IntroductionAprès un 1er signalement donné le 6 juillet 2023 par l'équipe opérationnelle d'hygiène hospitalière (EOH) d'un Centre Hospitalier, rapportant 9 cas de coqueluche dans un service de cardiologie, la situation évoluait au 13 juillet 2023 avec 67 cas impliquant plusieurs services. Toutes les coqueluches identifiées étaient de l'espèce Bordetella parapertussis.Matériels et méthodesUn cas de coqueluche était défini comme la détection de B. parapertussis par qPCR et prélevé par écouvillonnage nasopharyngé. Le laboratoire hospitalier local a utilisé la cible génétique IS1001 pour tester le B. parapertussis. Dès le début, l'EOH a mis en place les mesures de protection dans les services concernés. Les cas ont été traités, les contacts recherchés et le personnel mis sous antibioprophylaxie.RésultatsLe 20 juillet, le bilan final rapportait 136 cas, tous positifs pour B. parapertussis, chez des patients et du personnel soignant dans 10 services. Les cas résidaient dans 3 départements et la majorité (121/136) était des adultes. Sur 26 cas symptomatiques ayant répondu, seul 35% (9/26) avaient signalé au moins un symptôme de coqueluche, 27% (7/26) étaient essoufflés et aucun n'avait signalé une toux de plus de 14 jours. Les nombreux cas groupés non-nosocomiaux suggéraient une circulation communautaire. L'analyse microbiologique a révélé des valeurs du seuil de cycle (Ct) comprises entre 31 et 37 pour 131 échantillons positifs: une forte homogénéité de valeurs, assez élevées (moyenne=33,7) et peu représentatives d'une distribution classique d'une épidémie de coqueluche. De plus, les laboratoires sentinelles locaux ne rapportaient aucun prélèvement positif à B. parapertussis depuis avril 2023. Afin de confirmer le signal, le Centre National de Référence (CNR) de la coqueluche et le laboratoire hospitalier ont vérifié la possibilité d'une contamination en testant à nouveau 25 échantillons positifs. Les valeurs Ct obtenues étant toutes supérieure à 39, le CNR a soulevé l'hypothèse de faux positifs.ConclusionAprès plusieurs contrôles effectués sur des écouvillons stériles provenant du même lot, le tableau clinique atypique des cas, et devant l'absence de détection de B. parapertussis par d'autre laboratoires, le CNR, les autorités sanitaires régionales et nationales, ont conclu qu'il s'agissait d'une pseudo-épidémie liée à des échantillons faussement positifs, dus à des écouvillons contaminés utilisés par le laboratoire hospitalier. Ces résultats ont été communiqués à l'ANSM et une enquête de matériovigilance a été ouverte auprès des fournisseurs. Cette enquête a souligné l'importance de la mise en commun de l'analyse épidémiologique et microbiologique mais aussi de l'expertise du CNR pour valider tout signal épidémiqueAucun lien d'intérêt
Abstract Social inequalities in health affect access to healthcare and prevention. In Marseille, these inequalities are pronounced, with 26% of the population below the poverty line. In September 2022, a health mediation and outreach program was launched in deprived neighbourhoods to promote cancer screening and vaccination by going towards populations and providing information and orientation adapted to individuals’ health literacy and autonomy. We aimed to evaluate the effectiveness of this intervention. A repeated cross-sectional study compared knowledge, attitudes and practices about cancer screening and vaccination before and after health mediation interventions and between control and intervention neighbourhoods. Trained investigators administered a questionnaire door-to-door to individuals aged 18-74 years in randomly selected households. A first T0 survey was conducted in September 2022, and a second T1 survey is underway in May 2024, in 13 intervention and 26 control neighbourhoods. We compared the before-and-after participation rates and associated risk factors for cancer screening and vaccination between both areas using mixed regression models. Of the 2,647 respondents at T0, 61% were women, 43% non-native French speakers, 40% unemployed, and 53% had public health insurance. Survey respondents were socially deprived and had lower participation rates in cancer screening and vaccination compared to national levels. At T0, the cancer screening participation rate was 31% for colorectal cancer, 51% for breast cancer, and 68% for cervical cancer. Factors associated with non-participation were not believing in the effectiveness of cancer screening, not being aware of its existence or not speaking French. At T0, only 54% knew about human papillomavirus vaccine and only 35% of eligible women were vaccinated. A comparison of these T0 results with results of the ongoing T1 survey will be presented, in order to assess the effectiveness of this health mediation intervention. Key messages • Health mediation promotes cancer screening and vaccination by going towards populations in deprived neighbourhoods and providing information adapted to individuals’ health literacy and autonomy. • Survey respondents were socially deprived and had lower participation rates in cancer screening and vaccination compared to national levels.
