
Objectif La Société française d’anesthésie et de réanimation (SFAR) et le Collège d’anesthésie-réanimation en obstétrique (CARO) ont collaboré pour proposer un référentiel sur la prise en charge de la douleur de l’accouchement : analgésie périmédullaire et alternatives médicamenteuses. Conception Un groupe composé de 32 experts français ou francophones de la SFAR et du CARO a été réuni. Les éventuels conflits d’intérêts ont été officiellement déclarés sur DPI santé dès le début du processus d’élaboration des recommandations et ce dernier a été conduit indépendamment de tout financement de l’industrie. Les auteurs ont suivi la méthodologie GRADE (Grading of Recommendations Assessment, Development and Evaluation) pour évaluer le niveau de preuve de la littérature. Cette recommandation a suivi un processus de labellisation par la Haute Autorité de santé (HAS). Méthodes Cinq champs ont été définis : 1) pose de l’analgésie périmédullaire (APM) ; 2) initiation de l’APM ; 3) entretien de l’APM ; 4) gestion de l’insuffisance et échec de l’APM ; 5) alternatives médicamenteuses à l’APM. Pour chaque champ, l’objectif des recommandations était de répondre à un certain nombre de questions formulées par les experts selon le modèle PICO (« Population, Intervention, Comparison, Outcome »). À partir de ces questions, une recherche bibliographique extensive sur les 24 dernières années a été réalisée en utilisant des mots-clés prédéfinis selon les recommandations PRISMA. La qualité des données a été analysée selon la méthode GRADE. Les recommandations ont été formulées selon la méthode GRADE, puis votées par tous les experts selon la méthode GRADE grid. Résultats Le travail de synthèse des experts et l’application de la méthode GRADE ont abouti à 39 recommandations concernant la prise en charge de la douleur de l’accouchement par analgésie périmédullaire et alternatives médicamenteuses. Après trois tours de votes et plusieurs amendements, un accord fort a été obtenu pour 39 recommandations. Parmi ces recommandations, 12 ont un niveau de preuve élevé (12 GRADE 1), 10 ont un niveau de preuve faible (10 GRADE 2) et 13 sont des avis d’experts. Enfin, pour 4 questions, aucune recommandation n’a pu être formulée. Conclusion Un accord fort a été obtenu parmi les experts afin de fournir des recommandations visant à améliorer la prise en charge de la douleur de l’accouchement par analgésie périmédullaire ou alternatives médicamenteuses.
Objectif La Société française d’anesthésie et de réanimation (SFAR) et la Société française de pharmacie clinique (SFPC) se sont associées pour proposer des recommandations pour la pratique professionnelle sur la prévention des erreurs médicamenteuses en anesthésie-réanimation. Conception Un groupe composé de 19 experts français de la Société française d’anesthésie-réanimation (SFAR) et de la Société française de pharmacie clinique (SFPC) a été réuni. D’éventuels conflits d’intérêts ont été officiellement déclarés dès le début du processus d’élaboration des recommandations et ce dernier a été conduit indépendamment de tout financement de l’industrie. Les auteurs ont suivi la méthodologie Grading of Recommendations Assessment, Development and Evaluation (GRADE) pour évaluer le niveau de preuve de la littérature. Méthodes Quatre champs ont été définis : (1) environnement de travail et Processus ; (2) facteurs humains et organisationnels ; (3) gestion des risques a posteriori ; (4) problématique des pénuries médicamenteuses. Pour chaque champ, l’objectif des recommandations était de répondre à un certain nombre de questions formulées par les experts selon le modèle Population, Intervention, Comparaison, Outcome (PICO). À partir de ces questions, une recherche bibliographique extensive sur 20 années a été réalisée en utilisant des mots clés prédéfinis selon les recommandations PRISMA. Du fait de la très faible quantité d’études permettant de répondre avec la puissance nécessaire au critère de jugement majeur d’importance la plus élevée (i.e., erreurs médicamenteuses), il a été décidé, en amont de la rédaction des recommandations, d’adopter un format de recommandations pour la pratique professionnelle (RPP) plutôt qu’un format de recommandations formalisées d’experts (RFE). Les recommandations ont ensuite été votées par tous les experts selon la méthode GRADE grid. Résultats Pour toutes les questions, des recommandations ont pu être formulées, soit sur l’ensemble du champ de la question, soit partiellement. Le travail de synthèse des experts et l’application de la méthode GRADE ont abouti à 29 recommandations concernant la prévention des erreurs médicamenteuses en anesthésie et réanimation. Après un tour de vote et l’intégration de quelques ajustements, un accord fort a été obtenu pour la totalité des recommandations. Conclusion Un accord fort a été obtenu parmi les experts afin de fournir des recommandations visant à la prévention des erreurs médicamenteuses en anesthésie et réanimation.
