisés pour évaluer l’attachement adulte. Composée de 18 items, elle mesure trois dimensions : la proximité [Close], la dépendance [Depend] et l’anxiété [Anxiety]. Objectifs Cette étude a pour objectif de présenter la traduction française de cette échelle, la R-AAS-F, et de vérifier sa structure factorielle auprès d’un échantillon francophone. Méthode L’échantillon total, composé de 408 jeunes adultes étudiants (âge moyen : 20,7 ans ; 89,5 % de femmes) a été divisé en deux sous-échantillons de 204 personnes, conformément aux recommandations de Flora et Flake (2017). Le premier sous-échantillon a fait l’objet d’une analyse factorielle exploratoire (AFE) et le second d’une analyse factorielle confirmatoire (AFC). Les indices de cohérence interne ont été calculés pour chaque sous-échantillon. Résultats . L’AFE confirme la structure en trois facteurs de l’échelle originale. Après ajustement des covariances d’erreur, les indices d’ajustement de l’AFC sont satisfaisants (χ2/dl=1.825 ; CFI=.938 ; TLI=.923 ; RMSEA=.059 ; SRMR=.070). Les coefficients oméga varient de .77 à .85 selon les dimensions et les sous-échantillons. Conclusion La R-AAS-F, traduction française de la R-AAS, reproduit les trois dimensions de l’échelle originale (Collins, 1996) et présente des propriétés psychométriques satisfaisantes. Elle mérite d’être complétée par une validation complète (validité convergente, discriminante et invariance) pour généraliser son usage en recherche.
Introduction et objectif Partant de l’idée qu’il existerait en France une forme de « culture contestataire », associée à une justification du système relativement basse, l’objectif de cette recherche était de vérifier l’hypothèse selon laquelle contester le système politique serait socialement valorisé. Méthode Afin de tester cette hypothèse, nous avons réalisé deux études expérimentales utilisant respectivement le paradigme des juges (étude 1) et le paradigme d’auto-présentation (étude 2). Dans l’étude 1, les participants devaient porter un jugement en termes d’utilité et de désirabilité sociale sur une cible présentée comme contestant ou non le système politique. Dans l’étude 2, les participants devaient répondre à une échelle de justification du système politique de sorte à donner une bonne versus mauvaise image d’eux-mêmes dans un contexte d’utilité versus de désirabilité sociale. Résultats Les résultats montrent qu’une personne qui conteste le système politique est jugée positivement, mais n’est pas perçue comme susceptible de réussir (étude 1). Allant dans le même sens, les participants ont tendance à contester le système politique lorsqu’on leur demande de donner une bonne image d’eux-mêmes dans une situation amicale, mais pas dans une situation professionnelle (étude 2). Conclusion L’ensemble de ces résultats mettent en évidence une valorisation de la contestation du système politique, notamment sur la désirabilité sociale.
Introduction Le jugement moral présente une dualité (heuristique et délibération) complexe. Objectif Cette étude met en perspective la dualité morale et formule deux hypothèses liées aux réseaux cérébraux sous-jacents : l’existence de bases neuropsychologiques interactionnelles et de compétences neurodéveloppementales médiatrices. Méthode Une revue systématique par méthodologie PRISMA entre 2001 et mai 2023 a été menée. Les mots clés « dual process » et « moral judgement » ou « moral dilemma » ont été saisis sur les bases de données APA Psycinfos/psycnets, PubMed, Embase. Les études en population générale, chez des sujets de tout âge ont été retenues. Les études auprès de populations spécifiques ou sur des thématiques morales autres que le jugement moral ont été exclues. Résultats Seize références ont été retenues. Un substrat neuroarchitectural consensuel (cortex préfrontal latéral) est retrouvé, mais d’autres structures sont impliquées et le mécanisme d’interaction neuronale entre les deux systèmes est imprécis. Les compétences neurodéveloppementales et leurs productions (théorie de l’esprit, perspective de justice, identité morale) ainsi que des facteurs situationnels sont des variables médiatrices de la pensée morale duelle. Des limites culturelles et méthodologiques sont présentes. Discussion et conclusion Nos hypothèses sont confirmées et appuient la pertinence de la pensée morale duelle. Les limites inhérentes au modèle et les conditions nécessaires à son opérationnalisation ne l’invalident pas. Le mécanisme d’interaction entre les deux systèmes ainsi que le rôle des fonctions exécutives doivent être approfondies.