Les inégalités sociales sont fortement associées aux inégalités de santé, que ce soit pour les maladies chroniques ou infectieuses. Le SARS-CoV-2 ne fait pas exception, l'étude nationale EpiCov ayant montré dès juin 2020 un risque de COVID-19 croissant avec la défavorisation sociale. Le dépistage demeure un des piliers du contrôle de cette pandémie, tant à l'échelle individuelle pour l'isolement des cas et de leurs contacts à risque, que populationnelle pour identifier et cibler certaines mesures d'accompagnement. L'accès au dépistage ne saurait être considéré comme uniforme, tant l'accès au soin apparaît déficitaire dans certains territoires (zones urbaines défavorisées, rurales). Par ailleurs, le manque de prise en compte des inégalités sociales dans les mesures de suivi des cas a été souligné. Notre objectif était de prendre en compte le sous-diagnostic du SARS-CoV-2 lié à la défavorisation sociale afin d'améliorer le ciblage des actions de santé publique à l'échelle régionale. Le nombre de tests (RT-PCR et antigéniques) et de cas de COVID-19 positifs enregistrés dans la base SI-DEP ont été agrégées à l'échelle spatiale des IRIS (subdivision géographique d'environ 2000 habitants) et temporelle selon des périodes correspondant aux grandes mesures de contrôle de l'épidémie (pré-, pendant, post-confinement, passe sanitaire…). Les taux de dépistage, d'incidence de COVID-19 et de positivité des tests ont été définis par IRIS et par période. Nous avons caractérisé le profil socio-démographique de chaque IRIS à partir de données de population et d'accès au soin (source INSEE et DREES), et de l'European Deprivation Index (EDI), indicateur spécifique de défavorisation sociale. Enfin, nous avons analysé le ratio de taux de dépistage (RTD) selon le profil socio-démographique après ajustement sur l'accès au soin, au moyen d'un modèle additif généralisé hiérarchique prenant en compte l'autocorrélation spatiale entre les IRIS voisins. Nous avons distingué 10 périodes entre Juillet 2020 et Janvier 2022, et identifié six profils d'IRIS : un profil rural, un rural/péri-urbain, et quatre profils urbains correspondant respectivement à des IRIS aisés, denses de centre-ville, défavorisées, et denses très défavorisées. Le taux de dépistage des IRIS urbains très défavorisés était systématiquement inférieur au taux de dépistage des IRIS urbains/péri-urbains aisés (RTD entre 0.85 (IC95 %=0.80-0.91) et 0.64 (0.59-0.69)). Les pics d'incidence de COVID-19 ont été atteints plus tardivement dans les IRIS très défavorisées que dans les IRIS aisés lors de périodes de confinement (novembre 2020) ou de périodes de vaccination massive (juillet 2021). Cette étude a permis d'identifier une liste limitée d'IRIS caractérisés par un sous-dépistage et un retard d'efficacité des mesures sanitaires de freinage de la COVID-19. Ils ont ainsi pu être priorisés dans les interventions mises en place par les acteurs régionaux et locaux de la réponse à la pandémie. Aucun lien d'intérêt
ContexteEn réponse à l’épidémie de SARS-CoV-2 en région Provence-Alpes-Côte d'Azur (France), un groupe de travail composé d'acteurs institutionnels régionaux, universitaires, associatifs et hospitaliers, s'est constitué fin 2020 pour développer des indicateurs fiables à une échelle fine et interpréter collectivement leur dynamique spatio-temporelle. Le projet « Hotspots COVID-19 » avait pour objectif la détection précoce des reprises épidémiques, et des circulations virales importantes et/ou persistantes, à une échelle infracommunale, afin d'orienter et d'optimiser les actions de santé publique.MéthodesA l’échelle des Iris (Ilots regroupés pour l'information statistique) et de la semaine, quatre niveaux de priorités ont été défini sur la base d'indicateurs de circulation virale : taux d'incidence, taux de positivité, accélération de l'incidence. Des éléments structuraux ont été intégrés : défavorisation sociale, sous-dépistage, récurrence des évènements, vaccination. Des indicateurs de qualité des données et de circulation des variants ont complété les discussions. Ces évaluations régionales ont permis d'indiquer chaque semaine aux décideurs et équipes de terrain (médiateurs) les territoires prioritaires où cibler les actions de sensibilisation, contact-tracing, dépistages, vaccination, sous différentes formes (carte interactive, synthèse…). La méthode a été adaptée au fil des évolutions épidémiologiques, des retours de terrain et des réflexions du groupe.RésultatsDe mars à décembre 2021, 43 jeux de résultats ont été envoyés aux décideurs et équipes de terrain, permettant l'optimisation du déploiement des médiateurs. Ces données ont permis de suivre la dynamique épidémique, des variants, et de mesurer l'impact différent selon les territoires, notamment ceux socialement défavorisés.Discussion-ConclusionCette démarche collaborative a permis de définir chaque semaine les zones prioritaires d'interventions, de mobiliser et d'orienter le déploiement de ressources limitées. Elle montre l'importance d'une stratégie ciblée à une échelle spatio-temporelle fine et la pertinence du dialogue pluridisciplinaire et pluri-acteurs en temps de crise. A l'avenir, cette méthode est applicable pour optimiser d'autres actions de santé publique.Déclaration de liens d'intérêtsLes auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.
