
La production de pains composites à base de farines locales constitue un levier stratégique pour réduire la dépendance aux importations de blé et valoriser les ressources agricoles. Cette étude analyse des pratiques et contraintes de production et de commercialisation des pains composites au Bénin. Les données ont été collectées à travers une enquête semi-structurée auprès de 158 boulangers et 279 consommateurs dans sept (07) villes au Bénin. Les résultats ont montré que la production est dominée par la farine de blé type 55. Les pains bâtard (54,4%), baguette (24,4%) et sucré (36,2%) sont majoritairement produits et vendus. Le pétrissage avec autolyse (34,1%) et le pétrissage sans autolyse (51,6%) sont les technologies utilisées. Pour la production des pains composites, la farine de manioc est la plus utilisée. Bien que le sorgho soit très peu utilisé actuellement, 90% des boulangers souhaitent l’incorporer, révélant un fort potentiel sous-exploité. L'adoption des pains composites au Bénin est contrainte par des difficultés d'approvisionnement en farine locale de qualité (87,1%), la non maitrise des paramètres de pétrissage (77,4%) et la fermentation (61,3%). Pour favoriser l’adoption et renforcer la souveraineté alimentaire, il serait nécessaire de développer une farine composite sorgho-blé prête à l’emploi adaptée aux pratiques des boulangers. Mots-clés: pain composite, farines locales, contraintes, boulangers, Bénin
L’objectif global de cette étude était d’examiner l’application et le respect des bonnes pratiques d’antibiothérapies vétérinaires dans les fermes avicoles dans la zone péri-urbaine de la commune rurale Saaba. Pour ce faire, une enquête visant à collecter des informations a été réalisée auprès de 40 fermes de productions avicoles sans distinction de système de production après avoir obtenu un consentement éclairé de la part des exploitants. Sur les fermes enquêtées, 52,5% de producteurs ont reçu une formation en production avicole. Il faut noter la présence de pédiluve (55,0%), celle d’équipements de protection personnel (42,5%), la mise en place de plans de prophylaxie sanitaire et médicale dans 80% des fermes. Pour le traitement des maladies, plusieurs familles d’antibiotiques (ATBs) ont été utilisées, dont la plupart sont les oxytétracyclines (54,0%). Les prescripteurs des ATBs sont composés de médecins vétérinaires (45,0%), de techniciens d’élevage (22,5%) et les éleveurs eux-mêmes (30,0%). Cette étude a permis d’avoir un aperçu sur les pratiques liées à l’utilisation des ATBs dans les fermes avicoles dans la zone péri-urbaine de la commune rurale de Saaba et de formuler des recommandations en vue de renforcer les bonnes pratiques d’utilisation dans une perspective One Health. Mots clés: Bonnes pratiques, antibiothérapie vétérinaire, volailles, Burkina Faso
Le bassin arachidier sénégalais constitue l’une des zones agricoles les plus stratégiques du pays, mais il est confronté à une dégradation progressive de ses terres cultivées sous l’effet conjugué de la pression démographique, de la variabilité climatique et des mauvais pratiques agricoles. Cette étude caractérise les systèmes de mise en valeur des terres agricoles dans les villages de Yenguélé et de Sanghaie, situés dans la commune de Niakhar (région de Fatick, Sénégal), en analysant leurs fonctions socio-économiques, et les contraintes qui les entravent. Une enquête par questionnaire (73 questions) a été administrée à 173 chefs de ménages, choisis par échantillonnage aléatoire simple parmi un total de 311 ménages (taux de sondage de 56 %), complétée par des entretiens semi-directifs auprès d’acteurs institutionnels et locaux. Les résultats révèlent que l’agriculture pluviale constitue la forme de mise en valeur dominante, marquée par une forte prédominance du mil souna (Pennisetum glaucum, 98,8 %) et de l’arachide (Arachis hypogaea, 98,8 %), assurant à la fois une fonction vivrière et commerciale. Le maraîchage (20,2 % des ménages) et l’arboriculture (29,5 %) demeurent marginaux, principalement en raison de la rareté de l’eau douce (35,0 % des ménages concernés), de l’insuffisance des moyens financiers et de la salinité croissante des eaux et des sols. La baisse de la fertilité des sols (94,8 %) et la salinisation des terres agricoles (31,8 %) représentent les contraintes naturelles majeures. Ces résultats soulignent l’urgence d’une politique agricole intégrée articulant la restauration de la fertilité des sols, la gestion durable des ressources en eau et l’appui à la diversification des systèmes de production pour renforcer la résilience des ménages ruraux de cette zone semi-aride. Mots-clés: Bassin arachidier, Niakhar, agriculture pluviale, salinisation, fertilité des sols, maraîchage, Sénégal
Les nouveaux animaux de compagnie (NAC), déjà bien établis dans les ménages des pays développés, commencent progressivement à occuper une place importante en Afrique. En raison de leur intérêt sociale et économique, ces animaux représentent une part croissante des prestations proposées dans les cabinets vétérinaires. Toutefois, les données relatives à leur prise en charge clinique en Afrique demeurent encore limitées. La présente étude a été réalisée dans la région de Dakar (Sénégal), afin d’établir un état des lieux de la clinique des NAC. Elle s’est appuyée sur une enquête par questionnaire administré auprès de tous les docteurs vétérinaires recevant des NAC en consultation. Les résultats montrent que presque toutes les grandes familles de NAC sont reçues en consultation et les espèces les plus dominant restent les lapins (98%) et les oiseaux d’ornement (perroquets, pigeons) (80%). Les principaux motifs de consultations sont le déparasitage (97,5%), l’anorexie (92,5%) et les problèmes de reproduction (77,5%). L’étude met également en évidence plusieurs contraintes majeures à la prise en charge de ces animaux, notamment le manque d’équipement (75%) adaptés, le déficit de formation spécialisée sur les NAC (90%) et la faible maîtrise de la réglementation relative aux NAC. Ces résultats soulignent la nécessité de renforcer les compétences des praticiens vétérinaires et d’améliorer les conditions techniques de prise en charge des NAC. Mots clés: Animaux exotiques, Dakar, gestion clinique, nouveaux animaux de compagnie, structures vétérinaires
Le bassin du lac Tchad constitue un écosystème stratégique, partagé entre quatre pays, mais fragilisé par le changement climatique, la pression démographique et l’insécurité croissante. Cette étude propose une synthèse bibliométrique examinant la production scientifique relative au fonctionnement et à la dynamique des écosystèmes au sahel et dans le Bassin du Lac Tchad sur une période de 1992-2022. La collecte de données via OpenAlex et Google Scholar a permis d’analyser 1009 articles publiés en français ou anglais. L'approche méthodologique combine l'analyse temporelle, le couplage bibliographique et l'analyse factorielle des correspondances pour cartographier les tendances. Les résultats montrent une évolution quantitative positive, avec une augmentation significative des publications passant de 10 % à 55 % sur les trois décennies étudiées. Qualitativement, on observe un glissement disciplinaire : des approches initiales centrées sur la géographie et la biologie vers une interdisciplinarité forte intégrant sciences sociales, économie et technologies numériques. Les thèmes dominants incluent le changement climatique, la biodiversité et la dégradation des terres. Toutefois, depuis 2013, les mots-clés reflètent l'impact majeur des conflits armés, des migrations et de la sécurité alimentaire. Les principaux acteurs institutionnels identifiés sont le CNRS, le CIRAD et diverses universités de la sous-région comme N'Djaména et Yaoundé. En conclusion, montre la nécessité d'orienter la recherche future vers une gestion durable et adaptative, capable de répondre aux défis environnementaux et géopolitiques complexes qui menacent la résilience des socio-écosystèmes sahéliens. Elle identifie le climat, les pressions anthropiques et les conflits comme leviers prioritaires pour la conservation. Mots clés: Sahel, Bassin du Lac Tchad, Niger, Insécurité
