
Cette étude analyse les déterminants de la décision de coupe en forêt privée à partir de données de l’enquête OUI-GEF à l’échelle de la parcelle, appariées à des informations biophysiques dans trois parcs naturels régionaux français. La modélisation statistique de type probit spatial met en évidence le rôle central des comportements des propriétaires et de leur présence sur site (fréquence de visite, accessibilité perçue, loisirs), devant les seules contraintes physiques et biologiques. Les décisions de coupe apparaissent également interdépendantes, avec des effets de voisinage significatifs. Messages clés : • La décision de coupe en forêt privée dépend surtout du comportement et de la présence des propriétaires sur leurs parcelles, plus que des seules contraintes biophysiques. • Les interactions spatiales jouent un rôle très significatif: la coupe d’une parcelle est influencée par les pratiques des parcelles voisines.
La seconde partie de cet article analyse les difficultés persistantes des acteurs forestiers français à s’adapter aux dynamiques communautaires européennes. Elle met en lumière le décalage entre les visions nationales et européennes, l’importance des compromis, et la montée des enjeux environnementaux dans la politique forestière. Elle souligne la nécessité de ne pas confondre une stratégie forestière communautaire avec une véritable politique forestière commune, la pluralité des intérêts nationaux, et la nécessité d’une approche intégrée, notamment face aux défis du changement climatique, de la biodiversité et de la gestion durable. Enfin, elle insiste sur l’importance de clarifier les priorités françaises et de renforcer la concertation avec les partenaires européens, dans un contexte communautaire appelé à évoluer. Messages clés : • Un décalage persiste entre les représentations françaises du souhaitable et les possibilités offertes par le cadre communautaire européen. • L’émergence à court/moyen terme d’une véritable politique forestière commune, cohérente et globale, est improbable malgré des marges d’action sectorielles. • La France doit hiérarchiser ses priorités, intégrer les contraintes européennes et construire des alliances.
Au XVIIᵉ siècle, les communautés de Béarn, Pays basque et Bigorre pratiquaient une agroforesterie intensive dans des chênaies plantées et renouvelées, associant production de bois d’œuvre et de chauffage, et productions agricoles. Un contraignant règlement technique fut établi en 1673 par Louis de Froidour. Dès le XVIIIe siècle, les pratiques se limitèrent à la taille en têtards sans replantation ; les espaces communautaires évoluèrent vers la forêt ou vers la lande. Des individus multiséculaires, rescapés de cette agroforesterie, existent encore à l’ouest du Pays basque, abritant dans leurs cavités une exceptionnelle faune de coléoptères saproxyliques. Celle-ci disparaît quand ces arbres s’effondrent : conséquence du pastoralisme ovin, nul jeune chêne ne permet la continuité d’habitat. Messages clés : • Au XVIIᵉ siècle, l’agroforesterie intensive était déjà pratiquée dans les chênaies plantées des communautés basco-béarnaises. • Le règlement de Froidour (1673) organise les pratiques sylvicoles pour que ce système soit durable. • La biodiversité exceptionnelle des derniers arbres têtards multiséculaires disparaît avec l’effondrement des rares survivants.
Cet article fait le point sur les changements génétiques temporels observés depuis la fin du XVIIe siècle dans les peuplements de chêne sessile. Il met en évidence une évolution génétique au niveau génomique et phénomique, et révèle des variations de caractères très intégrateurs liés à la valeur adaptative (croissance, phénologie, surface foliaire spécifique). Au-delà de l’estimation des variations génétiques temporelles, cette contribution s’attache aussi à en rechercher les mécanismes, qui stimulent et favorisent leurs accumulations, dans le but d’en tirer des conclusions sylvicoles visant à faciliter l’adaptation au changement climatique actuel. Messages clés • Les résultats issus du suivi génétique temporel du chêne sessile mettent en évidence une évolution génétique rapide et fluctuante en réponse aux changements climatiques. • Ils suggèrent que cette évolution adaptative peut être facilitée par des opérations sylvicoles lors de la régénération naturelle des chênaies.