Introduction Les robots sociaux sont de plus en plus intégrés dans les apprentissages et la médiation sociale et thérapeutique auprès des enfants. Cependant, il n’existe pas de consensus sur la façon dont les enfants perçoivent ces agents. Cette revue de littérature vise à dresser un état de l’art de ce sujet. Résultats La perception des robots chez l’enfant est modulée par plusieurs facteurs : âge de l’enfant, apparence et interactivité du robot, contingence comportementale et présence de signaux ostensifs. Discussion Malgré des tendances convergentes, cette synthèse relève plusieurs limites aux études existantes (tailles d’échantillons variables, hétérogénéité méthodologique), ouvrant une discussion sur les enjeux de l’introduction précoce de ces technologies dans l’enfance. Conclusion Les enfants anthropomorphisent les robots sociaux différemment selon le contexte et le comportement de l’agent, cette perception évoluant avec l’âge et la durée d’exposition. Les limites méthodologiques soulignent la nécessité de réplications.
The working alliance is one of the most consistent predictors of psychotherapy outcome, yet the interpersonal mechanisms that shape it remain only partially understood. Drawing on attachment theory, this study examined how therapist and client attachment styles jointly predict the working alliance, symptom severity, and session impact within Turkish therapeutic settings. Data were collected from 28 therapists and 44 clients, who completed standardized measures of adult attachment (ECR-R), working alliance (WAI), symptom distress (SA-45), session evaluation (SEQ), and client attachment to therapist (CATS). Correlational analyses revealed that client anxious attachment was positively correlated with the working alliance (r = .36, P < .01) whereas fearful-avoidant attachment was negatively correlated (r = -.32, P < .05). Secure attachment to the therapist and preoccupied-merger patterns were positively associated with both the working alliance and session depth (r = .41 and .55, P < .01). The therapist's alliance ratings were positively related to session smoothness (r = .46, P < .01) and to the client's perception of session depth (r = .39, P < .01). Regression analyses showed that client attachment, symptomatology, and session impact explained 85% of the variance in client-rated alliance (P < .01) while therapist-related variables explained 40%, increasing to 85% in the integrated dyadic model (P < .05). These findings highlight the dyadic and relational nature of the alliance and underscore the importance of considering attachment-based mechanisms in training and supervision. This study provides empirical evidence from a non-Western context, contributing to the cross-cultural understanding of psychotherapy processes.
Introduction Selon les conceptions présentes dans la littérature scientifique, l’empathie peut être envisagée de différentes manières (ex., une disposition, un état, un comportement, une compétence). L’objectif de cet article est de montrer, à partir d’une revue de la littérature, pourquoi l’empathie peut être caractérisée à la fois comme une disposition et comme une compétence. Littérature Bien que l’empathie soit généralement envisagée comme une disposition, des travaux émergeants invitent à la considérer comme une caractéristique individuelle dépendante du contexte. Ce dernier influencerait la survenue de l’empathie mais aussi son expression via des comportements spécifiques. Ces comportements semblent être adoptés par des individus afin d’atteindre un objectif dans une situation donnée, ce qui n’est pas sans évoquer la notion de compétence. Au regard des littératures sur l’empathie et la compétence, nous présentons les différents points d’articulation entre ces deux notions. Nous utilisons les éléments présentés dans la revue de la littérature pour proposer un cadre définitoire permettant de marquer la différence entre l’empathie vue comme une disposition et l’empathie vue comme une compétence. Discussion Nous proposons d’intégrer ces deux formes d’empathie–disposition et compétence–dans un même paradigme, celui de la théorie de l’activation des traits. Considérer ainsi l’empathie conduit à envisager de nouvelles perspectives concernant la manière d’évaluer et de former des individus dans un cadre professionnel. Conclusion Des recherches empiriques doivent être menées pour déterminer si le cadre théorique que nous proposons est adéquat pour conceptualiser l’empathie.