Dans le bassin versant du Soumboundou (région de Sédhiou, Casamance, Sénégal), la dépendance des populations rurales à l'égard de l'agriculture est totale: 89,9 % des ménages enquêtés tirent leurs revenus de cette activité. Or, la variabilité hydro-climatique accentuée depuis les années 1970 perturbe profondément les systèmes agraires de cette zone. Cette étude analyse les interactions entre la variabilité climatique et hydrologique, les pratiques agricoles et la sécurité alimentaire des populations riveraines. À partir d'une méthodologie mixte combinant l'analyse statistique de séries climatiques (1950-2021) et hydrologiques (1964-2008), des enquêtes ménages (n=227) conduites auprès de 8 villages de trois communes (Oudoucar, Diannah Malary, Diannah Ba), et l'exploitation de statistiques agricoles officielles (DRDR Sédhiou, 2018-2023), les résultats révèlent: (i) une rupture pluviométrique intervenue en 1967 avec une baisse de 21,8 % de la moyenne annuelle; (ii) une séquence de sécheresse hydrologique couvrant 72,5 % de la période 1964-2008; (iii) une salinisation généralisée des eaux de surface rendant les vallées rizicoles inaccessibles; (iv) un repli des agricultures vers les plateaux pluviaux et une insuffisance chronique de la production rizicole. Les stratégies d'adaptation restent marginalement efficaces face à l'ampleur de la dégradation hydro-climatique. Mots-clés: Variabilité hydro-climatique, Sécurité alimentaire, Riziculture, Salinisation, Bassin du Soumboundou, Sénégal
Bien qu’efficaces et souvent considérés comme naturels, les usages des plantes ne demeurent pas sans danger. Cette étude a: (i) caractérisé les utilisateurs des plantes médicinales (PM) par les patients des centres de santé conventionnels; (ii) déterminé les raisons du choix et le degré de satisfaction; (iii) recensé les effets indésirables et les risques potentiels. Les données ont été collectées à travers une enquête semi-structurée par entretiens individuels auprès de 329 répondants au niveau du Centre Médico-social Jérusalem au Togo. Le profil socioprofessionnel le plus impliqué dans l’usage des PM est celui des artisans (54 %). Le coût du traitement, relativement faible par rapport aux produits de pharmacies modernes, est la principale raison du choix de la phytothérapie (60,2 %). La décoction (24,5 %) est le mode de préparation le plus rapporté. Le taux d’utilisateurs ayant trouvé satisfaction est de 91,5 %. Le paludisme est l’affection pour laquelle les répondants utilisent le plus les plantes médicinales. Les principaux effets secondaires sont la diarrhée et l’intoxication. Il est essentiel de prendre des précautions lors de l’utilisation des PM afin de limiter les effets indésirables potentiels. Mots clés: Plantes médicinales, importance, dangers, Togo
Au Sahel, la végétation constitue une ressource vitale pour les populations rurales, mais elle est soumise à une forte pression anthropique ainsi qu’aux effets de l’aridification climatique. La présente étude, réalisée dans le sous-bassin versant de la vallée de la Tarka (département de Belbedji, Niger), a pour objectif de caractériser la composition floristique et la structure de la végétation. Des relevés phytosociologiques et des mesures dendrométriques ont été effectués selon un échantillonnage aléatoire stratifié. Une matrice de 41 relevés a permis d’identifier quatre groupements végétaux. Au total, 48 espèces appartenant à 21 familles ont été recensées, avec une prédominance marquée des Poaceae (13 espèces). Les types biologiques les plus représentés sont les thérophytes, les phanérophytes et les hydrophytes. Les affinités phytogéographiques dominantes concernent les espèces Guinéo-Congolaises-Soudano-Zambésiennes (68,2 %) et Soudano-Zambésiennes-Saharo-Sindiennes (77,1 %). Les indices de diversité de Shannon sont les plus élevés dans les groupements G3 et G4. L’analyse structurale révèle une forte vulnérabilité de certaines espèces écologiquement importantes. Ces résultats soulignent l’urgence de mettre en place des stratégies de gestion durable afin de préserver la biodiversité locale. Mots-clés: Densité, Groupement végétaux, Structure, Belbedji, Niger