Introduction La pénurie d’organes constitue un enjeu majeur de santé publique en Europe malgré une progression continue de l’activité de transplantation. Cette étude vise à analyser les tendances épidémiologiques du don d’organes et de tissus en France et en Europe, ainsi que les facteurs organisationnels et éthiques influençant la performance des systèmes. Méthodes Revue narrative de la littérature internationale récente et analyse comparative des systèmes européens de don et de transplantation, en s’appuyant sur les principaux registres et indicateurs disponibles. Résultats L’activité de transplantation mondiale est en augmentation, mais reste insuffisante face à la demande croissante. De fortes disparités existent entre pays européens, avec des performances élevées en Espagne et en Croatie reposant sur une organisation structurée et une coordination hospitalière dédiée. Le cadre législatif (opt-in vs opt-out) influence les résultats mais ne constitue pas un facteur déterminant isolé. Le vieillissement des donneurs, les refus familiaux persistants et les opportunités manquées au cours du parcours critique du donneur limitent l’augmentation du nombre de greffons. Les innovations techniques, notamment la perfusion ex situ et les programmes de don après arrêt circulatoire, permettent d’élargir le pool de donneurs. Conclusion L’optimisation du don d’organes repose principalement sur l’organisation des systèmes, la qualité des données et l’accompagnement des familles. L’anesthésie-réanimation occupe une place centrale dans ce processus et constitue un levier majeur d’amélioration des performances.
Le don d’organes après arrêt circulatoire contrôlé Maastricht 3 constitue aujourd’hui un levier majeur d’amélioration de l’accès à la greffe. Il repose sur une séquence singulière associant, dans une même trajectoire de soin, une décision d’arrêt des traitements prise dans l’intérêt exclusif d’un patient en fin de vie et, après le décès, une procédure de prélèvement au bénéfice d’un tiers. Cette articulation entre accompagnement de la fin de vie et solidarité expose le dispositif à des tensions éthiques spécifiques. Trois enjeux structurent cette analyse. Le premier concerne les décisions et les pratiques d’arrêt des traitements : leur indépendance vis-à-vis de toute perspective de don doit être strictement garantie, tout en s’inscrivant dans une réalité clinique où temporalités et intentions peuvent se rapprocher. Le second porte sur la détermination de la mort sous circulation régionale normothermique : la permanence de la mort, définie comme perte complète et permanente de la fonction cérébrale, suppose d’exclure toute reperfusion cérébrale et de maintenir la cohérence de la règle du donneur décédé. Le troisième concerne l’expérience des proches : les données suggèrent que l’intégration du don n’aggrave pas la charge psychologique lorsque la prise en charge est structurée et la communication adaptée. Le Maastricht 3 est un dispositif complexe et exigeant, dont la robustesse repose sur un travail pluridisciplinaire permettant de reconnaître et de travailler les tensions dans un climat éthique apaisé, condition de l’amélioration des pratiques et de la confiance.
