Nous avons voulu évaluer l'efficacité de la greffe de membrane amniotique dans les ulcères cornéens chroniques. Étude rétrospective sur 3 ans, incluant l'ensemble des membranes amniotiques greffées pour ulcère cornéen chronique depuis 2006, évaluant l'antalgie, le confort, la cicatrisation lésionnelle et l'allègement du traitement. Cinquante-cinq greffes ont été réalisées chez 41 patients avec un sex ratio de 1. L'âge moyen est de 72 ans (18-96) dont 68 % de plus de 70 ans. Le recul moyen était de 12 mois. Parmi ces ulcères chroniques, 13 % étaient surinfectés. Les principales étiologies étaient : une décompensation cornéenne (73 %) sur kératoplastie (27 %), post-opératoire (20 %), d'une kératite herpétique (10 %), d'une dystrophie cornéenne (12 %), une ischémie limbique par brulure chimique (10 %). Le délai moyen de l'indication opératoire était de 10 semaines, dont 49 % inférieur à 3 semaines. Tous portaient une lentille pansement, maintenue jusqu'à l'ablation des fils réalisée en moyenne à 2 mois et 7 jours. L'acuité visuelle initiale était < 1/10 pour 26 patients. Le bénéfice était réel en termes d'antalgie (85 %), de confort (100 %), de cicatrisation des lésions (89 %) et de diminution du traitement pré-opératoire (80 %). Chez des sujets âgés peu mobilisables, polymédiqués, la greffe de membrane amniotique est une alternative valable aux kératoplasties, même si elle n'apporte pas de gain fonctionnel. Les bénéfices de la greffe amniotique poussent à l'utiliser de plus en plus précocement devant un ulcère cornéen chronique, ce d'autant qu'il survient sur une cornée déjà pathologique.
L'examen ophtalmologique de l'enfant peut orienter le diagnostic d'un tableau polymalformatif ou clinique complexe, notamment congénital. À ce titre, la collaboration entre le généticien clinicien et l'ophtalmologiste peut être fructueuse. Une fillette de 3 mois était hospitalisée pour des spasmes en flexion associés à une régression psychomotrice. L'EEG confirmait une forme d'épilepsie de l'enfant, le syndrome de West, en montrant une hypsarythmie. L'IRM évoquait initialement une sclérose tubéreuse de Bourneville ; cependant l'examen cutané, les échographies cardiaque et rénale étaient normales. De plus, il n'existait pas de calcification intracérébrale et le séquençage des gènes TSC1 et TSC2 était normal. En revanche, le fond d'œil a permis le diagnostic en montrant des lacunes choriorétiniennes et une atrophie optique bilatérales évoquant un syndrome d'Aicardi. Transmis selon un mode dominant lié à l'X, ne touchant que les filles, ce syndrome est caractérisé par la triade : agénésie du corps calleux, lacunes chorio-rétiniennes et spasmes infantiles. À l'IRM il existait une dysgénésie du corps calleux et un kyste du troisième ventricule. De nouvelles études génétiques retrouvaient des anomalies sur le bras court d'un chromosome X. Le syndrome de West, forme rare d'épilepsie du nourrisson est dit idiopathique dans 32 % et syndromique dans 68 % des cas. Des lésions rétiniennes spécifiques peuvent faire évoquer des causes spécifiques de ce syndrome : sclérose tubéreuse de Bourneville, syndrome d'Aicardi, pathologies mitochondriales et certaines maladies métaboliques. L'examen ophtalmologique doit être systématique dans le bilan d'un syndrome de West. En effet, il peut apporter des éléments d'orientation étiologique majeurs et guider le choix des examens paracliniques.
Le diagnostic étiologique d'une tumeur orbitaire chez l'enfant est une urgence. Il peut s'agir d'une lésion maligne ou bénigne menaçant le pronostic visuel. La TEP est de plus en plus indiquée dans le bilan des lymphomes orbitaires, nous avons voulu illustrer son intérêt devant un cas de myofibrome périorbitaire. Un myofibrome solitaire de l'orbite gauche de croissance rapide est découvert chez une enfant de 2 mois. L'examen ophtalmologique est normal en dehors d'un astigmatisme par compression. L'IRM du massif facial retrouve une masse de 25 mm infiltrant la paroi du plancher de l'orbite gauche, au contact de la sclère sans l'envahir. L'histologie est obtenue par biopsie chirurgicale. Une exérèse chirurgicale est décidée en réunion pluridisciplinaire. Une TEP au 18 FDG corps entier et céphalique est incluse dans le bilan d'extension. L'examen montre une hyperfixation annulaire en regard de la masse périorbitaire sous-cutanée, extraconique, avec extension à l'os zygomatique, mais aucune fixation aux étages thoracique et abdominal. L'IRM de contrôle à 3 mois ne retrouve pas de récidive locorégionale. Le myofibrome solitaire de l'orbite est une tumeur rare souvent découverte en période néonatale. D'évolution généralement bénigne, rarement récidivante, le pronostic vital peut être engagé dans les formes multiviscérales. La TEP peut donc avoir un intérêt pour dépister ces formes graves multifocales. Peu invasive, elle permet de faire un bilan d'extension fiable de cette tumeur comme déjà démontré pour d'autres néoplasies. La TEP est un examen convaincant dans le bilan des tumeurs orbitaires de l'enfant. Son inclusion systématique dans le bilan d'extension semble justifiée.
Évaluer l'efficacité et la tolérance de la corticothérapie générale au long cours initiée par bolus IV dans les uvéites postérieures non infectieuses. Étude rétrospective de 2001 à 2006. La corticothérapie était débutée par bolus IV de méthylprednisolone sur 3 jours, puis relayée par prednisone orale 1 mg/kg/j, et diminuée ensuite selon l'évolution clinique. Quarante-quatre patients (32 femmes, 12 hommes), d'âge moyen 46 ans ont été inclus. Le suivi moyen était de 21 mois. L'uvéite avait une étiologie déterminée dans 41 % des cas. Elle était bilatérale dans 60 % des cas, soit 70 yeux atteints. Pour le plus mauvais œil, l'acuité visuelle moyenne qui était de 3,0 initialement, remontait à 6,8. Parmi les 24 yeux ayant une épaisseur maculaire initiale supérieure à 250 μm à l'OCT, l'épaisseur maculaire moyenne passait de 393 μm à 264 μm. Les effets secondaires ont été notés pendant la corticothérapie orale. Aucun incident n'est survenu pendant les bolus. La corticothérapie orale a été maintenue à plus de 20 mg pendant 3.5 mois, entre 20 et 10 mg pendant 3 mois, et entre 10 et 0 mg pendant 5 mois. Parmi les 24 patients ayant arrêté la corticothérapie générale, 20 l'ont fait sans test à l'ACTH préalable. Sept patients étaient cortico-dépendants à 9 mg/j en moyenne. La corticothérapie initiée par bolus agit rapidement sur l'inflammation des milieux oculaires, puis sur l'œdème maculaire. Ses effets secondaires locaux et généraux apparaissent pendant le relais oral au long cours, alors que les bolus sont bien supportés. Le pronostic visuel final dépend essentiellement de l'état maculaire. Le passage à un traitement systémique marque un tournant dans l'évolution de l'uvéite. La corticothérapie demeure le traitement de première intention, le plus rapidement efficace et accessible. Ses effets secondaires sont connus et souvent gérables. Le rapport bénéfice/risque des bolus est favorable.