Cette étude évalue l’impact de l’installation d’un abattoir semi-moderne dans la cité de Bumba, en République Démocratique du Congo, sur la qualité sanitaire des viandes et la vie socio-professionnelle des acteurs de la filière viande. La méthodologie adoptée est comparative, basée sur la collecte et l’analyse des données avant et après la mise en service de l’abattoir. Les données ont été recueillies par observation directe, entretiens avec les acteurs (bouchers, abatteurs, inspecteurs), et consultation de documents existants. Les principaux paramètres étudiés incluent les pratiques d’hygiène, les examens vétérinaires avant et après abattage, les pathologies animales, le nombre d’animaux abattus, ainsi que l’impact socio-économique. Avant l’installation de l’abattoir, les conditions d’abattage étaient marquées par une mauvaise gestion des déchets, une absence d’infrastructures adaptées, et un risque élevé de contamination microbienne. Après la mise en place de l’abattoir semi-moderne, des progrès significatifs ont été observés, notamment grâce à un sol cimenté, une bonne canalisation des eaux usées, des installations sanitaires adaptées, et un éclairage adéquat. Les examens vétérinaires sont désormais plus rigoureux, ce qui limite les risques sanitaires. Par ailleurs, la vie socio-professionnelle des bouchers s’est structurée, avec la création d’associations, une meilleure organisation du travail, et une gestion transparente des recettes. L’abattoir joue aussi un rôle économique important par la mobilisation des recettes fiscales issues des taxes sur l’abattage, contribuant au financement des infrastructures publiques. Toutefois, certaines maladies animales persistent, nécessitant un renforcement du suivi vétérinaire. Cette étude souligne l’importance d’investir dans des infrastructures modernes et dans la gouvernance pour améliorer la sécurité alimentaire, protéger la santé publique et soutenir le développement local. Mots clés: abattoir semi-moderne, qualité sanitaire, hygiène, examen vétérinaire, maladies animales, organisation professionnelle, sécurité alimentaire, recettes fiscales
Cette étude expérimentale a couvert la période allant du 13 avril au 13 juillet 2022, dans la concession de la Station de l’INERA Boketa (Gemena, Sud Ubangi, RDC) avait pour objectif d’évaluer les performances agroéconomiques des trois variétés améliorées d’arachide JL24, ICGM 281 et G17, en diffusion pour en relever les meilleures du point de vue rendement et rentabilité. Hormis la hauteur au collet et le rendement en gousse fraiches, ces trois variétés sont homogènes pour les autres paramètres agroéconomiques. La variété G17 est la plus rentable (69,0 %), grâce à son meilleur rendement en gousses sèches de l'ordre de 1933 kg/ha suivie d’ICGM 281 avec une rentabilité de 63,8 % et un rendement en gousses sèches de 1873 kg/ha. La JL24, bien que productive (1853 kg/ha), est légèrement moins performante économiquement (62,0 %). Les taux de rendement au décorticage et les rendements en graines sèches suivent les mêmes tendances: 63,6% et 1227 kg/ha pour G17; 63,0% et 1180 kg/ha pour ICG 281; 58,8% et 1080 kg/ha pour JL24. Avec des marges nettes intéressantes, dû à une rentabilité financière positive allant de 62,3 à 69,0%, ces trois variétés peuvent générer des bénéfices significatifs dans les conditions agroéconomiques de Gemena. Mots-clés: Agroéconomie, Rendement, Arachide, périurbaine, Gemena