La transplantation d’organes reste confrontée à une pénurie chronique de greffons. Ces greffons proviennent majoritairement des donneurs décédés en état de mort encéphalique (DDEME). L’optimisation de leur prise en charge en soins critiques constitue un levier majeur pour augmenter le nombre et améliorer la qualité des organes transplantables. Cette revue de la littérature propose un état de l’art de la prise en charge des DDEME avant prélèvement multi-organes. Elle aborde successivement les perturbations physiopathologiques induites par le passage en état de mort encéphalique (orage catécholaminergique, dysfonctions neuro-hormonales, altérations métaboliques et réponse inflammatoire systémique) et leurs conséquences sur les organes cibles (cœur, poumons, foie, reins). Sont ensuite analysées les stratégies de réanimation dont l’efficacité est étayée par les données probantes : gestion hémodynamique, ventilation protectrice, thérapies hormonales substitutives, contrôle de la température et de la glycémie. L’intérêt d’une approche standardisée par objectifs thérapeutiques (« bundle of care ») est également discuté, avec les limites actuelles liées à l’hétérogénéité des pratiques inter-centres. Enfin, sont également examinées les perspectives offertes par les nouvelles thérapies adjuvantes (immunomodulateurs, antioxydants) et par l’intelligence artificielle pour une médecine personnalisée du donneur. Cette synthèse souligne que le DDEME doit être considéré comme un patient de réanimation à part entière, dont la prise en charge optimisée conditionne directement la qualité et la survie des greffons, et donc le pronostic des receveurs.
L’Agence de la biomédecine est en France l’agence d’état sous tutelle du ministère de la Santé, à l’interface de toutes les activités de don d’organes et de tissus. Il ne peut y avoir de prélèvement d’organes, de tissus ou de greffes sans passer par elle. Ses rôles dans l’organisation du don d’organes sont la régulation de tous les dossiers des donneurs, la qualification des organes, la répartition, l’appui aux établissements préleveurs et à leurs équipes dédiées de coordination hospitalière de prélèvement, la gestion de la liste nationale d’attente de greffe, la gestion du registre national des refus, la biogivilance, la formation des professionnels de santé, la production de données, l’accompagnement à la recherche scientifique et la promotion du don.
L’intubation trachéale au bloc opératoire est un geste quotidien, généralement simple, mais pouvant entraîner des complications graves en cas de difficulté ou de tentatives répétées. L’identification préopératoire des voies aériennes difficiles reste imparfaite, et une proportion significative d’intubations compliquées survient de manière imprévue, y compris en chirurgie programmée. Au cours des dernières décennies, le vidéolaryngoscope s’est imposé comme l’évolution technologique majeure de la gestion des voies aériennes. En dissociant l’axe de vision de l’axe de progression de la sonde, il améliore la visualisation glottique et optimise les conditions de la première tentative d’intubation. Les données issues de méta-analyses, d’essais randomisés récents et d’études d’implémentation en conditions réelles montrent que, comparée à la laryngoscopie directe, la vidéolaryngoscopie augmente le taux de succès au premier passage et réduit le nombre de tentatives nécessaires, avec un impact variable mais globalement favorable sur les complications. Son bénéfice apparaît particulièrement marqué dans les situations à haut risque (induction en séquence rapide, obésité, grossesse, etc.). Au-delà de l’efficacité technique, le vidéolaryngoscope constitue un outil central de formation et de supervision, favorisant la communication d’équipe et l’intégration des facteurs humains. Les recommandations internationales récentes soutiennent une utilisation plus large du vidéolaryngoscope, intégrée dans une stratégie institutionnelle associant organisation des pratiques et réflexion médico-économique. Cette mise au point propose une analyse narrative de la littérature et discute les bénéfices, les limites, les modalités pratiques et les enjeux organisationnels et économiques du vidéolaryngoscope au bloc opératoire, ainsi que sa place croissante comme dispositif de première intention en anesthésie.
La prise en charge du patient traumatisé sévère constitue un défi important nécessitant une évaluation clinique rapide, des décisions urgentes et la réalisation de gestes vitaux chez des patients instables. Lors du déchoquage, la surcharge cognitive, le stress ainsi que la complexité des situations peuvent altérer la prise de décision et la communication, favorisant les erreurs. Dans ce contexte, les facteurs humains apparaissent comme des déterminants essentiels de la qualité et de la sécurité des soins. Ces facteurs humains englobent des dimensions cognitives, organisationnelles, environnementales et communicationnelles influençant la performance individuelle et collective. Au niveau individuel, l’adaptation du style de leadership au contexte clinique et au niveau d’expérience de l’équipe est un élément déterminant pour optimiser la performance de l’équipe. Au niveau collectif, l’utilisation d’une communication structurée avec briefing préparatoire, transmission structurée, communication en boucle fermée, partage explicite des informations et réalisation de time-out contribue également à améliorer le fonctionnement de l’équipe. Cependant, malgré la publication récente de recommandations nationales sur le facteur humain en situations critiques, l’utilisation des outils de communication reste très limitée, notamment en raison d’un déficit de formation. Le renforcement des programmes de formation interdisciplinaires semble indispensable pour améliorer la sécurité dans ses situations critiques.
