
Le guerre en Ukraine paraît approcher un moment-clé : Moscou avance lentement tandis que Kyiv fait face à l’usure démographique, militaire et politique. Les erreurs d’analyse passées, tant russes qu’occidentales, ont fermé des fenêtres de négociation. Aujourd’hui, l’Ukraine doit déterminer s’il faut négocier pour éviter une issue plus défavorable, alors que l’aide occidentale s’érode, que les États-Unis privilégient ses propres intérêts, et que l’Europe manque d’autonomie diplomatique. La question centrale demeure : comment obtenir un cessez-le-feu ou un accord sans entériner une défaite politique ou territoriale ?
Conclu à Vienne le 14 juillet 2015, le Joint Comprehensive Plan of Action (JCPoA) visait à encadrer le programme nucléaire iranien en échange d’une levée progressive des sanctions internationales. Le dossier ne peut toutefois être réduit à la seule question de la non-prolifération. Il relève, au-delà d’enjeux techniques, d’une politique de puissance, d’une logique de survie du régime, d’une stratégie de seuil et d’instrumentalisations doctrinales et symboliques propres aux différents acteurs de la République islamique. À partir d’une chronologie commentée allant de 1953 à 2026, cet article retrace les origines impériales du programme, sa reconfiguration post-révolutionnaire, le compromis de 2015, puis son délitement et sa réinscription dans une conflictualité géopolitique régionale ouverte.
Diffusée sur Netflix en 2022, la quatrième saison de la série danoise Borgen met en scène la découverte fictive d’hydrocarbures au large du Groenland et la compétition entre puissances qui s’ensuit. Cet article examine les mécanismes par lesquels cette fiction réactive l’imaginaire de la resource frontier : un espace conçu depuis l’extérieur comme réservoir de ressources disponibles. L’analyse discursive de la saison, mise en regard avec la littérature de géographie politique et les contraintes économiques, juridiques et géopolitiques documentées, montre que la série naturalise et légitime une vision extractiviste du Groenland démentie par les réalités du terrain. La fiction stabilise ainsi un cadrage sécuritaire et colonial qui encourage la vision du Groenland comme réservoir de ressources stratégiques.