After a brief presentation of the different approaches to the indicative verb tenses in French, the paper focuses on the relationship between two current aspectual-temporal theoretical frameworks, one developed by Laurent Gosselin and the other by myself. The common foundations of the two approaches and their points of agreement are highlighted. Two points of divergence are then explained: the ramification of the conditional tense, and the aspect of the past participle.
This article re-examines the literature on the evidential uses of French tenses, and evaluates what distinguishes French from languages that are said to possess fully grammaticalized evidential systems. Based on corpus analyses, semantic testing, and crosslinguistic comparisons, this study argues that the French pass & eacute; compos & eacute; and imparfait do not carry any inherent evidential meaning, unlike the futur and conditionnel. The evidential interpretations of the former two tenses are simply conveyed by the context, while those of the latter two are indeed due to their intrinsic semantic make-up. We conclude that although French encodes evidentiality with verbal inflections only infrequently, it is no different from languages usually cited to illustrate advanced evidential paradigms from a formal and semantic standpoint. Cet article a pour but de r & eacute;& eacute;tudier la litt & eacute;rature sur les usages & eacute;videntiels des temps en fran & ccedil;ais et d'examiner ce qui distingue le fran & ccedil;ais des langues qui sont g & eacute;n & eacute;ralement consid & eacute;r & eacute;es comme dot & eacute;es de syst & egrave;mes & eacute;videntiels enti & egrave;rement grammaticalis & eacute;s. Sur la base d'analyses de corpus, de tests s & eacute;mantiques et de comparaisons interlinguistiques, nous soutenons que le pass & eacute; compos & eacute; et l'imparfait fran & ccedil;ais n'ont pas de sens & eacute;videntiel inh & eacute;rent, contrairement au futur et au conditionnel. Les interpr & eacute;tations & eacute;videntielles des deux premiers temps sont simplement induites par le contexte, tandis que celles des deux derniers sont en effet dues & agrave; leur composition s & eacute;mantique intrins & egrave;que. Nous concluons que, bien que le fran & ccedil;ais n'encode que rarement l'& eacute;videntialit & eacute; au moyen de flexions verbales, il n'est pas diff & eacute;rent, d'un point de vue formel et s & eacute;mantique, des langues g & eacute;n & eacute;ralement cit & eacute;es pour illustrer les paradigmes & eacute;videntiels
Le présent article prend pour objet les formes périphrastiques composées prospective (il va avoir plu) et rétrospective (il vient d’avoir plu), largement négligées par la linguistique, et explicite leur sens en langue et leurs emplois en discours (écrit) à partir d’une analyse compositionnelle de leur morphologie. Il présente, dans un premier temps, un bref état de l’art de la façon dont les grammaires et les travaux de linguistique traitent les formes composées périphrastiques. Dans un second temps, il les décrit morphologiquement et sémantiquement. Dans un troisième temps, après présentation du corpus d’étude, il analyse leurs emplois en discours.
The conditional and the auxiliary devoir, in some of their uses, express inferential and reportive evidentiality. Several studies on evidentiality have investigated one or the other unit in one use or the other. This paper compares the conditional and devoir in their inferential and reportive uses.
L’article prend comme objet d’étude la périphrase « s’en aller + Verbe au participe passé », qui a eu cours aux xvi e et xvii e s. avant de devenir obsolète. Dans le cadre d’une approche compositionnelle holiste (Gosselin 1996, 2017) de la construction, nous développons l’hypothèse que le sens produit de « marqu[age de] l’achèvement prochain d’une action » (Gougenheim, [1929] 1971 : 111) procède de l’interaction de s’en aller grammaticalisé en auxiliaire signifiant le mouvement abstrait prospectif vers le verbe d’une part, avec l’aspect détensif du participe passé du verbe pour le trait d’achèvement d’autre part. Nous contrastons la construction française avec des tours de ce type en espagnol et italien.
RésuméLe conditionnel comme l’auxiliairedevoir, dans certains emplois, peuvent signifier l’évidentialité indirecte dans sa double dimension :inférentielleetreportive. Différents travaux ont étudié l’une ou l’autre forme dans l’un ou l’autre de ces emplois. Le présent article est consacré à lacomparaisondes valeurs évidentielles inférentielles d’une part, et reportives d’autre part, développées par ces deux formes.
L’article étudie le fonctionnement de dans x temps , contrastivement à x temps plus tard , avec lequel il est parfois interchangeable, à partir de l’interaction de ces deux SP d’ultériorité avec les temps de l’indicatif. Alors que x temps plus tard a un fonctionnement anaphorique , dans x temps a un fonctionnement énonciatif : (i) à partir de l’énonciation à t 0 , il permet d’inscrire le procès auquel il est incident comme non factuel dans l’ultériorité ramifiée de l’époque future, ce, avec le présent, le futur et les prospectifs du présent ; et (ii), à partir d’une énonciation antérieure rapportée, il permet d’inscrire le procès dans l’ultériorité ramifiée du passé, ce, avec le conditionnel, l’imparfait et les prospectifs du passé. Mais, à la différence de x temps plus tard , il ne peut inscrire le procès comme factuel dans la linéarité de l’époque passée.
Our hypothesis is that the past participle is a singular form in the TAM (tense-aspect-mood) linguistic system in French, in that it represents the internal time of the process on its terminal point ([R = E-t]). Due to this representation of internal time, the p.p. can be related to the second argument - the patientive argument - of a direct transitive process: it is the essential element of the passive construction. Contrary to what is often written, the copula etre 'be', is an optional element: it may serve to develop the construction in its periphrastic dimension, but it is not necessary to the passive construction itself, as the cases of the passive in the participial clause demonstrate. Moreover, the p.p. is not intrinsically resultative or processive, no more than it is active or passive: from its aspect [R = E-t], it can, in interaction with different contexts, participate in the production of these different effects of meaning in discourse.
Guillaume defines grammatical aspect from the notion of 'temps implique' (involved time) (1964[1933]). While borrowing this notion, here renamed 'internal time' for more clarity, this paper gives a brief description of the aspectual system of French tenses in the indicative mood. The notion of 'internal time' will prove enlightening to account for the morpho-syntax of the past participle, as well as the narrative use of the passe compose.
G. Guillaume définit l’aspect grammatical à partir de la notion de temps impliqué (1964[1933]) Nous lui empruntons cette notion, que nous renommons pour plus de lisibilité temps interne, et décrivons rapidement, à partir d’elle, le système aspectuel des temps verbaux de l’indicatif en français. Nous montrons dans un second temps que la notion de temps interne permet de rendre compte de façon consistante de la morpho-syntaxe du participe passé, ainsi que de l’emploi narratif du passé composé.