En réponse à l'épidémie de SARS-CoV-2, un groupe de travail composé d'acteurs institutionnels, universitaires, associatifs et hospitaliers, a développé un projet dénommé « Hotspots COVID-19 ». Ce projet a pour objectif la détection précoce des reprises épidémiques, et des circulations virales importantes et/ou persistantes, à une échelle infracommunale, afin d'orienter et d'optimiser les actions de santé publique. Pour cela, des indicateurs ont été développés à une échelle fine et interprétés collectivement dans leur dynamique spatio-temporelle. A l'échelle des Iris (îlots regroupés pour l'information statistique) et de la semaine, quatre niveaux de priorités ont été définis sur la base d'indicateurs de circulation virale : taux d'incidence, taux de positivité, accélération de l'incidence. Des éléments structuraux ont été intégrés : défavorisation sociale, sous-dépistage, récurrence des évènements et vaccination. L'analyse d'indicateurs de qualité des données et de circulation des variants a complété les discussions. Le suivi des indicateurs a permis d'indiquer chaque semaine aux décideurs et équipes de terrain (médiateurs de lutte anti-covid) les territoires prioritaires où mener les actions de sensibilisation, contact-tracing, dépistages, vaccination, sous différentes formes (carte interactive, synthèse…). La méthode et les outils produits ont été adaptés au fil des évolutions épidémiologiques, des retours de terrain et des réflexions du groupe. De mars à décembre 2021, 43 analyses contextuelles ont été envoyées aux décideurs et aux équipes de terrain, permettant l'optimisation du déploiement des médiateurs. Ces analyses ont permis de suivre la dynamique épidémique, la diffusion de certains variants, mais aussi de mesurer un impact de l'épidémie différent selon les territoires, avec un lourd tribut payé par les quartiers socialement défavorisés. Cette démarche collaborative a permis de définir chaque semaine les zones prioritaires d'interventions, de mobiliser et d'orienter le déploiement des équipes de médiateurs, souvent contraintes en ressources humaines. Elle montre l'importance d'une stratégie ciblant les mesures de freinage à une échelle spatio-temporelle fine et la pertinence du dialogue pluridisciplinaire et pluri-acteurs en temps de crise. A l'avenir, cette démarche collaborative devrait être développée pour optimiser les actions de santé publique sur des thématiques ciblées. Une évaluation du dispositif a été initiée. Aucun lien d'intérêt
OBJECTIVE: Severe Acute Respiratory Syndrome Coronavirus 2 (SARS-CoV-2) Delta variant was classified as a variant of concern in May 2021 due to its increased transmissibility. It became dominant in Europe during the summer, raising concerns on the effectiveness of vaccines. We assessed the vaccine effectiveness (VE) of mRNA BNT162b2 (BioNTech-Pfizer) against SARS-CoV-2 Delta variant during an outbreak affecting long-term care facility (LTCF) residents in southern France. May 2021. MATERIALS AND METHODS: We conducted a retrospective cohort study among LTCF residents. We described sex, age. dependency level. reverse transcription PCR and sequencing results. clinical evolution. vaccination status. We compared attack rates of SARS-CoV-2 infection, symptomatic coronavirus disease 2019 (COVID-19), and severe COVID-19 (respiratory support. hospitalization. and/or death) by vaccination status (two doses administered vs. none) to estimate VE (1 - Relative Risk [RR]) with 95% confidence intervals (CI). VE was adjusted by age (Poisson regression). RESULTS: Among 72 LTCF residents. 75.0% (n=54) were women, mean age was 88.7 (SD 8.1) years, 69% (n=49/71) were severely dependent. SARS-CoV-2 infections were identified in 39 residents (54.2%), 11 with symptomatic. and eight with severe COVID-19. All sequenced samples (n=19. 48.7%) had the same Delta variant genomic sequence. Age-adjusted BNT162b2 VE against SARS-CoV-2 Delta variant infection was 11.2% (95% CI: 0.0-61.1%). it was 88.4% (95% CI: 59.9-96.7%) against symptomatic. and 93.5% (95% CI: 67.2-98.7%) against severe COVID-19. CONCLUSIONS: We found a high BNT162b2 VE against symptomatic and severe COVID-19 caused by SARS-CoV-2 Delta variant among LTCF elderly residents, but not against Delta variant infection. This supports vaccination rollout and the implementation of control measures for close contacts among vaccinated LTCF elderly residents.