La loi française suspend le don d’organes post-mortem, à des fins de greffes, aux seules volontés du défunt de son vivant. Pour s’y opposer, il doit l’exprimer dans un fichier prévu à cet effet ou auprès de sa famille chargée de le représenter lors du décès. À défaut, son consentement présumé est retenu et le prélèvement d’organes est licite. Certaines familles ne s’accommodent pas de cette présomption et s’opposent au projet de prélèvements. Aucune équipe médicale n’outrepasse les volontés d’une famille refusant le prélèvement d’organes sur ses proches. Cette réalité témoigne de leur place centrale dans le processus du don d’organes et, contre toute attente, de leur pouvoir décisionnel indépassable.
Le concours de « Ma thèse en 180secondes » est un concours d’éloquence organisé par le Comité Jeunes de la Société française d’anesthésie-réanimation (SFAR), lors de son congrès annuel. Notée sur des critères d’expression orale et d’originalité, Marie Dakeng est la lauréate du concours 2025. Son travail, présenté ci-après, illustre les qualités ayant motivé cette distinction. Des patients admis en neuroréanimation étaient revus en consultation deux ans après leur prise en charge. Deux groupes de patients étaient distingués : ceux ayant fait l’objet d’une décision de limitation ou arrêt des thérapeutiques actives (LATA), et ceux sans LATA. La qualité de vie était évaluée par des échelles quantitatives et une analyse qualitative, l’analyse phénoménologique interprétative (IPA), permettant de capter le ressenti subjectif d’un patient. Neuf patients ont été inclus, dont 4 avec une décision de LATA. Une dissociation est apparue entre la qualité de vie évaluée quantitativement et via l’IPA. Certains patients ont évoqué une qualité de vie satisfaisante malgré des scores faibles, et inversement. Ces résultats suggèrent que l’évaluation standard de la qualité de vie ne reflète pas à elle seule la qualité de vie perçue à long terme. Enfin, l’étude a souligné la place prépondérante des proches pour les patients après un séjour en réanimation. L’évaluation de la qualité de vie après agression cérébrale aiguë est complexe, subjective et influencée par de nombreux facteurs. L’utilisation de l’IPA permet une analyse personnalisée et approfondie des expériences vécues, ce qui permet de mieux caractériser la qualité de vie à distance.
Ce manuscrit examine les recommandations 2026 de la « Surviving Sepsis Campaign » (SSC), comprenant 129 recommandations axées sur l’organisation des soins. Les nouveautés incluent une terminologie affinée de la suspicion de sepsis et l’utilisation préférentielle de scores comme le NEWS2 plutôt que le qSOFA seul pour le dépistage. La prise en charge privilégie l’individualisation de l’antibiothérapie et des objectifs hémodynamiques précis. Une recommandation clé concerne la déplétion liquidienne lors de la phase de désescalade. Enfin, l’article présente le nouveau score SOFA-2 et un consensus international définissant le choc septique réfractaire, offrant ainsi un cadre harmonisé pour la pratique clinique et la recherche future.
Context > Acute respiratory distress syndrome (ARDS) is a heterogeneous syndrome that has posed challenges in identifying effective therapies in recent clinical trials. Precision medicine aims to address this by recognising distinct phenotypes, based on clinical, radiological, and biological characteristics, to optimise patient grouping and personalise treatment strategies. The LIVE trial illustrates this progression: while the primary analysis did not demonstrate a benefit of personalised ventilation according to morphological phenotype, a post-hoc analysis, which excluded classification errors, revealed a mortality benefit at day 90, emphasising the importance of reliable phenotypic classification. Statistical methods > Two key analytical approaches, derived from machine learning, are used. Unsupervised classification (clustering) allows for grouping patients into homogeneous subgroups without prior assumptions, relying solely on similarities in clinical, biological, and/or radiological data. For instance, latent class analysis has identified two ARDS phenotypes, hyper- and hypo-inflammatory, providing insights into underlying pathophysiological mechanisms and potentially informing treatment decisions. Conversely, supervised classification employs pre-defined groupings to train algorithms that can predict the phenotype of new patients, serving as a diagnostic tool, particularly in interpreting radiological images. Conclusion > The integration of these methodologies into adaptive trial designs represents a significant advancement in precision medicine within intensive care. By combining phenotyping with dynamic treatment approaches, these techniques have the potential to address ARDS heterogeneity more effectively, improve patient selection, and facilitate the development of targeted therapeutic interventions.