L’apprentissage autorégulé est un processus dynamique par lequel un apprenant mobilise ses connaissances et stratégies en fonction du contexte pour atteindre un objectif d’apprentissage. En pleine expansion depuis près de 40 ans, ce concept est souvent confondu avec ceux de contrôle cognitif, de fonctions exécutives et de métacognition. Ces concepts sont proches en termes de définition mais ils reposent sur des modélisations et des opérationnalisations différentes qu’il convient de préciser. L’objectif de cet article est de discuter des liens que l’apprentissage autorégulé entretient avec le développement cognitif du jeune enfant, longtemps considéré inapte à autoréguler ses apprentissages. Les processus sous-tendant le développement du contrôle cognitif, de l’identification de l’objectif, et de la métacognition, sont ainsi mis en évidence pour envisager le développement de l’apprentissage autorégulé, au-delà de ses liens avec la motivation, et mieux comprendre son fonctionnement. Les perspectives qu’offre ce domaine ainsi que les questions qu’il laisse en suspens sont discutées. L’article vise ainsi à éclairer notre compréhension actuelle de l’apprentissage autorégulé, et des processus cognitifs et métacognitifs qui président à son développement. Il semble que l’autorégulation de l’apprentissage chez le jeune enfant soit un phénomène développemental dynamique, soutenu par les fonctions exécutives et la métacognition.
This article describes the construction and initial validation of a French questionnaire measuring attitudes toward safety voice behaviors in healthcare teams, that is, information-sharing aimed at improving a situation perceived as jeopardising patient safety (COES). The factorial structure and validity of the questionnaire were assessed in two studies with nursing student samples (N-study1 = 546 and N-study2 = 183). Factor analyses suggested a structure of the COES questionnaire in three dimensions: perceived safety related to safety voice, safety voice climate, and perceived efficacy. Correlation analysis revealed significant relations between these dimensions, teamwork climate and safety climate scales (convergent validity), but not with an assertiveness scale (divergent validity). Predictive validity was assessed by hierarchical regression analyses on the estimated probability of raising concerns based on a clinical vignette. These probabilities were not predicted by the three safety voice dimensions but embarrassment associated with safety voice was predicted by perceived safety and perceived efficacy. Overall, the results confirm the psychometric qualities of the COES questionnaire, except for the factor related to perceived efficacy, which should be improved. Finally, we discuss the use of this scale to raise healthcare workers' awareness of issues about remaining silent when faced with threats to patient safety and to evaluate the effects of safety voice skill training.
Attention is a complex, multifaceted process comprising several sub-functions and dynamically adapting to factors such as tasks, environment, and mental state. Sustained attention, essential for learning, relies on a complex network of cognitive control that undergoes significant developmental changes. Simultaneously, universal mind-wandering diverts attention from tasks, influenced by variables such as fatigue and effort, impacting creativity, planning, and problem-solving. The relationship between mind-wandering and sustained attention, governed by various cognitive mechanisms, involves interconnected brain networks transitioning between internal reflection and task-focused concentration. Recent data, however, point to a functional dissociation between these two processes. We discuss these aspects and conclude with experimental perspectives opened by this discussion. (c) 2025 Societe Franc,aise de Psychologie. Published by Elsevier Masson SAS. All rights are reserved, including those for text and data mining, AI training, and similar technologies.
Introduction The 16-item Narcissistic Personality Scale (NPI-16) is a well-documented instrument for the assessment of narcissism worldwide. However, the analysis of the measurement invariance of the scale remains uncharacterised for French-speaking individuals. Objective The aims were to analyse the measurement invariance of the French NPI-16 in student samples and to statistically compare narcissism according to their sex and curriculum. Methods Two populations of students enrolled in the first year of health training (FYHF) and in the first year of technology training (FYTF) were invited to complete a survey including NPI-16 items. Confirmatory factor analyses were conducted for structural analyses using mean and variance adjusted weighted least squares for estimation. Multi-group confirmatory factor analyses were used for measurement invariance analyses prior to statistical comparisons of narcissistic traits. Results Two sets of data were collected from the FYHF (n=816) and FYTF (n=682) samples. Four items did not contribute to the estimation of narcissism. The remaining 12 items (NPI-12) had acceptable internal consistency and met convergent validity. A unidimensional structure unaffected by the students’ sex was characterised and men were found to be more narcissistic than women. Conversely, the invariance across curriculum was not validated precluding statistical comparison. Conclusion This paper validates the NPI-12 as a short unidimensional instrument providing reliable measure of narcissism in French university newcomers.
Si on considère la Satisfaction de Vie (SdV) comme une évaluation subjective et individuelle du processus de vieillissement (réussi ou non), il paraît intéressant de se questionner sur la cause des différences individuelles observées chez des personnes âgées. Les personnes qui expriment le plus de satisfaction de vie ont-elles un profil de personnalité ou des composantes de la réserve cognitive différentes ? Notre échantillon est composé de 85 personnes âgées de 60 à 90 ans (m=72.8 ans) préservées cognitivement (MMSE ; moyenne=28.8, écart-type=1.23). Nos résultats montrent un effet de l’âge sur la satisfaction de vie liée au 3e âge entièrement médiatisé par le nombre d’activités physiques. Les années de scolarisation sont une variable intermédiaire de ces effets. La CSP, loisirs sociaux, O et C sont quant à eux de simples déterminants de la SdV.