Le marché du silure en Côte d’Ivoire se déploie dans un espace fortement différencié et contrasté sur le plan de la consommation. Cette étude analyse la segmentation du marché du silure en Côte d’Ivoire à travers une enquête auprès de 650 acteurs (vendeuses, poissonneries, consommateurs) dans 13 localités. Les résultats révèlent une segmentation marquée avec 45% de consommateurs actuels, 41% de non-consommateurs absolus et 14% de non-consommateurs relatifs. La consommation est davantage portée par les individus urbains, instruits et à revenu intermédiaire, pour lesquels le goût constitue le principal moteur d’acceptation. Les tabous culturels constituent le principal frein à la consommation (55% des rejets) devant les perceptions négatives du goût (23%). L’indice Composite de Potentiel de Marché (ICPM) identifie Man comme zone à très fort potentiel (56,7%), tandis que Korhogo et Daloa affichent les plus faibles scores. L’analyse spatiale révèle des marchés à très fort potentiel (Man), des pôles consolidés (Agboville, Dabou, Aboisso) et des zones à faible dynamisme (Korhogo, Daloa) traduisant ainsi, une offre inégalement structurée. La disponibilité irrégulière du produit et l’absence de chaînes de froid freinent également le développement du marché. Des stratégies ciblées de valorisation culturelle et d’amélioration logistique s’avèrent nécessaires pour lever ces contraintes. Mots clés: Silure, segmentation du marché, Contraintes socioculturelles, dynamiques territoriales, tabous alimentaires, Sécurité alimentaire, Côte d’Ivoire
La présente étude a eu pour objectif d’évaluer la collaboration entre les médecins et les médecins vétérinaires en République démocratique du Congo dans le cadre des activités de santé publique, conformément à l’approche « Une Seule Santé ». Une enquête transversale descriptive et analytique avait été menée auprès de 432 professionnels de santé exerçant dans différentes provinces du pays. Les analyses ont montré que l’échantillon était majoritairement constitué de répondants issus de Kinshasa, avec une répartition presque équilibrée entre médecins et médecins vétérinaires. Les résultats ont révélé une forte reconnaissance de l’importance de la collaboration interprofessionnelle, bien que son opérationnalisation demeure limitée. Près de 62 % des participants avaient déjà collaboré avec l’autre profession, mais seulement 42 % participaient régulièrement à des réunions conjointes, et plus de 77 % jugeaient la communication insuffisante. Les principaux obstacles identifiés incluaient le manque de coordination, l’insuffisance de formations communes et l’absence de plateformes fonctionnelles de partage d’informations. Par ailleurs, 98 % des répondants exprimaient un besoin de renforcement des capacités pour améliorer cette collaboration. L’étude souligne ainsi un écart entre l’adhésion conceptuelle à l’approche One Health et sa mise en œuvre pratique, et met en évidence la nécessité de renforcer les mécanismes institutionnels, les cadres de coordination, les systèmes d’information partagés et les formations conjointes pour optimiser la coopération entre médecins et vétérinaires en RDC. Mots clés: Collaboration, Médecins, Médecins vétérinaires, Santé Publique
Cette recherche examine les différences morpho-zootechniques entre les moutons Kababich du désert soudanais et les moutons Balami du Sahel nigérien en fonction de l'âge. L'objectif est de déterminer leur complémentarité génétique pour améliorer la production de viande ovine de façon durable au Niger. Au total 22 caractéristiques morphologiques ont été mesurées chez 419 animaux, dont 217 moutons Kababich et 202 moutons Balami, répartis en trois groupes d'âge (18, 24 et 30 à 36 mois). Les résultats montrent une influence significative de l’âge et de la race sur la majorité des caractères étudiés. Aux âges de 18 et 24 mois, les moutons Balami présentent des mensurations corporelles supérieures, traduisant une croissance précoce et un fort potentiel boucher. À l’inverse, les moutons Kababich se distinguent par le développement marqué des caractères caudaux en fin de croissance (30-36 mois), reflétant une meilleure capacité d’adaptation aux milieux arides. Cette différenciation met en évidence une forte complémentarité morpho-fonctionnelle, suggérant que des programmes de croisement contrôlés Kababich x Balami pourraient améliorer durablement la productivité ovine et les revenus des éleveurs nigériens. Mots-clés: mouton Kababich, mouton Balami, morpho-zootechniques, productivité ovine, Niger
