Au cours de la dernière décennie, un très grand nombre de travaux de stimulation magnétique transcrânienne (ou transcranial magnetic stimulation, TMS) ont été effectués, comprenant notamment l’élaboration de nouveaux paradigmes de stimulation, l’intégration des données d’imagerie et le couplage de techniques de TMS et d’EEG ou de neuroimagerie. Aussi, devant l’accumulation de ces données difficiles à synthétiser, plusieurs sociétés savantes francophones ont mandaté un groupe d’experts français afin de réaliser une analyse exhaustive de la littérature concernant la TMS. Ce texte de consensus reprend l’ensemble des conclusions de ce groupe d’experts sur les mécanismes d’action, les règles de sécurité et les indications thérapeutiques de la TMS, notamment répétitive (rTMS). Des séances de TMS ont été réalisées chez des milliers de sujets sains ou des patients souffrant de diverses maladies neurologiques ou psychiatriques, permettant une meilleure évaluation des risques relatifs liés à cette technique. Le nombre d’effets secondaires rapportés est extrêmement faible, la complication la plus sérieuse étant la survenue de crises d’épilepsie. Dans la plupart des crises rapportées, les paramètres de stimulation ne suivaient pas les recommandations précédemment publiées (Wassermann, 1998) [430] et souvent il existait un traitement médicamenteux qui pouvait abaisser le seuil épileptogène. Les recommandations sur la sécurité d’utilisation de la TMS/rTMS ont été récemment actualisées (Rossi et al., 2009) [348], fixant les contre-indications et établissant de nouvelles limites concernant les différents paramètres de stimulation. Concernant les règles de sécurité, les recommandations que nous proposons pour un public francophone sont donc en grande partie fondées sur ce précédent article avec quelques adaptations. La question des indications thérapeutiques de la rTMS n’avait jamais fait en revanche l’objet d’un travail de synthèse. Nous avons abordé les pathologies suivantes : douleurs chroniques, mouvements anormaux, accidents vasculaires cérébraux, épilepsie, acouphènes et pathologies psychiatriques. Il y a déjà pour certaines d’entre elles (douleurs neuropathiques chroniques, épisodes dépressifs majeurs, hallucinations auditives), un niveau de preuves suffisant des études publiées, pour retenir une indication thérapeutique de la rTMS en pratique clinique. Ces indications devraient encore se développer dans les prochaines années et les paramètres de stimulation optimaux à utiliser en fonction de ces indications devraient également se préciser.
During the past decade, a large amount of work on transcranial magnetic stimulation (TMS) has been performed, including the development of new paradigms of stimulation, the integration of imaging data, and the coupling of TMS techniques with electroencephalography or neuroimaging. These accumulating data being difficult to synthesize, several French scientific societies commissioned a group of experts to conduct a comprehensive review of the literature on TMS. This text contains all the consensual findings of the expert group on the mechanisms of action, safety rules and indications of TMS, including repetitive TMS (rTMS). TMS sessions have been conducted in thousands of healthy subjects or patients with various neurological or psychiatric diseases, allowing a better assessment of risks associated with this technique. The number of reported side effects is extremely low, the most serious complication being the occurrence of seizures. In most reported seizures, the stimulation parameters did not follow the previously published recommendations (Wassermann, 1998) [430] and rTMS was associated to medication that could lower the seizure threshold. Recommendations on the safe use of TMS / rTMS were recently updated (Rossi et al., 2009) [348], establishing new limits for stimulation parameters and fixing the contraindications. The recommendations we propose regarding safety are largely based on this previous report with some modifications. By contrast, the issue of therapeutic indications of rTMS has never been addressed before, the present work being the first attempt of a synthesis and expert consensus on this topic. The use of TMS/rTMS is discussed in the context of chronic pain, movement disorders, stroke, epilepsy, tinnitus and psychiatric disorders. There is already a sufficient level of evidence of published data to retain a therapeutic indication of rTMS in clinical practice (grade A) in chronic neuropathic pain, major depressive episodes, and auditory hallucinations. The number of therapeutic indications of rTMS is expected to increase in coming years, in parallel with the optimisation of stimulation parameters.
Major depressive disorder is characterized by structural and neurochemical changes in limbic structures, including the hippocampus that regulates mood and cognitive functions. Hippocampal atrophy is observed in patients with depression: structural changes in the hippocampus associated with depression include dendritic atrophy, decreased adult neurogenesis and reduced volume. Impairment of neuroplasticity in the hippocampus, amygdala and cortex is hypothesized to be the mechanism by which cognitive function, episodic verbal memory and emotions are altered in depression. Chronic stress exposure and depression leads to hippocampal atrophy and cell loss as well as to decreased expression of neurotrophic growth factors. All types of antidepressant drugs reverse or block the effects of stress. Chronic antidepressant administration upregulates neurogenesis and neuroplasticity in the adult hippocampus and these cellular responses are required for the effects of antidepressants in animal models of depression.
Le trouble dépressif majeur s’accompagne des changements structurels et neurochimiques au sein du système limbique y compris l’hippocampe, structure impliquée dans des fonctions cognitives et émotionnelles. L’atrophie hippocampique constatée chez des patients dépressifs récurrents s’accompagne de changements anatomiques avec atrophie dendritique, diminution de la neurogenèse et réduction du volume de l’hippocampe objectivable à l’IRM morphologique. Induite par la dépression, la perturbation de la neuroplasticité de l’amygdale et du cortex, mais surtout de l’hippocampe, serait responsable de troubles cognitifs, de la mémoire épisodique verbale (MEV) ainsi que de troubles émotionnels. Le stress chronique et la dépression induisent une atrophie avec perte cellulaire et une diminution de la synthèse des facteurs neurotrophiques au sein de l’hippocampe, qui sont réversibles avec un traitement antidépresseur. Celui-ci a comme propriété de bloquer les effets du stress sur l’hippocampe en stimulant la neurogenèse hippocampique et des phénomènes de neuroplasticité. La neurogenèse et la neuroplasticité seraient à l’origine de l’effet des antidépresseurs dans des modèles animaux de dépression.
L’objectif est d’étudier les liens entre les schémas précoces inadaptés (SPI) et les stratégies d’adaptation chez des patients alcoolodépendants et des patients déprimés. En effet, on peut s’interroger quant à l’implication de cette interrelation sur le fonctionnement psychique pathologique de ces individus et la récurrence des hospitalisations. Pour ce faire, nous utiliserons la version courte du questionnaire des schémas de Young (YSQ-S1), l’échelle de coping de Vitaliano (WCC-R), l’inventaire de dépression de Beck (BDI), l’inventaire d’anxiété de Spielberger (STAI A-B). Ces questionnaires sont remplis par 18 sujets hospitalisés pour alcoolodépendance au terme du sevrage et 15 sujets hospitalisés pour trouble dépressif quelques jours après leur arrivée dans le service. Nous obtenons donc de nombreuses corrélations reliant les schémas aux stratégies d’adaptation (notamment celle d’évitement). Le nombre d’hospitalisations semble cependant, être un facteur peu lié à l’activation des schémas. On en tire également des résultats surprenants concernant la similitude presque parfaite des divers résultats entre la population alcoolodépendante et la population déprimée.