
Dans ce texte, je m’intéresse au cas de l’amour romantique pour montrer que les approches constructionnistes et biologiques des émotions proposent des points de vue relativement similaires quant à la plasticité de cette émotion. Je suggère l’idée que les débats autour de ces conceptions ont peut-être occulté un concept plus intéressant, celui d’intelligence émotionnelle.
Emotions often lead to akrasia and practical irrationality but can also help us respond to our practical reasons for action. If we think there exists an important distinction between akrasia and weakness of will, how should we then rethink emotions’ contribution and threats to practical rationality? By drawing on recent work on willpower, I invite Tappolet to consider this question.
I discuss Christine Tappolet's treatment of so-called arational actions (chapter 8). Brought to philosophical attention by Rosalind Hursthouse, arational actions are actions done simply because we are in the grip of an emotion (as when we leap up to reach for leaves out of joy). I argue that certainly many instances of so-called arational actions are in fact rational.
Dans cette recension, je proposerai un résumé ainsi que des commentaires critiques, chapitre par chapitre, du livre de Samuel Lepine La nature des émotions : Une introduction partisane (2023). Je ferai un rapide compte-rendu des premiers chapitres, mais discuterai plus en détail les trois derniers, où se situent les contributions les plus inédites et, à mes yeux, les plus intéressantes.
Qu’est-ce qu’une émotion? Quels sont les bénéfices et les dangers que représentent les émotions? Peut-on réguler nos émotions? Voici les questions principales auxquelles le livre Philosophy of Emotion: A Contemporary Introduction cherche à répondre. Cet article consiste en un bref résumé des thèses et arguments présentés dans ce livre. La structure générale du livre et les éléments principaux de chaque chapitre sont explicités.
La théorie des optima de second rang est une contribution formelle au domaine de l’optimisation de l’utilité (ou du bien-être). Elle stipule que, dans certaines circonstances «imparfaites », l’approximation d’un idéal est sous-optimale. Dans cet article, nous tentons de déterminer si la théorie peut être utile aux conseillers oeuvrant dans le secteur public. Nous présentons les conditions dans lesquelles la théorie pourrait s’avérer pertinente pour les conseillers du secteur public, et en particulier la condition d’inséparabilité entre différentes variables d’un problème de politiques publiques. Nous tentons aussi de déterminer si ces conditions sont réunies dans différents documents produits par les conseillers en politiques publiques. Pour ce faire, nous analysons 40 publications récentes du secteur public québécois comprenant des recommandations.
Ovrage pionnier dans les études animales intersectionnelles, La Politique sexuelle de la viande (1990) de Carol Adams analyse l’imbrication du sexisme et du spécisme pour montrer comment le patriarcat maintient une double domination sur les femmes et les animaux. Le présent article retrace le contexte intellectuel du livre et expose quelques-uns de ses concepts clés, tels que le « référent absent » et le « dédeçage », qui révèlent les mécanismes d’invisibilisation et de pérennisation de violences systémiques. Il s’agit surtout de mettre en évidence la pertinence de la théorie critique féministe végane dans la déconstruction des discours de naturalisation des oppressions. Envisagée sous un angle politique, la consommation de viande apparaît en tant que symbole par excellence de subjectivation masculine et de réification de l’autre.
Chapter 11 contains two primary topics, the regulation of emotions and questions arising from the power of music to arouse, express, or represent emotions. After some brief remarks about emotion regulation and a speculative thought about emotions in response to fiction, I raise some doubts about the discussion of “flow” in connection with listening to as opposed to performing music.
Même s’il existe un large consensus dans le domaine des études sur le racisme concernant le fait que le concept de « racisme » est essentiellement « normatif », une discussion bat son plein dans ce domaine entre les nombreux partisans du normativisme et ceux qui prônent une position descriptiviste. C’est ce débat que je revisite dans cet article. Dans ce cadre, je m’intéresse moins au débat « sémantique » concernant le type de concept (évaluatif ou descriptif) qu’est celui de « racisme » qu’à la proposition d’auteurs comme Mills et Shelby au sujet de la nature du « phénomène » désigné par le terme (donc à un débat de nature plus « métaphysique »). J’aimerais expliquer et développer cette proposition et suggérer l’idée qu’elle pourrait permettre de mieux comprendre ce que je nomme le « spécisme ordinaire » (c’est-à-dire la forme la plus courante du spécisme dans les sociétés occidentales actuelles). Pour ce faire, je présente d’abord les différentes façons de comprendre le racisme et j’avance que les modèles agentiels devraient être supplémentés par une approche non agentielle du phénomène. Je montre ensuite comment cette proposition pourrait mieux rendre compte du spécisme ordinaire. Je réfléchis finalement sur les différents mécanismes par lesquels ce spécisme peut fonctionner et je propose un type d’investigation qui devrait être exploré plus avant par ceux et celles qui voudraient l’étudier et le contrer.