Cette recherche analyse le rôle du Système Participatif de Garantie (SPG) du Réseau des Initiatives Agroécologiques au Maroc (RIAM) dans la promotion de l’agroécologie. Basée sur une enquête qualitative auprès de producteurs impliqués dans le SPG, l’étude vise à comprendre comment ce dispositif est perçu et utilisé, ainsi que les obstacles rencontrés dans son adoption. Les résultats mettent en évidence que le SPG facilite l’apprentissage collectif, le partage de connaissances et la valorisation des pratiques agroécologiques, tout en renforçant la confiance entre producteurs et consommateurs. Les producteurs soulignent, néanmoins, des contraintes liées aux procédures, à la logistique et à la reconnaissance institutionnelle et commerciale du SPG. Ces résultats montrent que, bien que prometteur pour accompagner la transition agroécologique, le SPG nécessite des ajustements pour être pleinement adapté aux besoins et contextes locaux des producteurs. Mots clés: Agroécologie, Système Participatif de Garantie, Maroc, Transition agroécologique, RIAM
Une expérimentation a été menée dans la Commune de Lac Ndumba, Province du Sud Ubangi en RD Congo dans l’objectif de préciser, dans la pratique de l’association culturale «Arachide – Maïs», le moment opportun de décalage de semis de l’une ou l’autre espèce en vue de l’obtention d’un rendement satisfaisant de l’arachide. Pour y parvenir, Le dispositif expérimental a été en blocs randomisés complets comprenant trois répétitions et cinq traitements, issus de différents décalages de semis dans l’association à savoir: (T1) Semis du maïs et de l’arachide en même temps, (T2) Semis décalé de l’arachide de deux semaines après celui du maïs, (T3) Semis décalé du maïs de deux semaines après celui de l’arachide, (T4) Semis décalé de l’arachide quatre semaines après celui du maïs et (T5) Semis décalé du maïs quatre semaines après celui de l’arachide. Les résultats obtenus sur les rendements en gousses de l’arachide se classent en ordre décroissant comme suit: T5 (704,7 kg/ha), T1 (637,7 kg/ha), T3 (513,3 kg/ha), T2 (447,3 kg/ha) et T4 (285,7 kg/ha). Ces résultats indiquent que le rendement en gousses de l’arachide est fortement influencé par le moment de son semis dans l’association avec le maïs et le maximum étant obtenu lorsque le maïs est semé 4 semaines après l’arachide (T5). À l’inverse, le rendement est fortement réduit lorsque l’arachide est semée 4 semaines après le maïs (T4). Ainsi, l’objectif des agriculteurs étant d’obtenir un rendement satisfaisant, la stratégie optimale dans la zone d’étude est de semer l’arachide en avance ou en même temps que le maïs pour maximiser son rendement. Mots clés: Arachide, Gousse, Maïs, Association, Rendement
Cet article vise à analyser la perception et les stratégies des éleveurs chameliers du département de Mourtcha face aux difficultés climatiques afin de diagnostiquer, d’une part, leur perception du changement climatique et ses conséquences, et d’autre part, leurs stratégies d’adaptation. 