La vaccination papillomavirus est recommandée en France à toutes les jeunes filles à l'âge de 14 ans. Nous avons voulu évaluer comment ces recommandations étaient appliquées dans l'année suivant sa mise à disposition. Toutes les doses des vaccins papillomavirus remboursés à des usagers du Régime Général d'Assurances Maladies dans la région Auvergne ont été recensées. Ce recueil systématique permet de savoir combien de doses de vaccins ont été administrés ainsi que les bénéficiaires, les prescripteurs, ainsi que la répartition dans les 4 départements de la région. Ces données ont pu être rapportées à l'effectif des classes d'âges répertoriées par les Caisses. Durant la période du 01/07/2007 au 30/11/2008, 22 876 vaccins ont été remboursés à 10 628 bénéficiaires (2,2 par personne) : 3 doses pour 41 % des jeunes femmes, 2 pour 30 %, 1 pour 28 %. Le taux de vaccination moyen est de 11 %. La répartition par département est la suivante : Allier = 11 % ; Cantal = 12 % ; Haute-Loire = 7 % ; Puy-de-Dôme = 12 %. La proportion de jeunes filles de 14 ans vaccinées est de 14 %. Le taux de vaccination est supérieur à 30 % chez les jeunes filles âgées de 15, 16, 17 et 18 ans et se réduit ensuite. Les délais entre les dates d'inoculation ont été respectés. 86 % des vaccins ont été prescrits par des généralistes, 10 % par des gynécologues, 3 % par des pédiatres. Les zones sous-vaccinantes sont celles qui avaient été repérées lors des enquêtes que nous avions faites pour d'autres vaccinations recommandées. Ce relevé permet de constater que la vaccination papillomavirus n'est appliquée que de manière très incomplète. La vaccination des 15-18 ans en rattrapage est préférée à la cible élective des recommandations : les jeunes filles de 14 ans. Les généralistes sont les principaux prescripteurs de cette vaccination. Ces résultats précisent les tendances observées en France dans les 2 années suivant sa mise à disposition.
Montrer comment une souche de VHA identifiée a diffusé en France. Ces données sont issues de la confrontation de données épidémiologiques (enquête pratiquées autour de cas groupés, déclaration obligatoire…) et du génotypage de la souche effectué au Centre National de Référence (CNR). En octobre 2004 une épidémie survient dans l’école d’un village d’Auvergne. Une investigation est pratiquée comportant notamment des prélèvements salivaires. 25 cas sont diagnostiqués et une vaccination des enfants et de leur famille est pratiquée ; l’épidémie s’éteint (décembre 2004). La souche est isolée : son génotypage détermine une souche 3A, nouvelle en France ; la même souche a été isolée chez un habitant du même village hospitalisé pour ictère quelques mois plus tôt à son retour de Madagascar. De nouveaux cas surviennent dans le Puy-de-Dôme, l’Allier, la Haute-Vienne, puis dans l’Indre mais aussi l’Ariège et les Pyrénées Orientales. Deux épidémies importantes sont investiguées : une dans l’Indre en 2005-6 (23 cas), l’autre dans le Puy-de-Dôme (83 cas en 2006) : elles affectent surtout des enfants de moins de 15 ans de familles semi-nomades ; des mesures sanitaires sont prises et une vaccination des plus jeunes est pratiquée. La même souche de génotype 3A est en cause (homologie de 100 % de la séquence étudiée). Par la suite, des cas groupés impliquant des gens du voyage sont déclarés sur tout le territoire national métropolitain ; l’épidémie de l’été 2007 dans les Côtes d’Armor est due aussi à cette souche. De 2006 à 2008 plus de 25 % des souches identifiées au CNR ont ce génotype : il est plus souvent associé à des épidémies que les autres génotypes. Dans notre pays, le succès de telles souches provenant d’un pays de haute endémicité a conduit le Comité Technique des Vaccinations à réaffirmer l’importance de la vaccination des voyageurs et à recommander, lors de la survenue d’un cas dans une communauté vivant dans des conditions précaires, une vaccination large des sujets exposés.