La modernité s’est écartelée entre la Terre de Husserl (qui ne se meut pas) et la Terre de Galilée (qui se meut), contradictoires mais vraies toutes les deux. Logiquement et ontologiquement incapable de surmonter ce dilemme, le paradigme moderne l’a évacué en niant l’existence de mondes divers, puisque la Terre de Galilée est universelle ; d’où la Sixième Extinction. Devant cette impasse, il s’impose à nous de penser ternairement, non plus binairement : la Terre (S) est une et universelle mais, pour les divers êtres (I, I’, I’’…), elle existe en tant que mondes divers (P, P’, P’’…). D’où les réalités différentes (S-I-P, S-I’-P’, S-I’’-P’’…) qui sur une même planète, depuis 3,8 milliards d’années, ont évolué convivialement en fonction les unes des autres.
Here we show that resources exist in both a logical and ontological ternary relationship, S-I-P; in which the Earth is in the subject-substance position, S, humans in the interpreter position, I, and interpretation in the accident-predicate position, P. The result of this is reality S/P (S as P for I). Architecture is an expression of this process, in which it is established in an ecumenical and terrestrial dimension, where it must be reground, while capitalism tends to make it an abstraction.
A transmodern conception of nature is proposed, sublating (aufhebend) the Aristotelian logic of the identity of the subject and the Nishidian paleologic of the identity of the predicate, and discussing, as concrete examples, Imanishi's theory of evolution and Fukuoka's natural farming.
Le sinogramme 公, qui aujourd’hui signifie « public » en Chine comme au Japon, se compose de deux éléments : ム et 八. Le premier élément est la forme initiale du sinogramme signifiant « privé » : 私. Il signifiait à l’origine : cacher en entourant de trois côtés. Le second élément signifiait au contraire : ouvrir à droite et à gauche. Dans la prononciation dérivée du chinois gong , 公 se prononce kô , mais ooyake dans sa prononciation proprement japonaise, ce qui étymologiquement signifiait « lieu ( ke ) de la grande ( oo ) maison ( ya ) », c’est-à-dire celle du souverain. Ce terme a donc une origine inverse de celle de notre « public », mot qui vient du latin populus , peuple. Dans la tradition japonaise, le peuple relève au contraire du watakushi 私, le privé ; et dans le régime féodal, qui a régné sur l’archipel de la fin de l’État antique ( xii e siècle) jusqu’à la restauration meijienne (1868), ooyake désignait la chose du suzerain, watakushi celle du vassal. Rien à voir avec l’idée de res publica . C’est dire qu’introduire la notion occidentale de « public » n’a pas été une mince affaire.
La modernité évolue essentiellement dans le sens d’une déterrestration en rompant les liens entre l’Humanité et la terre (le sol) d’une part, la Terre (la planète) d’autre part, entraînant ainsi une dégradation des sols – du point de vue pédologique et anthropologique, avec «la fin des paysans » – et de la planète (avec la dite ère de l’Anthropocène, qui mène à la sixième extinction de la vie sur Sol III), à laquelle elle entend remédier en s’appuyant sur le moment structurel (couplage dynamique) du Transhumanisme et de la Géo-ingénierie. Nous devrions au contraire retisser nos liens terrestres en convertissant, d’une part, l’agriculture intensive en permaculture et en culture écologique – comme l’agriculture naturelle (shizen nôhô 自 然 農 法 ) de Fukuoka, qui est l’exacte opposée de l’agronomie moderne, prônant les quatre principes «sans labour, sans engrais, sans pesticides, sans désherbage » –, et, corrélativement, prendre soin de l’environnement et de la biodiversité en général au lieu de les gaspiller. Il s’agit d’un choix non seulement technique, mais également moral, qui appelle à dépasser les fondements ontologiques et logiques mêmes de la modernité : le dualisme et la loi du tiers exclu. L’adhésion indéfectible à la profession de foi moderne du cogito («Je connus de là que j’étais une substance dont toute l’essence ou la nature n’est que de penser, et qui pour être n’a besoin d’aucun lieu ni ne dépend d’aucune chose matérielle » ), qui contribue à séparer notre être à la fois de la terre et de la Terre, pourrait tôt ou tard entraîner l’extinction de notre espèce sur Sol III.
Essai de l'auteur sur la mesologie, la science des milieux, abordee a la fois sous l'angle ontologique et de la logique. Une reflexion sur l'impact des facteurs industriels, economiques ou sociaux, entrainant la destruction de l'environnement et l'extinction des especes. Une nouvelle perspective transdisciplinaire qui invite a repenser l'existence humaine et sa relation avec la nature. ©Electre 2018
Interpreta-se aqui o "litígio" (Streit) que Heidegger vê entre a Terra e o Mundo em “L’Origine de l’œuvre d’art” (“A origem da obra de arte”) como o enquanto-que (als) que faz a substância terrestre sair de sua identidade de estentido-abaixo (hupokeimenon, subjectum) para desdobrar seu ser em direção a um predicado insubstancial que é um certo mundo – o Mundo, para nós como é o mundo. Esta assunção do sujeito (a Terra) enquanto um certo predicado – um mundo que ela, por conseguinte, abre – produz as realidades geográficas. Aqui, a obra de arte tem um papel de precursora. A ciência, por outro lado, não pára até que capte a identidade do sujeito (aquele do estudioso de Lógica, que não é outro senão que o objeto do físico). Pode-se ainda traçar uma tripla homologia no Streit: há um litígio entre Terra e Mundo como entre ciência e arte, assim que entre sujeito e predicado, litígio que engendra indefinidamente a realidade movente de um certo meio.