123 chefs de ménage ont été enquêtés, soit 31 ménages dans chacun des quatre campements (Amchaloba, Souhaya, Amhere et Hawach). La méthodologie de collecte des données a consisté en une enquête par des questionnaires auprès des pasteurs assortis d'entretiens individuels et en groupes pour recueillir des informations nécessaires. Les résultats montrent que les éleveurs perçoivent les aléas climatiques comme une menace majeure pour la viabilité des ménages ruraux d’Afrique subsaharienne qui vivent principalement de l’exploitation des ressources naturelles. Toutefois, les éleveurs perçoivent une baisse des pluies, une hausse des températures et des vents violents, tous considérés qu’ils sont davantage vulnérables à leur égard. Le niveau d’éducation du chef de ménage, la situation matrimoniale et l’appartenance à un groupe ethnique déterminent cette perception. Cela nécessite une meilleure stratégie de représentativité de ces groupes dans les diverses instances de décision, d’intervention en vue d’une meilleure cohésion sociale. Mots clés: Adaptation, chameliers, Changement climatique, perception, stratégies, Mourtcha, Tchad
La gestion et la conservation durable de la diversité biologique et des écosystèmes forestiers constituent un enjeu majeur surtout dans le contexte des changements climatiques et de l’emprise anthropique sans cesse croissante. Comme toutes les lisières des aires protégées, celles du Parc National Fazao-Malfakassa (PNFM) sont victimes de diverses pressions et menaces surtout d’origine anthropique rendant ces écosystèmes des lisières très vulnérables. Cette étude a pour objectif de proposer un plan de gestion intégrée des lisières du PNFM en utilisant l’approche Open Standards for the Practice of Conservation (OS) en se servant de l’outil de planification Miradi 2.0. L’approche utilisée dans cette étude a consisté d’abord à l’identification des cibles notamment les écosystèmes des lisières du PNFM, la connectivité et la fonctionnalité des corridors écologiques ainsi que la faune emblématique. Ensuite, l’identification et l’analyse des menaces a servi à la hiérarchisation des pressions qui pèsent sur la zone d’étude. L’agriculture, la déforestation, les feux de végétation, le surpâturage, les conflits homme-faune, la prolifération des espèces invasives, le développement des infrastructures ainsi que le braconnage sont les plus grandes menaces du milieu. Les résultats ont conduit à l’élaboration de huit axes stratégiques d’intervention. Ainsi, cette étude a contribué à la mise en place d’un plan stratégique de gestion et de conservation des écosystèmes des lisières du PNFM tout en intégrant les besoins socio-économiques des populations riveraines. Ce plan stratégique propose des actions concrètes à entreprendre afin d’assurer une conservation durable et efficace des ressources naturelles des lisières du PNFM. Mots-clés : Gestion intégrée, Conservation, Open standards, Lisières du PNFM, Pressions anthropiques
Cette étude, menée en collaboration avec l’initiative UM6P–Al Moutmir (OCP-Group), a évalué les performances économiques et agronomiques du semis direct comparé au semis conventionnel pour les principales cultures céréalières (blé tendre, blé dur, orge) dans les zones du Saïs et de la Chaouia au Maroc, durant la campagne agricole 2022/2023. L’analyse repose sur une enquête menée en mai 2024 auprès de 120 exploitations agricoles céréalières. Les résultats montrent que le semis direct induit une amélioration moyenne des rendements (+ 6,6 qx/ha), une réduction de la consommation de semences (–58 kg/ha) et une baisse des coûts de production (–20,3 % au Saïs; –11,1 % en Chaouia). Les marges nettes progressent significativement (+169 % au Saïs; +55,5 % en Chaouia). Par ailleurs, le semis direct réduit les besoins en mécanisation (–25,4 % au Saïs; –21,0 % en Chaouia) et le temps de travail (–8,3 h/ha et –6,0 h/ha, respectivement). Toutefois, cette technique entraîne une hausse des coûts en herbicides (+77,7 % au Saïs; +48,0 % en Chaouia) et en fertilisation (+14,5 % au Saïs; +46,1 % en Chaouia). L’analyse économétrique met en évidence l’influence de plusieurs facteurs déterminants sur l’adoption du semis direct par les agriculteurs. Chaque niveau supplémentaire de formation des agriculteurs enquêtés est associé à une augmentation de 6,4 % de