Le mardi 12 novembre 2019, le CNR LE Cryptosporidioses informait Santé Publique France du diagnostic d'un nombre anormalement élevé de cryptosporidioses transmises par un plateau technique de laboratoires de biologie médicale des Alpes Maritimes. Suite à ce signalement, des investigations épidémiologiques, parasitologiques et environnementales ont été initiées. Tous les cas pour lesquels un prélèvement de selles positif à Cryptosporidium sp était retrouvé depuis octobre 2019 par le plateau technique de laboratoires et deux hôpitaux ont été signalés à Santé Publique France et interrogés à l'aide d'un questionnaire standardisé. Une partie des prélèvements a fait l'objet d'un génotypage. Parallèlement, les recours à SOS médecins pour gastro-entérite aiguë (GEA) sur la zone de domicile des cas ont été analysés. Plus de 200 échantillons d'eau du réseau d'eau potable ont été prélevés pour analyses parasitologiques. Un total de 129 cas confirmés par PCR a été signalé entre le 15 octobre et le 6 décembre 2019. La seule exposition commune retrouvée chez les cas était la consommation d'eau du robinet distribuée par un même réseau. Une augmentation des consultations pour GEA chez SOS médecins a été observée sur cette période, en faveur d'une contamination persistante du réseau. Un génotype prédominant (C parvum IId A22 G1) a été retrouvé parmi les cas. Plusieurs prélèvements d'eau du réseau ont également mis en évidence la présence de C parvum. Un réseau de distribution d'eau, alimentant 10 communes comptant environ 90 000 habitants, a rapidement été identifié comme la source de cette épidémie. Des recommandations de restrictions de l'usage de l'eau ont été diffusées par l'ARS Paca et un arrêté réglementant la consommation d'eau pris par la préfecture. Dans l'attente de l'installation d'une station de filtration de l'eau, une désinfection aux rayonnements ultraviolets est en cours de mise en place. Parallèlement des mesures de protection des ressources vont être renforcées. Cette épidémie a pu être détectée grâce à l'utilisation systématique d'une PCR Multiplex recherchant la présence de Cryptosporidium sp dans les prélèvements de selles par un des quatre plateaux techniques de laboratoires de biologie médicale du département. Le suivi des cas confirmés par ces laboratoires et deux hôpitaux a sous-estimé l'ampleur de cet épisode qui représente probablement l'épidémie de cryptosporidiose d'origine hydrique la plus importante jamais documentée en France. Des études sont en cours (enquête en population et vente de médicaments) afin d'estimer le nombre de cas qui pourrait lui être attribué.
ContexteLe virus Zika (ZIKV) est un flavivirus. Du fait de l'implantation de l'Aedes albopictus, les infections à ZIKV, comme la dengue et le chikungunya, sont sous surveillance renforcée en France métropolitaine. En 2019, la première transmission vectorielle de ZIKV a été identifiée dans le sud de la France. Il s'agissait de trois cas, malades début août, habitant un même quartier. Une enquête de séroprévalence a été menée afin de déterminer l’étendue de la transmission autochtone, et la part des infections asymptomatiques et paucisymptomatiques.MéthodesEn novembre 2019, des échantillons de sang capillaire, des informations sur les antécédents médicaux et les expositions à risque (voyages…), ont été collectés auprès des résidents consentants, et des travailleurs exposés au vecteur, dans un rayon de 200 mètres autour des cas. Les infections récentes étaient recherchées par sérologie IgM et IgG ELISA flavivirus. Les sérums positifs étaient testés en séroneutralisation pour le Zika, la dengue et le West-Nile, permettant de caractériser la réponse anticorps et déterminer un antécédent d'infection par le ZIKV.RésultatsL'enquête a été menée auprès de 61 % des foyers de la zone étudiée (89/146) et 86 % des personnes éligibles des logements enquêtés ont été prélevés (165/192). Ce pourcentage est de 82 % pour les travailleurs (69/84). Huit personnes présentaient une sérologie IgG anti-flavivirus positive (trois symptomatiques et cinq asymptomatiques). Toutes avaient des antécédents de voyage en zone intertropicale, cinq avaient eu la dengue et cinq avaient été vaccinées contre la fièvre jaune. Les séroneutralisations réalisées ont confirmé des infections anciennes de dengue.Discussion-ConclusionLes résultats obtenus sont en faveur d'un foyer limité d'infection à ZIKV sans mise en évidence de cas asymptomatique. Cette étude doit permettre d'appréhender le potentiel de diffusion du ZIKV sur le continent européen et de guider les mesures de contrôle à mettre en place en cas d’émergence.Déclaration de liens d'intérêtsLes auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.