Introduction Mettre en œuvre des interventions adaptées aux personnes qui présentent des incapacités physiques modérées à sévères afin de favoriser un vieillissement actif le plus longtemps possible représente un défi sociétal. L’enjeu du présent article est de proposer un modèle détaillant la possibilité de maintenir l’autonomie physique des personnes âgées avec des incapacités physiques à travers le renforcement de la santé mentale. Discussion Le présent article défend l’intérêt des activités adaptées aux attentes et aux capacités des personnes âgées qui présentent des incapacités physiques modérées à sévères et met en avant le rôle médiateur des processus motivationnels dans le lien directionnel entre la promotion de la santé mentale et le maintien de l’autonomie de cette population. Conclusion Les limites et perspectives du modèle sont discutées.
Introduction Sur le plan théorique, les Modèles Internes Opérants (MIO) d’attachement et les Schémas Précoces Inadaptés (SPI) forment tous deux des modèles de soi en relation avec les autres, sur la base d’interactions passées, qui guident l’interprétation des nouvelles situations et orientent le comportement. L’objectif de cette étude est d’explorer, à travers une revue systématique de la littérature, menée avec la méthode PRISMA (Preferred Reporting Items for Systematic Reviews and Meta-Analyses), la validité et la nature des liens entre MIO et SPI. Résultats de la littérature Dix-huit études sur les 20 incluses dans cette revue objectivent l’existence de liens entre MIO et SPI : les MIO sécures sont associés à une moindre activation de SPI et les MIO insécures sont liés positivement à tous les domaines de SPI. Les liens prépondérants concernent (1) le modèle négatif de soi et les domaines Séparation/Rejet (notamment le SPI Abandon/Instabilité) et Manque d’autonomie et (2) le modèle négatif des autres et les domaines Séparation/Rejet (notamment le SPI Manque affectif) et Survigilance/Inhibition. Discussion Ces liens entre modèles d'attachement et SPI corroborent l’hypothèse de Young selon laquelle l'attachement est un besoin fondamental. Ces résultats soulignent l’intérêt d’envisager conjointement les SPI et les modèles d’attachement en thérapie. Conclusion Les liens entre les modèles d’attachement et les SPI vont dans le sens de l’hypothèse de Young selon laquelle les SPI sont liés à des besoins fondamentaux non satisfaits, comme le besoin de sécurité affective.
Introduction Le trouble du spectre de l’autisme se caractérise par des déficits persistants dans la communication et les interactions sociales, ainsi que par des particularités sensorielles et perceptives. En lien avec ces spécificités, les personnes autistes sont fréquemment décrites comme ayant un mode de pensée plus visuel. Toutefois, bien que l’hypothèse d’une « pensée en images » soit largement relayée dans la littérature, elle repose sur un nombre limité de preuves expérimentales. Objectif L’objectif de cette revue narrative de la littérature est d’évaluer l’hypothèse d’une pensée plus visuelle dans l’autisme à travers l’analyse de différentes manifestations de cette pensée telles que l’imagerie mentale, la synesthésie et le style cognitif visuel. Méthodologie Les sources ont été sélectionnées à partir d’une recherche documentaire, menée entre 1990 et 2023, à l’aide de moteurs de recherche spécialisés, à partir des mots-clés : autisme, pensée visuelle, imagerie mentale, synesthésie et style cognitif. Résultats Les résultats de cette revue indiquent que les personnes autistes présentent des capacités supérieures de manipulation des images mentales, s’appuyant sur un réseau cérébral distinct de celui mobilisé par les personnes neurotypiques. Par ailleurs, le phénomène de synesthésie semble plus fréquent chez les personnes autistes, et l’utilisation de stratégies visuelles apparaît privilégiée dans leur fonctionnement quotidien. Conclusion Ces données soutiennent l’hypothèse d’un style cognitif à dominante visuelle chez les personnes autistes. Néanmoins, les capacités d’imagerie mentale dans l’autisme méritent d’être étudiées plus en profondeur, en tenant compte de l’importante hétérogénéité des profils cognitifs. De plus, l’impact fonctionnel de cette imagerie mentale développée demeure à explorer.