la probabilité d’adoption, soulignant le rôle central de la formation dans l’appropriation des innovations. De même, les agriculteurs membres d’une organisation professionnelle présentent une probabilité d’adoption supérieure de 27,5 % par rapport à ceux qui ne sont pas affiliés, ce qui illustre l’importance des réseaux collectifs dans la diffusion des pratiques de conservation des sols. Par ailleurs, l’ancienneté de l’exposition à la technique constitue un facteur significatif: chaque période supplémentaire de cinq ans, depuis la découverte du semis direct, accroît la probabilité d’adoption de 17,1 %. Enfin, l’accès au conseil agricole joue un rôle déterminant, puisque les agriculteurs bénéficiant de ce service enregistrent une probabilité d’adoption supérieure de 26,3 % par rapport à ceux qui en sont dépourvus. En conclusion, le semis direct constitue une alternative économiquement rentable et techniquement viable, malgré certains frais supplémentaires, et son adoption dépend fortement des facteurs socio-économiques et institutionnels. Mots clés: Semis direct, Coûts de production, Marges nettes, Déterminants d’adoption, Changement climatique, Saïs, Chaouia, Maroc
La République démocratique du Congo, riche en biodiversité faunique et floristique, abrite un grand nombre de plantes médicinales d’intérêt biopharmaceutique, capables de fournir de nouvelles molécules bioactives. Cette étude avait pour objectif d’évaluer la composition chimique, les propriétés biologiques et la sécurité des feuilles de Vigna unguiculata (Fabaceae). Les analyses ont révélé la présence de composés phytochimiques tels que polyphénols, flavonoïdes, tanins, anthocyanes, ainsi que de minéraux essentiels, notamment le magnésium, le calcium, le sodium, le fer et le phosphore. Les tests in vitro ont mis en évidence des activités anti-inflammatoires, antioxydantes et anti-drépanocytaires, et les extraits, y compris les nano composites dérivés de la plante, se sont montrés non toxiques. Ces résultats soulignent le potentiel pharmacologique de Vigna unguiculata et son intérêt pour le développement de nouveaux médicaments à base de plantes. Des recherches complémentaires, notamment in vivo et cliniques, sont nécessaires pour confirmer ces effets et approfondir les mécanismes d’action, tandis que l’optimisation des nano composites et leur formulation pharmaceutique représentent des perspectives prometteuses pour la valorisation future de cette plante médicinale. Mots clés: Savoirs traditionnels, Plantes médicinales, Composés bioactifs, Profil phytochimique, Vigna unguiculata
Le bassin du Lac Tchad, au cœur du Sahel, est confronté à une combinaison inédite de pressions environnementales et sécuritaires. Cette étude analyse les stratégies de résilience mises en œuvre par les communautés de la zone, soumises à la double contrainte des inondations récurrentes et de l’insécurité liée aux groupes armés non étatiques. L’approche méthodologique repose sur des enquêtes semi-structurées auprès de 223 ménages (réfugiés, déplacés internes, retournés et hôtes), réparties dans trois (3) départements exposés à divers degrés de risque d’inondation et de l’insécurité. Les résultats montrent que l’agriculture (37,9%) et l’élevage (24,1 %) sont les secteurs les plus touchés, avec des pertes massives de récoltes, de vol des animaux et une désorganisation des circuits de transhumance. Les stratégies de résilience communautaire révèlent une orientation vers la diversification des cultures, les activités génératrices de revenus et les réserves fourragères collectives. Toutefois, les secteurs de l’éducation, de la pêche et de la cohésion sociale restent marginalisés dans les réponses locales. L’étude souligne la nécessité d’une approche intégrée et multisectorielle pour renforcer durablement la résilience dans ce contexte de vulnérabilités croisées. Mots-clés: Lac Tchad, Résilience communautaire, Inondations, Insécurité, Moyens de subsistance