Cet article développe la thèse selon laquelle l’oppression des femmes et celle des autres animaux sont profondément interconnectées. Selon les écoféministes antispécistes, plusieurs oppressions humaines sont liées à la domination considérée naturellement juste des humains sur les autres animaux. Cette thèse va plus loin que l’approche analogique qui repose sur l’affirmation selon laquelle le spécisme est analogue au racisme et au sexisme parce qu’il s’agit d’une discrimination injuste fondée sur des critères moralement arbitraires. Au-delà des rapports analogiques entre ces oppressions, il existe des liens matériels, culturels, sociologiques, historiques, psychologiques et idéologiques entre l’oppression des animaux et celle des êtres humains, notamment des femmes. Ces analyses des écoféministes antispécistes sont désormais appuyées par plusieurs études empiriques en psychologie morale et sociale. Des considérations sociologiques et historiques révèlent que la cause animale est largement un mouvement de femmes méprisé pour des raisons souvent sexistes et qu’il existe une division genrée de la violence et du care envers les animaux. Par conséquent, nous avons de bonnes raisons de penser que la libération des femmes et celle des animaux sont reliées à plusieurs égards et qu’un mouvement écologiste prenant au sérieux les perspectives féministes devrait être plus sensible au sort des animaux – et inversement.
In this article, I offer some comments on chapter 10 of Christine Tappolet’s book Philosophy of Emotion: A Contemporary Introduction, the chapter entitled “Ethics and the Emotions”. After presenting the main theses that Tappolet defends in this chapter, I consider some possible replies that her opponents might offer.
Christine Tappolet’s book Philosophy of Emotion: A Contemporary Introduction, like many other works in emotion theory, focuses primarily on emotional episodes at the expense of so-called “emotional dispositions.” I argue that there is no reason for theories of emotion to focus on emotional episodes or to reserve the term “emotion” for them.
These comments focus on chapter 6 of Christine Tappolet's Philosophy of Emotion: A Contemporary Introduction, asking some questions about her preferred theory, what she calls the "receptive theory of emotions," and pointing to some areas that could benefit from further clarification.
Christine Tappolet had plans to include a thirteenth chapter, on the political value of emotions. As the chapter did not come to fruition, at least not in the current edition, I will here outline what I take to be the main political upshots of Tappolet's philosophy of emotion.
I sketch evidence for a normative view of fittingness that poses a challenge to the nonnormative view of fittingness that Christine Tappolet defends in Philosophy of Emotion (2023). This challenge is important given that fittingness is crucial to her view of evaluative features and thus to her view of emotions as representations of evaluative features.
This text consists in replies to the commentaries on my book, Philosophy of Emotion: A Contemporary Introduction.
Christine Tappolet’s Philosophy of Emotion: A Contemporary Introduction is a comprehensive inventory of recent developments in the philosophy of emotion. Part 2 of the book examines various theories that answer the first question from chapter 1: What is the essence of emotions? My commentary compares these theories with Amélie Oksenberg Rorty’s argument for a skeptical answer to this question.
Dans ce texte, je m’intéresse au cas de l’amour romantique pour montrer que les approches constructionnistes et biologiques des émotions proposent des points de vue relativement similaires quant à la plasticité de cette émotion. Je suggère l’idée que les débats autour de ces conceptions ont peut-être occulté un concept plus intéressant, celui d’intelligence émotionnelle.
This commentary investigates chapter 7's central thesis that emotions can be a source of immediate justification for evaluative beliefs. I focus on two key challenges to this thesis, one rooted in the purported unreliability of emotions and another in their own susceptibility to justification. My aim is to buttress the chapter's responses to these challenges, charting promising avenues forward.