SUMMARY Introduction An unprecedented outbreak of Ebola virus diseases (EVD) occurred in West Africa from March 2014 to January 2016. The French Institute for Public Health implemented strengthened surveillance to early identify any imported case and avoid secondary cases. Methods Febrile travellers returning from an affected country had to report to the national emergency healthcare hotline. Patients reporting at-risk exposures and fever during the 21st following day from the last at-risk exposure were defined as possible cases, hospitalised in isolation and tested by real-time polymerase chain reaction. Asymptomatic travellers reporting at-risk exposures were considered as contact and included in a follow-up protocol until the 21st day after the last at-risk exposure. Results From March 2014 to January 2016, 1087 patients were notified: 1053 were immediately excluded because they did not match the notification criteria or did not have at-risk exposures; 34 possible cases were tested and excluded following a reliable negative result. Two confirmed cases diagnosed in West Africa were evacuated to France under stringent isolation conditions. Patients returning from Guinea (n = 531; 49%) and Mali (n = 113; 10%) accounted for the highest number of notifications. Conclusion No imported case of EVD was detected in France. We are confident that our surveillance system was able to classify patients properly during the outbreak period.
We report a measles outbreak in a refugee settlement in Calais, France, between 5 January and 11 February 2016. In total, 13 confirmed measles cases were identified among migrants, healthcare workers in hospital and volunteers working on site. A large scale vaccination campaign was carried out in the settlement within two weeks of outbreak notification. In total, 60% of the estimated target population of 3,500 refugees was vaccinated during the week-long campaign.
Objectives: To describe and evaluate the forecasts of the load that pandemic A (H1N1) 2009 influenza would have on the general practitioners (GP) and hospital care systems, especially during its peak, in the Nord-Pas-de-Calais (NPDC) region, France.Study Design: Modelling study.Methods: The epidemic curve was modelled using an assumption of normal distribution of cases. The values for the forecast parameters were estimated from a literature review of observed data from the Southern hemisphere and French Overseas Territories, where the pandemic had already occurred. Two scenarios were considered, one realistic, the other pessimistic, enabling the authors to evaluate the 'reasonable worst case'. Forecasts were then assessed by comparing them with observed data in the NPDC region - of 4 million people.Results: The realistic scenarios forecasts estimated 300,000 cases, 1500 hospitalizations, 225 intensive care units (ICU) admissions for the pandemic wave; 115 hospital beds and 45 ICU beds would be required per day during the peak. The pessimistic scenario's forecasts were 2-3 times higher than the realistic scenario's forecasts. Observed data were: 235,000 cases, 1585 hospitalizations, 58 ICU admissions; and a maximum of 11.6 ICU beds per day.Conclusions: The realistic scenario correctly estimated the temporal distribution of GP and hospitalized cases but overestimated the number of cases admitted to ICU. Obtaining more robust data for parameters estimation - particularly the rate of ICU admission among the population that the authors recommend to use - may provide better forecasts. (C) 2015 The Royal Society for Public Health. Published by Elsevier Ltd. All rights reserved.
Sorbitol-fermenting Escherichia coli O157:[H7] is a particularly virulent clone of E. coli O157:H7 associated with a higher incidence of haemolytic uraemic syndrome and a higher case fatality rate. Many fundamental aspects of its epidemiology remain to be elucidated, including its reservoir and transmission routes and vehicles. We describe an outbreak of sorbitol-fermenting E. coli O157:[H7] that occurred in France in 2011. Eighteen cases of paediatric haemolytic uraemic syndrome with symptom onset between 6 June and 15 July 2011 were identified among children aged 6 months to 10 years residing in northern France. A strain of sorbitol-fermenting E. coli O157:[H7] stx2a eae was isolated from ten cases. Epidemiological, microbiological and trace-back investigations identified multiply-contaminated frozen ground beef products bought in a supermarket chain as the outbreak vehicle. Strains with three distinct pulsotypes that were isolated from patients, ground beef preparations recovered from patients' freezers and from stored production samples taken at the production plant were indistinguishable upon molecular comparison. This investigation documents microbiologically confirmed foodborne transmission of sorbitol-fermenting of E. coli O157 via beef and could additionally provide evidence of a reservoir in cattle for this pathogen.
