
La publication en 1982 de Sortie d’usine de François Bon et de L’Excès-l’usine de Leslie Kaplan marque un tournant important dans la littérature française contemporaine, en introduisant un retour au récit fondé sur une écriture critique prenant la forme de socio-fictions. Ces oeuvres permettent aux écrivains de focaliser leur attention sur les fractures du monde sans pour autant inciter le lecteur à participer à un combat revendicatif. L’analyse explore comment ces récits participent à la relecture du réel et à la transmission d’un legs littéraire et mémoriel, en inscrivant la mémoire ouvrière dans une tension constante entre histoire et mémoire collective. Par cette démarche, Bon et Kaplan établissent une connexion singulière à un passé ouvrier qui continue d’influencer des écrivains contemporains, tels Sylvain Rossignol avec Notre usine est un roman (2008) et Frédéric H. Fajardie avec Métaleurop. Paroles ouvrières (2003).
Cette étude entend mettre au jour la prégnance de l’incertitude comme ‘complexe’ psychologique et comme thème poétique dans l’oeuvre d’Eugenio Montale (1896-1981). Le point de départ de ce travail est l’analyse des 156 lettres (publiées pour la première fois en 2006) que Montale a écrites à sa muse la plus importante, l’américaine Irma Brandeis, entre 1933 et 1939. Leur analyse fait ressortir l’intensité d’un tourment amoureux généré par les incertitudes maladives du poète face à la femme aimée qui lui demande de la rejoindre aux États-Unis. Compte tenu du rôle que jouera la figure d’Irma dans la création montalienne, il paraît important de comprendre si, et comment, la poésie de Montale fait une place à ces incertitudes déchirantes. Dans cette perspective, l’analyse du poème tardif L’imponderabile (1971) en regard de la correspondance avec la jeune américaine suggère une nouvelle lecture de ce texte. Plus largement, l’analyse de la poésie montalienne antérieure à la rencontre avec Irma permet d’établir la prégnance du thème de l’incertitude dans l’oeuvre de Montale, en montrant que cette incertitude n’est pas seulement d’ordre cognitif et philosophique mais qu’elle revêt une dimension proprement psychologique et existentielle constitutive de son monde poétique, dès les poèmes de jeunesse.
Les noms de marques possèdent dans le système des noms propres un statut précaire qui se traduit par l’instabilité de leur usage et par un va-et-vient incessant entre les catégories des noms propres et des noms communs. Certains noms déposés sont enregistrés par les dictionnaires et peuvent se comporter comme des noms communs. Un échantillon de 15 mots tirés de noms déposés a été constitué sur la base de la 9e édition numérique du Dictionnaire de l’Académie française. Ces mots, qui désignent des produits et des matériaux techniques, sont analysés à l’aide du logiciel Sketch Engine selon quatre critères formels traditionnellement utilisés pour définir le nom propre : (a) l’emploi de la majuscule initiale, (b) l’emploi au pluriel, (c) la présence d’un article et (d) leur présence dans les dictionnaires. Les résultats démontrent un usage extrêmement flottant. Les formes avec une minuscule initiale prévalent, l’usage des mots au pluriel est très courant, l’emploi de l’article est extrêmement variable et les dictionnaires choisis enregistrent la majorité des mots de l’échantillon (avec ou sans majuscule), y compris les variantes orthographiques et les dérivés.
En el presente estudio, nos enfocaremos en la configuración que tiene el espacio en el universo narrativo de Contra el viento (2009) de Ángeles Caso. Para ello se abordará, en primer lugar, reflexiones teóricas acerca del espacio novelístico para, posteriormente, centrarnos en la naturaleza y las funciones de este elemento en la novela y su estrecha relación con el desarrollo de la protagonista y de la trama narrativa. Se tendrá en cuenta la teoría del cronotopo de Bajtín, dadas las posibilidades que brinda para el análisis literario al respeto de las relaciones entre el marco espacial y el temporal de una obra. Con el fin de justificar las dimensiones simbólicas del espacio en la novela en cuestión y su conexión con el mundo real, nos referiremos a la teoría de Lefebvre (2013) y las llamadas polaridades espaciales, desarrolladas por muchos teóricos, como es el caso de Lotman. El espacio en la novela, caso de estudio, no es un elemento pasivo, ni neutro sino un componente dinámico que está cargado de significaciones y símbolos y se vincula inmediatamente con el mundo exterior al que se refiere, lo que fomenta la verosimilitud de la historia narrada y permite al lector ahondar en un contexto que le resulta ser reconocible.
L’ivoironie se présente comme l’identité nouvelle de l’Ivoirien, celui-là même respectueux des institutions, de la diversité culturelle de sa nation en valorisant les mets, les sites touristiques et sportifs ainsi que le nouchi. Partant, nous disons que Josué Guébo et Henri-Michel Yéré s’inscrivent dans la mouvance d’une identification sociale, et leur œuvre respective, Tchapali de vass et Polo kouman, Polo parle sont un projet visant à la mise en pratique d’un style ou d’esthétique poétique et à l’établissement d’une identité, caractérisée par l’ivoironie – concept proposé par Toh Bi Tié Emmanuel. L’étude épistémique de ces deux œuvres permet de dire que Josué Guébo et Henri-Michel Yéré érigent le nouchi en langue poétique. Ce faisant, leur œuvre respective inaugure une nouvelle ère de la poésie ivoirienne tout en s’inscrivant dans la vision de Toh Bi Tié Emmanuel quant à son concept d’ivoironie, puisque chacune des œuvres met en valeur un élément identitaire de la population ivoirienne : le nouchi.