
Nous publions ci-dessous des extraits du livre Unruly Matters de l’historien indo-étatsunien Sunil Amrith. Il y propose une histoire de l’Asie du Sud, et plus particulièrement de l’Inde après son accès à l’indépendance en 1947, dont la mousson, les eaux souterraines et celles des grands fleuves du sous-continent sont les actrices principales. Cette histoire environnementale met en lumière les relations étroites qui ont, pendant quarante ans, uni les politiques de développement, à commencer par la Révolution verte, et un pillage des eaux qui rend insoutenable la poursuite du modèle agricole indien.
Gérer ses émotions, travailler son estime de soi, développer ses capacités, puiser dans ses ressources pour dépasser les épreuves de la vie : les grilles de lecture psychologisantes ne sont pas cantonnées au marché du bien-être. Elles se diffusent à travers la société, y compris dans des espaces aussi institutionnalisés et normés que le système scolaire, et auprès d’acteur·rices pourtant conscient·es du poids des déterminismes sociaux. Les sociologues Nicolas Marquis et Sidonie Vacher analysent ici les raisons du succès des catégories « psy » pour penser et agir sur les difficultés des élèves à l’école.
On assiste depuis les années 2010 à la croissance rapide d’un véritable marché du bien-être à l’échelle mondiale. Dans un contexte de privatisation de la santé publique, d’injonction néolibérale à être entrepreneur de soi et d’accroissement des inégalités sociales, cette marchandisation du bien-être interroge : est-ce une ruse du capitalisme ? Le bien-être peut-il être un vecteur de politisation individuelle ou collective ? Dressant un panorama inédit des lieux, des pratiques et des acteur·rices du bien-être en France et à l’étranger, ce dossier prend le parti de soumettre à l’analyse critique les dynamiques de marchandisation, leurs causes, tout en questionnant le potentiel émancipateur du bien-être.
Du paracétamol dans l’eau des calanques, des anti-épileptiques et des psychotropes dans les rivières, des résidus d’anti-inflammatoires dans l’eau potable : l’eau qui nous entoure n’est pas seulement polluée par les pesticides ou les PFAS mais aussi par des molécules supposées contribuer à notre santé. Les auteur·rices de cet article reviennent sur l’histoire de la pollution pharmaceutique et sur sa prise en compte par les pouvoirs publics. Questionnant le caractère singulier de cette pollution, cet article analyse la difficulté à faire reconnaître un problème de santé publique quand les connaissances demeurent incertaines et quand les institutions de soin ne s’en saisissent qu’à moitié.
Élue au Conseil municipal de la ville de Paris de 2001 à 2014, l’écologiste Anne Le Strat raconte ici son combat pour la municipalisation de l’eau dans la capitale et la création de la régie Eau de Paris, progressivement gagné sur l’ancienne SAGEP. Elle revient sur son parcours politique, depuis sa thèse sur l’eau jusqu’à la réalisation d’Aqua Publica Europea, un réseau national et international de villes engagées pour la reprise en main de la ressource. Anne Le Strat est aujourd’hui directrice générale déléguée à la mobilisation de la société à l’Office français de la biodiversité.