Les indicateurs permanents de santé mentale sont rares en France et les conduites suicidaires ne sont souvent appréhendées qu’à partir de la mortalité par suicide. L’intérêt épidémiologique et les limites méthodologiques de quatre bases de données médico-administratives, sur lesquelles était possible une extraction portant sur les tentatives de suicide, ont été étudiés dans la région Nord - Pas-de-Calais (France) : les appels téléphoniques au Samu pour tentative de suicide (2009 à 2011), les accueils en service d’urgences hospitalières avec diagnostic de tentative de suicide (2012), les hospitalisations en médecine-chirurgie pour tentative de suicide (2009 à 2011) et les prises en charge psychiatriques avec diagnostic de tentative de suicide (2011). Un Samu sur deux, cinq services d’urgences sur 30, et la totalité des services de médecine-chirurgie et de psychiatrie ont transmis des données utilisables. Dans les deux dernières sources, un identifiant anonyme unique a permis une statistique au niveau de l’individu ; alors que dans les deux premières sources, elle ne porte que sur les gestes suicidaires. En 2011, le taux d’appels pour tentative de suicide pour 100 000 habitants s’élevait à 304 alors que le taux d’hospitalisation avec ce diagnostic était de 275. Les taux les plus élevés se situaient entre 20 et 49 ans chez les hommes ; avant 20 ans et entre 40 et 49 ans chez les femmes. On note une grande homogénéité des sources quant à l’âge moyen (entre 37,8 et 38,5 ans) et le sexe (55,0 % à 57,6 % de femmes). En 2011, le nombre de patients avec un diagnostic de tentative de suicide suivis en psychiatrie était 2,6 fois plus faible que le nombre de personnes hospitalisées en médecine-chirurgie pour tentative de suicide (3563 vs 9327). La permanence du recueil et la grande quantité d’informations enregistrées plaident pour l’utilisation de ces bases médico-administratives dans le cadre de la définition et de l’évaluation des politiques de santé mentale. L’augmentation de la participation des Samu et des services des urgences, ainsi que du codage du caractère suicidaire des intoxications par quelques services manifestement sous-déclarants, doit cependant être obtenue pour l’amélioration de ce système d’information multi-sources. There are very few permanent indicators of mental health in France; suicidal behavior is often only understood on the basis of deaths by suicide. The epidemiological interest and methodological limits of four medico-administrative databases from which data on suicide attempts can be extracted have been the subject of a study in the Nord - Pas-de-Calais Region of France: telephone calls for emergency medical assistance after suicide attempt (2009 to 2011), admissions in emergency services with a diagnosis of suicide attempt (2012), medical-surgical hospital admissions as a result of suicide attempt (2009 to 2011), and psychiatric admissions with a diagnosis of suicide attempt (2011). Usable data were provided by one of two emergency medical assistance units, five of thirty emergency departments and all medical-surgical and psychiatric units; in data from the latter two sources, a unique anonymous identifier gave individual statistics, while the first two covered only suicide attempts. In 2011, the number of suicide attempt calls per 100,000 inhabitants was 304, whereas the number of hospitalisations with this diagnosis was 275; rates are highest in men between 20 and 49 years of age, and in women below 20 years of age and between 40 and 49. Sources are seen to be very homogeneous with regards to the average age at which suicide took place (between 37.8 and 38.5 years, depending on the source), and to the sex (55.0% to 57.6% of women). In 2011, the number of patients with a diagnosis of suicide attempt treated in psychiatry is 2.6 times lower than the number hospitalised for suicide attempt in medical-surgical units (3563 vs 9327). Permanent gathering of data, and the large volume of data recorded, should encourage the use of these databases in the definition and assessment of mental health policy: an increased contribution from emergency call centers and emergency services, and the coding of the suicidal nature of intoxications by a few clearly under-declaring units, must however be achieved in order to improve this source of information.
