Le nouveau système d’attribution des greffons défini par l’Agence de la biomédecine et en vigueur depuis le 6 mars 2007 est basé sur le calcul d’un « score Foie » multicritères. Ceci permet l’accès à la transplantation hépatique (TH) à des patients présentant une cirrhose évoluée pouvant conduire à de multiples défaillances d’organes. Ainsi, certains patients bénéficient même d’une TH au décours d’épisodes de décompensation sévère nécessitant une hospitalisation en réanimation. Or, la TH chez ces patients à risque est plus à même d’induire des complications postopératoires graves potentiellement délétères pour le greffon voire pour la survie du patient. L’objectif de cette étude était d’évaluer la survenue de complications postopératoire graves après TH et de comparer leur incidence chez les patients Child C aux autres patients (Child A et B). Il s’agit d’une étude de cohorte rétrospective évaluant l’ensemble des patients ayant bénéficié d’une TH entre janvier 2011 et décembre 2012. Nous avons recueilli, au cours de la première année après TH, les complications postopératoires graves suivantes : reprise chirurgicale, infection, insuffisance rénale chronique (IRC) avec clairance de la créatinine inférieure à 60 mL/min, nécessité de dialyse au long cours, nécessité de réhospitalisation en réanimation et décès. Dans un deuxième temps, nous avons comparé la survenue de ces complications parmi les patients transplantés lors d’un séjour en réanimation aux autres patients Child C. Nous avons inclus 100 patients. La nécessité d’une reprise chirugicale, la survenue d’une infection, le développement d’une insuffisance rénale chronique étaient statistiquement plus fréquents dans chez les patients Child C (Tableau 1 et Fig. 1). Aucune différence statistique n’était retrouvée pour la dialyse chronique, la réhospitalisation en réanimation et la mortalité. Vingt-trois patients Child C (soit 36,5 % des patients Child C) ont été transplantés lors d’un séjour en réanimation. Ils ne présentaient pas, de manière statistiquement significative, plus de complications que les autres patients Child C. Nous n’avons pas mis en évidence de différence sur la mortalité. Ces résultats surprenants sont probablement en lien avec un effectif insuffisant. Il en va de même concernant la comparaison des patients transplantés depuis la réanimation aux autres patients Child C. L’incidence accrue des complications postopératoires chez les patients Child C nous paraît être un résultat cohérent au vu de la gravité de leur terrain pré-TH. En revanche, nous sommes interpellés par l’importance de l’incidence de l’IRC chez les patients Child C dans notre étude (41,2 %) par rapport aux données de la littérature (25 %). Ce résultat mériterait d’être l’objet d’une étude ultérieure.
Introduction La transplantation hepatique (TH) est un traitement efficace de certaines hepatopathies chroniques ou aigues. Les infections postoperatoires surviennent generalement dans les trois premiers mois suivant la TH, et sont grevees d’une morbi-mortalite importante [1] . Nous souhaitions evaluer la frequence, les facteurs de risque et l’impact pronostique des infections du site operatoire (ISO) dans notre centre. Materiel et methodes Il s’agit d’une etude retrospective monocentrique entre 2004 et 2010 incluant de maniere consecutive toutes les TH adultes. Nous avons recueilli les parametres preoperatoires, per- et postoperatoires, collige les complications infectieuses survenues dans les 3 mois suivant la TH, et realise un suivi a un an concernant les durees de sejour et la mortalite. Resultats Entre 2004 et 2010, 295 patients, d’âge median de 54 ans [interquartiles 46–60] et majoritairement des hommes (sex-ratio M/F 1,91), ont ete transplantes. L’etiologie de la cirrhose etait essentiellement ethylique (45 %), hepatite C (11 %), 31 % avaient un carcinome hepatocellulaire. Les greffons etaient des foies de bipartition dans 19 % des cas, l’âge median des donneurs etait de 44 ans [IQ 28–57]. Une ISO est survenue chez 16 % des patients. Elles sont majoritairement des peritonites (57 % des ISO), surviennent principalement pendant les 3 premieres semaines, et sont associees aux infections d’autres sites (pneumopathies et bacteriemies). Les facteurs de risque independants de survenue d’ISO sont indiques dans le Tableau 1 . Les patients presentant une ISO n’ont pas presente de surmortalite (Log Rank p = 0,180) ( Fig. 1 ) mais ont une duree de sejour mediane en reanimation plus longue (14,5 j [5–26] contre 5 j [3–10] [Mann-Whitney p Discussion Concernant l’impact pronostique des ISO, les resultats de cette serie sont concordants avec la litterature internationale, ou l’on retrouve un allongement de la duree de sejour, mais un impact sur la survie plus difficile a mettre en evidence [2] , [3] . Le risque septique semble majore lorsque le crossmatch est positif, mais cet evenement est rare et non decrit dans la litterature. Nous confirmons egalement une majoration du risque d’ISO peu decrite pour les greffons de bipartition.
Introduction En post-operatoire precoce de transplantation hepatique (TH), le risque infectieux est majore, notamment en raison de l’immunosuppression medicamenteuse. La procalcitonine (PCT) est un biomarqueur utilise pour le diagnostic precoce d’infection bacterienne. Neanmoins, de nombreuses causes non infectieuses d’elevation de la PCT sont egalement rapportees : polytraumatisme, brulure severe, pathologies inflammatoires, causes medicamenteuses (Ig anti-thymocyte) ainsi que le syndrome de reperfusion (PRS) [1] . L’objectif de cette etude etait de mettre en evidence une association entre la survenue d’un PRS lors d’une chirurgie de TH et l’elevation de la PCT a j1 postoperatoire. Patients et methodes Il s’agit d’une etude de cohorte retrospective evaluant l’ensemble des patients ayant beneficie d’une TH entre janvier 2004 et decembre 2010. La survenue d’un syndrome de reperfusion, les valeurs de PCT a j1 ainsi que la survenue d’une infection a j1 ou pre-existante a la transplantation ont ete recueillies. Les analyses statistiques ont ete realisees avec le test de Mann-Whitney. Un syndrome de reperfusion etait defini par la survenue d’une chute de la pression arterielle moyenne de 30 % ou plus pendant au moins une minute au cours des 5 minutes suivant le declampage vasculaire [2] , ou par la necessite d’introduire des amines vasoactives, ou de doubler la dose d’amines. Resultats Deux cent quatorze patients ont ete inclus dans l’etude. Cent seize patients (54,2%) ont presente un syndrome de reperfusion, avec une valeur mediane de PCT de 13 μg/L a j1 ( Tableau 1 , Fig. 1 ). Les valeurs de PCT a j1 etaient statistiquement plus elevees (p Fig. 1 ). Quatre patients (1,9 %) ont presente une infection a j1 ou pre-existante a la transplantation. On ne retrouvait pas de difference significative des valeurs de PCT a j1, que les patients soient infectes ou non (p = 0,49). Discussion La survenue d’un PRS lors d’une TH est associee a une franche elevation des valeurs de PCT a j1, que les patients soient infectes ou non. Ces resultats suggerent que les lesions d’ischemie-reperfusion survenant lors d’une TH sont responsables d’une elevation de PCT. La physiopathologie de ce phenomene reste mal connue.