English“The cosmophany of geographical realities”. The « dispute » (Streit) which Heidegger sees between Earth and World in The Origin of the Work of Art is here interpreted as the “as” (als) which makes earthly substance come out of its identity as that-which-liesbeneath (hupokeimenon, subjectum) by deploying its Being toward an unsubstantial predicate, which is a certain world – the World, for us whose world it is. This assumption of the subject (the Earth) as a certain predicate – a world, which by the same token is opened up – produces geographical realities. The work of art plays here the role of a scout. Science, on the other hand, will have no rest until it grasps the identity of the subject (that of the logician, which is none other than the physicist’s object). We can thus find a triple homology in the Streit: it is at the same time a dispute between Earth and World, between science and art, and between subject and predicate, a dispute which indefinitely begets the moving reality of a certain milieu (Umwelt). portuguesInterpreta-se aqui o (Streit) que Heidegger ve entre a Terra e o Mundo em “L’Origine de l’œuvre d’art” (“A origem da obra de arte”) como o enquanto-que (als) que faz a substância terrestre sair de sua identidade de estentido-abaixo (hupokeimenon, subjectum) para desdobrar seu ser em direcao a um predicado insubstancial que e um certo mundo – o Mundo, para nos como e o mundo. Esta assuncao do sujeito (a Terra) enquanto um certo predicado – um mundo que ela, por conseguinte, abre – produz as realidades geograficas. Aqui, a obra de arte tem um papel de precursora. A ciencia, por outro lado, nao para ate que capte a identidade do sujeito (aquele do estudioso de Logica, que nao e outro senao que o objeto do fisico). Pode-se ainda tracar uma tripla homologia no Streit: ha um litigio entre Terra e Mundo como entre ciencia e arte, assim que entre sujeito e predicado, litigio que engendra indefinidamente a realidade movente de um certo meio.
On interprète ici le « litige » ( Streit ) que Heidegger voit entre la Terre et le Monde, dans L’Origine de l’oeuvre d’art , comme l’en-tant-que ( als ) qui fait sortir la substance terrestre de son identité de gisant-dessous ( hupokeimenon, subjectum ) pour déployer son être vers un prédicat insubstantiel qui est un certain monde – le Monde, pour nous autres dont c’est le monde. Cette assomption du sujet (la Terre) en tant qu’un certain prédicat – un monde, qu’elle ouvre de ce fait même – produit les réalités géographiques. L’oeuvre d’art y joue un rôle d’éclaireur. La science, en revanche, n’a de cesse qu’elle ne saisisse l’identité du sujet (celui du logicien, qui n’est autre que l’objet du physicien). On peut ainsi tracer une triple homologie dans le Streit : il y a litige entre Terre et Monde comme entre science et art, ainsi qu’entre sujet et prédicat, litige qui engendre indéfiniment la mouvante réalité d’un certain milieu.
"The cosmophany of geographical realities". The << dispute >> (Streit) which Heidegger sees between Earth and World in The Origin of the Work of Art is here interpreted as the "as" (als) which makes earthly substance come out of its identity as that-which-lies-beneath (hupokeimenon, subjectum) by deploying its Being toward an unsubstantial predicate, which is a certain world - the World, for us whose world it is. This assumption of the subject (the Earth) as a certain predicate - a world, which by the same token is opened up produces geographical realities. The work of art plays here the role of a scout. Science, on the other hand, will have no rest until it grasps the identity of the subject (that of the logician, which is none other than the physicist's object). We can thus find a triple homology in the Streit: it is at the same time a dispute between Earth and World, between science and art, and between subject and predicate, a dispute which indefinitely begets the moving reality of a certain milieu (Umwelt).
On assimile le motif du « litige » (Streit) entre terre et monde, dans L’Origine de l’œuvre d’art, à celui de l’en-tant-que (als), dans Les concepts fondamentaux de la métaphysique, que la mésologie (Umweltlehre) d’Uexkull a inspiré à Heidegger. On rapproche également ce motif de la « logique du prédicat » de Nishida, pour montrer que le Streit équivaut au principe de la saisie du sujet logique, l’hupokeimenon qu’est la terre ou la nature, selon l’ensemble de prédicats qui ouvrent un certain monde. On en donne pour exemple le Sakuteiki, premier traité de l’art des jardins en Asie orientale.