Background. - There are very few permanent indicators of mental health in France; suicidal behavior is often only understood on the basis of deaths by suicide.Method. - The epidemiological interest and methodological limits of four medico-administrative databases from which data on suicide attempts can be extracted have been the subject of a study in the Nord - Pas-de-Calais Region of France: telephone calls for emergency medical assistance after suicide attempt (2009 to 2011), admissions in emergency services with a diagnosis of suicide attempt (2012), medical-surgical hospital admissions as a result of suicide attempt (2009 to 2011), and psychiatric admissions with a diagnosis of suicide attempt (2011).Results. - Usable data were provided by one of two emergency medical assistance units, five of thirty emergency departments and all medical-surgical and psychiatric units; in data from the latter two sources, a unique anonymous identifier gave individual statistics, while the first two covered only suicide attempts. In 2011, the number of suicide attempt calls per 100,000 inhabitants was 304, whereas the number of hospitalisations with this diagnosis was 275; rates are highest in men between 20 and 49 years of age, and in women below 20 years of age and between 40 and 49. Sources are seen to be very homogeneous with regards to the average age at which suicide took place (between 37.8 and 38.5 years, depending on the source), and to the sex (55.0% to 57.6% of women). In 2011, the number of patients with a diagnosis of suicide attempt treated in psychiatry is 2.6 times lower than the number hospitalised for suicide attempt in medical-surgical units (3563 vs 9327).Conclusion. - Permanent gathering of data, and the large volume of data recorded, should encourage the use of these databases in the definition and assessment of mental health policy: an increased contribution from emergency call centers and emergency services, and the coding of the suicidal nature of intoxications by a few clearly under-declaring units, must however be achieved in order to improve this source of information. (C) 2014 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
In May 2013, Middle East Respiratory Syndrome Coronavirus (MERS-CoV) infection was diagnosed in an adult male in France with severe respiratory illness, who had travelled to the United Arab Emirates before symptom onset. Contact tracing identified a secondary case in a patient hospitalised in the same hospital room. No other cases of MERS-CoV infection were identified among the index case’s 123 contacts, nor among 39 contacts of the secondary case, during the 10-day follow-up period.
P-Glycoprotein (ABCB1, MDR1) is a multidrug efflux pump that is a member of the ATP-binding cassette (ABC) superfamily. Many drugs in common clinical use are either substrates or inhibitors of this transporter. Quantitative details of P-glycoprotein inhibition by pharmaceutical agents are essential for assessment of their pharmacokinetic behavior and prevention of negative patient reactions. Cell-based systems have been widely used for determination of drug interactions with P-glycoprotein, but they suffer from several disadvantages, and results are often widely variable between laboratories. We aimed to demonstrate that a novel liposomal system employing contemporary biochemical methodologies could measure the ability of clinically used drugs to inhibit the P-glycoprotein pump. To accomplish this we compared results with those of cell-based approaches.Purified transport-competent hamster Abcb1a P-glycoprotein was reconstituted into a unilamellar liposomal system, Fluorosome-trans-pgp, whose aqueous interior contains fluorescent drug sensors. This provides a well-defined system for measuring P-glycoprotein transport inhibition by test drugs in real time using rapid fluorescence-based technology.Inhibition of ATP-driven transport by Fluorosome-trans-pgp employed a panel of 46 representative drugs. Resulting IC50 values correlated well (r2 = 0.80) with Kd values for drug binding to purified P-glycoprotein. They also showed a similar trend to transport inhibition data obtained using LLC-MDR1 cell monolayers. Fluorosome-trans-pgp IC50 values were in agreement with published results of digoxin drug–drug interaction studies in humans.This novel approach using a liposomal system and fluorescence-based technology is shown to be suitable to study whether marketed drugs and drug candidates are P-glycoprotein inhibitors. The assay is rapid, allowing a 7-point IC50 determination in < 6 min, and requires minimal quantities of test drug. The method is amenable to robotics and offers a cost advantage relative to conventional cell-based assays. The well-defined nature of this assay also obviates many of the inherent complications and ambiguities of cell-based systems.