Perioperative management of patients with neuromodulation implantable devices (NID)-including neurostimulators (Spinal Cord Stimulation [SCS]; Deep Brain Stimulation [DBS]) and intrathecal baclofen (ITB) pumps - in the context of surgery unrelated to these devices, requires an exhaustive assessment and effective interprofessional coordination between anesthetists, neurosurgeons, and neuromodulation teams. The preoperative assessment must identify the NID model, its compatibility with imaging (especially MRI) and plan the management of the underlying pathology (e.g., Parkinson's disease). Intraoperatively, careful attention must be paid to protecting the device and the skin. Precautions for cerebral and spinal cord neurostimulation include the need to deactivate stimulation and avoid monopolar electrocautery in favor of bipolar coagulation, to prevent the formation of an electric arc that could damage tissue or the device. However, specific precautions relating to ITB pump are to strictly continue treatment because of the risk of potentially fatal withdrawal syndrome (hyperthermia, rhabdomyolysis). In both cases, perimedullary locoregional anesthesia is discouraged, and the device must be checked after the procedure. On the other hand, the types of complications specific to these devices are quite similar, with infections being the most common, the incidence of which increases with revision surgery (implant replacement), complications related to the devices themselves (migration, rupture, etc.), and risks associated with withdrawal.
Healthcare-associated neuro-meningeal infections (HANMI) generally occur after an invasive procedure. In intensive care, infections associated with external ventricular drains are the most common and can be complicated by ventriculitis, which is associated with high morbidity and mortality. Microorganisms from the skin flora, such as coagulase-negative Staphylococci, are the most common cause, with Gram-negative bacteria (GNB) responsible for 1/3 of cases. Contamination during insertion or colonization of the device secondary to repeated manipulation is the mechanism of occurrence. The clinical, cytological, and biochemical signs are nonspecific in HANMI. Diagnosis is multifactorial and relies on the isolation of the responsible microorganism in culture, which is negative in 50% of cases due to frequent prior antibiotic therapy. However, determining the minimum inhibitory concentration (MIC) is essential for optimizing secondary anti-infective treatment. Probabilistic treatment is based on the combination of an anti-staphylococcal antibiotic and a broad-spectrum anti-GNB antibiotic administered intravenously, but the cerebral barriers limit the diffusion of many anti-infective agents into the CSF. In cases of failure or resistant bacteria, the use of narrow-spectrum antibiotics administered intraventricularly is recommended, targeting concentrations in the CSF 10 to 20 times the MIC of the causative organism. In these difficult-to-treat infections, the significant pharmacokinetic variability of intensive care patients and limited diffusion in the CSF justify therapeutic drug monitoring, ideally in the CSF, in order to best adapt anti-infective treatments.
External ventricular drainage (EVD) is widely used in neurosurgery and neurocritical care for the management of acute hydrocephalus and intracranial hypertension. It allows cerebrospinal fluid (CSF) diversion and intracranial pressure monitoring but is associated with significant morbidity, particularly infectious, hemorrhagic, and mechanical complications. This review summarizes the anatomical and physiological principles of CSF circulation, the main indications for CSF diversion in critical care, and the practical aspects of EVD placement and daily management. Key elements include drainage level adjustment, continuous versus intermittent drainage strategies, monitoring, and weaning procedures. The most frequent complications related to EVD use are discussed, with particular emphasis on (SF infections, their diagnostic challenges, and therapeutic management. Finally, external lumbar drainage is presented as a potential alternative to EVD in selected patients, particularly following aneurysmal subarachnoid hemorrhage after aneurysm securing. Although ELD may reduce delayed cerebral ischemia by enhancing (SF clearance, its use requires careful patient selection due to the risk of transtentorial or tonsillar herniation.