Depuis le 11 juin 2009, la grippe A(H1N1) 2009 est considérée comme une pandémie par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Le premier cas importé de grippe A(H1N1) 2009 à l'île de La Réunion, département français d'Outremer situé dans l'hémisphère sud, a été diagnostiqué le 3 juillet 2009. Nous avons décrit les caractéristiques et l'impact de l'épidémie sur l'activité d'un service d'urgence du premier cas au pic de l'épidémie.Les patients consultant aux urgences pour syndrome grippal ou ayant des symptômes répondant à la définition d'un syndrome grippal ont été colligés en juillet et août. Les patients avec un diagnostic de sortie de syndrome grippal ont été analysés.L'activité des urgences en 2009, comparée à 2008, progressait de 0,5 % en juillet et de 9,7 % en août. En juillet et en août, respectivement 7,1 et 20,0 % des syndromes grippaux étaient hospitalisés. Pour les 394 patients étudiés (186 hommes, 36,2 ± 18,5 ans), 199 (50,5 %) avaient une comorbidité ou un facteur de risque de complications. Les complications survenaient chez 112 patients (28,4 %) ; les complications les plus fréquentes étaient un bronchospasme (52,7 %), une pneumopathie (32,1 %), la décompensation d'une comorbidité (17,9 %). Le passage aux urgences a été suivi d'une hospitalisation pour 73 patients (18,5 %). Les patients âgés de 65 ans et plus représentaient 10,9 % de l'effectif, mais constituaient 31,5 % des hospitalisés et 21,4 % des formes compliquées. Indépendamment de l'âge, une comorbidité et/ou un facteur de risque étaient signalés dans 80,2 % des syndromes grippaux compliqués et 86,3 % des cas hospitalisés. Le circuit des patients grippés était initialement concentré sur une consultation grippe localisée aux urgences. Cette organisation mobilisait plusieurs professionnels de santé, désorganisait les différents services impliqués, et était inadaptée à l'accueil des enfants ou la surveillance de patients avec signes de mauvaise tolérance. Cette organisation, même en identifiant les syndromes grippaux à leur arrivée, orientait les patients vers différents lieux de l'hôpital et différentes salles de consultation au sein des urgences.Les recommandations de surveillance, de prévention et d'orientation vis-à-vis des personnes avec facteur de risque, en particulier respiratoire, trouvent leur justification. Ce retour d'expérience permet aussi de s'interroger sur le circuit du patient au sein d'une structure hospitalière et d'ajuster les plans organisationnels.The 2009 pandemic influenza A (H1N1) virus has emerged to cause the first pandemic of the 21st century. On July 3, 2009, novel swine-origin influenza A (H1N1) virus (S-OIV) was identified in Reunion Island, French overseas department located in the southern hemisphere. The present study describes the characteristics and the impact of the epidemic on the activity of an emergency department (ED) from July 3 to August 31, 2009.Patients consulting the ED with a discharge diagnosis of influenza-like illness were analyzed.The ED activity in 2009, compared to 2008, increased by 0.5% in July and 9.7% in August. In July and August, respectively 7.1 and 20.0% cases of S-OIV infection were hospitalized. For the 394 patients studied (186 males, 36.2 ± 18.5 years), 199 (50.5%) were reported to have comorbidity or risk factor (RF) for complications. Complications occurred in 112 patients (28.4%). The most common complications were bronchospasme (52.7%), pneumonia (32.1%), decompensation caused by comorbidity (17.9%). Seventy-three patients (18.5%) required hospitalization. Patients aged 65 and over accounted for 10.9% of all patients, 31.5% of hospitalized patients and 21.4% of complicated S-OIV infection. Regardless of age, comorbidity and / or RF was reported in 80.2% of complicated S-OIV infection and 86.3% of hospitalized patients. The circuit of patients with S-OIV infection was initially focused on "consultation S-OIV" localized in ED. This organization mobilized several health professionals, disorganized the various medical departments involved, and was unsuitable for the childcare or patient's monitoring with signs of poor tolerance. This organization, even identifying S-OIV patients at their arrival, referred patients to different areas of the hospital and various consultation rooms in ED.Recommendations for surveillance, prevention and policy for persons with RF, particularly respiratory disease, are justified. This feedback can raise questions about the patient's circulation in hospital and adjust plans for the organization.
Background. - In 2005, following the first cancer plan of the national health authorities, a general cancer registry was established in northern France, in a territory designated as a "zone in proximity to the city of Lille'' (ZPL). The aim of the present work was to evaluate the completeness of the registry's first year of incident cancer registration (2005) and to compare the observed cancer incidence in the "ZPL'' with the estimated incidence in France.Methods. - Completeness was assessed using the average number of sources per case, the percentage of histological verification and a method of independent case ascertainment (mortality/incidence ratio). A direct standardization on the world population was used to calculate the ZPL/France ratios of standardized incidence rates. Analyses were conducted for 21 cancer sites.Results. - In 2005, 3635 cases of invasive cancer were recorded by the registry. The average number of sources per case was 2.7 and histological proof was available for 91.4% of cases. Mortality/incidence ratios showed satisfactory completeness of the data for men for most cancer sites. For women however, for cancer sites for which the number of cases was low, data will have to be confirmed during the subsequent years of observation. A lack of completeness was found for cutaneous melanoma. In men, an overincidence was identified for cancers of lip-mouth-pharynx, larynx, esophagus, lung, liver, bladder, kidney and colon-rectum. In women, an overincidence has been identified for cancers of lip-mouth-pharynx, liver, bladder, colon-rectum, corpus uteri and ovaries.Conclusion. - The first year of incidence validated at the "Registre general des cancers de Lille et de sa region'' shows a completeness of records with regards to studied criteria. The comparison with national data shows an overincidence of cancers related to tobacco and alcohol consumption in the geographical area covered by the registry. The incidence of lip-mouth-pharynx cancer in men is the highest of all French registries. (C) 2012 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.